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Arielle Houngbedji, Styliste modéliste

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Interviewer (Chance)

Nous sommes en live, super. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Ariel. Merci d'être parmi nous ce matin pour démarrer cette belle semaine de live métier. Je suis ravie en tout cas de t'avoir ce matin et en tout cas, merci encore d'avoir accepté de venir parler de ton métier. Peut-être rapidement, pour toutes celles et ceux qui ne nous connaissent pas, Champs est un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour trouver la voie professionnelle qui est faite pour vous ou pour redonner du sens à votre travail. Quand vous faites ce parcours avec Chance, on vous propose d'explorer justement beaucoup de métiers dans le cadre du parcours. C'est ce que nous faisons avec cette semaine de live métier. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de te recevoir, Ariel. Tu es styliste, modéliste et on a hâte d'en apprendre plus sur ce métier. Donc peut-être, est-ce que je peux te laisser te présenter et peut-être nous parler de ton parcours, ce qui a fait que tu es arrivée à ce métier de styliste modéliste aujourd'hui ?

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Très bien, avec plaisir. Merci Charlotte. Déjà, bonjour à tous. Je suis Ariel, Ariel Umbeji, styliste modéliste. J'ai commencé la mode en vérité quand j'étais toute petite, parce que j'aimais couper dans les tissus de ma grand-mère pour faire des robes avec un filet et une aiguille. À la base, je ne pensais pas en faire un métier, mais c'était vraiment quelque chose qui me passionnait. De filet, en aiguille, j'ai eu la chance de côtoyer certaines personnes qui étaient déjà dans le milieu, à commencer par un organisateur d'événements. J'ai organisé un événement pendant les vacances d'été qui avait pour but, justement, de valoriser les tissus africains. J'ai commencé à aller à cet événement et à faire preuve de créativité pour trouver des tenues originales, pour me créer des tenues originales. À la base, je n'avais aucune compétence en couture, donc j'ai commencé à dessiner. J'habitais en Afrique de l'Ouest au Bénin, donc il y avait pas mal de tailleurs, de couturières à qui je pouvais justement donner mes tissus et les laisser travailler dessus. Donc, au départ, je voulais être pédiatre, rien à voir. Rien à voir. Mais au fil du temps, je me suis rendu compte que ce n'était pas vraiment ce que je voulais faire.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Parce que j'estimais que j'avais une trop grosse sensibilité pour ça et qu'on pense que pédiatre, c'est juste s'occuper des enfants, mais parfois, ça peut être très lourd mentalement. Donc, j'ai commencé à rechercher ce que j'aimais véritablement, sachant que quand j'étais petite, en dehors du fait de dessiner des vêtements, je faisais beaucoup de travaux manuels. Donc, je travaillais beaucoup sur des bijoux en PL. Je Je confectionnais les cadeaux de ma famille. Et donc, je me suis rendu compte que la mode, c'était vraiment, vraiment, vraiment ce qui me passionnait. D'ailleurs, quand j'ai annoncé à ma famille que je voulais travailler dans la mode, ça n'a surpris personne. Donc, je suis revenue à Lille pour des études où j'ai eu la chance de rencontrer le directeur de S Mode Roubaix lors d'une journée portes ouvertes. J'ai eu la chance de le rencontrer, de discuter avec lui. C'est lui qui m'avait fait le tour de l'école et je lui ai dit que j'avais vraiment le rêve de rentrer à SMO, que j'avais essayé de postuler, que je n'avais pas de retour. Normalement, je crois qu'il clôturait les candidatures une semaine après. Il m'a dit qu'il me laissait une chance de préparer un book et de venir une semaine après de le convaincre de pourquoi je devais rentrer à SMOD.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Donc, j'ai travaillé avec acharnement sur ce book et Je me suis présentée à cet entretien. Je vais parler de mes motivations, de mes passions, de mes centres d'intérêt et effectivement, ça a tout de suite collé. J'ai pu intégrer SMO. C'était en septembre 2014. J'ai été à S mode pendant trois ans à Roubaix et j'ai fait la formation Style designer mode. Suite à cette formation, j'ai effectivement eu des stages et je me suis lancée. J'ai créé ma marque de vêtement qui s'appelle ZOE aujourd'hui. Voilà un petit peu. Est-ce que c'est un bon résumé ou tu veux que j'aille plus loin ?

