
Animateur : C'est bien. 60 Minutes business, BFM Business avec vous. Et justement, Claire Sergent nous a rejoint en plateau. Fan de TikTok, bonjour.
Claire Sergent : Je vais vous faire chanter sur TikTok à la fin de l'émission, c'est sûr. Bonjour.
Animateur : On va parler dans un instant des entreprises qui recrute et on va répondre aux questions que vous nous avez adressées. D'abord, un rappel, les adresses pour nous écrire si vous souhaitez nous envoyer vos questions avec vous @bfmbusiness. Fr, sur Twitter, sur LinkedIn avec le #BFMBusiness avec vous ou encore sur notre site internet: www. Bfmbusiness. Com.
Claire Sergent : Oui, on va parler reconversion. Aujourd'hui, on a reçu énormément de témoignages. On va revenir avec tous les profils. On a une sérieuse envie de changer de voie, mais que faire ? Comment se lancer ? Après des années d'expérience, on a envie de se mettre à son compte ou bien licencier à quelques années de la retraite. On a des difficultés à retrouver un poste, mais on a un réseau qu'on aimerait bien mettre en avant ou sur lequel on compte capitaliser. Et on reçoit Ludovic de Gromard. Vous êtes le président cofondateur de Chance. En quelques mots, Chance, qu'est-ce que c'est ?
Ludovic de Gromard : Bonjour Claire, merci de votre invitation. Bonjour Stéphane. Chance, c'est le parcours de coaching digital pour choisir le travail aligné avec qui vous êtes. Donc, c'est un parcours d'une trentaine d'heures qui est 100% en ligne, dans lequel vous allez avoir une alternance d'une part d'activités d'auto-coaching, c'est une centaine d'activités interactives à faire seul sur son téléphone, et sept heures de vidéo-coaching avec un coach professionnel en vidéo, choisies sur la base de votre personnalité. Vous avez ce dialogue entre les deux, deux, trois heures d'auto-coaching, une heure de vidéo-coaching, deux, trois heures d'auto-coaching, une heure de vidéo-coaching.
Claire Sergent : Parce que justement, on va venir... Vraiment, la question fondamentale qui revient, et même dans tous les témoignages, on va les détailler très vite avec Stéphane, c'est: on a envie de se lancer, mais on ne sait pas par où commencer. On a un peu le sentiment qu'on ne sait rien faire d'autre que ce qu'on fait depuis 5 ans, depuis 10 ans, depuis parfois même 30 ans. Pour vous, le point de départ, c'est quoi ?
Ludovic de Gromard : C'est intéressant ce que vous dites. Tous les jours, on a des centaines de personnes qui nous contactent sur Chance et qui nous disent: Je me sens plus tout à fait aligné avec ce que je fais. Qui nous disent: Finalement, je me suis laissé dicter par mon environnement mes choix professionnels. Et puis, ce qui peut-être était juste hier ne l'est plus aujourd'hui. Et en même temps, qui nous disent: Oui, mais je sais que je dois changer, mais je suis peut-être trop vieux pour ça. Ou bien: J'ai investi tellement dans une expertise particulière qu'il m'est extrêmement difficile d'aller faire autre chose. Et ça, c'est ce qu'on appelle des injonctions contradictoires.
Animateur : Premier des qui nous ont été adressées, question de Mathilde qui nous dit: Après 10 ans dans la banque, j'ai décidé de me reconvertir dans le courtage immobilier à mon compte, mais pour me lancer sans filet, j'ai choisi une franchise. C'est une bonne solution ?
Ludovic de Gromard : C'est difficile de répondre immédiatement comme ça parce que j'ai une...
Claire Sergent : C'est un filet de sécurité.
Ludovic de Gromard : C'est un filet de sécurité. Je pense que la question, est-ce qu'il y a une bonne ou une mauvaise réponse sur ce sujet ? La question, c'est de structurer son raisonnement et sa décision professionnelle afin de savoir si, pour une personne, avec son unicité, ses envies, ses peurs, ses contraintes, c'est le bon choix pour cette personne.
