Audrey Bouyer, CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Hyper heureuse de vous retrouver pour ce nouveau live. Merci beaucoup Audrey d'avoir accepté.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Merci pour cette invitation. C'est génial, vraiment.

Marine (Chance)

L'idée de ce live, c'est que ce soit interactif. Donc surtout, n'hésitez pas à utiliser le chat pour poser toutes vos questions à Audrey et à nous dire aussi d'où vous nous écoutez et pourquoi vous êtes là. Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que c'est parce que vous voulez, vous aussi, vous lancer dans l'entrepreneuriat ? C'est toujours de savoir ce que vous avez en tête. Et pour commencer, Audrey, est-ce que tu peux nous raconter un peu dans les grandes lignes ? Parce que sinon, c'est vrai que ça pourrait durer tout le live. Dans les grandes lignes, ton parcours et comment tu es arrivée à être cette femme entrepreneuse dans la FemTech que tu es aujourd'hui.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Oui, alors écoute, justement dans les grandes lignes, sinon j'ai enregistré des podcasts, donc vous pourrez tout savoir. Dans les grandes lignes, moi, en fait, je viens de l'industrie de défense, donc j'ai passé 10 ans dans l'industrie de défense de la technologie. Et en fait, je n'étais pas vouée particulièrement à entreprendre dans la santé. Moi, je voulais entreprendre pour les femmes. C'était quelque chose que j'avais au fond de moi. Et en fait, j'ai été un peu percutée par ma césarienne d'urgence que j'ai mal vécue et je me suis J'ai cherché en fait des produits, des accompagnements, de l'information et je n'ai pas trouvé. Donc voilà, ça a un peu mûri dans ma tête. Et après avoir rentré un très gros contrat dans mon ancienne boite, je me suis lancée en fait J'ai tout quitté pour lancer One Piece Woman parce que l'urgence de répondre à ces besoins qui étaient aussi forts, étaient trop fortes. Et surtout, entre temps, j'avais lancé un questionnaire, je m'étais rendu compte que les chiffres étaient quand même dingues. C'est-à-dire que les césariennes, Il y a une femme sur cinq, c'est 150 000, mais il y a aussi plein de femmes qui sont opérées au niveau abdominal.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Je parle abdominal parce que mon obsession, c'était de faire en sorte qu'on puisse retourner travailler, donc de s'habiller. C'était plutôt au niveau chirurgie abdominale et c'est plus de 200 000 femmes par an qui sont opérées. Et si tu prends toutes les douleurs génicaux, tous les problèmes de peau, les femmes qui ne trouvent pas de lingerie confortable aussi, qui donc ne peuvent pas s'habiller, c'est 16 millions de femmes. Et donc, en fait, avec ce constat, j'ai fait: Il faut que j'y aille. Et donc, j'ai quitté mon ancien job et j'ai créé au Grand Nord du Mouvment. J'ai créé ma startup, donc en Femtec.

Marine (Chance)