Interviewer (Chance)

Génial, c'est parfait. On entend en tout cas dans ton histoire que tu as fait peut-être une rencontre assez marquante avec le directeur d'ESMOD au moment où tu étais à cette journée de portes ouvertes. J'imagine que le courant, il y a quelque chose qui s'est passé et qui, en tout cas, t'a permis ensuite de lui présenter ce book et d'intégrer SMOD. Et j'aime bien parler des rencontres parce qu'elles peuvent jouer finalement un rôle hyper important dans dans un projet, dans une orientation professionnelle. Est-ce que tu as eu d'autres rencontres dans ta carrière aujourd'hui ? Tu viens de nous parler de ta marque. Est-ce que tu as rencontré d'autres personnes qui t'ont permis d'avoir peut-être des déclics qui ont joué un rôle important ? Tu disais qu'au début, tu voulais être pédiatre et en fait, ça a complètement changé. Tu as rencontré ce directeur d'ESMOD. Est-ce que tu as rencontré d'autres personnes qui ont joué un rôle important dans ta carrière aujourd'hui ?

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Oui, totalement. Parce que je tiens à préciser, je suis quelqu'un qui aime bien dire que je suis opportuniste. Pas dans le mauvais sens du terme, mais je pars du principe que Être opportuniste, en réalité, c'est quelque chose de positif. Donc, j'aime me connecter à des gens qui ont des talents, des compétences que j'admire afin d'apprendre d'eux. Dans mon adolescence, j'ai rencontré deux personnes qui, justement, je pense, ont joué un rôle décisif dans ma carrière. La toute première, c'est une personne qui est créatrice de bijoux et qui aujourd'hui a aussi une marque de vêtements. Il faut savoir que moi, lorsque je me suis lancée dans la mode, je n'ai pas tout de suite été dans le côté créatif. Je me suis lancée dans la mode en tant que modèle photo, je défilais avec cette personne. Donc, j'ai pu apprendre d'elle, apprendre à gérer un défilé, apprendre à tout ce qui était dans la partie création, parce que je l'aidais aussi parfois pour ces bijoux. Cette personne qui s'appelait Sarah Kodjo et qui aujourd'hui a une marque de vêtements qui s'appelle PADLJUS. Elle a une marque de vêtements destinée principalement aux femmes de grande taille, qui à l'époque était encore un peu moins développée, un peu moins populaire.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Son engagement m'avait beaucoup marquée. Je me suis tout de suite liée d'amitiés avec elle et j'étais de tout le temps dans ses jupons, comme diraient certains. La deuxième personne que j'ai pu rencontrer, c'est un créateur togolais qui était professeur de stylisme à Bruxelles. Je l'avais contacté sur Facebook et je me rappelle, ça m'avait marqué parce qu'il m'a tout de suite répondu. Il a tout de suite été bienveillant, il a tout de suite répondu à mes questions. Et à cette époque-là, justement, il était en vacances au Togo, donc j'ai dû convaincre mon maman d'aller au Togo, d'aller le rencontrer pour une après-midi d'échange avec lui. Il m'avait donné pas mal de clés. Il m'avait vraiment motivé à me lancer et à ne pas hésiter, justement, à trouver une école de mode pour pouvoir apprendre. Parce que comme je l'ai dit au départ, je n'avais aucune compétence dans la couture, aucune compétence dans le stylisme. Je me contentais de dessiner, mais je dessinais comme une enfant. Ces deux personnes m'ont déjà porté, m'ont motivé, tout simplement. La troisième personne que j'ai eue qui m'a motivé également, c'est une de qui est également styliste. Elle aussi, elle a été à S mode, mais elle a été à S mode à Paris.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

C'est une femme qui, elle, a été spécialisée dans la lingerie. D'ailleurs, elle a créé en moi un désir de me lancer dans la lingerie. Pour le moment, ce n'est pas encore le cas. Mais c'est une femme à qui elle aussi, est très engagée. Dans la création, elle essaie de transmettre l'histoire de son pays et c'est quelque chose qui m'a beaucoup plu.

