Sommaire

Fiche métier : entreprendre dans la food et le design

Résumé en 10 secondes

  • Mission : créer des expériences autour de l’alimentation, du design et de la découverte, comme des micro-voyages gustatifs en autonomie.
  • Contexte : le métier mêle création, gestion d’entreprise, relation client, logistique, communication et développement de partenariats.
  • Point fort : une grande variété de sujets, idéale pour les profils qui aiment tester, explorer et toucher à plusieurs domaines.
  • Vigilance : l’entrepreneuriat apporte de l’autonomie, mais aussi de l’insécurité financière, beaucoup de casquettes et un besoin fort de déléguer.
  • Première étape : clarifier ce que l’on veut faire soi-même, ce que l’on doit apprendre, et ce qu’il vaut mieux confier à d’autres.

CIPA → Activités quotidiennes, Vie personnelle, Interactions.

Mission & ce qu'on fait concrètement

Les missions principales d’un·e entrepreneur·e food et designer

Entreprendre dans la food et le design, c’est imaginer une expérience, puis la rendre possible dans le réel. Cela peut vouloir dire concevoir un parcours gustatif, choisir un quartier, rencontrer des restaurants, fabriquer des kits, gérer la billetterie, répondre aux client·es et faire connaître l’offre.

Le cœur du métier consiste à créer, organiser, tester, vendre et améliorer. Le design n’est pas seulement esthétique. Il sert à penser la forme d’un objet, d’un service, d’un lieu ou d’un parcours. Dans la food, il sert aussi à faire vivre une découverte concrète : marcher, goûter, échanger un ticket, suivre un plan, entrer dans un restaurant partenaire.

Lola Zerbib-Kahanne, entrepreneure dans la food et designer, résume ce point de rencontre entre création, projet et plaisir : « Ce que je trouve intéressant dans le design, c’est de savoir qu’on va pouvoir s’intéresser à plein de sujets différents et qu’on va pouvoir venir en mode projet et réfléchir à la forme, la forme que prend un objet, comment il répond à cette fonction, ou même ça peut être aussi le design d’un service. »

Une journée type très concrète

La journée peut commencer par la relation client : répondre aux questions reçues, vérifier les commandes, accompagner les personnes qui réservent. Ensuite viennent les tâches opérationnelles : préparer les kits, contrôler les stocks, vérifier qu’il reste assez de papier, de couverts, de tickets ou de supports imprimés.

Une partie du temps part aussi dans la gestion : suivre les entrées d’argent, catégoriser les ventes, regarder les prévisions, distinguer ce qui est sûr de ce qui relève encore du prospect. À certains moments, il faut relancer, chercher des concours, ou préparer les prochains mois.

Le terrain garde une vraie place : sortir dans les quartiers, rencontrer des restaurateur·ices, comprendre ce qu’ils cuisinent, écouter ce qu’ils ont à raconter. La communication compte aussi : créer du contenu pour les réseaux sociaux, car sans visibilité, les ventes ne suivent pas.

CIPA → Activités quotidiennes : créer, gérer, préparer, communiquer. Contribution : proposer une expérience de plaisir et de découverte.

Compétences & qualités clés

Compétences techniques

  • Design de produit et design de service : penser une forme, une fonction, un usage, un parcours.
  • Gestion de projet : passer d’une idée à une offre vendable, avec étapes, partenaires et contraintes.
  • Gestion des stocks : anticiper les besoins matériels et éviter les ruptures.
  • Comptabilité de base : suivre les revenus, les dépenses, la trésorerie et les prévisions.
  • Communication : produire du contenu, raconter une offre, soutenir les ventes.
  • Développement de partenariats : rencontrer des lieux, des restaurants ou des structures locales.

Qualités humaines

  • Curiosité : aimer explorer des quartiers, des cultures culinaires, des formes de service.
  • Polyvalence : accepter de porter plusieurs casquettes, surtout au début.
  • Capacité à déléguer : reconnaître ce qui n’est pas son cœur de compétence.
  • Communication claire : essentielle avec les associé·es, client·es et partenaires.
  • Endurance : gérer les périodes d’incertitude sans perdre le cap.
  • Goût du compromis : indispensable quand on s’associe.

Outils et technologies cités

  • WordPress : pour faire tourner un site simple.
  • Outils web : à faire évoluer quand l’activité grandit et que l’automatisation devient nécessaire.
  • Tableaux de suivi : pour la comptabilité, la trésorerie, les commandes et les prévisions.
  • Réseaux sociaux : pour faire connaître les parcours et soutenir les ventes.

CIPA → Activités quotidiennes : compétences créatives, commerciales et de gestion. Interactions : partenaires, associé·es, client·es.