Génial. Alors, j'ai plein de questions, évidemment, et je pense que tout le monde en aura beaucoup. Est-ce que pour commencer, tu peux nous expliquer en quoi Comment consiste ton entreprise ? Qu'est-ce que tu fais ? À quels besoins tu réponds ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Aujourd'hui, Winded Woman, c'est la première startup Femtec, la tech au service de la santé de la femme, qui est engagée, qui innove pour le confort des femmes au quotidien. En postopératoire, en postpartum avec des cicatrices, césariennes, épisiotomies et autres cicatrices qui peuvent invalider. Ou comme je disais, des problèmes qui font qu'au niveau abdominal, on est douloureuse et on ne peut pas s'habiller. On répond avec des services et des produits. Donc, on répond avec la première lingerie innovante que vous voyez derrière moi, qui a été justement créée pour le confort des femmes qui ont des cicatrices abdominales, pour pouvoir se rhabiller, qui prend soin de la peau, qui aide à cicatriser, qui est thermo-regulante, qui permet de gérer aussi tout ce qui est le post-opératoire immédiat, puis ensuite la transpiration. En fait, ça va être une lingerie qu'on va porter à l'hôpital et qu'ensuite, on va porter tous les jours, jusqu'à temps qu'on se sente de porter autre chose. Je dois vous dire que le confort est tellement dingue qu'on n'a pas envie de reporter autre des choses après. Mais c'est sur la durée, c'est soulager une douleur immédiate et puis ensuite, du confort sur la durée.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Les modèles noirs sont aussi des maillots de bain, parce que l'idée, justement, quand tu entreprends et que tu crées, à partir du moment où tu produis, tu le produits aussi de la pollution. Et donc l'idée, c'était de faire mieux, mais moins. Donc c'est pour ça que les modèles sont en post-opératoire immédiat dans la durée, mais sont aussi des maillots de bain, puisque le tissu est aussi anti-UV pour protéger de l'alternation du soleil. Et en fait, ils sont aussi anti-UV pour être portés en maillot de bain. Et puis des services qui est chapeauté par WNDY Women Care. Ça, c'est WNDY Women Underwear. Et la partie services s'adresse aux femmes, donc avec des ateliers, des workshops et bientôt des outils digitaux pour pouvoir prendre soin d'elles. Il y a déjà plein de choses sur notre site internet. Il y a plein de choses sur nos réseaux sociaux, justement pour savoir quels parcours de soins je peux mettre en place pour moi, quels professionnels je peux aller voir. Des outils et des workshops pour les professionnels de santé qui ont envie de mieux comprendre ces parcours. Par exemple, j'ai beaucoup de demandes de kiné, d'ostéopathe, de médecine holistique aussi de ville qui veut mieux comprendre le parcours et dans quel écosystème, dans l'écosystème, à quel endroit ils sont du parcours et comment ils peuvent orienter les femmes.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Peut-être, par exemple, leur parler d'un psychologue, si elles se sentent qu'elles vont mal. Peut-être leur parler, justement, s'ils ne sont pas kinés, de kinés, il faut mobiliser les tissus. C'est très complet. C'est ce qu'on appelle l'approche intégrative du soin. Et dans cette démarche intégrative de WNDY Women Care, il y a aussi aider les entreprises à réintégrer dans l'entreprise des femmes qui ont eu des cicatrices comme celle-là. Ça, ce n'est pas une césarienne, je vous rassure, c'est une laparotomie verticale ou une césarienne, ou en tout cas qui ont un parcours de soins comme ça, physique, qui est vraiment douloureux, peut-être aussi psychologique. Comment on réintègre les femmes dans l'entreprise ? Comment on y va tranquillement ? Quel parcours d'onboarding on me leur propose ? On travaille avec les RH, c'est de la médecine du travail. Tout ça, c'est One In Women Care, One In Women Underwear. On est vraiment sur l'accompagnement global des femmes en soins, en produits, en services. Et puis, on a aussi un podcast pour rompre l'isolement et faire que les femmes puissent partager leur expérience, donner leurs tips à d'autres femmes qui vivent la même chose dans la maladie, dans, encore une fois, la césarienne. Et nous de pros de santé, parce que j'ai un board de douze pros de santé. Ils interviennent aussi dans le podcast, dans nos workshops. C'est main dans la main avec les femmes et les pros de santé.

Marine (Chance)

Bravo. Merci. Bravo déjà pour tout ce que tu fais pour aider les femmes, effectivement, sur une thématique qui est encore un peu absente des radars. Je vois que les premières questions arrivent. Il y a Marianne Petit qui demande s'il y a un démarchage auprès des mutuelles pour aider la prise en charge.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Tout à fait. Quand on entreprend dans la santé, ce qui est compliqué, c'est qu'on vend... Là, en l'occurrence, on innove. L'innovation, ça a un coût. Il faut aussi se rendre compte que... Parce qu'on parle entrepreneuriat, donc je relie aussi ça au fait d'entreprendre. On innove. Moi, personnellement, au départ, je me suis autant financée. Donc, moi, je mets toutes mes économies dans cette innovation. J'ai ensuite eu quelques subventions. L'innovation a un coût et effectivement, on n'est pas forcément toujours dispositif médical parce que ce n'est pas toujours nécessaire, ce n'est pas toujours obligatoire et que les dispositifs médicaux ne permettent pas forcément toujours une couverture qui va être vraiment intéressante pour les patients. Donc là, aujourd'hui, je démarche des mutuelles pour justement plusieurs mutuelles, justement, pour pouvoir prendre en charge une partie de la lingerie qui, comme j'expliquais, a un coût, forcément, puisque le coût de développement et de production est élevé. Et justement, pour permettre au plus petit panier aussi de pouvoir s'offrir cette lingerie qui est d'utilité publique. Je me dis que je sais, mais qui a un coût. Je voulais aussi reparler un peu de cette démarche d'entrepreneuriat, parce que des fois, les gens pensent que c'est un peu facile, en claquant des doigts, les choses se font vite et en fait, c'est complexe.

