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Oser changer de métier

janvier 2021

Animateur : Le cercle RH avec nos invités, le débat de smart jobs aujourd'hui, la reconversion. C'est un sujet dont on parle beaucoup ces derniers mois parce que la crise Covid a peut-être fait réfléchir plus intensément les salariés, les cadres qui ont, pour certains d'entre eux, envie de changer de métier, voire même de changer de vie. Ils en parlent beaucoup, ils l'évoquent, mais c'est vrai que c'est parfois très compliqué de franchir le pas. D'abord parce qu'il faut le financer. La reconversion se finance. Et puis, évidemment, il faut changer sa vie, ses habitudes et parfois le confort dans lequel on évolue. C'est un débat de fond. On en parle avec mes invités. Il y a eu les vacances aussi, évidemment. Les vacances, c'est un moment propice pour se demander si ce que l'on fait a toujours du sens. Mes invités sont avec moi. Ludovic de Gromard, merci d'avoir répondu à notre invitation. Vous êtes déjà venu sur notre plateau, cofondateur et CEO de Chains. Je dis Chains parce que tout ça, l'aventure entrepreneuriale a démarré dans la Silicon Valley. C'est bien ça ?

Ludovic de Gromard : Absolument.

Animateur : Merci beaucoup de votre invitation. Vous êtes revenu en France pour développer, et on va en parler avec vous, tous ces parcours, ces accompagnements des collaborateurs. Merci d'être là. Sylvaine Pascual, merci d'avoir répondu à notre invitation. Fondatrice d'Itak Coaching, spécialiste de la reconversion professionnelle, avec un peu d'humour en préparant l'émission. Vous me disiez: On en parle beaucoup, les salariés en parlent beaucoup, mais On ne sait pas exactement combien est réellement Francis Lepas. Ce livre qui est sorti chez Wiber, Job Crafting, dix séances d'auto-coaching pour devenir l'artisan de son propre plaisir au travail. Parce que évidemment, ça renvoie à la question du sens. La question double est la même pour tous les deux. Vous êtes des experts de ce sujet. Est-ce qu'on peut considérer qu'il y a une recrudescence des reconversions liées à cette crise COVID que l'on vit maintenant depuis un an et demi ? Est-ce que vous le ressentez à travers tous ceux qui poussent la porte de vos entreprises ? Qui veut commencer, Sylvaine ?

Intervenant : Ce qu'on ressent, c'est une augmentation considérable de l'intérêt pour la reconversion. Vous le disiez tout à l'heure. Ce qui a changé dans l'intérêt pour la reconversion, c'est qu'aujourd'hui, les gens s'intéressent au sens de leur vie et plus non uniquement au sens de leur vie professionnelle, et du coup, se questionnent sur quelle place pour le travail à l'intérieur de la vie tout court. Donc, cet intérêt pour la reconversion, il a considérablement augmenté. On le voit, il y a énormément de gens qui cherchent à réfléchir à leur désir de reconversion.

Animateur : Qui cherchent à réfléchir ? On n'est pas dans... Je bascule. Je cherche à réfléchir.

Intervenant : Certains y réfléchissent, pas tous d'ailleurs. Certains y réfléchissent, mais se reconvertissent-ils derrière ? Pas nécessairement toujours. Et ce qu'on remarque, c'est surtout une forte augmentation des gens qui, justement, ont un désir de reconversion, mais derrière, ne se reconvertissent pas.

Animateur : Ils restent dans l'espace dans lequel ils évoluent en se disant qu'à un quart, après tout, je vais bien m'habituer à ma situation.

Intervenant : Oui, ou alors je peux modifier certaines choses qui vont être suffisantes pour que je retrouve un minimum de sens ou de plaisir.

Animateur : Je donne la parole évidemment à Ludovic de Gromard. Est-ce que c'est un problème, souvent, de bien-être ou de mal-être au travail qui pousse à la reconversion ?

Intervenant : Assez fréquemment. Fréquemment ?

