Résumé en 10 secondes
- Mission : aider des marques de prêt-à-porter et d’ameublement à lancer des services de seconde main, de location ou d’abonnement.
- Contexte : agir en marque blanche, donc dans l’ombre de la marque, avec un rôle à la fois stratégique, marketing et opérationnel.
- Point fort : apprendre tous les jours, toucher à plusieurs sujets et construire une activité à impact.
- Vigilance : le métier demande de se remettre en question, de gérer des hauts et des bas, et parfois de ne pas se rémunérer au début.
- Première étape : parler à des entrepreneurs, poser des questions, tester si des personnes sont prêtes à payer pour l’offre imaginée.
CIPA → Contribution, Interactions, Activités quotidiennes.
Mission & ce qu'on fait concrètement
Le métier d’entrepreneur·e dans la mode circulaire consiste à créer une solution qui prolonge la vie des produits textiles. Dans le cas présenté ici, l’entreprise aide les marques à lancer une offre de location, d’abonnement ou de seconde main, sans que la marque ait à construire tout le dispositif seule.
Concrètement, il faut définir une stratégie, construire une offre, parler aux marques, piloter le marketing, puis organiser toute la chaîne opérationnelle. Pour la location de vêtements, par exemple, les pièces reviennent en entrepôt. Elles doivent être désinfectées, envoyées au pressing, contrôlées, puis remises en circulation jusqu’à leur fin de vie.
Mathilde Artale, entrepreneure dans la mode circulaire, résume bien cette double promesse, très concrète et très engagée : “Aujourd’hui, ma société, la seule et l’unique, c’est Podium. En fait, nous, on aide les marques de prêt à porter et aussi d’ameublement à se lancer dans de la seconde main ou de la location. Et nous, on agit vraiment en marque blanche, ça veut dire qu’on est vraiment un prestataire de services. On agit dans l’ombre.”
Une journée type d’entrepreneur·e dans la mode circulaire
- Prospecter : contacter des marques, obtenir des rendez-vous, présenter l’offre.
- Échanger avec les clients : comprendre leurs besoins, leur niveau de maturité, leurs contraintes.
- Construire : travailler sur la stratégie, le marketing, l’administratif ou le modèle économique.
- Opérer : organiser les étapes liées à la location, au nettoyage, au contrôle qualité et à la remise en service.
- Apprendre : se renseigner sur les sujets non maîtrisés, demander des retours, ajuster.
CIPA → surtout Activités quotidiennes + Contribution.
Compétences & qualités clés
Compétences techniques
- Compréhension du modèle économique : vérifier qu’une offre peut intéresser un marché et que des clients sont prêts à payer.
- Marketing : structurer une proposition claire et la rendre désirable pour les marques ou les utilisateurs finaux.
- Prospection commerciale : contacter, relancer, convaincre, écouter les objections.
- Gestion opérationnelle : suivre les flux de produits, le pressing, les contrôles et la remise en circulation.
- Business plan : formaliser l’équipe, la vision, la rentabilité potentielle, le marché, les concurrents et les prix.
- Notions financières : connaître les grands équilibres de sa société, même si l’on recrute plus tard une personne plus experte.
Qualités humaines
- Aimer apprendre : le métier oblige à avancer sur des sujets nouveaux.
- Oser demander : poser des questions à des entrepreneurs, à des concurrents, à des personnes plus expérimentées.
- Se remettre en question : accepter les retours, les refus, les ajustements.
- Tenir dans les hauts et les bas : garder le cap quand la prospection ne donne rien ou quand les sujets s’accumulent.
- Savoir s’entourer : créer un cercle de coachs, partenaires, collaborateurs, proches et pairs.
Outils et technologies
- LinkedIn : utilisé pour contacter des entrepreneurs, demander des retours d’expérience et développer son réseau.
- Technologie de location : une solution externe peut gérer des aspects comme la caution, le reconditionnement et certains processus internes.
