Ahmed Galal, Traducteur & Interprète

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Alizée (Chance)

Bonjour tout le monde ! Ou plutôt bonsoir. Bienvenue dans ce live organisé par chance, ce live de la série ou plutôt de la semaine en coulisse ou à chaque fois, nous vous proposons de découvrir un métier à travers un guest qui connaît ce métier, qui est un expert de son métier. Et donc aujourd'hui, je suis en présence de Ahmed qui va nous parler du métier de traducteur interprète. Donc moi je m'appelle Alizée, je travaille chez Chance. Évidemment, vous avez le chat qui est là pour communiquer. Donc voilà, je vois plein de gens qui euh, qui se disent bonsoir, euh, vous avez aussi un onglet questions, euh, c'est l'idéal pour poser vos questions parce que dans le fil du tchat, parfois on peut un petit peu les perdre dans le déroulé. Donc euh, c'est encore le mieux pour poser vos questions et euh. Et si ça convient à tout le monde, ben moi je propose à Ahmed de commencer par nous expliquer comment il est arrivé sur le poste sur un poste de traducteur interprète.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Bonsoir Alizée, bonsoir tout le monde ! Est ce que vous m'entendez bien ? Tout va bien pour le son c'est ok. Parfait parfait. Alors j'ai occupé ce poste à deux reprises dans ma vie avec presque dix années d'intervalle. La première, et ce sont deux cadres et deux manières de configuration complètement différente. La première fois, c'était entre 2012 2014. En tant que autonome auto entrepreneur auprès d'un prestataire en présentiel à l'OFPRA, l'Office français des réfugiés et à la CNDA, la Cour nationale du droit d'asile, parce que c'est le même marché et beaucoup plus tard, en 2020 et 2020. Pardon, J'ai retrouvé mon poste actuel en tant que traducteur interprète cette fois ci à 100 % à distance depuis chez moi, par téléphone et visioconférence. Et cette fois ci je suis salarié, c'est à dire en cdi depuis cette date là jusqu'à maintenant et ça dure autant que possible pour l'instant.

Alizée (Chance)

Trop bien. Donc tu as vraiment vécu différents aspects du métier, tant par le statut que par la structure. Intéressant comme tout. On va pouvoir te poser plein de questions.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Alors oui, avec plaisir et par la manière de faire et par le par le même, la rémunération. En fait, c'était différent sur tous les aspects et même par la la façon de faire à cause de l'espace ou de la distance temporelle entre les deux. Euh bien sûr, les instances et les lois ont changé entre temps et j'ai dû m'adapter, me réadapter et réadapter le discours. Euh quand j'ai repris, euh. Et entre les deux, euh, c'était dans l'enseignement, dans l'enseignement supérieur, euh, en tant que prof d'arabe francophone.

Alizée (Chance)

D'accord. Et euh alors euh ben du coup, il y a une question sur cet aspect qui vient d'être posée par Élise. Donc d'ailleurs, euh, toutes les autres questions sont bienvenues, Bienvenue, évidemment. Elise te demande quelle structure tu as préférée. Vu que tu as exercé dans des aspects différents.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Difficile question, Alice. Parce que la première fois, c'était en présentiel. Ce que je préfère le contact humain, la présence, bien sûr. C'est bien avant le Covid. Mais il y avait bien sûr le trajet, le trajet assez loin et parfois on est on arrive et le dossier ou le demandeur d'asile n'est pas là et il n'est pas prévenu. Donc, au lieu de faire trois dossiers, on fait un et parfois zéro. Donc on vient, on perd la matinée pour rien. Et si on a des dossiers pour pour l'après 12 h, donc ça recommence à 14 h. Donc il faut se débrouiller entre 9 h et 14 h. Faire quoi, quoi, quoi faire ? Ou si on n'a pas d'autres dossiers ? Donc on a perdu une matinée pour rien. Euh par contre, donc actuellement, depuis chez moi, il y a bien sûr les aspects pratiques pratique que je termine à 17 h. À 17 h 05, je suis tout à fait libre, il n'y a pas de transport et il n'y a pas le il n'y a pas le, le, le trajet, etc.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Mais après ce que j'ai aussi exprimé à mon, à ma coach, c'est. Il y a aussi un peu l'enfermement, l'isolement. On n'a pas vraiment de collègues en contact avec nos supérieurs par mail. De temps en temps, il y a des formations, mais tous les trois ou quatre mois, on est présent au siège. Bien sûr, il y a des grands événements, des réunions annuelles, et cetera, mais c'est pas au quotidien et ça nous manque un peu et ça nous met un peu en état d'isolement, d'enfermement. Parce que là, quand on travaille, euh, je pense qu'on a tous essayé avec le Covid, mais là c'est le le, le la nature de mon métier qui fait comme ça. Euh, il y a le, euh, professionnel qui s'imbrique, qui s'invite sur le personnel et le privé puisque on fait tous les deux enfin les deux activités, euh, sortent du même espace qui est l'espace de mon ma maison, mon notre appartement. Donc il y a, il y a ce, ce, ce délicat équilibre entre les deux.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Et bien sûr, au début de mon de mon exercice, depuis chez moi, j'ai eu bien sûr des échos que. Il ne faut pas. Les bruits des enfants, la télé, la tondeuse du voisin, etc. On a tous eu. Et avant de trouver vraiment l'équilibre parfait et de trouver un espace dédié au travail et le reste que que je ne touche pas le reste de la journée pour ne pas confondre, même mentalement, intellectuellement, les deux espaces et les deux activités. Oui.