Animateur : Oui. On se sent mal ?

Intervenant : On se sent mal, ça peut être toutes sortes de mal-être. Ça peut être Ça peut être de l'ennui, ça peut être du manque de stimulation intellectuelle, ça peut être un ras-le-bol général, ça peut être un milieu qui n'offre plus de perspectives suffisantes, ça peut être plein de choses. Plein de choses. Un désintérêt, un des métiers qui a changé aussi. On voit ça beaucoup, des métiers qui ont évolué et qui, du coup, ont perdu de leur sens pour les gens qui les exercent.

Animateur : Et des métiers qui, certains, disparaissent. Ludovic de Gromard racontait votre aventure entrepreneuriale, parce que vous êtes soutenu par Google, vous avez fait des levées de fonds. Qu'est-ce qui fait qu'un jeune entrepreneur décide de se lancer sur ce terrain-là, c'est-à-dire l'accompagnement, le coaching ? Qu'est-ce qui vous a poussé ? Parce qu'il y a plein d'autres domaines quand on entreprend, qui sont des domaines qui permettent de se développer et de faire prospérer son entreprise. Pourquoi ce choix ?

Ludovic de Gromard : Chaque Aujourd'hui, tous les jours, on a des centaines de personnes qui nous contactent et qui vont sur le site de Chance et qui nous disent ne plus se sentir alignés avec qui ils sont, ne plus sentir que les choix qu'ils avaient faits au préalable sont aujourd'hui, qui, potentiellement, étaient les bons choix hier, mais ne sont plus aujourd'hui le bon choix pour elle, qui nous disent subir ce qui a été dicté de l'extérieur d'un environnement familial, amical, d'un environnement qui, finalement, les a contraints.

Animateur : Fais ton droit et tu feras du théâtre ensuite. Bien évidemment. C'est un peu ça. C'est exactement ça.

Ludovic de Gromard : Et puis, il y a une soif de liberté derrière. C'est cette soif de liberté qu'on retrouve non pas uniquement, comme on voudrait le dire, chez des populations cadres, mais de manière très généralisée dans la population. C'est pour ça qu'est né Chance, pour permettre à tout un chacun que son passé ne dicte pas son futur.

Animateur : Donc pas de déterminisme, finalement. On a le droit à une deuxième vie, à une troisième vie. C'est un peu ça que vous dites.

Ludovic de Gromard : On aC'est possible. Et c'est la tendance, en fait. Si vous voyez, il y a des chiffres qui viennent du ministère du Travail américain qui disent que désormais, les gens vont changer de travail douze fois. Les gens qui entrent aujourd'hui sur le marché du travail vont changer douze fois.

Animateur : On était en France à quatre fois, on nous disait quatre fois en France.

Ludovic de Gromard : On est en très forte accélération. C'était votre père ou votre mère qui faisait sa carrière chez Renault. Et qui n'ont bougé pas. Ils font des carrières chez Renault. Il y en a encore quelques-uns, mais si vous regardez les jeunes générations, au bout de deux ans, elles changent de boulot. On a d'ailleurs un chiffre Un point intéressant d'une étude qu'on a menée avec YouGov en septembre 2020, dit 40% des jeunes de moins de 34 ans pensent à déjà changer d'orientation professionnelle.

Animateur : Attendez, pour aller un peu au fond des choses, On parle du déterminisme familial puisque c'est la chose à laquelle on pense, mais est-ce qu'il y a un problème d'orientation ? C'est-à-dire que ces jeunes qui ont moins de 34 ans sont partis sur une filière parce que quoi ? Mal orientés ? Parce que mal informés ? Qu'est-ce qui fait qu'aussi rapidement, ils changent de chemin ? Ou parce que le monde bouge vite ? Pourquoi ? Quel est ce phénomène ?

Intervenant : Il y a certainement plein de raisons à ça. C'est vrai qu'il y a une forme de déterminisme. C'est exactement l'exemple que vous donniez tout à l'heure. Chez moi, on disait: Tu seras médecin, ingénieur ou avocat.