- Dossiers de financement : dossiers BPI, prêts d’honneur, business plan.
CIPA → Activités quotidiennes : compétences, outils, routines d’apprentissage. Interactions : réseau, partenaires, culture de l’entraide.
Conditions de travail
Cadre
Le cadre est très variable. Le métier peut se vivre en solo, en association, avec des stagiaires, des alternants, des intérimaires, puis des salariés. Dans l’exemple de Podium, l’activité se construit à plusieurs : avec une associée, des coachs, des collaborateurs, des clients et des partenaires.
Le lieu de travail, les horaires, le télétravail et les déplacements ne sont pas précisés. À clarifier : quel rythme hebdomadaire réel ? Quelle part de rendez-vous physiques ? Quelle part de travail en entrepôt ou avec les marques ?
Rémunération
La rémunération peut être très incertaine au début. Une information forte ressort : il est possible de ne pas se payer pendant un an et demi à deux ans, même avec une société lancée.
Les aides mentionnées sont concrètes : 30 000 € de subventions BPI, 50 000 € de prêts d’honneur à taux zéro, répartis à 25 000 € par associée. Le remboursement commence après la première année, sur trois ans. Si l’entreprise fait faillite, le prêt d’honneur mentionné n’est pas à rembourser.
Fourchette de rémunération habituelle : non précisée. À clarifier : revenu cible, délai avant rémunération, niveau de charges personnelles soutenable.
Statut et contrats possibles
- Fondateur·rice de société : statut cité pour Podium.
- Freelance ou consultant·e : possible autre forme d’entrepreneuriat, plus solitaire selon l’activité.
- Stagiaire, alternant·e, intérim, salarié·e : étapes citées pour construire une équipe progressivement.
Contraintes légales
Une loi européenne est citée : la loi AGEC, anti-gaspillage, liée notamment à l’interdiction de brûler les invendus. Les certifications ne sont pas précisées. À clarifier : obligations exactes selon le pays, le type de textile, le stockage, le nettoyage et la revente.
CIPA → Interactions + Vie personnelle : statut, revenus, dépendance aux clients, cadre à construire.
Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi
- Un impact concret : prolonger la vie de vêtements et éviter une logique linéaire “produire, vendre, jeter”.
- Une grande variété : prospection le matin, événement l’après-midi, administratif, marketing ou opérations le lendemain.
- Un apprentissage permanent : aucun domaine n’est totalement figé.
- Une aventure collective : clients, associé·e, coachs, partenaires, collaborateurs et proches peuvent jouer un vrai rôle.
- Un secteur à transformer : le prêt-à-porter est apprécié, mais considéré comme problématique sur le plan environnemental. Le métier permet d’agir à l’intérieur du secteur.
Le petit battement de cœur de ce métier arrive souvent là : aimer un univers, voir ses limites, puis décider de ne pas partir en courant. Rester. Construire une autre manière de faire. Une box de vêtements pour enfant, par exemple, peut circuler de famille en famille. Elle est nettoyée, contrôlée, relouée, puis réorientée vers la seconde main, le recyclage ou une association.
CIPA → Contribution : impact et sens. Activités : variété. Interactions : construction collective.
Inconvénients & points de vigilance
- La dépendance aux clients : l’entrepreneuriat ne rend pas totalement indépendant. Il rend parfois plus dépendant encore, car l’activité repose sur les clients. Piste : garder une prospection active et construire des relations solides.
- Les revenus incertains : il peut falloir payer d’autres personnes avant de se payer soi-même. Piste : chercher des subventions, prêts d’honneur et aides publiques avant une levée de fonds.
- La charge mentale : marketing, finance, vente, recrutement, opérations et administratif peuvent se cumuler. Piste : s’entourer de coachs ou de personnes expérimentées.
- Le syndrome de l’imposteur : il peut apparaître, surtout quand on sort d’études ou que l’on découvre un domaine. Piste : apprendre, demander, tester, avancer par étapes.