Interviewer (Chance)

Super. Merci pour se partagent. Ariel, tu as une question de Naima qui te dit: Bonjour, bravo pour votre parcours. Est-ce que vous aviez dès le départ envie de créer votre marque ? Ou est-ce que tu envisageais d'être styliste, d'abord salarié pour une marque ?

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Étrangement, je crois que non, je n'ai jamais voulu être salariée parce que je ne me suis jamais vraiment vue devoir obéir, me mettre dans des cases. J'estime que souvent, lorsqu'on est salarié pour une marque, on est obligé de rentrer dans le moule de la marque, de s'imprégner de cette marque. Je me souviens quand j'étais à S1, justement, ma dernière année d'études, lorsque nos profs me demandaient: Qu'est-ce que vous voulez faire après cette formation ? La plupart de mes camarades de classe répondaient: Oui, je vais aller travailler chez Dior, je vais aller travailler chez Balmain. Ils avaient tous des projets, des rêves et moi, mon rêve, c'était: Je voulais être Dior, je voulais être Balmain, je voulais être Chanel. Je ne voulais pas juste apporter Je voulais porter quelque chose à une marque déjà existante, je voulais transmettre quelque chose. C'est d'ailleurs l'objectif de ma marque. Aujourd'hui, ma marque, ce n'est pas seulement une marque de vêtements. J'ai un message lourd derrière. Je ne sais pas si tu veux que j'en parle maintenant ou si j'attends un petit peu. Si tu veux Zoé, ça, c'est qui me fait la vie divine. Donc, j'ai créé ma marque juste après la sortie de l'école, juste après avoir obtenu mon diplôme.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

C'est vrai que pendant longtemps, j'ai cherché du travail, mais je ne cherchais pas véritablement du travail pour poser mon ancre, comme diraient certains, c'était vraiment pour apprendre. Et donc, je me suis rendu compte que malgré mes recherches, beaucoup de personnes autour de moi, beaucoup de personnes avec qui j'avais été dans mes études, n'avaient pas forcément trouvé ce qu'elles voulaient. Donc, j'ai créé ma marque dans le but de briser tous les critères de beauté, tous les stéréotypes, tous les... Comment dire ça ? Ce que les médias, les réseaux sociaux transmettent à la femme. Parce que je pense que la femme, c'est vraiment la personne la plus brisée par les réseaux sociaux. Aujourd'hui, Aujourd'hui, la femme se compare à tout et à rien en même temps, parce que c'est les médias qui décident qui est belle ou qui n'est pas belle. Et c'est quelque chose qui me révolte énormément. Donc, j'ai voulu créer ZOE afin de transmettre véritablement quelque chose aux femmes et leur permettre de se sentir belles, peu importe qui elles sont, peu importe comment elles sont, qu'elles soient grandes, petites, rondes, minces. Le but, c'était vraiment de leur permettre de se valoriser, de leur permettre également de prendre conscience que ce n'est pas le vêtement qui fait la femme, mais que c'est vraiment la femme qui fait le vêtement.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

La façon dont elle le portera, c'est elle qui fera qu'on remarquera ce vêtement. Donc, je me suis lancée dans le sur mesure. J'ai créé le vêtement en sur mesure, des vêtements et des accessoires, des pièces uniques Ça me permettait justement de créer ce côté unique de la femme et également d'avoir un travail avec elle. Donc, pas seulement créer un vêtement pour elle, mais vraiment créer quelque chose qui la valoriserait au maximum. Donc, j'ai également essayé de travailler sur le côté conseil en image, de travailler sur l'image qu'elle avait d'elle-même, sur ce qu'elle voyait, ce qu'elle ressentait. Aujourd'hui, justement, la plupart des personnes qui ont eu à commander des vêtements chez moi disent que lorsqu'elles portent mes vêtements, on leur fait plein de compliments, on leur dit qu'elles sont uniques, elles sont magnifiques. Elles se sentent trempées de confiance en elles. Donc, je pense que c'est la plus grande rémunération que je puisse avoir.

