Résumé en 10 secondes
- Mission : accompagner des projets entrepreneuriaux portés par des personnes issues de territoires moins favorisés, pour apporter plus de diversité à l’écosystème entrepreneurial.
- Contexte : un incubateur intégré à une association nationale, avec des équipes locales et une coordination au niveau national.
- Point fort : un métier très vivant, au croisement du terrain, de l’accompagnement, du partenariat et de la stratégie.
- Point de vigilance : l’engagement peut pousser à vouloir tout faire. Il faut poser ses limites pour tenir dans la durée.
- Première étape : rencontrer des personnes du secteur, faire du bénévolat, participer à des événements, contacter des professionnel·les sur LinkedIn.
CIPA → Contribution, Activités quotidiennes, Vie personnelle.
Mission & ce qu'on fait concrètement
Le cœur du métier de directrice adjointe ou directeur adjoint d’incubateur associatif
Ce métier consiste à faire grandir un programme d’accompagnement entrepreneurial, tout en gardant un lien fort avec le terrain. L’objectif n’est pas seulement d’aider des projets à avancer. Il est aussi d’ouvrir des portes à des profils qui n’accèdent pas toujours facilement aux réseaux de l’entrepreneuriat.
Bertille Lavarelo, directrice adjointe d’un incubateur dans une association d’égalité des chances, résume ce qui donne du sens au poste : « On accompagne des personnes qui sont issues de territoires peut-être moins favorisés. Et notre objectif, c’est d’apporter un petit peu plus de diversité à l’écosystème entrepreneurial français. »
Les missions principales
- Lancer ou développer un programme local : structurer l’incubateur dans une ville, adapter le programme, installer les pratiques.
- Faire connaître le programme : aller dans les quartiers, rencontrer des relais locaux, rendre l’offre visible auprès des entrepreneur·es concerné·es.
- Sourcer et sélectionner les entrepreneur·es : identifier les projets, rencontrer les porteurs et porteuses, constituer les promotions.
- Animer des collectifs : organiser des temps de formation appliqués aux projets, faciliter les échanges, faire vivre le groupe.
- Accompagner individuellement : aider chaque personne à avancer sur ses problématiques de projet.
- Créer des mises en lien : activer le bon contact, le bon expert, la bonne structure, au bon moment.
- Développer les partenariats : dialoguer avec des financeurs publics ou privés, comme BPI France, et avec des partenaires de terrain.
- Structurer : mettre en place des process, harmoniser les pratiques entre les villes, produire du reporting.
- Manager : coordonner les équipes locales, recruter, animer des séminaires, faire avancer la stratégie nationale.
À quoi ressemble une journée ou une semaine
Le rythme est très varié. Une même semaine peut mélanger une rencontre avec une association de quartier, un rendez-vous avec un partenaire financier, une réunion d’équipe nationale, un temps d’animation avec des entrepreneur·es, puis un travail de structuration pédagogique.
Le métier se vit souvent entre deux mondes : le terrain et les partenaires institutionnels. « Je peux le matin aller dans une petite asso de quartier et l’après-midi aller chez un gros partenaire. En fait, on crée des liens entre des mondes qui ne se parlent pas et c’est vraiment très stimulant et passionnant. »
CIPA → Activités quotidiennes : animation, sourcing, partenariat, coordination. Contribution : égalité des chances, diversité, accès aux réseaux.
Compétences & qualités clés
Compétences techniques
- Gestion de projet : suivre plusieurs sujets en parallèle, prioriser, structurer, livrer.
- Animation de groupe : faciliter des ateliers, créer une dynamique collective, faire avancer des promotions d’entrepreneur·es.
- Accompagnement de projets : écouter, questionner, aider à clarifier une problématique, orienter vers les bonnes ressources.
- Partenariats : entretenir des relations avec des financeurs, des associations locales, des têtes de réseau, des acteurs publics ou privés.
- Coordination nationale : harmoniser les pratiques entre plusieurs villes, piloter des équipes et des parcours.
- Création de modules de formation : construire des contenus adaptés à des projets entrepreneuriaux.
- Reporting et process : suivre l’activité, formaliser les façons de faire, rendre les actions lisibles.
Qualités humaines
- Aisance relationnelle : le métier repose sur des liens de confiance entre personnes, pas seulement entre structures.