Marine (Chance)

Moi, personnellement, en t'écoutant, je me dis: tu soulèves des montagnes. Je me dis: Pas assez facile. Il y a dans le chat les questions qui arrivent et qui étaient aussi évidemment une de mes questions, c'est: Comment tu fais et est-ce que tu as des conseils pour savoir comment faire au démarrage, comment se lancer, parce que j'imagine que c'est une grosse décision de se dire: J'arrête mon travail d'avant, qui en plus était très différent, parce que je comprends, et je me lance dans l'entrepreneuriat féminin. Est-ce que tu peux nous raconter raconter comment ça se passe ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

En fait, c'est vrai que c'est différent, mais en réalité, l'engagement, il est très similaire. C'est-à-dire que moi, je suis dans l'industrie de défense, donc tu es sur innover pour protéger. Finalement, là, je suis innover pour soulager. Donc, disons que dans les valeurs et l'engagement auprès du prochain, de la société, il est quand même très proche. Après, effectivement, ce n'est pas les mêmes produits, ce n'est pas les mêmes innovations. Et puis, en plus, entreprendre en santé, c'est très spécifique. C'est vraiment un entrepreneuriat spécifique. Tu vois, ce matin, j'ouvre, je voulais faire un débrief de VivaTech où j'ai eu la chance d'avoir été invitée sur le salon. Donc, j'étais invitée par VivaTech pendant une semaine dans l'allée à impact. Donc, en fait, j'étais très visible. Franchement, j'ai dû présenter la boite 300 fois par jour. Les gens étaient touchés. Les femmes ont même acheté parce qu'elles se sont dit: Mon Dieu, j'en ai besoin. Les femmes ont pleuré. J'ai des hommes qui étaient hyper émus. C'était une semaine dingue. Et je voulais faire le débrief. Et en fait, j'ouvre. Et le premier poste sur lequel je tombe, c'est une entrepreneur en Femtec qui dit qu'elle ferme sa boite.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Parce qu'au bout de Dans trois ans, manque de financement, elle ferme sa boite. Et tu vois, c'est aussi ça la réalité de l'entrepreneuriat. C'est-à-dire qu'en fait, tu as testé ton idée, tu te fais incuber. C'est très important, il faut être bien entouré, donc il faut trouver un incubateur qui correspond aux valeurs. Est-ce que c'est un incubateur d'impact ? Est-ce que dans mon cas, c'est un incubateur peut-être plus féminin à impact, peut-être santé ? Il faut se faire incuber pour se faire entourer. Tu essaies d'avoir des subventions. Il faut savoir que ce n'est pas facile, les subventions, ce n'est pas en claquant des doigts. Les gens disent: Tu as une subvention, mais en fait, c'est vraiment tout ça, c'est des dossiers, c'est long. Il n'y a rien de simple. C'est faisable, mais ce n'est pas simple. Et à un moment donné, il faut un business model qui te permienne aussi de faire du chiffre d'affaires. Moi, aujourd'hui, par exemple, je fais du chiffre d'affaires, mais je ne me paye toujours pas. Et en fait, c'est une balance à établir par rapport à ton foyer aussi. Moi, j'ai un mari, j'ai deux enfants, j'ai une maison à payer. Donc tu fais aussi ton plan, ton business model à toi, personnel.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Tu sais que tu ne vas pas devoir te payer au début. Tu fais ton business model de boite et tu regardes combien de temps tu peux te venir sans te rémunérer, en entreprenant sans te rémunérer. Et tu fais tout pour que rapidement, tu fasses du chiffre d'affaires. Rapidement, tu aies suffisamment de subventions. On dit souvent qu'une boite qui n'a pas de clients, c'est une asso. Donc, il faut avoir rapidement des clients, même si c'est sur des premiers produits, pour avoir des retours, pour itérer, pour améliorer. Moi, typiquement, ce produit-là, c'est un premier produit. Ce n'était pas le produit vraiment que j'avais en tête. Je voulais aller encore au-delà. Seulement, ça aurait demandé jusqu'à trois ans de développement et ce n'était pas possible. Donc, quand on veut se lancer, il faut étudier son marché. Il faut comprendre à quel pain, donc quelle douleur sociétale on répond. Il faut se faire incuber, il faut challenger. Moi, je suis contre de dire qu'il faut parler de son idée à tout le monde. Ce n'est pas vrai, surtout quand on innove et qu'on se positionne sur des sujets spécifiques. Ce n'est pas le monde des mises au noms. Il faut pouvoir aussi en parler aux bonnes personnes.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Si vous avez besoin d'en parler à certaines personnes, vous leur faites signer des contrats de confidentialité, des accords de confidentialité. Là, oui, mais d'en parler comme ça de manière ouverte, moi, je suis assez contre. Et j'ai malheureusement beaucoup de femmes autour de moi qui se sont fait voler leurs idées. Il faut se protéger, penser à la PI, s'entourer et challenger son idée, mais avec les bonnes personnes. Et l'entourage ne compte pas. Challenger son idée que l'entourage ne compte pas. Il faut challenger son idée avec des gens qui ne nous connaissent pas et qui sont dans les environnements concibles. Voilà.