Claire Sergent : Par exemple, quand on parle, on en a d'autres, des témoignages. On peut citer Julien, 30 ans. Lui, il se retrouve sans emploi depuis novembre 2020, suite à un licenciement dans le contexte de crise. Il a travaillé 10 ans dans le secteur automobile en tant que vendeur de véhicules neufs pour un groupe privé. Il aimerait se lancer dans une reconversion professionnelle, mais il a du mal à prendre confiance et à se lancer parce qu'il y a beaucoup qui se retrouvent en ce moment dans une situation avec la crise, emploi difficile. Alors, est-ce que dans ce cas-là, on part de ses compétences, on part de ce qu'on sait faire et on change un tout petit peu ? Comment on fait ?
Ludovic de Gromard : La première chose, c'est qu'il ne faut pas attendre de fulgurance. La fulgurance, c'est l'idée parfaite qui tombe du ciel, ça, c'est dans les films. Le deuxième sujet, ce n'est pas non plus attendre de tata Jacqueline ou votre conjoint ou vos amis de déterminer et de vous dire ce qui est bon pour vous. Même avec les meilleures intentions, ce ne sont pas des spécialistes de l'orientation. Et Je pense qu'il faut réaliser ces procédés de manière méthodique et définir, et on a défini chez Chance une méthodologie autour de quatre piliers et on définit un travail, et donc un projet professionnel robuste, par quatre piliers que sont: un, un métier, deux, une finalité, qu'est-ce que vous servez ? Qu'est-ce que je sers par mon activité professionnelle ? Trois, un environnement de travail. Est-ce que vous êtes dans un environnement plus agile, plus structuré, plus hiérarchique, plus autonome, etc. Et puis quatre, ce qu'on qui s'appelle les impératifs de vie, qui sont les impératifs choisis, qui sont de trois types. Un, des impératifs financiers. J'ai un emprunt à rembourser, il faut nécessairement que j'ai un salaire supérieur à X. Deux, géographique, j'ai une garde partagée et il est nécessaire d'être dans ce bassin d'emploi pour voir mes enfants.
Trois, horaire, je dois récupérer mes enfants à la crèche tel jour, donc le télétravail serait nécessaire pour moi. Donc, on structure un raisonnement et une décision professionnelle autour de ces quatre piliers.
Claire Sergent : Mais quand vous dites métier, si Si on prend quelqu'un comme il y en a beaucoup en ce moment qui font la même profession, sont dans la même voie depuis qu'ils ont commencé à travailler, certains qui ont juste peut-être 35 ans et disent: Je changerais bien, mais quoi ? Déjà, c'est même difficile, ne serait-ce que de définir un métier parce qu'on ne connaît que celui qu'on exerce depuis le début.
Ludovic de Gromard : C'est très juste. Le besoin est probablement de commencer à travailler sur ses aspirations. C'est-à-dire que le métier, c'est ce que vous avez, c'est une une activité que vous avez occupée pendant un certain nombre d'années, mais qui ne vous définit pas. Vous n'êtes pas défini par votre métier. Éventuellement, un métier, c'est un set de compétences que vous avez, mais qui peuvent être mobilisées différemment. D'où l'importance de ne pas se définir par le métier, ne pas se définir uniquement par les compétences que vous avez pu mettre en œuvre jusqu'à maintenant et revenir à: Qui suis-je ? Quelles sont mes aspirations profondes ? Qu'est-ce qui fait de moi quelqu'un de différent de mon voisin qui a pourtant le même métier que moi ? Quelles sont mes envies ? Quelles sont mes peurs ? Quelle est mon histoire ? Quelles sont mes erreurs ? Travailler de manière structurée sur ces aspects dans un processus d'introspection et à partir de là, et uniquement dans un second temps, commencer à se projeter vers le monde du travail et voir comment ces aspirations peuvent être mises en œuvre dans le monde du travail. C'est une phase d'exploration qui est notre deuxième phase chez Chance. Et c'est à ce moment-là qu'on va faire entrer la dynamique de compétences pour voir la faisabilité et le réalisme des projets.