- Écoute : comprendre les besoins d’un ou d’une entrepreneur·e avant de proposer une solution.
- Humilité : apprendre du terrain, des porteurs de projets, des partenaires et des équipes.
- Engagement : croire à la mission et avoir envie de contribuer concrètement.
- Organisation : gérer beaucoup de sollicitations internes et externes sans perdre le fil.
- Capacité à apprendre vite : il est possible d’arriver sans connaître tout l’écosystème, à condition d’oser entrer dedans.
Outils et technologies
- LinkedIn : utilisé pour contacter des personnes, créer des rencontres, élargir son réseau.
- Outils de reporting : non précisés — À clarifier.
- Logiciels de gestion de projet : non précisés — À clarifier.
CIPA → Activités quotidiennes : compétences de coordination, animation et accompagnement. Interactions : culture très relationnelle, incarnée, proche du terrain.
Conditions de travail
Cadre et organisation
L’incubateur peut être intégré à une association de grande taille. L’exemple cité compte plus de 150 permanents en France, avec un budget annuel autour de 20 millions d’euros. L’association fonctionne avec des programmes différents : entrepreneuriat, emploi, sport, expériences à l’étranger, camps de vacances.
L’incubateur est présent dans plusieurs villes : Lille, Paris, Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Marseille, avec une implantation à Nantes. Par ville, un binôme gère deux parcours : un parcours avant création et un parcours après création. Au niveau national, une équipe de direction coordonne le programme, le management, la pédagogie, les partenariats, l’accélération, le sourcing et le rayonnement.
Lieu, rythme, télétravail
- Lieux de travail : locaux de l’association dans les villes concernées, rendez-vous dans des associations de quartier, rencontres avec des partenaires.
- Déplacements : possibles entre quartiers, partenaires et villes, mais fréquence non précisée — À clarifier.
- Horaires : non précisés — À clarifier.
- Télétravail : non précisé — À clarifier.
Rémunération et statut
- Rémunération : non précisée — À clarifier.
- Fourchettes salariales : non précisées — À clarifier.
- Statut : non précisé — À clarifier.
- Types de contrats : non précisés — À clarifier.
Cadre légal ou certifications
Une volonté de structurer les parcours pédagogiques et de se faire certifier est mentionnée, sans détail sur la certification visée. Non précisé — À clarifier.
CIPA → Interactions : association nationale, partenaires, équipes locales. Vie personnelle : horaires, rémunération, télétravail et statut restent à clarifier avant de se projeter.
Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi
- Un fort sentiment d’utilité : le métier sert une mission claire d’égalité des chances et de diversité dans l’entrepreneuriat.
- Une grande variété : terrain, animation, stratégie, partenariats, management, pédagogie. Les journées ne se ressemblent pas.
- Un contact humain constant : les projets avancent grâce aux liens créés entre entrepreneur·es, associations, partenaires et expert·es.
- Une culture de test : l’association peut expérimenter, ajuster, apprendre de ce qui fonctionne ou non.
- Un apprentissage permanent : chaque projet entrepreneurial apporte une idée, un modèle, une problématique nouvelle.
Une mini-histoire possible
Une personne arrive dans ce métier après un parcours de gestion de projet, sans venir du monde associatif ni de l’entrepreneuriat. Au départ, la marche semble haute. Elle rencontre des acteurs du secteur, participe à des événements, fait du bénévolat, contacte des personnes sur LinkedIn. Peu à peu, elle comprend l’écosystème, crée des liens, puis trouve une première opportunité dans l’entrepreneuriat et l’insertion. Résultat : elle découvre un métier où son sens de l’organisation, son énergie relationnelle et son envie d’impact trouvent enfin un terrain vivant.
C’est là que le petit battement de cœur professionnel peut apparaître : quand les compétences déjà là se mettent au service d’une cause qui compte vraiment.
CIPA → Contribution : impact social et égalité des chances. Activités : variété, terrain, accompagnement. Interactions : liens entre mondes différents.
Inconvénients & points de vigilance
- Le risque de trop donner : l’accompagnement humain peut donner envie d’en faire toujours plus. Piste de contournement : poser des limites claires entre vie professionnelle et vie personnelle.
