
Avec 126 652 jeunes sans proposition après Parcoursup, ce chiffre met en lumière bien plus qu'une simple difficulté d'insertion . Il dévoile les failles structurelles de la politique d'orientation française et le manque d'initiative de l'État face aux évolutions du marché du travail, notamment dues à l'IA. Dans ce contexte, l'entreprise sociale et solidaire Chance.co intervient en offrant 12 000 parcours gratuits aux jeunes laissés sur le côté.
Le 11 juillet 2026, Parcoursup clôt sa phase principale avec un constat alarmant : plus de 126 000 candidats sans proposition. Ce dysfonctionnement du système éducatif met en exergue l'incapacité de l'algorithme à garantir une place à chaque bachelier. Bien que la phase complémentaire s'ouvre le même jour, permettant à certains exclus de trouver une solution, le ministère de l'Enseignement supérieur n'en fournit aucun bilan précis, laissant planer l'opacité sur la situation.
Lancé en 2018, Parcoursup est critiqué pour son manque de transparence, le stress induit chez les candidats et l'aggravation des inégalités territoriales. L'algorithme classe et sélectionne, mais ne guide pas. Aucun accompagnement personnalisé pour les jeunes sans proposition, ni dispositif public pour leur offrir une alternative concrète. Conséquence : des milliers de jeunes sont livrés à eux-mêmes, sans orientation professionnelle. L'État, producteur d'exclusion, ne gère pas les conséquences de son système.
En mai 2026, une étude OpinionWay pour Chance.co révèle que 61 % des 18-24 ans sont inquiets pour leur avenir professionnel. En outre, 50 % craignent que leur métier soit remplacé par l'IA. Alors que cette dernière bouleverse les secteurs d'activité, les politiques publiques restent concentrées sur des filières traditionnelles, sans stratégie nationale pour les métiers émergents ni formation massive aux compétences numériques. L'État reste spectateur, sans anticipation.
L'orientation professionnelle est souvent négligée dans les politiques éducatives françaises. Les conseillers, débordés, ne peuvent accompagner efficacement chaque élève, et les centres d'information manquent de moyens. Ce manque d'accompagnement pousse les jeunes à choisir leur avenir au hasard ou à suivre des trajectoires familiales, perpétuant les inégalités sociales. Ludovic de Gromard, cofondateur et CEO de Chance.co, insiste : « Nous ne pouvons pas rester indifférents à ceux qui, après Parcoursup, demeurent sans réponse. Notre mission d'Entreprise Sociale est de les aider à trouver leur place dans le monde du travail. » Ainsi, un acteur privé endosse une responsabilité publique.
Chance.co, entreprise de l'économie sociale et solidaire depuis 2015, se distingue par sa mission sociale. Présidée par le prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, elle réinvestit ses bénéfices dans des projets sociaux. Depuis 2016, elle a accompagné plus de 50 000 adultes dans leur reconversion professionnelle. La crise post-Parcoursup 2026 l'a poussée à intervenir auprès des jeunes, comblant ainsi un vide laissé par l'État.
Chance.co offre 12 000 parcours d'orientation gratuits, représentant un candidat sur dix parmi les exclus de Parcoursup. Chaque parcours inclut 10 heures d'accompagnement en ligne avec des agents IA qui analysent compétences, aspirations et contraintes pour proposer des pistes professionnelles adaptées aux évolutions du marché. « Nous ne promettons pas une place en formation, mais nous aidons à retrouver une direction », précise Ludovic de Gromard. Cette approche contourne le système Parcoursup en orientant vers l'emploi ou l'alternance.
Au-delà de l'IA, le Collectif de Chance.co mobilise 20 000 professionnels volontaires de différents secteurs pour aider les jeunes à se connecter avec des employeurs, à obtenir des entretiens et à partager leur expérience. Ce mentorat à grande échelle est essentiel à une époque où l'IA transforme les métiers. Face à une bureaucratie éducative rigide, émerge ainsi une mobilisation citoyenne dynamique et réactive, remettant en question l'efficacité des politiques publiques verticales.
Les candidatures pour le programme First Chance de Chance.co sont ouvertes jusqu'au 30 novembre 2026, avec un nombre limité à 12 000 places. Ce court délai soulève une question politique : que fait l'État pendant ce temps ? Aucun dispositif public équivalent n'est annoncé, laissant le secteur de l'économie sociale et solidaire gérer une crise relevant pourtant de la responsabilité gouvernementale. Faut-il réformer profondément Parcoursup, ou repenser entièrement le modèle d'orientation français ? Le débat politique est en suspens, tandis que 126 652 jeunes attendent des réponses qu'une entreprise sociale s'efforce de fournir.
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