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Eloi Maillard Perrochon, Consultant en RSE

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Sophie (Chance)

Bonjour, bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans ce live en coulisses pour découvrir le métier d'Éloi, qui est consultant en RSE. Merci beaucoup, Éloi, d'avoir accepté de participer et de donner 30 minutes de votre temps pour faire découvrir votre métier et votre voie professionnelle. Pour ceux qui nous découvrent, je suis Sophie. Je travaille dans l'équipe de Chance. Aujourd'hui, c'est moi qui vais m'occuper d'extraire les informations les plus pertinentes sur le parcours des lois pour vous permettre de découvrir ce métier-là. Pour commencer et pour accueillir ceux qui se connectent petit à petit, je vous propose déjà de bien noter que ce live, il est interactif. L'idée, ce n'est pas qu'on fasse des grands monologues avec Éloa, mais que vous puissiez poser toutes vos questions. Et pour démarrer, la première question que je vais vous poser, c'est peut-être pour démarrer d'où vous nous écoutez. Pour commencer, j'imagine que vous nous entendez de plusieurs endroits de France et de Navarre ou d'ailleurs. Donc n'hésitez pas à nous dire d'où vous nous écoutez. En tout cas, bienvenue à ceux qui nous rejoignent. Je vois déjà les premières réponses qui arrivent. Céline nous entend des in-line. Bonjour Céline.

Sophie (Chance)

Bonjour Timothée qui nous entend de Colombo. Karine en Lorraine. Montpellier pour Cédric. Bonjour à tous. Clermont-ferrand pour Hildem. Manon qui est en train de décrire qui nous écoute de Paris. Merci, c'est super chouette de voir que vous venez d'un peu partout pour écouter Éloa. Lyon, voilà. On commence à voir... Le Sud n'est pas encore très représenté. Mode: Vous redressez la barre avec Bordeaux. Merci. Super. Paris, Justine. Nice. Voilà, un petit peu de soleil. Non, ce n'est pas... Encore mieux. Génial. Écoutez, merci à tous. Donc peut-être aussi également pour commencer, deux petits mots sur Chance, pour ceux qui ne nous connaîtraient pas. On est une communauté, une grande communauté d'entraide professionnelle. Et également, est une méthode pour aider chacun, chacune à trouver sa place dans le monde du travail. On propose différents types d'accompagnements. Le plus connu de ces accompagnements, c'est le bilan de compétences. Et au sein de ce bilan de compétences, on a une phase qui est dite d'exploration, dans lequel on est incités, en tant que participant du bilan de compétences, à explorer la réalité vraiment des métiers auxquels on s'intéresse. Et donc, de quelque part un peu démystifier les fantasmes positifs, négatifs, les présujets ou stéréotypes qu'on peut avoir sur certains métiers.

Sophie (Chance)

Et c'est un peu cette même logique qu'on a dans cette semaine des live métiers en coulisses qui nous permettent de rentrer vraiment dans les coulisses des métiers et donc de toucher au plus près, de découvrir au plus près ces métiers-là pour mieux comprendre ce qui le recouvre. C'est donc tout l'objet de l'échange qu'on va avoir aujourd'hui avec Éloa. Éloa, je vous propose qu'on démarre. Je vois que les participants continuent à se connecter, mais je vous propose qu'on démarre. Consultant à RSE, en deux mots, qu'est-ce que c'est ? Avant qu'on parle de votre parcours.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Un consultant en RSE, déjà, c'est un consultant, c'est quelqu'un qui va conseiller des entreprises du secteur de toute taille, sur un sujet particulier qui est la RSE, la responsabilité sociétale des entreprises. Donc, c'est la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis de ses impacts sur le monde.