- La solitude émotionnelle : même entouré·e, il faut porter ses propres décisions. Piste : parler de ce que l’on traverse et ne pas tout garder pour soi.
“Il faut aimer apprendre et se remettre en question. Si déjà, on n’a pas forcément ce tempérament-là, ça va être beaucoup plus compliqué. Parce qu’il y a beaucoup de up, de down, le fait que, par exemple, on fait de la prospection, on n’arrive pas à avoir des clients potentiellement, mais après, à côté, on a la gestion d’une boîte à faire, on a le marketing, on doit embaucher.”
CIPA → Vie personnelle : revenus, énergie, rythme. Interactions : clients, équipe, entourage.
Comment y accéder (parcours & étapes)
- Se renseigner / clarifier : parler à des entrepreneurs, chercher des retours sur LinkedIn, comprendre le secteur que vous voulez transformer.
- Se former / valider : un master en entrepreneuriat peut aider, mais il n’est pas présenté comme obligatoire. L’essentiel est de vouloir apprendre.
- Constituer des preuves : tester si des personnes sont prêtes à payer, demander des avis, vérifier le prix, le besoin, le marché et les concurrents.
- Obligations légales/certifs : la loi AGEC est citée pour les invendus. Les certifications ne sont pas précisées. À clarifier selon l’activité exacte.
- Candidater / démarcher : contacter des marques, expliquer l’offre, montrer ce qu’elle apporte, accepter les refus.
- Réseauter / rencontres clés : contacter des entrepreneurs, des concurrents, des fondateurs, des experts marketing, opérationnels ou juridiques.
CIPA → À clarifier : quelle contribution voulez-vous vraiment avoir ? Quel niveau d’incertitude financière pouvez-vous supporter ? Quelles activités quotidiennes vous donnent de l’énergie, même les jours difficiles ?
Astuces
- Parlez de votre projet : une idée seule ne suffit pas. C’est l’exécution qui construit la différence.
- Contactez vos concurrents : ils peuvent devenir des partenaires si vos offres sont complémentaires.
- Demandez de l’aide : beaucoup de personnes acceptent de donner un avis si la demande est claire.
- Écrivez vous-même votre business plan : l’exercice oblige à clarifier l’équipe, le marché, les prix et la vision.
- Recrutez plus fort que vous, mais comprenez le sujet : il faut éviter de devenir dépendant d’une compétence que l’on ne comprend pas du tout.
- Avancez progressivement : stagiaire, alternant·e, intérim, puis salarié·e si l’activité le permet.
CIPA → Activités : routines de test et d’apprentissage. Interactions : demander, coopérer, challenger.
Retours d'expérience
Le parcours présenté commence par des études de commerce international, puis un master orienté innovation et entrepreneuriat. Avant la création de Podium, plusieurs petits projets à impact ont été lancés, notamment dans l’événementiel et pendant le confinement. Le déclic vient d’une envie ancienne : créer, apprendre, agir, et construire de l’emploi.
La première grande étape consiste à passer d’une idée à une entreprise réelle. L’intuition de départ peut sembler simple : appeler des marques, proposer une offre, obtenir des “oui”. La réalité demande plus de construction : clarifier le modèle, trouver des clients, structurer l’association, chercher des aides, créer une offre complète.
“Au début, moi, je croyais que ça allait être super simple. Je me suis dit : super, je monte une boîte, j’ai une idée. Je vais appeler des marques, elles vont dire oui. En fait, pas du tout. On a dû construire toute cette entreprise ensemble. Je pense que si j’avais su ça avant, je ne sais pas si je me serais lancée, ou du moins, j’aurais eu un peu plus peur.”
Repères concrets : société créée autour de Podium, deux associées, 30 000 € de subventions, 50 000 € de prêts d’honneur, pas de levée de fonds au moment décrit, et une rémunération qui n’arrive qu’après une longue phase de lancement.