Conditions de travail

Cadre, rythme et organisation

Le cadre dépend beaucoup du projet. Ici, le travail s’organise entre bureau, terrain, quartiers à explorer, restaurants partenaires et outils numériques. Le rythme varie selon les commandes, les périodes commerciales, les projets événementiels et les besoins de développement.

Se fixer des horaires peut aider à préserver son énergie. Une organisation proche d’heures ouvrées permet de fermer mentalement la journée, même si certains projets demandent parfois de dépasser.

« Moi j’ai besoin de limiter dans le temps, donc j’ai besoin de me dire que quoi qu’il arrive le matin, je vais au bureau, et de considérer que j’ai des heures ouvrées, vraiment comme des salariés. Parce que ça me donne aussi la liberté psychologique de me dire une fois que c’est fini, c’est fini. »

Rémunération et sécurité financière

Le démarrage peut être long. Dans le cas cité, les ressources personnelles et les indemnités chômage ont permis de tenir au début. L’argent généré la première année a servi à constituer la trésorerie. Certaines associées se sont salariées au bout d’un an, puis une autre au bout de deux ans.

Le choix a été de privilégier la sécurité : salariat dans sa propre structure, salaire modeste, réserves financières, primes seulement les très bonnes années. Cette prudence a permis d’encaisser une année difficile sans fermer l’entreprise.

Statuts et contrats possibles

Plusieurs situations sont mentionnées : freelance, entreprise avec associé·es, gérance minoritaire, statut d’assimilé-salarié, mandat social, dividendes en fin d’exercice. Le statut peut évoluer, mais il faut accepter la paperasse et bien se renseigner.

Le cadre juridique demande de la vigilance. Par exemple, facturer en freelance à sa propre entreprise peut poser question si cela ressemble à du salaire déguisé. À clarifier avec l’URSSAF ou un accompagnement spécialisé.

CIPA → Interactions : associé·es, organismes, partenaires. Vie personnelle : revenus, horaires, protection sociale, sécurité.

Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi

  • Variété : aucune semaine ne ressemble totalement à la précédente.
  • Création utile : le design sert une expérience concrète, pas seulement une idée.
  • Plaisir des gens : l’offre est pensée pour faire découvrir, goûter, marcher, sortir.
  • Liberté d’exploration : on peut tester des formats, rencontrer des partenaires, ouvrir de nouveaux parcours.
  • Apprentissage permanent : gestion, communication, web, terrain, relation client.

Mini-histoire : une activité centrée sur l’événementiel gastronomique se retrouve fragilisée quand les événements s’arrêtent. Plutôt que d’attendre, une nouvelle idée naît : permettre de retrouver une forme de restaurant autrement, grâce à des parcours à emporter, des tickets, un plan, des couverts, et une balade en autonomie. Le projet continue ensuite parce qu’il répond à autre chose : découvrir des cultures et des nourritures autrement.

CIPA → Contribution : créer du plaisir et de la découverte. Activités : explorer, tester, organiser. Interactions : restaurants, client·es, associé·es.

Inconvénients & points de vigilance

  • Trop de casquettes : créer, vendre, gérer, répondre, préparer, communiquer. Piste : apprendre tôt à déléguer certaines compétences.
  • Insécurité financière : les commandes peuvent ralentir, surtout dans l’événementiel. Piste : constituer une trésorerie et garder une rémunération prudente.
  • Charge mentale : les prévisions, les relances et les stocks restent présents. Piste : tenir des tableaux de suivi et ritualiser les points de gestion.
  • Association délicate : un bon ami ne devient pas automatiquement un bon associé. Piste : chercher des qualités humaines, une communication saine et des compétences complémentaires.
  • Besoin d’accompagnement : les statuts, aides et financements peuvent être complexes. Piste : se rapprocher de réseaux comme Initiative ou Mieux Entreprendre.

« Si on nous avait expliqué avant que c’est très bien d’être son entraîneur, mais d’apprendre dès le début à dire ça, ce n’est pas ma compétence et je vais la chercher ailleurs, peut-être que ça aurait évité de se noyer parfois. »

CIPA → Vie personnelle : stress, argent, temps. Interactions : délégation, association, accompagnement.

Comment y accéder (parcours & étapes)

  1. Se renseigner et clarifier : identifier si l’on veut créer un objet, un service, un lieu, une expérience ou un parcours autour de la food.
  2. Se former et valider : un parcours cité passe par un bac arts appliqués, un BTS design de produit, puis un diplôme supérieur d’arts appliqués en création-conception, design industriel.
  3. Constituer des preuves : tester des projets, même petits, avec d’autres profils créatifs. Montrer que l’on sait penser un service, une communication, un espace ou un mobilier.
  4. Obligations légales et statuts : choisir une forme adaptée : freelance, société, gérance minoritaire, salariat dans sa propre structure. À clarifier avec des organismes compétents.
  5. Candidater ou démarcher : rencontrer des lieux, des restaurants, des client·es, des structures événementielles ou culturelles.
  6. Réseauter et provoquer les rencontres : les anciens camarades, partenaires et réseaux d’accompagnement peuvent rouvrir une porte au bon moment.