Marine (Chance)

Passionnant. Merci beaucoup pour tous les conseils. J'ai beaucoup rencontré d'entrepreneurs et tu as un angle un peu différent, donc c'est chouette. Ça permet de, comme tu dis, par exemple, protéger son idée. Il y a trop de mauvaises histoires. Je vois dans le chat que les questions arrivent. Est-ce que ton idée de départ, elle a beaucoup changé par rapport à ton entreprise aujourd'hui ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Ouais, super question. Alors, mon idée de départ n'a pas changé. En revanche, mon positionnement, la façon d'en parler, les termes, etc, évolue. Et ça, c'est quelque chose où il faut vraiment se laisser foutre un peu la paix, c'est-à-dire avoir son idée au départ, comment tu présentes ta société, mais se dire que ça peut évoluer et pas se figer. Par contre, quand tu déposes ta marque et que tu te protèges, du coup, Il faut choisir des catégories. Et là, moi, je recommande de voir large, quitte à payer un peu cher, parce qu'on paye par catégorie, mais il faut voir large parce que ça va nous protéger de manière globale autour de ce nom de marque. Et ça veut dire que si tu as envie un petit peu d'évoluer, de rajouter des choses, tu es déjà Tu peux le refaire, mais disons que si tu veux sauver un peu d'argent, ce n'est pas mal. Et les pivots, j'en vois beaucoup. Moi, par exemple, au départ, j'étais B2C, très fortement B2C. Clairement, moi, j'ai beaucoup de B2B. Aujourd'hui, le B2B, pour moi, qui y avait après, alors qu'en fait, je me rends compte que le B2B aurait pu arriver beaucoup plus tôt.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Donc, je vends à des pharmacies, je vends à des boutiques de bien-être pour la lingerie. La partie, pareil, tout ce qui est outils digitaux, pour moi, au départ, c'était beaucoup à des stations des femmes. Et en fait, j'ai beaucoup de demandes de professionnels de santé. J'ai beaucoup de demandes de professionnels qui sont dans la pèrinatalité, qui ne sont pas forcément de santé, mais qui accompagnent et qui ont besoin d'en mieux en connaître. Donc peut-être ouvrir les chakras au maximum, ne surtout pas s'auto-censurer et sans s'éparpiller, quand même se laisser un temps d'idéation suffisant sans tout de suite se renfermer dans une niche. Par exemple, là, on voit des cicatrices. Clairement, la lingerie aujourd'hui, elle n'est pas utilisée que pour des cicatrices. C'est vrai que si je veux taper et que je veux avoir un impact fort, je vais d'abord parler des cicatrices, mais je vais quand même parler du reste ensuite. C'est aussi comment on hiérarchise. Et à qui on parle aussi dans la manière de présenter aussi sa société.

