Fiche métier : doula (et entrepreneure) — accompagner la naissance, sans s’oublier

Résumé en 10 secondes

  • Une doula accompagne des mamans et des couples pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum, avec des cours, du soutien et une présence le jour J.
  • À Dakar, l’activité peut inclure beaucoup de préparation à la naissance, au post-partum et à l’allaitement, faute de dispositifs équivalents accessibles.
  • Le rythme peut être imprévisible : astreintes, accouchements de nuit, durée variable (4h à 10h).
  • Le développement se fait via Instagram, le réseau de professionnel·les de la périnatalité et le bouche-à-oreille.
  • Premier pas concret : se former (à distance ou en présentiel) et rencontrer des doulas et des soignant·es pour comprendre la réalité terrain.

CIPA → Contribution (public, cause) ; Vie personnelle (rythme, revenus) ; Activités quotidiennes (missions, compétences).

Mission & ce qu’on fait concrètement (métier de doula)

Missions principales

  • Donner des cours de préparation : naissance, post-partum, allaitement.
  • Assurer une présence à la naissance : accompagner pendant le travail jusqu’à l’arrivée du bébé, et parfois jusqu’à la première tétée pour les personnes qui le souhaitent.
  • Proposer des techniques de confort : aider à gérer les contractions, soulager, soutenir le travail.
  • Faire des débriefs d’accouchement quand l’expérience a été intense ou différente de ce qui était espéré.
  • Faire du soutien à l’allaitement quand il n’y a pas de professionnel·les disponibles ou formé·es pour le prendre en charge.

Journée type (ce qu’on voit vraiment)

  • Rendez-vous de 1h30 pour une séance de préparation.
  • Sessions possibles au domicile des parents, ou par Zoom (par confort, ou parce que la personne n’est pas à Dakar).
  • Pour une naissance : période d’astreinte de trois semaines, puis présence en clinique le jour J, avec une durée qui peut varier fortement.
  • Temps dédié à l’activité d’entrepreneure : Instagram, échanges réseau, organisation, positionnement, tarifs.

CIPA → Activités quotidiennes (missions, micro-situations) ; Contribution (impact sur l’expérience de naissance).

Compétences & qualités clés

Techniques (hard skills)

  • Animer des séances de préparation (naissance, post-partum, allaitement).
  • Connaître et transmettre des informations utiles, structurées, pour éviter que les familles ne s’en remettent uniquement à des contenus non sourcés.
  • Accompagner physiquement et émotionnellement pendant le travail, avec des techniques de confort (telles que décrites : soulagement, aide à gérer les contractions, soutien au déroulé du travail).

Humaines (soft skills)

  • Écoute et soutien émotionnel.
  • Capacité à accompagner sans jugement des projets de naissance très différents.
  • Relationnel avec des équipes soignantes aux postures variables, selon les établissements.

Outils / technologies cités

  • Instagram (templates de posts et stories, publication).
  • Zoom (séances à distance).

CIPA → Activités quotidiennes (compétences, outils) ; Interactions (relation aux soignant·es, posture).

Conditions de travail

Cadre : lieux, déplacements, rythme

  • Interventions fréquentes au domicile des parents.
  • Possibilité de séances à distance (Zoom).
  • Présence en clinique pour la naissance (contexte Dakar évoqué).
  • Accès à un club de femmes avec coworking et salles, utilisé comme point d’appui.
  • Rythme : astreintes, travail possible la nuit ; travail régulier le samedi ; choix personnel de ne pas travailler le vendredi.

Rémunération (repères donnés)

  • Environ 1 500 € par mois à ce stade, sans couvrir toutes les charges fixes.
  • Préparation à la naissance : 1h30 ≈ 60 € (conversion en euros donnée).
  • Accompagnement à la naissance : forfait 500 € (incluant trois semaines d’astreinte + jour J).

Statut, certification, cadre

  • Statut : entrepreneure immatriculée au Sénégal.
  • Formation : une certification est jugée importante, même si « ce n’est pas un métier qui est aujourd’hui réglementé » (formulation donnée).
  • France : pour être répertorié dans l’annuaire des doulas de France, il faut une formation homologuée par l’association (sinon, on ne peut pas y figurer).

CIPA → Interactions (cadre, lieux) ; Vie personnelle (rythme, revenus, statut).

Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi

  • Le sens au quotidien : être utile dans un moment majeur de vie, et apporter de l’info, du soutien, du confort.
  • La liberté d’organisation : piloter son planning, choisir ses jours, reprendre la main sur son temps.
  • Le lien humain : relation avec les familles, mais aussi avec un réseau de pros qui se recommandent.