- La frustration de ne pas tout faire : il y a toujours un événement à créer, une ressource à chercher, une amélioration à lancer. Piste de contournement : accepter que le bon travail n’est pas le travail infini.
- La pression financière : le modèle associatif dépend de conventions, d’appels à projets et de financements à renouveler. Piste de contournement : maintenir un lien attentif avec les partenaires financiers.
- Le sous-effectif possible : quand l’impact est fort, on peut dire oui trop longtemps. Piste de contournement : staffer les équipes et structurer les rôles quand le programme grandit.
« C’est vraiment passionnant ce qu’on fait. On a toujours envie de créer des nouvelles choses. Il y a toujours des choses à faire en plus. En plus, on est sur de l’accompagnement humain, donc on peut accompagner un peu à l’infini. On ne sait plus où mettre la limite. »
CIPA → Vie personnelle : équilibre et limites. Interactions : dépendance aux partenaires, coordination d’équipe, pression liée au financement.
Comment y accéder (parcours & étapes)
- Se renseigner et clarifier : explorer l’économie sociale et solidaire, l’entrepreneuriat, l’insertion, l’égalité des chances. Aller à des conférences, des rencontres, des événements de création de projets.
- Se former ou valider : aucune formation obligatoire n’est indiquée. Une formation en école de commerce est un exemple de parcours possible, mais pas présentée comme nécessaire.
- Constituer des preuves : faire du bénévolat, participer à des hackathons, créer ou contribuer à une association, mener des projets, montrer sa capacité à apprendre sur le terrain.
- Obligations légales ou certifications : non précisées — À clarifier.
- Candidater ou démarcher : viser des postes de chef·fe de projet, programme manager, chargé·e d’accompagnement, responsable de programme dans des associations ou incubateurs.
- Réseauter et provoquer les rencontres : contacter des personnes sur LinkedIn, proposer des déjeuners, entrer dans les réseaux locaux de l’entrepreneuriat, de l’insertion et des quartiers.
Trois questions CIPA à clarifier avant de se lancer
- Contribution : quelle cause vous donne envie de tenir dans la durée : entrepreneuriat, jeunesse, emploi, égalité des chances, territoires ?
- Vie personnelle : quelles limites souhaitez-vous poser pour ne pas vous épuiser dans un métier très engagé ?
- Activités quotidiennes : préférez-vous animer, structurer, accompagner, développer des partenariats, manager, ou un mélange de tout cela ?
CIPA → À clarifier : contribution réelle recherchée, rythme acceptable, activités qui donnent de l’énergie.
Astuces
- Ne pas attendre d’être parfaitement légitime : on peut accompagner des entrepreneur·es sans avoir soi-même créé une entreprise, si l’on travaille sa posture.
- Activer les bonnes ressources : l’accompagnateur ou l’accompagnatrice n’a pas besoin de tout savoir. Il ou elle doit savoir orienter vers la bonne expertise.
- Entrer dans l’écosystème par petites portes : une personne en connaît une autre, puis une autre. Les réseaux se construisent progressivement.
- Apprendre en faisant : l’expérience terrain compte beaucoup dans ce métier.
- Regarder les offres de programme manager : ce type de poste peut être une porte d’entrée concrète.
CIPA → Activités : apprendre sur le terrain, créer des liens, orienter. Interactions : travailler en réseau, avec humilité.
Retours d'expérience
Le parcours partagé montre une double transition : quitter un environnement professionnel qui ne faisait plus sens, puis rejoindre à la fois le monde associatif et l’écosystème entrepreneurial. La personne venait d’une école de commerce, avait travaillé dans le service client multilingue, puis dans une startup et dans le pricing et revenue management dans le secteur du transport.
Le déclic arrive quand le travail mobilise beaucoup d’énergie sans apporter assez de sens. Après une démission, un voyage de huit mois et plusieurs expériences de volontariat, de bénévolat et de rencontres professionnelles, une première opportunité se présente dans l’entrepreneuriat, l’insertion et les quartiers dits prioritaires. Puis un poste permet de lancer un incubateur à Paris. Après environ deux ans et demi à trois ans, une évolution vers l’équipe de direction ouvre des responsabilités nationales.