Animateur : Les vrais métiers.

Intervenant : Voilà. Ça reste encore très vrai aujourd'hui. On pousse beaucoup vers des études très normées, la voie royale, prépa, etc. Maintenant, on a rajouté un peu derrière: Tu montes ta startup. Mais ça reste quand même très, très normé comme Parfois, c'est les bons choix, parfois, ce n'est pas les bons. On voit en prépa, j'étais prof en prépa avant ma propre reconversion.

Animateur : Vous aussi, donc vous avez...

Intervenant : Oui, absolument. On voyait ou on voit toujours en prépa des jeunes qui sont très heureux d'avoir fait ce cursus-là, même s'il est très difficile, qui ont appris des choses... Prépa lettre ? Prépa scientifique. Qui ont appris des choses qui les ont passionnées. Et ce n'est pas pour autant derrière qu'ils vont nécessairement se retrouver dans le monde du travail tel qu'ils le découvrent et qui a aussi beaucoup évolué. Et puisqu'on parle des ingénieurs, les jeunes ingénieurs qui débarquent dans le marché du travail se retrouvent parfois confrontés, tout en étant très diplômés à des situations dans lesquelles ils sont sous-utilisés, dans lesquelles ils s'ennuient énormément. Ou alors inversement, d'autres types d'ingénieurs qui se retrouvent dans des entreprises où ils deviennent du fourrage en entreprise à bosser 80 heures par semaine pour des choses qui n'ont pas forcément beaucoup de sens à leurs yeux. Il y Il y a beaucoup de raisons qui peuvent mener à cette espèce de...

Animateur : Qu'est-ce que vous leur apportez, Ludovic de Gromard ? Parce que Chance, je le dis, est soutenu par Google, vous avez un comité scientifique, vous réfléchissez finalement au Gilles De Robien, enfin, ministre de l'Éducation nationale, le genre de gens qui pensent l'éducation, qui pensent le monde de demain, j'imagine. Qu'est-ce que vous le rapportez à vos clients, concrètement ?

Ludovic de Gromard : D'abord, une méthode. Si je vous décris ce qui est Chance, c'est un parcours de coaching digital pour choisir le travail aligné avec qui vous êtes.

Animateur : Le travail, pas la vie. Vous allez pas jusque-là.

Ludovic de Gromard : Je vais même vous définir le travail.

Animateur : Il y a un débat. Chacun veut changer de vie, pas de travail.

Ludovic de Gromard : Qui sont deux sujets qui sont liés et qu'il faut analyser ensemble. C'est un parcours de 30 heures qui est 100% en ligne, dans lequel vous avez 23 heures de ce qu'on appelle de l'auto-coaching, du coaching à faire seul sur votre ordinateur ou sur votre téléphone, qui sont entremêlées avec 7 à 9 heures de vidéo-coaching, avec un ou une coach professionnelle en vidéo, qui sont choisies pour vous sur la base de votre personnalité. Les deux sont entremêlées, c'est-à-dire que vous avez deux, trois heures d'auto-coaching, une heure de vidéo-coaching, 2-3 heures d'auto-coaching, une heure de video-coaching. La métaphore, pour vous permettre d'imager ce qui est chance, ce serait la métaphore du chirurgien ou de la chirurgienne, c'est-à-dire qu'on fait faire par la machine, par l'auto-coaching, tout ce que la machine peut faire, au moins aussi bien que l'humain, c'est-à-dire les équivalents des IRM, des scanners, des radios, etc. Et ça vient nourrir par la data le ou la coach professionnelle qui donc peut intervenir de manière très précise.

Animateur : Très affinée.

Ludovic de Gromard : Tout à fait, c'est ce qu'on appelle laser focus coaching, à l'image d'un chirurgien ou d'une chirurgienne, sur, pour le coup, ce que seul l'homme avec un grand H peut faire et certainement pas la machine, c'est-à-dire naviguer l'affinasse de la psychologie humaine, travailler sur une peur.