Marine (Chance)

Super, intéressant. Merci beaucoup. Tu parlais d'un incubateur. Comment ça se passe pour être incubé et comment tu fais pour vivre si tu n'as pas encore de salaire ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Moi, ce que je recommande au maximum, c'est de discuter avec son employeur d'une rupture conventionnelle pour pouvoir toucher les droits au chômage. Quand on touche les droits au chômage, on peut tout de suite se déclarer en tant que futur entrepreneur. Il y a aussi des gens qui reprennent des boîtes. Ce n'est pas que créer sa boîte, ça peut être aussi reprendre une activité. Typiquement, dans les boîtes qui ferment, là, que j'ai appris ce matin, il y en a une qui va demande à revendre sa boite. Donc ça peut être aussi reprendre une société. On peut clairement en parler directement avec son employeur, dire que c'est vraiment un projet personnel et là, du coup, créer une rupture conventionnelle. Et après, avec Pôle emploi, ils vont le savoir. Donc, quand il y a des appels à projets, je réponds à la deuxième question, quand il y a des appels à projets d'incubateurs, ils vont vous le dire, vous allez les recevoir. C'est ce qui s'est passé pour moi. Et après, c'est se rapprocher des sites de la Chambre de commerce, de BPI, etc, qui recensent un peu aussi les incubateurs qui existent. Mais après, je ne vais pas vous mentir, il faut aussi un peu chercher.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

C'est comme les candidatures de concours annuelles. Il faut réussir à se faire un peu un planning de, on sait que de février à, je ne sais pas, mois à novembre, il y a tous ces appels-là d'offres, tous ces appels à projets qui vont sortir. Il y a des endroits où c'est résumé, mais finalement assez peu. Donc les incubateurs, c'est pareil, par domaine, il faut un petit peu chercher. Mais après, il y a des très connus. Il y a Station F, dans l'entreprise féminin, il y a Willa, que je vous recommande, qui est un super incubateur. Dans l'Impact, il y a La Ruche. Il y en a vraiment beaucoup. Il suffit de regarder un peu sur le net. Et après, c'est des appels à projets en candidates pour rentrer dans des programmes.

Marine (Chance)

Ok, super. Merci beaucoup pour tous les conseils. Il y a une question de Bérangère: combien de personnes travaillent aujourd'hui dans ta startup. Il y avait aussi la question d'Émilie qui était: est-ce que tu avais une associée ou est-ce que tu es seule ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Moi, j'ai entreprise seule parce que je n'ai pas rencontré d'associée au moment où je me suis lancée, que pour tout dire, j'étais enceinte de mon deuxième enfant quand je me suis lancée. Donc, en fait, j'avais le tic-tac de rapidement valider mes matières, etc, pour qu'en post-partum, je n'ai qu'à valider mes prototypes. Donc moi, je me suis mis un timing très serré. J'ai énormément travaillé. Je travaillais jusqu'à mon accouchement. Donc forcément, ça laissait pas la place aussi à rencontrer un associé. Aujourd'hui, j'ai pas rencontré quelqu'un avec qui m'associer, donc je suis vraiment solo founder, comme on dit. Et justement, quand on est solo founder, on se paye pas. On essaie de dégager du chiffre d'affaires rapidement avec des un produit de qualité. Mais voilà, il faut rapidement avoir un chiffre d'affaires, avoir une activité. Et il faut avoir assez de fonds pour embaucher. Donc ça, c'est le nerf de la guerre. Moi, j'en suis dedans. Ça fait un an qu'On est The Woman fait du chiffre d'affaires et commercialisé. Donc là, je vais attendre pour la rentrer un ou deux stagiaires. Et justement, je sécurise des fonds pour avoir une alternante. Ou un alternant. Je dis alternante parce que j'ai reçu beaucoup de demandes d'alternante et qu'il y a beaucoup de super candidates. Mais voilà, on ne peut pas embaucher tout de suite à moins de lever des fonds très vite. Et lever des fonds très vite, il faut avoir des KPI à montrer. Pour avoir des KPI à montrer, il faut faire des chiffres d'affaires. En tout cas, c'est un peu... C'est le serpent qui se mord à la queue.