Alizée (Chance)

Oui, tout à fait. Et donc nous, on est là dans ce live parce que je pense qu'on sait tous et toutes les personnes qui sont en train d'assister à ce live se sont dit je ne parle pas une seule langue, et si, et si jamais moi aussi je pouvais être traducteur interprète ? Toi tu parles combien de langues différentes ? Et d'après toi, d'après ta connaissance du domaine, combien de langues il faut parler ou maîtriser à la perfection pour pouvoir exercer ce job ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui, j'ai oublié de vous préciser que je suis bilingue franco égyptien et je suis binationale aussi. J'ai la nationalité égyptienne et j'ai la nationalité française. Mais ça nous ramène à une petite définition de traducteur-interprète que j'avais préparé. Pour répondre à cette question, en fait c'est euh, c'est en toute simplicité, toute simplicité, pardon, c'est celui ou celle qui exerce de façon qualifiée une fonction d'interface verbale ou ou écrite entre plusieurs individus ne parlant pas la même langue. Et dans cette définition, on peut ressortir deux précisions de façon qualifiée, c'est à dire il fallait, il ne suffisait pas que tel ou tel soit bilingue ou trilingue pour exercer le métier de traducteur interprète. Il faut vraiment des études universitaires au moins. Enfin, si vous voyez si les invités regardent dans les annonces du concours les posts, au moins ils demandent bac plus cinq. Deuxième précision dans cette définition, c'est une interface verbale ou écrite, c'est à dire en fait, on n'est pas des dictionnaires, on n'est pas des Google traduction, mais il faut vraiment vérifier la bonne compréhension ou la bonne transposition du texte si on parle de la traduction écrite, et mobiliser des connaissances interculturelles pour restituer autant que possible et bien sûr les nuances, les traits d'humour, les émotions, les illusions et tout ce qui est entre les deux lignes. Donc moi, moi je parle, enfin, je suis parfaitement bilingue en arabe et en français et accessoirement l'anglais, mais je ne travaille pas avec l'anglais. D'accord. J'ai pas des connaissances suffisantes. Et bien sûr, le marché est beaucoup plus saturé en anglais et en allemand que dans des langues rares entre guillemets comme le chinois, le turc, l'arabe, le russe, etc. Oui bon, même l'arabe, il y a beaucoup, à cause bien sûr de la présence de la communauté maghrébine, mais. C'est vrai que c'est beaucoup moins présent que...

Alizée (Chance)

Les universitaires, quoi.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui, oui, exactement. Même si certains invités sont des parents bilingues ou issus, par exemple des familles du mariage mixte, il faut vraiment passer par de l'essence, soit l'essence de la langue étrangère appliquée. C'est vraiment une très très bonne essence. Euh, une formation très formatrice entre guillemets, qui qui introduit aussi aux lois internationales, euh, il y a plein d'aspects ou bien au moins faire une licence de langue et civilisation arabe, russe, turc, ça, ça existe aussi dans tous les départements, sciences humaines et sociales, dans plein d'universités en France, parisienne et autres.

