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Baromètre Amour Pro 2025 : une France en poste, mais profondément déboussolée au travail

mars 2026

Plus d'un Français sur deux se dit aujourd'hui perdu dans sa vie professionnelle, et près d'un actif sur deux âgé de 18 à 54 ans envisage de changer de travail dès 2026. C'est le constat central du Baromètre Amour Pro 2025, porté par Chance en partenariat avec YouGov.

Conçu comme un véritable « socio-cardiogramme » du monde professionnel, ce baromètre ambitionne de mesurer ce que les indicateurs classiques du marché du travail ne captent pas : la dimension émotionnelle du rapport au travail, le sentiment d'alignement, de reconnaissance et de projection. Pour cette première édition, deux sources de données complémentaires ont été croisées : les données anonymisées de Chance, issues de près de 50 000 trajectoires individuelles analysées entre mai et novembre 2025, et une enquête menée par YouGov auprès d'un échantillon représentatif des actifs français, hors retraités et étudiants.

Une fracture émotionnelle au cœur du travail

Les résultats dressent le portrait d'une France majoritairement en emploi, mais fragilisée sur le plan émotionnel. Selon les données Chance, 53 % des répondants se disent perdus dans leur vie professionnelle, tandis que seuls 2,3 % estiment que « tout va très bien ». Du côté de l'enquête YouGov, 79 % des Français déclarent au moins une insatisfaction préoccupante vis-à-vis de leur travail. Le plaisir au travail n'a pas disparu, mais il n'est clairement plus la norme.

Cette perte de repères nourrit une envie massive de changement : 30 % des Français souhaitent changer de travail en 2026, une proportion qui grimpe à 46 % chez les 18-54 ans.

L'envie de changer, sans toujours pouvoir agir

Si le désir de mobilité est largement partagé, le passage à l'action reste entravé. Près de la moitié des Français citent le manque d'opportunités professionnelles visibles comme premier frein à leur épanouissement. Le manque de confiance en soi arrive également en tête des obstacles évoqués.

Le réseau constitue un autre facteur déterminant. Dans un marché où de nombreux postes ne sont jamais publiés, ne pas disposer de connexions professionnelles revient, pour beaucoup, à rester à l'écart des opportunités.

Le doute professionnel a un visage

Le baromètre met en lumière un profil particulièrement exposé au doute professionnel : féminin, diplômé, au cœur de la vie active. Les femmes représentent 77 % des répondantes de Chance, majoritairement âgées de 31 à 50 ans, avec plus de dix ans d'expérience. Autrement dit, celles qui portent largement le monde du travail sont aussi celles qui questionnent le plus leur place.

Autre signal fort : le doute ne s'installe plus uniquement à mi-carrière. Les questionnements émergent de plus en plus tôt, parfois dès 25 ou 28 ans, au moment de l'entrée dans la vie active. Les parcours professionnels se construisent désormais avec cette interrogation de fond : « Est-ce que ce métier est vraiment fait pour moi ? »

Rémunération et pression, un duo toxique

La rémunération constitue la première source d'insatisfaction professionnelle, tous âges confondus. Elle est immédiatement suivie par la pression de travail jugée excessive. Ce duo alimente un sentiment de frustration largement partagé, résumé par une idée récurrente : l'impression de ne pas être suffisamment payé au regard de l'intensité et des exigences du travail.

Les femmes déclarent plus souvent une surcharge de travail et des difficultés d'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, tandis que les hommes évoquent davantage la peur d'être jugés ou déconsidérés par leur hiérarchie. L'épuisement professionnel apparaît comme un déclencheur central de la remise en question : pour plus d'un tiers des répondants, le burnout constitue le point de bascule à partir duquel le statu quo devient impossible.

Le manager, point de fragilité majeur

Le baromètre révèle également une crise profonde de la relation managériale. Près de 70 % des Français ayant un manager expriment au moins une insatisfaction à son égard. Les reproches portent avant tout sur le manque de reconnaissance, d'écoute et de soutien, bien plus que sur la stratégie ou la vision.

Les 18-34 ans se montrent les plus critiques vis-à-vis de leur hiérarchie, tandis que les plus de 50 ans se déclarent globalement plus indulgents. De plus en plus, les actifs ne choisissent plus seulement une entreprise, mais recherchent un manager avec lequel ils se sentent compatibles.

Le bilan de compétences comme levier de bascule

Dans ce contexte, le bilan de compétences apparaît comme un outil clé pour reprendre la main sur son parcours. Les motivations principales évoquées sont l'envie de changer de métier ou de secteur, le mal-être au travail et le manque de reconnaissance financière.

Au-delà d'un simple ajustement de carrière, le baromètre met en évidence une aspiration plus profonde : retrouver de l'épanouissement, de la sérénité et du plaisir au travail. Lorsqu'ils se projettent dans l'avenir, les Français expriment un fort désir d'apprendre, d'agir pour le bien-être des autres et de contribuer à des causes liées à la santé et au soin.

Une crise du travail, mais aussi de dignité

Pour Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance, le débat sur le travail ne peut plus se limiter à des indicateurs démographiques ou contractuels. Ce baromètre met en lumière ce que ni les statistiques traditionnelles ni les outils RH ne mesurent réellement : le sentiment d'être à sa place, la possibilité de se projeter et d'exercer un choix.

En creux, le Baromètre Amour Pro rappelle que la crise du travail est aussi une crise de dignité. Si le malaise est devenu structurel, les résultats montrent également une volonté forte de ne plus subir et de construire des parcours professionnels plus utiles, plus relationnels et plus alignés avec ses valeurs.

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