Marine (Chance)

Il y a une question d'Amina sur le service client. Comment ça se passe ? Comment tu gères cette partie ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Le service client, c'est un point capital aujourd'hui de One Aid Woman, puisqu'on est sur l'accompagnement de femmes qui sont en souffrance. Aujourd'hui, j'ai mis quelques process en place. On peut utiliser des petits logiciels, des petits outils qui systématisent des réponses. Ça permet juste d'avoir à customiser un ou deux tout petits points et de pouvoir justement bien suivre le service client. Mais typiquement, dans les embauches, un des premiers postes, ça sera le customer care, parce qu'on a vraiment besoin d'avoir un service client très, très affiné et le meilleur possible.

Marine (Chance)

Il nous reste dix petites minutes. N'hésitez pas dans le chat à poser vos autres questions pour Audrey. Mais sinon, moi, j'en ai des tonnes. Pour toi, Aujourd'hui, quels sont ce qui t'épanouit, ce qui t'énergise dans ton métier, les plus et les choses plus difficiles ? Parce que c'est important en coulisses, dans tous ces live métiers, de aussi donner la réalité terrain et aussi enlever les fantasmes. Parce qu'entrepreneur, ça fait très rêver. Est-ce que tu peux un peu nous dire les plus et les parties plus dures pour toi ? C'est subjectif, évidemment, mais c'est super d'avoir ton éclairage.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Je vais essayer de répondre en deux minutes. Déjà, j'en profite pour dire que j'ai justement enregistré un podcast avec Ambeille Baker, qui s'appelle Vérité, qui sort mercredi prochain. Et c'est exactement là-dessus. Elle a été super parce que m'a fait parler de trucs que j'avais moi-même pas réfléchi à ça, donc ça peut être intéressant s'il y en a qui veulent aller l'écouter. Sur justement, entreprendre en santé. L'entrepreneuriat, moi, j'étais à Cuba Station F, par exemple. C'est vrai qu'on a un peu ce fantasme de Steve Jobs, le T-shirt, la veste et les baskets. Je vous rassure, c'est vrai, ils sont tous comme ça. C'est la de prendre, mais c'est extrêmement difficile. En fait, entreprendre, c'est prendre un risque énorme. On prend un risque financier, on prend un risque personnel parce qu'on fleur le burn out en permanence. Alexandre Dana, le fondateur de l'AveMentor, en parle pas mal. Je ne sais pas s'il a écrit un livre, mais il a fait pas mal de podcasts sur le sujet. Ce n'est pas un tabou, ce n'est pas être faible, c'est juste qu'en fait, on vit, on respire, qu'on mange et on dort notre boîte. C'est normal parce que c'est le départ et c'est là aussi où c'est important rapidement d'avoir fait un plan de match et de savoir qu'à un moment donné, il faut vite être une équipe pour justement pouvoir prendre du recul et pour ne pas être dans ce guidon permanent qui est nécessaire au départ, mais il faut pouvoir prendre du recul.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Et quand tu entreprends en santé, évidemment, c'est extrêmement grisant, c'est passionnant. En plus, au départ, on fait tous les métiers, donc on passe notre temps à apprendre des choses comme on fait sur cet internet. Parce qu'on ne peut pas tout déléguer. Donc, faire sur cet internet, utiliser des petits logiciels, on est tout le temps en train d'apprendre. On fait des rencontres exceptionnelles, surtout moi, sur mon sujet, je rencontre des femmes formidables, des soignants formidables. Ce matin, j'étais en ligne avec une clinique avec qui on va mettre en place. Justement, toute cette partie accompagnement pour l'hôpital, ce sera un test. J'espère que ça va se faire. C'est d'une richesse absolue, mais pour moi, le pendant, c'est des grandes phases de découragement qui sont normales, surtout quand on est sur le founder. La difficulté aussi d'éduquer quelque part sur un sujet dont on parle peu, alors que quand on parle aux femmes qui l'ont vécu, il n'y a même pas besoin d'expliquer. Donc ça, ça rend aussi les choses difficiles, le quotidien difficile. Et le fait d'entreprendre en santé, dans mon sujet, moi, je me prends aussi beaucoup la grande détresse des femmes et je ne suis clairement pas assez protégée au départ.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Et si tu veux, l'envie d'aider plus avec la détresse des femmes qui t'arrive et la difficulté à trouver des fonds pour faire grossir ta société et réussir à lui donner l'ampleur nécessaire pour répondre à cette détresse, ça te met des fois dans une situation qui est extrêmement difficile et qui peut être très, très, très lourde au quotidien. Et donc, moi, je le dis, franchement, c'est une aventure exceptionnelle, mais il ne faut pas la faire si on n'est pas dans un mindset où on a un mindset de guerrier, parce que... Et ce n'est pas un jugement de valeur, C'est juste que ça va être très dur. Ça va être aussi passionnant que c'est très dur. Et aussi dire... Franchement, c'est un message parce que depuis VivaTech, j'ai eu une belle couverture presse, il s'est arrivé plein de choses magnifiques. Les couvertures presse, l'aspect successful de certaines choses ne veut pas dire que l'entrepreneur va bien. Je vais bien, ne vous inquiétez pas, mais ne veut pas dire que c'est facile et que c'est du tout cuit et que c'est venu et que c'est normal. C'est un travail énormissime. J'ai eu une couverture par BFM business, les échos ébruts.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Ça fait un an que je les contacte, je n'ai jamais réussi à les avoir. C'est parce que là, j'étais sur le salon, que Wendy Douman a été mise en avant sur l'allée à impact, qu'ils sont venues vers moi. Je ne les ai même pas contactées. Je veux juste faire passer le message qu'entreprendre, c'est très dur et qu'il ne faut pas se dire: C'est normal, on la voit un peu partout. Ce n'est pas vrai, c'est faux. Et c'est valable pour même des grands noms et des gens aujourd'hui qui sont très installés. Au départ, ils sont vraiment partis de rien. Donc, il faut garder la foi et ce sera à un moment votre tour, mais surtout, c'est énormément de travail. C'est beaucoup de travail.