CIPA → À clarifier : Quelle contribution voulez-vous créer pour les autres ? Quel niveau de sécurité financière vous faut-il au démarrage ? Quelles activités voulez-vous vraiment garder dans vos journées ?

Astuces

  • Ne pas tout porter seul·e : distinguer ce que l’on veut apprendre de ce qu’il vaut mieux confier.
  • Choisir ses associé·es avec soin : privilégier la complémentarité, la communication et la capacité à faire compromis.
  • Se fixer des horaires : protéger ses soirées ou ses activités personnelles aide à durer.
  • Prévoir la trésorerie : ne pas tout sortir en rémunération dès que l’activité marche.
  • Aller sur le terrain : rencontrer les personnes, voir les lieux, comprendre ce qui se cuisine et ce qui se raconte.
  • Se faire accompagner : chercher les réseaux, les prêts ou soutiens adaptés avant d’être dans l’urgence.

CIPA → Activités : routines, tableaux, terrain. Interactions : délégation, association, réseaux.

Retours d'expérience

Le parcours commence par une spécialisation précoce en arts appliqués, avec l’envie d’éviter l’ennui d’un cursus général. Après un BTS design de produit et un diplôme supérieur d’arts appliqués, un départ prévu en Suède ne se fait pas. Une parenthèse dans une agence immobilière familiale dure environ un an et demi à deux ans.

Ce détour apporte une compétence inattendue : comprendre le fonctionnement d’une entreprise. Puis une rencontre avec d’anciens camarades permet de reprendre pied dans le design autrement. Des projets sont testés en collectif : communication, logo, espace, mobilier, organisation d’un lieu. En 2015, une entreprise est créée à plusieurs.

La spécialisation arrive avec les projets : l’événementiel gastronomique, puis un nouveau format né en 2020, quand les événements ne sont plus possibles. Aujourd’hui, l’activité comprend cinq promenades dans Paris intra-muros, avec l’envie de développer aussi des parcours autour de Paris, notamment en Seine-Saint-Denis, puis d’autres villes via des partenariats locaux.

CIPA → Activités : tester, créer, structurer. Vie personnelle : accepter un détour, puis retrouver un cadre plus aligné.

Évolutions & passerelles

  • Spécialisation food : passer du design général à l’événementiel gastronomique ou aux expériences culinaires.
  • Design de service : concevoir des parcours, outils, kits, billetteries et expériences autonomes.
  • Développement territorial : créer des offres dans d’autres quartiers, départements ou villes.
  • Partenariats locaux : travailler avec des personnes implantées dans leur territoire plutôt que débarquer sans connaître le tissu économique.
  • Automatisation : faire évoluer les outils web pour gagner du temps sur les tâches répétitives.
  • Retour ponctuel à l’événementiel : garder quelques projets de design événementiel par an.

Quand le projet évolue, le CIPA bouge aussi : la contribution peut toucher plus de publics, les interactions deviennent plus partenariales, la vie personnelle demande plus de sécurité, et les activités quotidiennes glissent vers la coordination et l’outillage.

FAQ

Faut-il forcément un diplôme de design pour entreprendre dans la food et le design ?

Un parcours cité comprend des études d’arts appliqués et de design de produit. Aucun diplôme obligatoire n’est précisé. À clarifier selon le type de projet : design, restauration, événementiel, service ou activité commerciale.

Peut-on commencer en freelance puis changer de statut ?

Oui, un statut peut évoluer. On peut commencer avec une forme puis créer une entreprise ou se salarier plus tard dans sa structure, selon les règles applicables. À clarifier avec un accompagnement juridique ou comptable.

Combien de temps faut-il pour se rémunérer ?

Un repère concret : certaines associées se sont salariées au bout d’un an, une autre au bout de deux ans. La première année a servi à constituer la trésorerie. Ce délai dépend des ressources de départ, des ventes et du modèle choisi.

Faut-il s’associer ?

Ce n’est pas obligatoire. À deux, on peut réfléchir plus vite, confronter les idées et additionner les exigences. Mais l’association demande une vraie qualité de communication et des compétences complémentaires.

Comment préserver sa vie personnelle ?

Se fixer des horaires, considérer certaines plages comme des heures ouvrées et garder des rendez-vous personnels récurrents peut aider. Le rythme reste variable selon les projets.