Mais il est nécessaire d'ouvrir au démarrage et pas immédiatement se dire: Comment est-ce que je transférer pour faire un métier à peu près similaire ? Parce que là, vous êtes en train de tourner dans une petite roue comme un hamster qui ne vous permettra jamais de créer un déclic et créer de l'envie.
Animateur : Autre question qui est d'ailleurs plutôt un témoignage qui nous a été adressé par Chloé: 56 ans, je suis en recherche d'emploi. Après avoir exercé jusqu'à présent mon métier de comptable en entreprise, je me suis toujours tenu informé. Je suis attiré par les nouvelles méthodes de travail. J'ai 10 ans, voire plus encore à exercer mon métier. Je suis toujours motivé. Je veux aller de l'avant et surfer sur la vague de la digitalisation. Un commentaire.
Ludovic de Gromard : C'est sans doute... L'envie est là, qui est la première étape. Et souvent, le conseil qu'on donne chez Champs, c'est commencer par décider de vous mettre en action. Il ne s'agit pas de décider de faire une reconversion. D'ailleurs, il y a plusieurs types de reconversions, on pourra en parler dans une seconde. Il faut commencer par se mettre en action. Il semble que la téléspectatrice ait déjà... Sa décision est prise d'avancer. Ensuite, le sujet de vers quoi il faut analyser ces cas de C'est un de ces quatre piliers. Le sujet du digital, c'est l'environnement, donc c'est un de ces quatre piliers. Et puis ensuite, sur à quel point la personne va changer, il y a... On appelle... Chez Chance, on détermine, on a divisé les reconversions en trois parties. La première, c'est ce qu'on appelle les reconversions complètes. C'est-à-dire qu'elles sont rares. Non, c'est 40% des personnes qui...
Animateur : Complètes, c'est-à-dire on change complètement de travail.
Ludovic de Gromard : Du pilier métier à minima, dans les quatre piliers qui définissent le travail. 40% des personnes qui passent par chance. Deuxième, c'est ce qu'on appelle une reconversion partielle. Reconversion partielle, c'est 40% également des personnes qui passent par chance. C'est-à-dire que vous ne changez pas de métier, mais vous changez d'au moins un autre pilier. Donc, potentiellement l'environnement, potentiellement la finalité. Qu'est-ce que vous servez ? Potentiellement, les impératifs. Est-ce que finalement, géographiquement, c'est très différent ?
Claire Sergent : Vous avez un exemple ?
Animateur : Un kiné en hôpital qui devient kiné libéral, par exemple ? Tout à fait.
Ludovic de Gromard : Un consultant en Haïti qui passe dans un environnement beaucoup plus digital alors qu'il était dans un environnement beaucoup plus contraint. Vous pouvez être designer en freelance, vous pouvez être designer chez Google ou à la MAIF. C'est en fait trois environnements de travail extrêmement différents. Donc c'est pour ça qu'il ne faut pas se borner au sujet du métier.
Claire Sergent : Et la dernière forme de reconversion, c'est quoi ?
Ludovic de Gromard : C'est les 20% restants qui sont ce qu'on appelle le rechoix. Et le rechoix conscient. C'est-à-dire que vous avez analysé si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs, et vous avez analysé d'autres pistes professionnelles, et vous avez compris que la bonne piste professionnelle pour vousC'est celle où vous étiez ? Était celle où vous étiez. Et éventuellement, avec quelques ajustements, parce que souvent, on se rend compte qu'il peut y avoir un sujet RH qui a été un blocage avec votre manager, un collaborateur, une collaboratrice, ou qu'éventuellement, il faut compléter vos envies par une activité à côté. On le voit beaucoup avec des questionnements autour de l'engagement écologique aujourd'hui, qui est: OK, la planète ne va pas bien, dois-je m'engager à travers mon action professionnelle ? Ou est-ce que c'est quelque chose qui va venir à côté ? Et ça, ce sont des questions extrêmement complexes que beaucoup de gens se posent et qu'il est nécessaire de structurer. C'est la question du sens, c'est la question de l'utilité qui sont tous, sauf des questions triviales.
Animateur : Merci beaucoup, Ludovic de Gromard, cofondateur et directeur général de Chance. Merci d'être venu.
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