

Ce qu’il faut retenir
En 2026, une majorité de salariés français exprime une volonté claire de transformation de leur parcours professionnel. Selon une enquête récente réalisée par le spécialiste de la création d’entreprises FLASHS pour Swapn, auprès des actifs, 57 % déclarent envisager un changement professionnel au cours de l’année, que ce soit par une reconversion, la création d’une entreprise ou une démission. L’étude ayant été menée du 12 au 16 décembre 2025 auprès d’un panel de 1 000 salariés.
Dans le détail, 23 % souhaitent changer de métier, 22 % ambitionnent de créer leur propre activité en parallèle de leur emploi, 9 % envisagent de quitter leur emploi pour se lancer à leur compte, tandis que 3 % déclarent vouloir démissionner sans projet défini et 43 % se projettent dans la continuité de leur situation actuelle. Cette dynamique est particulièrement marquée chez les moins de 35 ans, qui apparaissent plus enclins à envisager une rupture avec le salariat classique, ainsi que chez les hommes, plus nombreux que les femmes à envisager la création d’entreprise (31 % des moins de 35 ans, et 29 % des hommes contre 15 % des femmes).
Les motivations avancées révèlent une quête de sens et d’autonomie : 64 % évoquent le besoin de liberté, 56 % la volonté de mieux gagner leur vie, et 33 % le désir de concrétiser un rêve professionnel. Fait plus inattendu, un actif sur cinq cite la « revanche personnelle » comme moteur de cette ambition.
Au cœur de cette transformation, l’intelligence artificielle s’impose comme un outil structurant. Parmi les salariés qui envisagent d’entreprendre, 85 % déclarent y avoir eu recours pour au moins un usage lié à la préparation de leur projet, et 46 % l’avoir utilisée pour imaginer ou clarifier un projet. L’IA est déjà utilisée pour décrypter la fiscalité, comparer des cadres réglementaires ou affiner un modèle économique 34 % déclarent l’avoir mobilisée sur des sujets fiscaux, et surtout pour renforcer la confiance des porteurs de projet dans leur capacité à réussir 97 % estiment qu’elle renforce leur confiance à entreprendre.
Pourquoi c’est important à suivre
Cette volonté massive de changement dépasse la simple aspiration individuelle : elle pourrait reconfigurer en profondeur le marché du travail français. La multiplication des projets entrepreneuriaux, même embryonnaires, traduit une remise en question durable du modèle salarial traditionnel. Le travail n’est plus seulement perçu comme un moyen de subsistance, mais comme un espace d’accomplissement personnel, d’autonomie et de maîtrise de son temps.
Une récente étude de la fondation Entreprendre fait écho à cette demande. Dans celle-ci, la quête de sens est la raison numéro un de se lancer pour 89 % des entrepreneurs. Ce chiffre trouve un écho massif dans la société : 96 % des Français associent entreprendre au fait de « donner du sens à son travail » pointe également cette autre enquête. « Entreprendre permet d’aligner valeurs personnelles et travail », déclarent 91 % des porteurs de projet interrogés . Cette tendance est cohérente avec d’autres baromètres publiés récemment : Chance, avec YouGov, indique que 46 % des 18-54 ans envisagent de changer de travail dès 2026 (avec une méthodologie distincte).
Le chiffre à retenir : 57 %
C’est la proportion de salariés français qui déclarent vouloir changer de trajectoire professionnelle en 2026. Un niveau élevé, révélateur d’un rapport au travail en pleine recomposition, où la stabilité cède progressivement la place à la quête de sens, d’autonomie et de nouvelles opportunités.
À surveiller
Plusieurs signaux méritent une attention particulière dans les mois à venir. D’abord, l’appropriation réelle de l’intelligence artificielle par les actifs : si l’outil suscite un fort engouement, des écarts importants subsistent en matière de formation et de maîtrise, ce qui pourrait créer de nouvelles inégalités professionnelles.
Ensuite, l’évolution des compétences recherchées sur le marché du travail. La montée en puissance de l’IA et de l’entrepreneuriat individuel devrait accroître la demande de profils hybrides, capables de combiner expertise métier, compétences numériques et autonomie.
Enfin, les différences générationnelles et de genre devront être suivies de près. La surreprésentation des jeunes et des hommes parmi les candidats à l’entrepreneuriat interroge sur l’accès aux ressources, à la confiance et aux dispositifs d’accompagnement. Autant de facteurs qui détermineront si cette vague de changements se traduit par un renouveau inclusif ou par un creusement des écarts existants.
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