Animateur : Vous mêlez l'humain et la technologie, pour le dire...

Ludovic de Gromard : On mêle l'humain et la technologie pour essayer d'accompagner les gens au mieux jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à leur entrée dans un travail qui est davantage aligné avec qui ils sont.

Animateur : Vous vous emboîtez bien sur ce plateau parce que je vous ai vu sourire. Vous êtes prof de prépa, vous vous aussi transformé. Vous vous y retrouvez dans l'idée qu'on puisse marier une technologie, c'est-à-dire de la data, pour être encore plus précis au moment du scalpel ? Parce que c'est un peu ça l'idée, c'est qu'on ne se trompe pas. On affine jusqu'au bout pour répondre. Quelle est votre méthodologie, la vôtre, Sylvaine ?

Intervenant : Moi, je suis un peu de l'antithèse. C'est pour ça que je vous pose la question. C'est ce que je vous propose, ce qui est intéressant, parce que ça montre aussi justement qu'il y a différents besoins et qu'il y a différentes façons d'y répondre. Je suis vraiment à l'autre bout de la ligne, parce que moi, je fais les choses de manière très artisanale et avec mes clients, on met tranquillement, en prenant son temps, nos doigts dans le cambouis de ce qui se passe dans leur tête, pour trouver justement les manières dont on va aligner tout ça. Pour avoir un résultat qui est similaire, évidemment, mais avec une méthodologie qui est très différente. Moi d'ailleurs, je suis plutôt sur une approche qu'une méthodologie dans la mesure où je n'ai pas de programme normé qui est le même pour tout le monde.

Animateur : C'est ça, vous l'adaptez pour chaque ?

Intervenant : Exactement, ça s'adapte au cas par cas et au fur et à mesure de l'accompagnement. Donc, j'ai un certain nombre de dimensions.

Animateur : C'est de la cuisine fait main.

Intervenant : C'est ça. J'ai un certain nombre de dimensions qu'on explore avec tous les clients.

Animateur : Vous allez l'adapter à chaque personne.

Intervenant : Et tout ce qui est fait à l'intérieur de ces dimensions-là est adapté.

Animateur : Juste une question et je donne la parole parce que c'est intéressant. Il y a un débat qui s'installe entre l'idée de la data qui peut venir accentuer, augmenter la qualité de la formation, mais ce que vous rencontrez, votre satisfaction, c'est quoi au bout, Sylvaine ? C'est de vous dire: J'ai réussi à lui faire faire sa reconversion ou parfois, vous dites: J'ai bien fait de ne pas lui dire de se reconvertir. Comment ça se passe ? C'est quoi votre objectif final ?

Intervenant : Moi, je ne leur dis pas de se reconvertir ou pas. En fait, je n'ai pas vraiment d'objectif là-dedans. Je prends un plaisir immense à comprendre comment les gens fonctionnent.

Animateur : Fonctionnent, c'est ça.

Intervenant : Et en fait, ce que je trouve extraordinaire dans mon métier, c'est que mes clients m'offrent la possibilité d'aller observer comment ils fonctionnent. Et ça, je trouve ça... C'est des moments que je trouve assez extraordinaires. La patte humaine, l'humain. Et du coup, si vous voulez, moi, je me garde bien d'avoir des objectifs pour mes clients, parce que ça ne serait pas très coaching dans l'ensemble. Mais en revanche, je prends beaucoup de plaisir à observer. Les gens sont merveilleusement complexes et intéressants. Et de comprendre comment tout ça fonctionne, comment tout ça construit une architecture qui est un petit peu unique, qui parfois peut paraître contradictoire ou bizarre héroïde de l'extérieur, mais qui répond à sa propre logique.

Animateur : À la logique intérieure de l'être humain.

Intervenant : C'est passionnant et moi, je me régale de ça.