Marine (Chance)

Merci beaucoup de le rappeler parce que c'est hyper important de le savoir. C'est émotionnellement, psychologiquement très difficile, encore plus quand tu as un projet qui touche au bien-être, à la santé. Donc, merci pour l'honnêteté de désacraliser le côté entrepreneuriat paillettes. Il y a Essalia qui demande: Comment tu fais en étant maman pour avoir réussi à être sur tous les fronts ? Question que malheureusement, on pose peu aux hommes.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Ouais, bien sûr. Mais en fait, si tu veux, finalement, moi, je reviens sur cette question parce que Il y a des hommes qui sont hyper proche leurs enfants, leurs enfants pleurent et aussi, ça leur fait un truc dans le ventre. Mais c'est quand même une minorité. Toi, quand tu es mère, tu as beau avoir un taf que tu adores, il va quand même se passer un truc, c'est qu'il se passe un truc dans tes viscères que tu n'as pas anticipé. Donc, Le fait que ça peut être un sujet plus pour les femmes que pour les hommes à certains moments, moi, ça ne me gêne pas parce que je l'ai vécu et c'est vrai. C'est-à-dire qu'à un moment donné, ta tête, elle veut bosser et en même temps, ton cœur, il est ton enfant. Donc toi, tu es tout le temps dans cette dichotomie-là et c'est ça qui est dur. J'ai envie de dire qu'entreprendre... Moi, j'ai deux enfants en bas âge de moins de quatre ans. C'est très dur, mais c'est aussi génial. Parce que le fait d'avoir deux enfants en bas âge, j'ai no time, les gars. C'est-à-dire que ma journée, elle est hyper timée, je n'ai pas le temps de m'éparpiller.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Et le fait d'avoir mes enfants, ça m'oblige à être d'une efficacité monstrueuse. Ça a aussi des côtés frustrants parce que quand je n'ai pas fini ma journée et que c'est l'heure d'aller les chercher, forcément, des fois, il faut que je me prends un petit sas en mode: OK, ce n'est pas grave, on a déjà fait tout ça et c'est très bien. Et Je vais switcher en mode maman. Mais c'est très possible. Ça demande une grosse organisation. J'ai aussi un conjoint qui est très impliqué dans ma vie de famille, c'est-à-dire que je ne porte pas seule ma famille, on est deux. C'est aussi un choix, je me suis choisi lui pour ça. Je le remercie d'ailleurs, parce que sans ça, évidemment, ça ne marche pas. Il faut être bien soutenu, une bonne organisation. Et justement, vous avoir des enfants, ça vous aide à être très efficace et à ne pas vous éparpiller. Vous allez choisir les sorties que vous faites, vous allez choisir les soirées où vous êtes invités et ça va vous aider à être plus efficace. Mais c'est dur, mais c'est possible.