Interviewer (Chance)

En tout cas, tu as réussi à passer ce message auprès de de la société et de ces femmes qui portent aujourd'hui tes créations. C'est génial. Merci pour ce partage. Je pense que tu as pas mal de questions dans le chat par rapport au fait qu'aujourd'hui, tu es vraiment entrepreneur. Tu as Cécile qui te demande: Tu dois aussi assurer toute seule le marketing, la communication. Comment ça se passe aujourd'hui dans le cadre de ton entreprise ? Est-ce que tu as des personnes qui travaillent avec toi ? C'est la première question. Cécile te demande aussi si tu parviens à vivre de ton entreprise. Et Naima te demande si aujourd'hui, il est absolument nécessaire d'être modéliste styliste formé, donc vraiment avoir cette corde à ton arc en termes de formation pour créer sa marque. Et est-ce que tu fais tout toute seule ? Ça revient aussi à la question de Cécile. Peut-être, parle-nous déjà de aujourd'hui, comment tu t'organises en tant qu'entrepreneur. Est styliste, modéliste ? Est-ce que tu fais tout ? Et est-ce qu'une formation de styliste, modéliste est un prérequis, selon toi, avant de se lancer dans la création d'une entreprise de vêtements, de prêt à porter ou autres ?

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Très bien. Je trouve cette question très légitime. Oui, j'ai pendant très longtemps tout fait toute seule. Je m'occupais de la partie création jusqu'à la communication sur les réseaux sociaux. J'ai eu la chance quand même d'être bien entourée, pas forcément par des personnes qui pouvaient m'aider, mais des personnes qui me soutenaient, qui me motivaient, qui me permettaient de ne pas abandonner parce Parce qu'il faut savoir que l'entrepreneuriat, quel qu'il soit, c'est très pesant, c'est très difficile. Donc, si on n'a pas les bonnes personnes dans notre entourage, on met la clé sous la porte et on abandonne. C'est vrai que pendant longtemps, j'ai tout fait toute seule et c'est devenu très pesant, très prenant, parce que je n'avais plus de vie. Cette année, je dois avouer que j'ai mis une pause pour justement pouvoir me repositionner, pour pouvoir former mon équipe, pour avoir des personnes à qui déléguaient mon travail. Là, je vais commencer à travailler avec un atelier qui s'occupera de la production afin de pouvoir, moi, me concentrer sur d'autres parties de l'entreprise. Après, pour ce qui est de de faire des études à la mode, je ne dirais pas forcément parce qu'on voit de jour en jour des marques qui naissent partout et qui n'ont pas forcément fait d'études.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Je vois qu'il y a beaucoup de personnes qui ont des marques et qui, en réalité, sont de très bons businessmen. Ils ont réussi à trouver des personnes à qui confier leur travail et ils ont réussi à avancer, ils ont du succès malgré tout. Je ne pense pas que ce soit forcément nécessaire de faire des études à la mode pour avoir une marque, mais je pense que c'est un plus. Parce que je pense que lorsqu'on a appris quelque chose, on est plus apte à déléguer, à confier ou à apprendre. Parce que moi, ce qui fait que pendant longtemps, je ne voulais justement pas travailler avec les autres, c'est que j'avais l'impression que beaucoup, notamment en Afrique, parce que je voulais travailler avec des personnes en Afrique, beaucoup avaient des compétences, mais n'arrivaient pas forcément à transmettre ce que je voulais transmettre ou n'arrivaient pas à reproduire un vêtement tel que je voulais qu'il soit reproduit. Si je n'ai pas la compétence pour l'expliquer, ça va rester comme ça. Je ne vais pas avoir le rendu que je veux et ils vont être satisfaits d'avoir fait quelque chose alors que je ne suis pas contente. Et au final, rien ne va avancer.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Donc, je pense que c'est quand même un plus, même si tu ne fais pas forcément des études de modéliste, mais c'est un plus quand même d'apprendre les bases, d'apprendre à coudre, d'apprendre à connaître les matières, de découvrir les matières, de savoir exactement ce que tu veux pour pouvoir avoir le rendu que tu veux plus tard.