Repères concrets : une association de plus de 150 permanents, environ 20 millions d’euros de budget annuel, un incubateur présent dans six villes et en implantation dans une septième, avec deux personnes par ville et une équipe nationale renforcée.
CIPA → Contribution : retrouver du sens dans l’impact. Activités : passer du projet local à la coordination nationale.
Évolutions & passerelles
- Montée en responsabilité : passer d’un rôle de gestion d’un programme local à une fonction de direction adjointe ou de coordination nationale.
- Management : recruter, animer les équipes, organiser des séminaires, harmoniser les pratiques.
- Spécialisation pédagogique : construire des parcours, structurer des modules, travailler sur la certification.
- Accélération : accompagner les projets les plus matures avec un parcours dédié.
- Sourcing et rayonnement : développer la visibilité du programme et aller toucher les entrepreneur·es dans les quartiers.
- Passerelles internes : évoluer vers d’autres programmes de l’association : emploi, sport, expériences à l’étranger, camps de vacances.
Quand on évolue, le quotidien change : moins de gestion locale directe, plus de stratégie, de management, de coordination et de structuration. L’impact peut devenir plus large, mais le risque de dispersion augmente aussi.
CIPA → Contribution : impact plus national. Interactions : plus d’équipes et de partenaires. Vie personnelle : vigilance accrue sur la charge. Activités : pilotage et management.
FAQ
Faut-il avoir été entrepreneur·e pour travailler dans un incubateur ?
Non, ce n’est pas présenté comme indispensable. L’expérience entrepreneuriale peut aider, mais d’autres compétences comptent : gestion de projet, posture d’accompagnement, capacité à activer les bons contacts, écoute et humilité.
Peut-on venir du privé ou d’un autre secteur ?
Oui. Les compétences de chef·fe de projet sont transférables. Une association peut fonctionner avec des logiques proches d’une entreprise : objectifs, équipes, budgets, process, partenariats.
Quelle formation faut-il suivre ?
Aucune formation obligatoire n’est précisée. L’expérience terrain, la capacité à apprendre et les preuves concrètes semblent plus importantes qu’un diplôme spécifique. Non précisé — À clarifier selon les postes visés.
Quel est le principal risque du métier ?
Le risque principal est de trop s’engager, jusqu’à brouiller les limites entre le professionnel et le personnel. Le métier demande de l’énergie, mais aussi une vraie discipline de priorisation.
La rémunération est-elle attractive ?
Non précisé — À clarifier directement dans les offres, auprès des structures ou pendant les entretiens.
Ressources citées
- Sport dans la Ville : association nationale portant plusieurs programmes, dont un incubateur entrepreneurial.
- Entrepreneurs dans la Ville : incubateur d’égalité des chances intégré à Sport dans la Ville.
- BPI France : partenaire financier cité.
- makeSense : espace de conférences et de rencontres cité comme ressource d’exploration.
- LinkedIn : outil utilisé pour contacter des professionnel·les et créer des rencontres.
- Hackathons de création de projets : format cité pour tester, rencontrer et apprendre.
- Bénévolat associatif : moyen concret de découvrir le secteur et de construire des preuves d’engagement.
Conclusion actionnable (douce)
Si ce métier vous attire, commencez petit. Choisissez une cause qui vous parle, puis cherchez trois personnes qui travaillent déjà à ce croisement : entrepreneuriat, quartiers, insertion, égalité des chances, accompagnement. Écrivez-leur simplement. Demandez-leur ce qu’elles font vraiment, ce qui les nourrit, ce qui les fatigue.
Ensuite, testez une action courte : une mission bénévole, un événement, un atelier, une rencontre terrain. Vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris pour avancer. Dans ce métier, la place se trouve souvent en marchant, rencontre après rencontre.
- Action Contribution : notez la cause que vous voulez servir concrètement.
- Action Vie personnelle : écrivez vos limites non négociables avant de rejoindre un métier engagé.
- Action Activités : identifiez l’activité qui vous donne le plus d’élan : accompagner, animer, structurer, relier, manager.
L’enjeu n’est pas de tout donner. C’est de donner juste, là où vos compétences rencontrent un besoin réel. C’est souvent là que le travail recommence à battre un peu plus fort.
Grille CIPA — choisir l’impact sans s’oublier
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