Alizée (Chance)

OK, très clair. Merci beaucoup Ahmed. Il y a deux participantes qui étaient sur le point de poser des questions. J'ai vu Clémence, j'ai vu Adeline. Ne soyez pas timide, posez vos questions parce que sinon moi j'en ai plein donc la place est quand même surtout là pour vous. Euh, en attendant que ça arrive, euh moi je voulais te demander quels sont les aspects de ton métier que tu préfères. Et puis après forcément, qu'est-ce qu'on. Quels sont les aspects que tu aimes le moins ? Euh parce que c'est important qu'on qu'on n'ait pas de fantasmes sur un métier et qu'on se dise les choses vraiment ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Ah ah ah ! Surtout, surtout pas ! Euh oui, surtout pas en fait. Oui, effectivement. En fait, quand j'ai reçu l'invitation du ce live, euh ou de cette semaine des métiers, je me suis dit oh là là, j'aimerais pas euh, on va dire refaire établir un tableau, euh tout est rose, tout est bien dans notre métier, enfin. Venez, venez, devenez tous et toutes et tous, traducteurs et interprètes. Non, ce que je préfère, euh, c'est vraiment soit la première, le premier cadre ou la première configuration, soit le deuxième. C'était vraiment d'accéder à l'envers du décor, de l'actualité politique ou de l'actualité tout court. Pendant le Covid, on était là et on traduisait en permanence les toute, toute, toute la terminologie qui est apparue avec cette crise, par exemple. Et j'ai bien sûr eu, par la nature de mon travail, récits d'asile ou de la guerre en Syrie, en Libye, en Irak, etc. Euh, au Liban, et cetera.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Donc on vit vraiment derrière ce qui se passe, ce qu'on voit, nous, à la télé. Le deuxième aspect, ce que je préfère, c'est le contact humain. Ça, c'est aussi à double tranchant parce que c'est vrai que on établit, on établit la liaison, on fait le lien entre deux mondes, le monde arabophone dans mon cas, et le monde francophone. Euh. Mais ça a aussi un point faible et en même temps, c'est il y a une charge émotionnelle extrêmement importante que ni l'un ni l'autre le sont, parce que vous vous enfin vous regroupez ou vous rassemblez les deux en même temps. Et le troisième point qui me fait toujours plaisir, c'est la gratification. On est toujours félicité ou bien remercié, au moins remercié par les deux, par le par la personne qui parle, qui nous parle, qui sont, qui est allophones, qui ne parle pas français et aussi par le professionnel, le policier, le gendarme, l'agent de la préfecture ou le médecin pour lequel on fait l'entretien. Donc ils nous disent souvent à la fin sans vous, on n'aurait pas avoir la consultation médicale ou la consultation juridique ou autre.

Alizée (Chance)

Oui, je voulais juste faire une remarque parce qu'en fait, euh, je je comprends tout à fait ce que tu dis. En fait, comme tu es au milieu et qu'il y a les deux charge émotionnelle des deux côtés, et que toi tu tu retranscrit dans les deux sens, euh ce qui est dit, effectivement tu te t'es obligé de personnifier la verbalisation et du coup effectivement tu prends les deux flux, donc c'est effectivement assez intense. Et puis après comme tu dis le côté gratitude, c'est à dire que sans toi il n'y aurait pas eu d'issue positive à l'échange, donc forcément des deux côtés et d'avoir une belle reconnaissance. Donc je comprends tout à fait les aspects positifs. Merci beaucoup d'avoir partagé. Et tu avais autre chose à dire aussi ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui, oui, oui, tout à fait. Et le tout dernier point positif, c'est une marge de liberté. C'est pas. C'est que même si on refait le même dossier pour deux entretiens plus ou moins identiques ou similaires, ou moins similaires, on est libre aussi de formuler et reformuler en fonction du contexte et de nombreux critères. Par linguistique, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais par exemple, simplifier la terminologie médicale pour quelqu'un qui n'a pas fait beaucoup d'études ou qui n'a jamais allé à l'école adopter un langage jeune, par exemple avec les mineurs non accompagnés ou quand on. Quand on est dans une consultation avec un enfant, euh. Introduire les salles climatisées lors des annonces par exemple, délicates. Et ça m'est arrivé à plusieurs reprises d'annoncer une maladie grave, le sida, le cancer ou bien euh, annoncer le décès.