Ressources citées

  • Écoles : Boulle, Olivier de Serres.
  • Formations : bac STI arts appliqués, BTS design de produit, diplôme supérieur d’arts appliqués en création-conception, design industriel.
  • Outils : WordPress, tableaux de suivi, réseaux sociaux.
  • Organismes et réseaux : Pôle Emploi, URSSAF, réseau Initiative, Mieux Entreprendre, anciennement M93.
  • Projets et médias : Salive, newsletter Un litre d’huile par semaine, Instagram hellspawn.
  • Lieu cité : Carreau du Temple.

Conclusion actionnable (douce)

Si ce métier vous attire, commencez petit. Choisissez un quartier, une histoire culinaire, un format d’expérience. Puis demandez-vous : qu’est-ce que je veux faire vivre aux gens ? Qu’est-ce que je veux apprendre ? Qu’est-ce que je dois confier à quelqu’un d’autre ?

Un premier pas simple : écrivez une page avec trois colonnes. Dans la première, notez l’expérience que vous aimeriez créer. Dans la deuxième, listez les tâches concrètes pour la rendre possible. Dans la troisième, entourez ce qui vous donne ce petit battement de cœur professionnel : ce signe discret qu’il y a peut-être là une place à explorer.

Les rencontres comptent. Un ancien camarade, un restaurant, un réseau d’aide ou un associé peut rouvrir une piste. Le bon projet n’arrive pas toujours en ligne droite. Parfois, il se construit dans les détours.

CIPA → Contribution : définir l’expérience à offrir. Vie personnelle : poser son seuil de sécurité. Activités : tester une première version concrète.

Grille CIPA

Contribution Interactions Vie personnelle Activités quotidiennes
  • Étoile du Nord : créer un produit « pour le plaisir des gens », autour de la nourriture, de la balade et de la découverte.
  • Empreinte professionnelle — Pourquoi : faire découvrir d’autres cultures et nourritures grâce à des micro-voyages gustatifs.
  • Cause — Pour quoi : rendre possible une expérience autonome, accessible, ancrée dans des quartiers et des restaurants partenaires.
  • Public cible — Pour qui : personnes qui réservent des parcours, locaux, Francilien·nes, et potentiellement publics d’autres villes via partenariats.
  • Rayonnement professionnel — Jusqu'où : cinq promenades dans Paris, envie d’aller vers la Seine-Saint-Denis puis d’autres villes avec des partenaires locaux.
  • Ce que ça implique : le projet doit rester désirable, bien organisé et relié au terrain.
  • À clarifier : quels publics prioritaires ? quels quartiers ensuite ? quelle taille souhaitée pour l’activité ?
  • Type de structure : entreprise montée à plusieurs en 2015, aujourd’hui portée par deux associées, avec parfois une stagiaire.
  • Cadre et espace de travail : bureau, quartiers à explorer, restaurants partenaires, outils web, événements ponctuels.
  • Culture et dynamique de travail : fonctionnement à deux, ping-pong d’idées, complémentarité, besoin de compromis.
  • Ce qui est dit : un bon ami ne fait pas forcément un bon associé ; les qualités humaines comptent autant que les compétences.
  • Ce que ça implique : il faut savoir communiquer, trancher, demander conseil et ne pas rester isolé·e.
  • À clarifier : quelles règles de décision ? qui tranche en cas de désaccord ? quelles compétences déléguer en priorité ?
  • Lieu de vie : activité actuellement centrée sur Paris intra-muros, avec développement envisagé autour de Paris.
  • Statut professionnel : gérance minoritaire, assimilée-salariée, avec cotisations proches du salariat sauf Pôle Emploi.
  • Horaires et rythme de travail : besoin de se fixer des heures ouvrées, avec dépassements ponctuels selon les projets.
  • Revenus : salaire modeste mais régulier ; démarrage avec ressources externes et trésorerie constituée sur un à deux ans.
  • Ce que ça implique : la sécurité se construit par la prudence, les réserves et le choix du statut.
  • À clarifier : quel revenu minimum ? combien de mois de trésorerie ? quelle tolérance au stress financier ?
  • Moteurs : explorer plusieurs champs, tester, éviter l’ennui, travailler sur l’alimentation.
  • Secteur d'activité économique : food, design, événementiel gastronomique, tourisme de proximité, expérience culturelle.
  • Champ professionnel : design de produit, design de service, communication, gestion, relation client, logistique.
  • Compétences : préparer des kits, gérer les stocks, tenir des tableaux, répondre aux client·es, produire du contenu, chercher des partenaires.
  • Outils cités : WordPress, outils web, réseaux sociaux, tableaux de prévision.
  • Ce que ça implique : le quotidien est très varié, mais peut disperser si l’on ne délègue pas.
  • À clarifier : quelles tâches garder ? quelles tâches automatiser ? quelles compétences web aller chercher ?

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