« Je trouve que le fait de pouvoir organiser mon temps plus comme je le veux, c’est intéressant. De pouvoir aller chercher mes enfants à l’école… je trouve ça génial. (…) d’être maître de mon temps et de mon planning, je trouve ça chouette. (…) Par contre, ce qui me manque… c’est la récurrence du salaire. (…) Et le fait de travailler en équipe. »

CIPA → Vie personnelle (autonomie, rythme) ; Activités quotidiennes (moteurs) ; Interactions (réseau).

Inconvénients & points de vigilance

  • Rythme imprévisible (astreintes, nuits, durée variable).
    Piste de contournement citée : organiser son temps, accepter de travailler certains jours (samedi) et préserver d’autres (vendredi).
  • Revenus non récurrents au démarrage (moins sécurisant que le salariat).
    Piste citée : montée progressive, ajustement des prix envisagé.
  • Solitude quand on passe de l’équipe au solo.
    Piste citée : reconstituer du collectif via un réseau périnatalité et un club de femmes entrepreneures.
  • Tension possible avec certaines équipes soignantes : réceptivité variable à la présence d’une doula ; charge émotionnelle quand il y a des actes non consentis ou des violences gynécologiques.
    Piste de contournement : Non précisé dans le transcript. À clarifier : stratégies de coopération, cadrage avant l’accouchement.
  • Posture “sans jugement” : accompagner des projets de naissance très différents de ses propres choix.

« Devoir gérer parfois des moments où on a des actes non consentis ou non explicités… Parfois des violences gynécologiques, c’est un peu lourd à porter. (…) Ce n’est pas que des accouchements incroyables qui se passent toujours bien. »

CIPA → Vie personnelle (charge, sécurité) ; Interactions (relation soignant·es) ; Activités (posture d’accompagnement).

Comment y accéder (parcours & étapes)

  1. Se renseigner / clarifier
    Rencontrer des doulas en activité, découvrir leur quotidien, écouter les besoins locaux (exemple : cercle de discussion de mamans à Dakar).
  2. Se former / valider
    Faire une formation et viser une certification, pour se sentir légitime. Exemple cité : Childbirth International (CBI), formation à distance en anglais.
  3. Constituer des preuves
    Échanger avec des doulas déjà en activité ; démarrer ses premiers accompagnements ; construire sa crédibilité.
  4. Obligations / annuaires (selon pays)
    France : si l’objectif est d’être dans l’annuaire des doulas de France, choisir une formation homologuée. (Sinon : possible d’exercer, mais non répertorié dans cet annuaire.)
  5. Démarcher / se faire connaître
    Travailler Instagram ; activer son réseau ; se présenter aux professionnel·les de la périnatalité.
  6. Réseauter (rencontres clés)
    Créer des liens avec ostéos, kinés, hypnothérapeutes, naturopathes, gynécos, massages prénataux ; mettre en place des recommandations réciproques.
  • Questions CIPA prioritaires à clarifier :
    • Contribution : quel public servir (toutes les familles ou une cible spécifique) et pourquoi ?
    • Vie personnelle : combien d’astreintes / de nuits par mois sont soutenables avec votre vie ?
    • Interactions : comment sécuriser la collaboration avec les équipes soignantes selon les établissements ?

CIPA → Activités quotidiennes (formation, preuves) ; Interactions (réseau) ; Vie personnelle (rythme) ; Contribution (public).

Astuces

  • Distinguer “ce que je sais faire” et “ce que j’aime faire” pour choisir un projet qui donne de l’énergie, pas seulement un projet “logique”.
  • Accepter d’expérimenter : ne pas exiger d’avoir tout “figuré” tout de suite.
  • Structurer comme une activité pro : clarifier mission, cible, prix, et travailler son image de marque.
  • Limiter la charge réseaux sociaux : utiliser des templates ; envisager de déléguer plus tard, car c’est chronophage.
  • Accélérer via le réseau : créer une boucle de recommandations (vous recommandez, on vous recommande).

CIPA → Activités quotidiennes (routines, structuration) ; Interactions (coopération réseau).