Alizée (Chance)

Et ça, pour toi, c'est un aspect positif ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Euh, pas pas les derniers exemples, mais c'est que on a une marge de manœuvre assez importante et parfois aussi on est repris. Ça, c'est arrivé avec certains collègues qui, en anglais, que certains agents du service public parlent un peu anglais. Ils se permettent de corriger l'interprète et nous on dit c'est moi l'interprète, laissez moi faire mon travail, je connais le mot qui doit ou le traducteur. Si c'est une traduction, je connais le mot adapté pour ce contexte.

Alizée (Chance)

Oui en fait, un deuxième niveau après deux traductions. C'est à dire que tu as un rôle aussi de vulgarisation ou d'adaptation. Euh, c'est à 2 à 2 niveaux.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui, oui, bien sûr, il y a deux paliers. Le palier linguistique, c'est de traduire voiture signifie car par exemple en anglais. Mais aussi il y a beaucoup plus profondément, il y a l'aspect médiation, explication bien sûr, simplification, plein de choses parce que comme tu viens, comme je viens de te dire, par exemple en consultation médicale, tu as un ou une médecin qui a bac plus dix et tu as en face un patient qui n'est jamais à l'école. Donc, comment équilibrer l'énorme écart entre les deux ? Et c'est à toi de faire l'ascenseur aller-retour. Et c'est pas toujours évident, c'est vraiment casse tête. Mais c'est ce qui rend le métier complet.

Alizée (Chance)

Je vois, Elise a posé une question mais est ce que avant tu veux nous parler des aspects qui te plaisent le moins ou comme on a dit, on n'était pas là pour pour peindre un tableau trop rose, mais le plus réaliste possible.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui, oui oui, tout à fait. Non, non, mais c'est vrai que c'est. C'est pourquoi en fait, je me suis inscrit au parcours Chance aussi. C'est pas pour rien. Si si, tout va bien madame la Marquise. Donc les points faibles. Je commence par la lourde charge émotionnelle, que ça soit en traduction ou en interprétariat. Pourquoi ? Parce que même si vous traduisez, on traduit un texte, on est dedans, on est dedans, on plein plein plein dedans et on vit l'histoire heureuse ou douloureuse de ce texte ou de cette personne pour lequel on fait l'entretien et on vit vraiment avec par exemple ce document contrat, jugement, rapport médical, etc. Et il y a le deuxième point fatiguant, c'est la gymnastique intellectuelle, c'est à dire être capable d'entrer immédiatement dans le sujet, soit de texte, soit de propos, parce que on change tout le temps de texte, pardon ou de contexte. Euh, il n'y a pas vraiment. Enfin, parfois on fait des juridiques, parfois on fait du médico social, parfois on fait avec la police, euh demande d'asile, et cetera.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Donc c'est vraiment cette gymnastique intellectuelle tout le temps. Donc à la fin de la journée, vraiment, on est euh, on a on a la tête qui explose, euh, et euh, ce qui concerne l'interprétariat, euh, c'est vraiment parfois, souvent, parfois beaucoup de pression, c'est à dire savoir exercer et comme on vient de dire, créer sa place au milieu de cet échange, surtout dans des échanges tendues ou conflictuelles, euh et toujours euh, ou bien euh, pour la traduction écrite, de voir rendre à temps, bien sûr, les textes complexes. Il y a des textes parfois juridiques, très complexes, qui demandent beaucoup de lecture et beaucoup de relectures, de corrections, etc. Et le tout dernier point, qui est un point très important pour moi, c'est cette amitié sous évaluée en termes de salaire et de rémunération, malgré tous les efforts qu'on vient d'expliquer. Et à moins vraiment. Ce qui reste assez correct à moins d'être salarié de grosses structures nationales ou internationales comme par exemple ministère des Affaires étrangères, l'ONU, Parlement européen, etc. Mais à part ça, c'est vraiment, euh, demande de beaucoup de reconnaissance sociale et financière également. Ce métier là.