Interviewer (Chance)

Super.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Merci beaucoup. Et non, du coup, par rapport au: Comment j'ai fait pour en vivre ? J'ai oublié cette question. Oui. Je t'avoue que quand j'ai commencé, j'ai fait beaucoup d'intérim d'abord, ce qui me permettait d'avoir de l'argent qui rentrait sans me mettre à temps plein dans un travail. Donc, j'ai fait beaucoup d'intérim, histoire justement de pouvoir réinvestir l'argent dans mon projet, parce que Avoir un projet, ça demande des fonds, quoi qu'on dise. Peut-être pas une très grosse somme. Il faut se lancer, même si tu n'as pas forcément les fonds dont tu as besoin. Mais ça nécessite de l'argent. Pour acheter des matières, tu as un besoin. Pour aller acheter ton matériel, pour aller acheter ta machine à coudre, tu as un besoin et il faut que l'argent rentre. Donc, en général, les entrepreneurs se lancent dans des activités, par exemple de l'intérim ou des emplois qui leur permettent de continuer de travailler sans pour autant être totalement impliquée dedans. Après ça, j'ai pu travailler en intérim à un certain temps, ce qui m'a permis également d'avoir le chômage, ce qui me permettait d'avoir un revenu tout en me concentrant sur mon activité. Donc, j'ai pu participer à de nombreux événements, à des défilés, à des ventes privées, à des événements qui me permettaient de mettre en valeur mon travail et ce qui me permettaient justement d'avoir des revenus.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Mais le problème avec le sur mesure, c'est que tout le monde ne fait pas du sur mesure parce qu'en général, les gens commandent du sur mesure pour des événements, pour aller à un mariage, pour quelque chose d'important dans leur vie. Et moi, justement, j'essaie de démocratiser ça d'une certaine façon, de leur faire comprendre que tu peux créer un vêtement sur mesure pour aller au travail ou pour la vie de tous les jours, parce que ça fait toujours plaisir d'être bien habillé et d'avoir quelque chose qui me va véritablement. Moi, par exemple, je sais qu'en fonction de ma morphologie, pour un pantalon, je peux me retrouver à avoir un pantalon qui me va très bien sur les hanches, mais qui ne va pas du tout à la taille. C'était vraiment ce que j'essayais de leur faire comprendre. Pendant un temps, je n'arrivais pas du tout à en vivre à temps plein. J'arrivais à faire rentrer de l'argent, mais cet argent-là, c'était plutôt pour le réinvestir justement dans mon travail, dans la matière et continuer de me former, parce que j'estime qu'on ne cesse jamais de se former, surtout que la mode, c'est un secteur qui se réinvente jour après jour.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Aujourd'hui, il y a une tendance, demain, il y en a une autre. Il faut que tu sois en mesure non seulement de te former, mais d'observer, d'apprendre. Regarde les défilés, regarde les Fashion Week, regarde les shootings des marques qui t'intéressent et vois comment la tendance évolue. Donc oui, tu auras besoin d'argent. Ce ne sera pas facile dès le début. Tous les entrepreneurs te diront que se lancer dans l'entrepreneuriat, ce n'est pas facile dès le début. Tu vas parfois pleurer. Tu vas y passer beaucoup de temps. Parce que la différence avec le salariat, c'est que tu as un salaire qui rentre, peu importe que tu fasses des le cas ou pas. Tu auras toujours un salaire qui rentre. Tous les mois, tu sais que ton salaire, il arrive. Alors que l'entrepreneuriat, si tu ne travailles pas, ton salaire ne rentrera pas. Donc, l'entrepreneuriat, c'est plutôt quelque chose... Quand on parle de temps plein, c'est vraiment du temps plein parce que tu n'as pas d'horaire. Moi, je sais que pour les défiler, il m'arrivait de travailler toute la nuit pendant des jours. Je pouvais travailler jusqu'à 3h00, 4h00 du matin pour être sûre d'avoir le résultat que je voulais pour le défiler C'est quelque chose auquel il faut bien réfléchir.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Après, tu peux travailler, être dans le salariat et te lancer dans ton entreprise pas à pas en y investissant le temps que tu peux. Au lieu d'aller faire des activités et d'aller au cinéma, tu sais que tu vas travailler sur ton entreprise.

Interviewer (Chance)

Merci beaucoup, Ariel. Naima, d'ailleurs, te remercie beaucoup pour tous tes précieux conseils. Tu parlais du secteur qui, dans la main, se réinvente toujours avec les nouvelles tendances, etc. Cécile se demande justement si ce secteur est bouché, selon toi, ou est-ce que justement, il y a de la place pour tout le monde au vu de la mode qui se réinvente constamment ? Et du coup, qui ferait que ce secteur n'est pas bouché et qu'il y a de la place pour tout le monde ?