Animateur : Luc de Gromard, vous vouliez réagir parce qu'il y a un débat, parce qu'il y a l'idée que pour chaque personne qui passe face à vous, on adapte. Vous vous dites: J'ai de la data, j'ai de l'auto-coaching. Qu'est-ce qu'elle apporte, la data ? Parce que c'est un grand débat.

Ludovic de Gromard : Le premier élément, je pense qu'il est absolument fondamental de personnaliser. Échan, c'est en aucune façon une industrialisation de l'accompagnement. Vous parliez de calme, d'approcher et de comprendre en profondeur les gens. C'est précisément ce qu'on fait. Et l'utilisation de la tech et de la data permet une personnalisation qui est extrêmement forte. Je vais y revenir. Est-ce que la technologie est capable d'embrasser la complexité du monde du travail aujourd'hui, seule, ou l'intelligence artificielle ? Non. Non. Est-ce que, par contre, l'homme est capable de se faire seul ? Je pense qu'il faut avoir l'humilité de dire non.

Intervenant : De la même manière.

Ludovic de Gromard : Et donc là où il y a un intérêt, par exemple, de la technologie, c'est de pouvoir analyser des sites de data qui ne sont pas... Si, qui sont calculables par l'homme, mais avec un temps qui serait gigantesque.

Animateur : Grâce à la machine, elle est calculée.

Ludovic de Gromard : On est capable de le faire de manière automatisée, ce qui vient enrichir et donc augmenter les échanges avec le ou la coach professionnelle.

Animateur : Excusez-moi, pour être concret, on a un petit tableau de bord concret qui, grâce aux data et au coaching humain, parce qu'il y a quand même des coachs, permet d'avoir quoi ? Un portrait robot de celui qui est passé, je dirais, entre vos mains et vous allez l'orienter.

Ludovic de Gromard : Comment ça se passe concrètement ? Vous avez toute une plateforme qui est accessible par les talents qui les suit tout au long du parcours et même à l'issue. Certains de ces points de données sont accessibles par les coachs. Donc, tous ces sets d'activités qui qui sont des activités interactives, qui sont des tests, qui sont des vidéos, qui sont des séances de méditation, qui sont des micro-podcasts, qui sont des activités à réaliser avec des personnes de votre entourage qui permettent de recueillir des retours sur... Toutes ces data sont organisées pour vous permettre, vous, talent, d'être aux commandes, accompagnés par votre coach, d'une série de décisions que vous allez réaliser qui, in fine, permettent de réaliser la décision professionnelle qui est la vôtre. Donc, sur le point de la personnalisation, oui, c'est le cœur de ce qu'on fait, à la fois par la partie humaine, par son augmentation et par ce qu'on appelle l'adaptivité qui est autorisée par l'utilisation de l'auto-coaching, et deux, là où on a peut-être une approche un tout petit peu différente, c'est que dans le coaching, il y a une obligation de moyens et pas une obligation de résultat. C'est ce qu'on évoquait tout à l'heure.

Qui est un parti pris du coaching. Et là où, avec chance, on a une approche un tout petit peu différente, c'est que bien sûr, on est là pour faire accoucher la personne.

Animateur : Mais vous allez au-delà, vous.

Ludovic de Gromard : Mais ce n'est pas tout à fait... C'est qu'on ne s'engage en aucune façon à forcer une reconversion. On n'est pas une boîte de reconversion d'ailleurs, on est une boîte d'orientation professionnelle. Par contre, ce sur quoi on s'engage, c'est d'inciter la personne et d'accompagner la personne à réaliser une décision in fine. Et ça, c'est fondamental dans le-On est bien d'accord que chez moi aussi.