Alizée (Chance)

D'accord. Ben merci pour ta franchise et ta transparence et pour nous partager tout ça. Et ça fait une bonne transition je trouve avec la question d'Elise qui demande est ce que est ce que tu penses que c'est un métier qui est menacé par le numérique, par les IA ? Justement ? Au vu de tout ce que tu viens de dire, c'est pas évident je trouve.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui c'est vrai mais je pense pas. Je pense pas en fait la menace se représente il y a 100 ans face aux journalistes. Avec Internet, on peut tout chercher, tout trouver l'information en deux trois clics. Mais il y a toujours des journaux, il y a toujours des agents, des agences de presse, il y a toujours des correspondants pour la télé, pour la radio, etc. Enfin, même la radio a été menacée par la télé. La télé a été menacée par Internet, Internet, etc. Je ne pense pas. Je pense que ça certainement va modifier notre pratique, nos exercices, c'est à dire là par exemple, si je ne trouve pas un terme médical, je cherche sur Internet en deux secondes, je l'ai. Ça, ça me facilite les choses. Mes ancêtres lointains, par exemple, il y a cinquantaine d'années, ils avaient des dictionnaires, des dictionnaires en papier. Donc ça nous fait, ça facilite, mais ça remplacera jamais parce que il y a toujours des nuances, il y a toujours eu, il y a toujours aussi, en fait, si vous voulez, chers invités, une langue, c'est comme un arbre.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Chaque saison, chaque période, il y a des feuilles qui tombent et d'autres les remplacent. Et ça seulement, à mon avis, le cerveau humain est capable de suivre le rythme. Ce n'est pas le cas des évolutions du langage. C'est un langage du langage, de la, de la terminologie, des nouveaux mots, des mots qui ne sont plus utilisés. Archaïque tout ça que l'être humain qui lui même la source du langage peut suivre le rythme. Il peut aller au delà de la création. Mais les artistes, enfin toute la technologie viennent derrière. En fait, la technologie n'est qu'un l'écho de l'évolution de l'intellect humain. Si l'humain n'est pas assez développé ou n'est pas assez évolué, il n'allait pas inventer internet ou tous les moyens de communication. Donc c'est vraiment d'abord l'humain et ensuite tout ce qui est derrière comme invention avec un bon ou mauvais bien sûr. Mauvaise utilisation. Ça c'est aussi comme. Comme un couteau, on peut couper une pomme, mais aussi on peut blesser quelqu'un. Je ne pense pas. Ça va modifier nos, nos nos notre amitié, mais ça va jamais le remplacer. Et la preuve qu'on a toujours autant de demande et certains, certains professionnels, ce qu'on appelle les professionnels, que ce soit n'importe qui. Et ils me disent on a commencé la conversation avec les les traducteurs sur téléphone, mais ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas, ça bloque. On a besoin de vos services ou de vos ou votre prestation pour mener l'échange à bien.

Alizée (Chance)

Ah ben c'est rassurant pour l'avenir du métier. On a une question de Clémence, une question concrète qu'est ce que tu penses des plateformes pour freelances comme par exemple Fiver ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Je ne connais pas mais je connais les équivalents.

Alizée (Chance)

Qu'est ce que tu en penses pour pour exercer ce métier ? Est ce que c'est. Est ce qu'il y a du business à faire ? Est ce que on peut trouver des missions facilement ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Alors ça dépend des langues à vrai dire, ça dépend des langues mais je pense de manière générale le statut de freelance, ce que j'avais évoqué. Enfin le premier, le tout premier exercice, j'étais en freelance, en auto-entrepreneur et c'est vraiment extrêmement difficile d'en faire sa sa son revenu ou ses revenus principaux parce que c'est vraiment on est sous-payés, sous évaluée. Il y a toujours le problème de freelance dans la traduction et l'interprétariat. Il y a toujours un concurrent qui propose moins ou qui casse les prix. Donc là on est, on descend, on descendant. Jusqu'à maintenant, il y a des freelances qui acceptent ou qui proposent 90 € l'heure. Et c'est très peu. Et il y a toujours, toujours. Le problème aussi, c'est que les institutions, les grosses institutions, euh enfin favorisent les privilèges. Celui qui est le moins cher, quelle que soit la qualité de son.