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Quand on se lance, on dirait que c'est un secteur bouché parce qu'il y a des marques qui naissent tous les jours. Et généralement, les gens iront plus facilement vers des marques qu'ils connaissent que vers des nouveaux créateurs. Et moi, je dirais qu'en réalité, la mode, c'est comme l'alimentaire, il y a toujours du besoin. Parce que les gens portent des vêtements tous les jours, personne ne se promène ni dans la rue. Il faut juste savoir quel est ta cible et arriver à la toucher, arriver à lui parler. Là encore, il y a un travail à faire, pas seulement dans la création, mais également dans la gestion de tes réseaux sociaux, par exemple. Donc oui, le secteur est accessible et ouvert. Il y a vraiment de nouvelles des techniques qui naissent tous les jours. Moi, par exemple, je sais qu'en ayant un certain forum ou salon du textile, je me suis rendu compte qu'il y avait également des matières digitales et on n'aurait pas pu imaginer ça il y a quelques années encore. Donc, lorsque C'est pour toi. Et moi, le conseil que je te donnerais réellement, ce n'est pas seulement de créer des vêtements et de faire des choses originales, c'est de savoir à qui tu parles.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Parce que lorsque tu parles à ta bonne niche, lorsque tu as ta cible, tu l'attiras peu importe ce que tu fais. Parce qu'elle sera attirée par le message que tu véhicules, par ce que tu transmets. Aujourd'hui, les gens n'achètent pas juste parce que c'est cool d'acheter ou parce qu'ils ont un besoin. C'est vrai qu'on a un besoin, mais alors ils peuvent juste aller à H&M. Acheter le vêtement le moins cher et ils sont habillés. Aujourd'hui, les gens veulent de l'originalité, mais ils veulent un message. C'est pour ça également qu'il y a de plus en plus de personnes véganes, qu'il y a de plus en plus de personnes qui se tournent vers certaines qui transmettent leurs valeurs, qui s'accordent avec leurs valeurs.

Interviewer (Chance)

C'est très juste. Merci pour tes mots et je crois que beaucoup souhaitent avoir ta page Instagram. Si tu as un petit temps pour la partager dans le chat, ce serait avec grand plaisir, Ariel. Merci pour tes conseils précieux. Peut-être avant de se quitter, est-ce que tu as une chouette réussite ? Ton projet est une une réussite en général, mais est-ce que tu as quelque chose qui t'a marquée dans le cadre de ton projet, un lancement de quelque chose et vraiment qui t'a remplie de joie et que tu as envie de partager avec nous le retour de tes clientes qui te disent que waouh, elles reçoivent des compliments incroyables dans la rue et du coup, ça te fait vibrer toi directement parce que tu te dis que c'est pour ça que tu as lancé cette marque. Est-ce que tu as une petite histoire à nous partager. Tu as déjà donné beaucoup de conseils pour les personnes susceptibles de vouloir peut-être se lancer. Moi, j'aimerais bien avoir ton retour sur une chouette expérience dans l'aventure que tu mènes aujourd'hui, que tu as vécue et que tu aimerais partager aujourd'hui.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Écoute, oui, il y a deux petits points que je peux partager. Le premier, c'est, comme je le disais, créer un réseau, s'entourer des bonnes personnes. Parce qu'il y a quelques années, lors de la période COVID, à la sortie de la période COVID, j'ai un groupe d'amis béninois qui organisent un événement chaque année pour promouvoir le pays, pour la Fête nationale du pays. En général, ils valorisent un petit peu les talents du pays, la nourriture et tout ça, la culture de manière générale. En 2020, à la sortie du COVID, ils m'ont appelé, ils m'ont dit: Ariel, on organise un événement et on aimerait que tu sois parmi nous. Je me souviens que ces personnes-là m'ont permis non seulement d'avoir une expo au ventre ce jour-là, mais également d'organiser un défilé. Et par la suite, chaque année, j'ai pu défiler à leur événement. Je me rappelle que lors du premier défilé, j'étais stressée parce que je n'avais jamais eu l'occasion d'avoir mon défilé à moi, que ma marque soit vraiment le centre de l'attention, ne serait-ce qu'un petit instant. Lorsque j'ai présenté ma marque, lorsque les gens ont vu mon travail, lorsque les gens ont entendu mon histoire, beaucoup de personnes sont venues me voir après pour me dire qu'elles appréciaient ce que je faisais, pour m'encourager, pour me soutenir, pour acheter des pièces.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Parce qu'à l'époque, je vendais plus des accessoires. C'était plus facile vu que je travaillais sur-mesure, donc je vendais plus des accessoires. Et j'ai vu vraiment ce déferlement de personnes qui venaient me voir, de femmes notamment, qui venaient me voir pour m'encourager et pour me dire que ça leur parlait ce que je défendais Ça, ça a été l'une de mes plus grandes récompenses. Sachant que je me souviens que pour ce défilé, j'avais fait toutes mes pièces de mon défilé en une semaine. Donc, j'avais travaillé, j'avais travaillé, travaillé, travaillé. C'était dur. Mais Le retour que j'ai eu m'avait fait tellement de bien que j'ai oublié que je n'avais pas dormi. Le deuxième point, c'était il n'y a pas très longtemps. Je suis allé à un événement qui s'appelle Business Africa et qui, justement, regroupe des entrepreneurs de tout le continent africain ou de toute la diaspora africaine. Lorsque je suis allé à cet événement, la veille de cet événement, j'ai décidé de créer une robe, d'ailleurs la robe que je porte aujourd'hui. J'ai décidé de créer cette robe et j'ai passé toute la nuit, j'ai travaillé jusqu'à 3h00 du matin, alors je devais être à cet événement à 8h00.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