Intervenant : On est bien d'accord que chez moi aussi, à l'arrivée, ce qui est évidemment garanti, c'est que la personne, à l'arrivée, va de prendre une décision qui est une vraie décision, choisir de ne pas se reconvertir. C'était ma question tout à l'heure. C'est parce qu'à côté de ça, on a décidé d'implémenter un certain nombre de changements dans sa façon de travailler qui vont rétablir suffisamment de, on va mettre le mot de plaisir au travail dedans, de façon à ce que ce soit tout à fait acceptable. Moi, je crois que de toute façon, ce n'est pas... Je veux dire, on n'est pas opposé. On n'est pas opposé. Je pense que c'est simplement le fait que... Et c'est intéressant d'ailleurs.

Animateur : C'est la méthodologie technique qui finit.

Intervenant : C'est le fait qu'aujourd'hui, c'est intéressant qu'il y ait plusieurs façons de s'y prendre, parce que clairement, parmi mes clients, il y en a beaucoup qui ne seraient pas du tout intéressés et inversement. Et du coup, ça permet d'avoir des réponses multiples à des envies multiples chez différents candidats à la rencontre.

Animateur : Une question, vous, qui avez le thermomètre, finalement, chez ces salariés qui bougent, qui veulent changer, qui perdent du sens, ils veulent aller vers quoi ? Est-ce qu'on a comme ça des typologies ? Est-ce qu'il y a des salariés, pour la plupart, j'imagine, ils sont salariés, disent: Je ne veux plus revenir dans l'entreprise parce qu'on l'évoque, les managers, parce que le monde du travail. Toutes les questions qu'on évoque sur ce plateau, où est-ce qu'ils vous disent: Moi, je voudrais juste me reconvertir dans un métier plus agréable, auquel cas, il reste dans l'entreprise. C'est quoi les typologies de reconversion ?

Ludovic de Gromard : Chez Chance, on définit un travail, on parlait du sujet du travail, par quatre piliers qui sont: un, un métier, deux, une finalité, trois, un environnement de travail et quatre, vos impératifs de vie qui sont des impératifs financiers. Il faut que je gagne un minimum à temps pour pouvoir rembourser un emprunt, par exemple, deux, géographique. Il faut que je sois dans telle zone géographique parce que je suis en garde partagée. Donc, si je veux voir mes enfants, il faut que je sois là. Et trois horaires. Il faut que je puisse récupérer mes enfants à la crèche tel jour.

Animateur : Liés au point trois.

Ludovic de Gromard : Ça, c'est une matrice de définition d'un travail pour une personne. Pourquoi est-ce que je vous parlais de ça ? Parce qu'à la fin du parcours-chance, on a 40% des talents qui font ce qu'on appelle une reconversion totale ou une reconversion complète, c'est-à-dire changement du pilier métier à minima. On a 40% des talents qui font une réorientation, une reconversion partielle, c'est-à-dire qui ne Ils ne changent pas de métier d'activité. Si c'était des designers, ils restent des designers, mais ils changent à minima un des autres piliers de finalité, qu'est-ce qui serve par leur activité d'environnement de travail.

Animateur : Ce n'est pas une révolution complète.

Ludovic de Gromard : Exactement. Ensuite, les 20% restant, et vous en Je vous en ai parlé tout à l'heure, qui sont le rechoix et le rechoix conscient. C'est-à-dire après analyse de: Est-ce que l'herbe n'était pas plus verte ailleurs ? Après une introspection puis une exploration méthodique des autres pistes, il se trouve que c'est la bonne chose pour moi, avec, modulo, une C'est une petite chose qui est souvent, il s'agit d'un petit décalage RH avec son manager, sa manager, avec une personne au travail.

Animateur : Donc c'est un problème d'environnement proche d'un manager qui...

Ludovic de Gromard : Qui a pu être identifié dans le coaching, qui peut être réglé. Et puis le dernier élément, je terminerai là-dessus, qui est On détruit pas la cathédrale, on retire une pierre, mais on garde la cathédrale. On a identifié quelle était la pierre bloquante. Et tout dernier élément qui est, il y a une très forte prise de conscience écologique en ce moment. Volonté d'impact social également. Et beaucoup de gens se questionnent. C'est aussi vrai pour l'art, la recherche du beau. Beaucoup de gens se questionnent et je serais très intéressé de savoir si vous partagez ça, sur comment est-ce qu'il faut que je fasse ça dans mon activité professionnelle ou à côté. Et donc là, dans le rechoix, il est possible de s'engager par un projet à côté de son activité professionnelle pour permettre d'avoir une vie épanouie qui ne se résume pas à votre travail.