Retours d’expérience (repères concrets)

« Alix Dieng (Doula & Entrepreneure) : “Déjà, j’ai commencé par faire une formation parce que oui, j’ai accouché deux fois et oui, j’ai lu des livres, mais je ne me sentais pas suffisamment légitime pour me dire : je me lance. (…) J’ai fait le choix de faire une formation américaine parce qu’elle était complètement à distance. (…) Après, j’ai commencé à réfléchir à mon image de marque, à ce que je voulais faire, à mes réseaux sociaux… (…) déterminer mes prix… J’ai lancé officiellement mon activité en janvier 2023.” »

  • Avant : parcours “excellence académique”, prépa, école de commerce (EM Lyon), marketing (retail/luxe), puis e-learning (compétences/soft skills), évolution vers des fonctions commerciales et de direction.
  • Déclic : départ à Dakar (octobre 2021), arrêt de carrière, période de remise en question ; rencontre de doulas ; besoin local ; encouragement à “prendre le relais”.
  • Mise en action : formation à distance (CBI), échanges avec doulas locales, travail de branding, lancement janvier 2023.
  • Chiffres repères : séances 1h30 ≈ 60 € ; naissance forfait 500 € ; revenu autour de 1 500 €/mois à ce stade ; activité qui s’accélère via bouche-à-oreille.

CIPA → Activités quotidiennes (formation, lancement) ; Vie personnelle (déménagement, sécurité financière) ; Contribution (réponse à un besoin).

Évolutions & passerelles

  • Évolution possible côté entrepreneuriat : déléguer la communication (réseaux sociaux) si l’activité monte en charge.
  • Évolution du cadre de travail : prendre un lieu identifié (cabinet quelques jours par semaine) plutôt que 100% domicile/tiers-lieu.
  • Élargir l’écosystème : organiser des événements pour rassembler les professionnel·les de la périnatalité (projet évoqué pour octobre).

Non précisé dans le transcript : spécialisations possibles, parcours vers d’autres métiers, modèle d’équipe. À clarifier : objectifs à 2–3 ans (volume, offre, collaboration).

CIPA → Interactions (réseau, cadre) ; Vie personnelle (charge, organisation) ; Activités (délégation).

FAQ

Quelle formation a été suivie ?

Childbirth International (CBI), à distance, en anglais.

Faut-il une formation “homologuée” ?

Pour être répertorié dans l’annuaire des doulas de France, oui : il faut une formation homologuée par l’association. Sinon, on ne peut pas y figurer.

Comment se faire connaître au démarrage ?

Trois canaux cités : Instagram ; rencontres “fortuites” au début ; puis réseau de pros (ostéos, kinés, hypnothérapeutes, naturopathes, gynécos…) et enfin bouche-à-oreille.

Est-ce qu’on peut en vivre tout de suite ?

Non précisé dans le transcript au sens général. Dans l’expérience décrite : revenu autour de 1 500 €/mois, pas encore suffisant pour couvrir toutes les charges fixes. À clarifier : charges, volume de clientes, objectifs de prix.

Où se font les séances ?

Souvent au domicile des parents, parfois par Zoom, et possible dans un tiers-lieu (club de femmes avec salles).

CIPA → Activités (formation, acquisition) ; Vie personnelle (revenus) ; Interactions (lieux, réseau).

Ressources citées

  • Childbirth International (CBI) — organisme de formation (doula), cité comme option à distance.
  • Annuaire des doulas de France — mentionné comme annuaire avec conditions de formation homologuée.
  • Instagram : compte cité Ford Mamaz_ (avec un tiret du bas final).

CIPA → Activités (outils, formation) ; Interactions (visibilité, réseau).

Tenir la ligne : accompagner avec conviction, sans prendre la place

Si ce métier vous attire, gardez une boussole simple : vos compétences comptent, mais votre énergie compte encore plus. Posez-vous une question très concrète : dans l’accompagnement, qu’est-ce qui vous met en mouvement — transmettre, soutenir, être présent·e le jour J, ou structurer une activité qui dure ?

  • Action “Contribution” : identifiez le besoin réel autour de vous (manque d’infos fiables, manque de soutien post-partum, isolement) et notez à qui vous avez envie de répondre.
  • Action “Vie perso” : écrivez votre seuil de rythme acceptable (nuits, astreintes, week-ends) avant même de parler tarifs.
  • Action “Activités” : prenez un rendez-vous avec une doula et un·e pro de la périnatalité (ostéo, kiné, gynéco…) pour comprendre le terrain et les interactions.

Souvent, c’est une rencontre qui ouvre la porte. Et quand vous trouvez votre place, il y a ce petit battement de cœur qui ne trompe pas.

CIPA → Contribution (public, cause) ; Vie personnelle (rythme) ; Activités quotidiennes (premiers pas).

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