Alizée (Chance)

Ça va niveler vers le bas la profession, quoi.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Tout à fait. Donc il y a trop. Et de manière générale, ça dépend des langues. Par exemple l'anglais, l'italien, l'allemand, il y a beaucoup trop de concurrents, donc c'est même pas la peine. l'Arabe en deuxième position, parce qu'il y a beaucoup, euh, beaucoup qui qui pensent parler l'arabe ou qui maîtrisent l'arabe et le français. Et le problème c'est que il y a des traducteurs qui ne maîtrisent même pas leur propre langue ou leur langue maternelle. Ça, c'est aussi un gros problème. Qui qui a besoin de. C'est pour cela. D'où l'importance des de faire des études. Parce que quand on fait des études, on. On met, on ré re euh, enfin, on remet à niveau notre français parce qu'on rédige en français les mémoires, les rapports, etc. Ça, c'est si le français n'est jamais acquis. Pendant mes années d'enseignement, j'ai eu des catastrophes dans les copies en français. Donc c'est ça peut, ça peut marcher comme un début à être freelance. Mais vraiment, à mon avis, par sécurité, il faut être à un moment donné salarié, au moins à temps partiel, pour garder un minimum de revenus et exercer en freelance le reste du temps. L'un n'empêche pas l'autre, mais être freelance à 100 %, moi je n'imagine pas, comme je viens de le dire, à cause de la concurrence croissante et les prix qui sont de plus en plus bas et qui sont parfois, souvent. Je connais des collègues freelance qui travaillent à perte, qui travaillent à perte pendant des mois et des mois, le temps d'avoir de la clientèle et de faire leur base de clients. Ils me disent Je sais que c'est à perte et parfois, parfois ils ils abandonnent tout simplement parce que ce n'est pas vivable à la fin.

Alizée (Chance)

D'accord. OK. Et bien c'est hyper intéressant tout ça. Il faut qu'on se les garde en tête. Merci. J'avais une dernière question, mais elle vient de me sortir de la tête. C'était oui. Euh D'après toi, quelles sont les principales qualités ou qualités ? Mais les principales forces ou talents ou quelle fibre il faut avoir pour être traducteur interprète ? Tu le conseillerais à quel type de personnes ? Tu vois ce que je veux dire ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Hum. Méticuleux. Hum. Premièrement. Euh. Ouvert d'esprit ou curieux ? Ce qui est dedans aussi La culture générale. Parce que il faut avoir vraiment beaucoup de culture générale, regarder les infos, s'intéresser, s'intéresser aux régions euh de la langue ou sur les langues des langues, pardon si on parle au pluriel, euh, du travail, si on peut. Si on travaille en espagnol par exemple, il suffit. Enfin, il faut s'intéresser par exemple à l'Amérique latine et l'Amérique centrale, à tous les pays qui parlent espagnol par exemple. C'est un exemple, donc méticuleux, ouvert d'esprit euh, très, très patient, très très.

Alizée (Chance)

Très très.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Très très très très. Parce que on répète toujours la même chose si on travaille par exemple, en traduction écrite, si vous êtes assermenté, vous allez faire des actes de naissance des dizaines par semaine et c'est toujours la même, plus ou moins le même format, mais vous changez les coordonnées de la personne, ou bien vous faites un format par pays et vous changez par exemple ce pays là, hop, tel ou tel format, ou bien un acte de divorce, un acte de mariage, c'est toujours des même format, donc très patient et ne pas.