J'ai travaillé sur ce vêtement, je l'ai dessiné, je l'ai cousu, j'ai fait attention à toutes les matières que j'utilisais et je me suis dit en partant que cette tenue allait me porter chance. Lorsque je suis arrivée à cet événement, beaucoup de personnes sont venues me voir en me disant qu'elles aimaient ma robe, qu'elle était originale, en me posant des questions. Ça m'a permis de parler de mon activité. J'ai également rencontré des personnes qui, justement, se proposaient de m'aider, que ce soit dans la communication, que ce soit dans le prospect, que ce soit... Je me suis fait plein de contacts juste à cause d'une robe, parce que moi, en général, je ne vais pas vraiment vers les gens. Cette robe m'a permis d'attirer à moi des gens et pas n'importe qui, vraiment des personnes qui étaient disposées à apporter quelque chose à mon travail.

Interviewer (Chance)

C'est très beau. Merci pour tes deux partage qui, en tout cas, donne de l'énergie, de l'espoir. Et merci beaucoup, Ariel. Je ne sais pas si tu veux partager ton site internet pour qu'on voit tes créatifs au fond et puis peut-être aussi ton Instagram pour continuer de me suivre. Tu as un message de la part de Cécile et de Naima qui te disent un grand bravo et merci pour la clarté. Tu es formidable.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Je me permets juste de préciser que je suis ouverte, donc n'hésitez pas à venir me contacter sur Instagram. Je répondrai à vos questions. Comme je l'ai dit, moi, j'aime connecter à des personnes qui peuvent m'apporter quelque chose, donc je n'ai aucun problème à apporter aux autres. N'hésitez pas à venir me contacter sur les réseaux, à venir me parler et je vous répondrai avec grand plaisir.

Interviewer (Chance)

Merci beaucoup, Ariel, pour ce partage, pour ton temps précieux dans le cadre de cette communauté d'entraide, justement, qui s'entraîne d'être prêtes chez Chance. Et vraiment, merci d'avoir apporté toutes ces précisions sur ton projet et de nous avoir éclairés ce matin. Je vous souhaite à toutes et tous et à toi, Ariel, une superbe semaine. Merci encore pour tout ce que tu as partagé aujourd'hui. Et puis, je vous souhaite une très bonne journée à tout le monde. Merci beaucoup, Ariel. À bientôt.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

Merci à toi également, Charlotte. Bonne journée.

Interviewer (Chance)

À bientôt. Bonne journée, tout le monde. Bonne journée à toutes les personnes qui étaient parmi nous. À bientôt.

Arielle Houngbedji (Styliste modéliste)

À bientôt.

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