Animateur : Le rechoix, excusez-moi, pour ceux qui nous regardent, le rechoix, quand vous le dites, vous l'entendez comment, vous le rechoix ? C'est le fait de changer de vie ou de rester dans l'emploi dans lequel on est ? C'est quoi le rechoix ?

Intervenant : On est bien d'accord, c'est rechoisir le métier dans lequel on perd ce délai.

Animateur : On est d'accord.

Intervenant : Non, mais je voulais...

Ludovic de Gromard : Je veux dire le même le travail.

Animateur : Le même travail, d'accord.

Intervenant : C'est intéressant parce qu'en ayant des méthodologies complètement différentes, on est à peu près sur les mêmes chiffres.

Animateur : L'objectif est le même, finalement.

Intervenant : Il y a une évolution qui est intéressante à ce Le problème, c'est le fait qu'il y a cinq ans, chez moi, en tout cas, il y avait à peu près 75% de reconversions complètes et 25% de gens qui restaient dans le même métier.

Animateur : Leur fameux rechoix.

Intervenant : Soitmais c'est un autre choix, soit avec éventuellement un changement de secteur, un changement d'entreprise ou des changements internes.

Animateur : Donc, même métier, mais...

Intervenant : Mais exercer autrement.

Animateur : Exercer autrement, d'accord.

Intervenant : Pour simplifier. Et aujourd'hui, je vous disais tout à l'heure que c'est l'intérêt pour la reconversion a beaucoup augmenté, mais que ce qui augmente le nombre de gens qui ne se reconvertissent pas. Aujourd'hui, je n'ai plus que 40% des gens qui viennent me voir qui choisissent de se reconvertir, c'est-à-dire de changer de métier.

Animateur : Il y a quoi ? Il y a une peur ? Il y a une inquiétude du monde de demain ? C'est quoi ? Comment vous l'expliquez ?

Intervenant : Je pense qu'il y On a porté au nu la reconversion depuis quelques années. Il y a eu énormément de publications là-dessus qui l'ont glorifiée.

Animateur : Renverser la table, parter. Voilà.

Intervenant : C'était un peu salué. Parfait de façon un petit peu excessive. Et je pense que chez beaucoup de gens, l'insatisfaction d'une situation professionnelle donnée, du coup, en entendant tous ces discours, s'est traduit par: Mais peut-être que je devrais me reconvertir. Et ce qui a augmenté le nombre de gens qui réfléchissent.

Animateur : D'une manière un peu artificielle, finalement. C'était un peu artificiel. On a un peu vendu du rêve, en tout cas.

Intervenant : Ça, oui. Après, la deuxième partie, c'est évidemment la pandémie.

Animateur : Ludovic de Gromard, avant de nous quitter, je ne veux pas l'oublier parce que quand on travaille sur ce sujet de la reconversion, il y a les sujets que vous évoquez et qui sont passionnants, puis il y a aussi le sujet du financement parce que beaucoup disent: Le premier frein à la reconversion, c'est le fait qu'il faut pouvoir financer tout cela. J'ai vu que Pôle emploi avait lancé aussi des chantiers et un accompagnement. Comment on fait ? C'est les salariés qui viennent vous voir, ils ont bénéficié d'un financement. Comment on organise sa reconversion sur le plan financier ?