Marine (Chance)

Génial. Merci beaucoup Audrey. C'est la première fois que je rencontrais Audrey, pour info. Et c'est une super belle rencontre. Comme tu le dis, en ce moment, il doit y avoir un Tu commences à récolter tout le fruit de ton travail, à être plus visible. C'est comme ça que je t'ai repérée sur LinkedIn et que tu peux faire ce live aujourd'hui, qui, j'espère, continuera à te faire connaître. Je vois qu'il y a plein de personnes qui te disent un grand merci, que tu as un courage remarquable, que c'est exceptionnel, que... Je vais te contacter. Ils vont me contacter sur LinkedIn, donc je pense qu'il y en a plein qui vont vouloir continuer la conversation avec toi après. Je vois des cœurs qui arrivent dans le chat.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Oui, moi aussi, je les vois. Merci.

Marine (Chance)

En tout cas, 1 000 mercis pour tout ce que tu fais. Vu qu'on a encore les deux minutes, une toute petite dernière question. Il y Il y a cinq ans, si on me disait que tu allais devenir entrepreneur, tu aurais cru ou pas du tout ?

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Je me serais dit: Je vais avoir les balls de le faire. Et j'aurais été heureuse qu'on me dise que j'aurais eu le courage de le faire. Et d'ailleurs, je remercie mon fils parce que je lui ai dit: C'est grâce à toi. Ça va m'émoire, dis donc. Je lui ai dit: C'est grâce à toi parce que ça a été un énorme moment de souffrance dans ma vie. Et au final, aujourd'hui, il y a plus de 200 femmes qui portent la lingerie, qui sont soulagées. Quand je vois l'impact qu'il y a eu, je vais terminer là-dessus. L'impact que ça a eu sur le salon, c'est la phrase que j'ai donnée à VivaTech qui m'a demandé un retour. Je parle beaucoup de VivaTech, c'est la première fois qu'il y a eu autant de monde. Je n'ai jamais vu autant de monde. Il y a un jeune homme de notre âge qui a dit: Je ne pensais pas à prendre quelque chose d'aussi important un jour dans ma vie, encore moins ici à VivaTech. Merci d'avoir créé cette boite. Le fait que ça vienne d'un homme qui, a priori, n'a pas vécu dans sa chair et qui n'avait pas de femme autour de lui qui l'avait vécu, je me dit: Rien que ça, tu vois, presque, c'est tout gagné.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Donc, voilà.

Marine (Chance)

Mille mercis, Audrey. C'était passionnant. Je vois des waouh dans le chat et tout. Merci. J'ai envoyé ton LinkedIn, ton site, le lien vers ton podcast. Mille mercis et à très, très bientôt.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Merci. Oui, à très bientôt et bravo. C'est génial ce que vous avez fait. Franchement, c'est canon. Bravo. Allez voir tous les live.

Marine (Chance)

Oui, ils sont super chouettes, les live. Merci beaucoup.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

Merci.

Marine (Chance)

À bientôt.

Audrey Bouyer (CEO & Fondatrice d'une start-up Femtech)

À bientôt. Au revoir.

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