Sophie (Chance)

D'accord. Vous allez nous en dire un petit peu plus tout à l'heure, puisqu'on va parler en détail du métier. Peut-être pour démarrer, est-ce que vous pouvez nous en dire deux mots sur votre propre parcours ? Comment vous en êtes arrivé à être consultant à RSE ? Quel est le chemin que vous avez suivi à titre personnel ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Avec plaisir. Moi, je suis juriste de formation. J'ai un Master 2 en droit et je me suis spécialisé en droit international et en droit de la défense, donc tout ce qui est questions de sécurité. Pendant une conférence de Bertrand Baddie, qui est professeur de géopolitique à Sciences-Po, on a réfléchi sur la notion de paie durable. Je me suis rendu compte que tout ce que j'avais appris jusqu'à maintenant ne me permettait pas de contribuer à cette paie durable. J'ai fait un second master en développement durable, en alternance. Et ensuite, j'ai eu une première expérience de chargé de mission de développement durable, dans laquelle j'ai développé une stratégie RSE. Puis, j'ai commencé en conseil en développement durable dans différentes structures, jusqu'à mon métier d'aujourd'hui.

Sophie (Chance)

D'accord. Et est-ce que là, vous mentionnez justement une rencontre qui a été celle de ce professeur à Sciences Po. Est-ce qu'il y a eu d'autres d'autres rencontres qui ont été un petit peu fondatrice de ce parcours et qui ont été un petit peu des points de bascule qui vous ont amené vers ce métier-là ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Tout à fait. Alors, il y a eu une autre rencontre avec Fanny Benard, qui est la directrice du cabinet Bayer We, qui a été le premier cabinet à me recruter en tant que stagiaire, puis en tant que consultant. J'y suis resté trois ans et demi. Et c'est quelqu'un que j'ai beaucoup admiré, qui m'a beaucoup appris et qui m'a surtout donné beaucoup de clés et beaucoup de possibilités de découvrir des choses. Aujourd'hui, moi, je travaille spécifiquement sur l'aspect réglementaire de la RSE, donc tout ce qui va être attaché au droit. Et c'est un sujet que j'ai commencé à découvrir en 2015, 2016, parce que nos clients nous le demandaient et parce que Fanny m'a fait confiance pour travailler là-dessus. Donc, c'est ça qui me permet de développer un certain nombre de choses.

Sophie (Chance)

Très bien. Et du coup, on a une question qui est apparue entre temps. Vous avez répondu en partie à la question d'Elite qui demandait dans quelle entreprise vous aviez réalisé votre alternance.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

C'était DSL Interactive, une entreprise de recrut en créance.

Sophie (Chance)

Il y a une autre question qui a été posée par Axel qui demandait: où est-ce que vous aviez fait votre master en développement durable ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

À l'Université de Versailles Saint-Antonin, qui était l'une des universités qui proposait ça. J'ai postulé aussi à la Sorbonne et il y a la même chose à Dauphine, mais qui coûte beaucoup de sous.

Sophie (Chance)

C'est également un des freins qu'on peut avoir quand on cherche à se réorienter parfois. Super. Et est-ce que dans ce parcours-là, il faut nécessairement venir d'un domaine comme le droit pour pouvoir être consultants RSE et ça fera en plus de cette question-là, une deuxième qui nous est posée par une partie sur le point qui s'appelle Lucile, c'est: Quel est le parcours un petit peu classique pour être consultant RSE ? Est-ce qu'il y a une voie un petit peu tracée, des voies qui sont plus faciles que d'autres ? Pour y accéder ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Les voies, je dirais, les plus classiques auxquelles on s'attend le plus, ça va être soit les voies de la qualité. Il y a beaucoup de gens qui font de la qualité Hygiène, Sécurité, Environnement, qui vont basculer vers la RSE. Il y a beaucoup qui font de la gestion de projets, qui vont basculer vers la RSE. Ou beaucoup de biologistes, donc tous les gens qui ont basculé vers la RSE, ou beaucoup de biologistes. Donc, tous les gens qui étudient des sciences naturelles qui basculent vers la RSE. Mon parcours, il est assez atypique dans la mesure où je travaille sur un né au droit, un nouveau domaine du droit, qui est le droit de la compliance, et qui vient interroger justement ces questions de la RSE au travers de la réglementation. Donc, pour répondre à la question, non, ça n'est pas obligatoire de faire du droit avant de faire de la RSE. C'est une anomalie quelque part. Est-ce qu'il y a un parcours classique ? Pour répondre très succinctement, ça va vraiment dépend de ce que vous avez envie de faire. Si vous avez envie de faire de l'environnement, il faudra se former à l'environnement. Si vous avez plutôt envie de travailler sur les conditions de travail, il faudra plutôt travailler sur les conditions de travail.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Donc, ça dépend vraiment de ce que vous voulez faire dans la RSE.