CIPA → Contribution : impact environnemental et emploi. Vie personnelle : accepter une phase d’incertitude financière.
Évolutions & passerelles
Les évolutions citées concernent surtout la croissance de l’entreprise. L’équipe peut passer de stagiaires et alternants à de l’intérim, puis à des salariés. Les responsabilités peuvent aussi se spécialiser : finance, marketing, opérations, technologie, légal, consulting auprès des marques.
Une autre évolution possible est la levée de fonds, si l’entreprise doit accélérer, recruter rapidement ou développer une technologie interne. Dans ce cas, le rythme, la pression et les attentes peuvent changer.
Passerelles mentionnées : entrepreneuriat en freelance, consulting, prêt-à-porter, seconde main, location, opérations circulaires, technologie liée à la location.
CIPA → Contribution : impact potentiellement plus large. Interactions : plus d’équipe et d’investisseurs. Vie personnelle : pression et revenus à reclarifier. Activités : plus de pilotage.
FAQ
Faut-il avoir fait une école de commerce pour devenir entrepreneur·e dans la mode circulaire ?
Non. Une formation en entrepreneuriat peut aider à partir d’une feuille blanche et à structurer une idée, mais elle n’est pas présentée comme indispensable. Le point central reste l’envie d’apprendre.
Faut-il lever des fonds pour lancer une entreprise dans la mode circulaire ?
Pas forcément. L’exemple cité repose sur des apports de départ, des subventions et des prêts d’honneur. La levée de fonds est plutôt associée à une phase d’accélération.
Est-ce un métier solitaire ?
Il peut l’être si l’on exerce en freelance ou seul·e. Mais la création d’une société peut aussi être une aventure très collective, avec associé·e, clients, coachs, partenaires et collaborateurs.
Que faire si l’on n’a pas toutes les compétences ?
Se renseigner, demander de l’aide, trouver des coachs, contacter des personnes expérimentées et recruter progressivement. Il est conseillé de comprendre chaque grand sujet, même sans en être expert·e.
Quels revenus prévoir au départ ?
Non précisé sous forme de fourchette. Un repère est donné : il peut être nécessaire de ne pas se payer pendant un an et demi à deux ans. À clarifier avant de se lancer.
Ressources citées
- LinkedIn : pour contacter des entrepreneurs, fondateurs, experts et pairs.
- BPI France : organisme cité pour une subvention de 30 000 €.
- Prêt d’honneur : financement à taux zéro cité, avec remboursement différé.
- ESCP : école citée, avec un master “Innover et entreprendre”.
- Station F : structure citée comme lieu de sollicitation et d’écosystème entrepreneurial.
- Loi AGEC : loi anti-gaspillage citée dans le cadre des invendus.
Premier pas pour sentir si ce métier vous appelle
Choisissez une marque, un produit ou un usage que vous aimeriez rendre plus circulaire. Puis faites trois actions simples : écrivez le problème, imaginez une solution payante, contactez trois personnes sur LinkedIn pour demander un avis.
C’est un bon début, parce que ce métier ne demande pas d’avoir tout compris avant de commencer. Il demande d’oser ouvrir une porte, puis une autre. Et parfois, au milieu d’un échange, d’un refus ou d’une idée qui se précise, vous sentez ce petit battement de cœur : celui d’un projet qui commence à trouver sa place.
CIPA → Contribution : nommer l’impact visé. Activités : tester une idée. Vie personnelle : vérifier ce que vous êtes prêt·e à engager.
Grille CIPA
| Contribution | Interactions | Vie personnelle | Activités quotidiennes |
|---|---|---|---|
|
|
|
|
Envie de valider cette direction ?
Le bilan de compétences Chance, 100% en ligne et financé par votre CPF, clarifie la voie qui vous ressemble.