Alizée (Chance)

Il y a un côté répétitif qu'il faut prendre en compte.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Ah oui oui oui. Quel que soit le cadre du métier, il y a toujours un côté répétitif, il y a des mots qui reviennent. Il y a et il y a aussi patient dans le sens où on peut répéter, ou on peut refaire la même chose plusieurs fois par jour, sans lassitude ou avec le minimum de patience quand même. Il faut un peu de patience parce que l'autre n'a pas entendu, l'autre n'a pas compris. J'étais aussi à la cour, devant les juges et les juges par exemple, ou un des magistrats peut être sur son téléphone ou peut être ailleurs. Donc il faut qu'on lui répète la question ou le propos tel qu'il était, avec la même énergie, avec la même motivation. Donc c'est pas c'est pas facile. Donc il est vraiment très patient parce que si on se lasse, c'est même pas la peine de faire, quel que soit le métier je pense. Il y a un côté routine dans chaque métier, mais dans ceux-ci, contrairement aux apparences, qu'on change tout le temps.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Mais en fait, on change tout le temps au début, mais après, les cartes reviennent enfin sur une échelle de, par exemple six mois ou trois mois même, j'ai trouvé que plus ou moins les thématiques reviennent plusieurs fois. Très patient, très très patient.

Alizée (Chance)

Déterminé. Rigoureux. Patient.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Oui.

Alizée (Chance)

Ou en tout cas pas avoir peur de ce qui peut se répéter.

Alizée (Chance)

Oui.

Alizée (Chance)

On arrive à la fin de notre live, mais je crois qu'il y a une dernière question qui est en train d'arriver. Je ne suis pas sûr. Il y a Achini qui est en train de taper quelque chose. Alors c'est peut être une question euh si ça arrive, on prend la question, sinon ce sera la fin.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Okay ?

Alizée (Chance)

Évidemment, s'il y a des dernières questions, c'est le moment.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Suspense.

Alizée (Chance)

Oui, c'est le suspense de la dernière question. C'est arrivé. Alors concernant l'environnement de travail, peut on avoir des collègues ? Mais oui, c'est vrai, c'est parce que finalement c'est un métier qui est assez euh assez individuel finalement. Tu as tes missions de traduction à toi, tu travailles pas vraiment en équipe si ?

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Euh oui, enfin dans mon cas précis. Oui, mais on peut avoir des collègues, bien sûr, bien sûr, mais par exemple, si on travaille dans un cabinet de traduction qui fait plusieurs langues, on a bien sûr son propre quota de travail dans sa langue, mais peut être on est deux qui font l'espagnol, donc on travaille en équipe, en binôme. Il y a deux autres qui font l'anglais, trois Italiens, quatre Tchétchènes ou russes, je ne sais pas, mais j'ai des collègues qui travaillent dans le siège qui est parisien, qui se voient de temps en temps dans les grands événements ou des grandes réunions ou formations aussi parce qu'on est formé en permanence sur plein de thématiques pour renforcer ou enrichir la terminologie, même enrichir la manière de faire. Mais si, si, bien sûr, si on par exemple, si on est au ministère des Affaires étrangères, au ministère de la Défense ou des Armées, il y a des équipes, des linguistes, ce qu'on appelle des équipes de linguistes avec des correcteurs. Et donc il y a toujours au moins deux qui travaillent sur la même langue. Donc on peut toujours avoir bien sûr des collègues. Moi je. Moi, je parle de mon. De mon Ma situation personnelle. Mais j'ai des collègues. Mais à distance. Oui.

Alizée (Chance)

Bien sûr. Bon ben merci. Très clair. Euh. Merci pour toutes vos questions. Merci beaucoup Ahmed pour le temps que tu nous as consacré et les explications détaillées que tu nous as données. Ça permet de vraiment se projeter dans ton quotidien ou en tout cas le quotidien du métier. Euh. J'espère que tout le monde en repart avec de la clarté, en tout cas un petit peu plus puisque ça ne peut jamais être 100 % complet, c'est sûr, mais en tout cas, en une demi-heure, on a quand même réussi à bien, euh, bien déblayer le sujet. Donc, encore merci de la part de tout le monde et je souhaite à tout le monde une très bonne soirée. Et n'oubliez pas qu'il y a des lives toute la semaine. Euh dans la dans la dans le cadre de la semaine en coulisse. Donc dès demain on reprend les lives sur d'autres métiers. Donc allez consulter le planning s'il y a d'autres métiers qui vous questionnent. Voilà. Bonne soirée, au revoir.

Ahmed Galal (Traducteur & Interprète)

Merci au revoir.

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