Ludovic de Gromard : Dans le cadre de Chance, Chance est éligible au CPF. Donc, on peut bénéficier de ce compte formation. Utiliser ces crédits CPF pour financer partiellement ou complètement Chance. Et ça dure 3,4 minutes en moyenne. C'est extrêmement rapide sur le site, par ailleurs, on a aussi une activité pour Chance de ce qu'on appelle B2B2C, c'est-à-dire qu'on travaille avec les entreprises qui souhaitent financer le parcours Chance, ça rendant le 1% formation, etc. Et avec les pouvoirs publics, c'est-à-dire que Pôle emploi rembourse Chance si jamais un demandeur d'emploi souhaite réaliser Chance et en parle avec son conseiller.

Animateur : Vous avez aussi des demandeurs d'emploi qui passent par Pôle emploi et qui...

Ludovic de Gromard : On a 60% de personnes en poste et 40% de demandeurs d'emploi.

Animateur : C'est important de savoir qu'effectivement, le demandeur d'emploi, lui aussi, il est qui se passe à des carrefours, à des choix stratégiques, évidemment. Comment ça se passe pour vous ? Comment on arrive chez vous ? Parce qu'il faut quand même financer ces formations, malgré tout.

Intervenant : Oui, c'est vrai que c'est un investissement. Il faut en parler. Chez moi, c'est beaucoup des gens qui financent eux-mêmes. Et j'ai aussi à peu près pour moitié des gens qui financent eux-mêmes et à peu près pour moitié des gens qui s'adressent à moi directement, ce ne sont pas les entreprises qui s'adressent à moi, mais qui font financer par leur entreprise.

Animateur : Qu'on soit bien d'accord, on n'est pas dans le bilan de compétences parce que quand on... Pas du tout. C'est important de le dire parce que quand vous l'évoquez, on a le sentiment qu'on On est un peu dans le bilan de compétences. Ce n'est pas un bilan de compétences, la reconversion non plus. Enfin, vos méthodologies.

Ludovic de Gromard : En l'occurrence, Chance est éligible comme bilan de compétences sur le site du CPF. Donc, on a intégré toute la méthodologie du bilan de compétences à l'intérieur et enrichi de beaucoup d'autres choses.

Animateur : Avec les data, avec les coachs personnels à analyser, puisque c'est un élément. Pour vous, ce n'est pas un bilan de compétences. Non, mais c'est important pour voir. C'est quoi la différence d'ailleurs, avant de nous quitter ? Quelle est la différence ? Ça a l'air très fin, la différence.

Intervenant : Alors, ce n'est pas tout à fait très fin. Il y a énormément de différences. Je grossis une traite. En fait, moi, je n'ai Je n'ai, par exemple, pas du tout de test de personnalité, en revérant au bilan de compétences. Il n'y a pas que ça. Je m'intéresse finalement très peu aux compétences. On s'intéresse aux appétences éventuellement, c'est-à-dire les compétences pour lesquelles on a du goût, mais très peu aux appétences. Ce n'est qu'une toute petite partie du travail qu'on fait.

Animateur : Les choses sont claires.

Ludovic de Gromard : Merci de nous avoir- Bilan de compétences, bilan d'aspiration. Les compétences peuvent rentrer dans un deuxième temps.

Animateur : On gardera bilan d'inspiration. Merci Ludovic de Gromard, cofondateur CEO de Chance. Vous avez vu, j'ai dit Chance, influencé par la Silicon Valley. C'est Chance. On a bien compris la méthodologie, la manière dont vous accompagnez les demandeurs d'emploi, mais aussi les salariés en reconversion. Et merci à Sylvaine Pascual, fondatrice d'ITAK Coaching, spécialiste de la reconversion professionnelle. C'est du fait main, c'est du cousu main. Job Crafting, c'est votre livre qui est sorti en octobre 2020 chez Vuybert. C'est bientôt terminé. Fenêtres sur l'emploi. Tiens, ça va intéresser les recruteurs, tous ceux qui s'intéressent et ceux qui cherchent un emploi. Est-ce que c'est la saison de l'envoi des candidatures spontanées ? Vous savez, oui, on est fin août, peut-être que les DRH sont rentrés. On en parle, c'est tout de suite.

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