Sophie (Chance)

Oui, puisque c'est assez large, effectivement, entre la dimension environnementale, sociale, etc. On peut toucher à, j'imagine, plein de spécialisations possibles. Est-ce que, justement, si on revient sur la formation et sur les cursus académiques dont vous avez parlé, est-ce qu'il y en a certains qui sont plus spécialisés environnement, d'être plus social ? Et si oui, où est-ce qu'on trouve ces portes d'entrée, entre guillemets, en formation ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Spécialisé Dans les environnements, vous avez les formations d'écologues. Vous allez en avoir différentes. Vous en avez assez clair, vous en avez un peu partout dans les universités de France. Plutôt lié à la biologie, plutôt lié à tout ce qui est sciences naturelles. Pour le social, vous avez la partie droit, donc tout ce qui va être droit Vous allez avoir tout ce qui est potentiellement lié à l'audit aussi. Il faut aller auditer les conditions de travail dans des usines. Et vous pouvez avoir des parties école de commerce aussi ou Sciences Po qui préparent un petit peu à ce genre de sujet.

Sophie (Chance)

D'accord. On voit effectivement qu'il peut y avoir plusieurs portes d'entrée et plusieurs moyens derrière d'exercer. Maintenant, si on parle de votre métier, de votre parcours d'abord, et ensuite, on parlera vraiment du métier dans votre parcours, est-ce que vous avez eu des moments de doute ou d'hésitation ? Et si oui, quels ont été ces moments ou ces hésitations qui vous ont traversé dans ce parcours Je vois un sourire, c'est bien. Oui, oui, j'ai eu des moments de doute.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

J'ai eu des moments de doute dès le début. C'est-à-dire que j'ai travaillé pendant un an et demi chez Delaise Interactive et j'ai eu des doutes sur est-ce que c'est vraiment ma place ? Moi, j'aimais les choses qui bougeaient, j'aimais les décisions qui prenaient vite, j'aimais l'innovation. Et être dans une entreprise, c'est plus du suivi de projets, c'est plus aller dans le fond des choses, pas sur le temps long, qui me correspondait un peu moins en termes de personnalité. Ensuite, j'ai eu des doutes quand j'ai fait du conseil, parce que c'était un monde un peu différent. J'ai quelques neuroatypismes qui font que je ne pense pas exactement comme la moyenne de la population, ce qui m'a amené malheureusement un burn out. Mais donc, je me suis posé des questions. Je me suis posé des questions quand quand j'ai été recruté dans l'Armée de l'air. Je me suis posé des questions quand je suis revenu dans le monde civil, et je me suis encore posé des questions quand je suis devenu freelance et que j'ai fait le Parcours Chance. Le Parcours Chance m'a aidé, non pas à déterminer quel métier je voulais faire, parce que mon métier, je l'aime et vraiment, c'est un métier passion.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Mais comment est-ce que je voulais le réaliser ? Dans quelles conditions est-ce que je voulais travailler ? C'était vraiment ça l'apport très fort. Et aujourd'hui, j'ai encore des doutes. Est-ce que j'aimerais pas retourner en entreprise ? Est-ce que je ne viens pas devenir directeur RSE ? Est-ce que je ne viens pas faire autre chose ? Mais je pense que le doute est constitutionnel à la carrière. Si on n'a pas de doute dans sa carrière, c'est quelque part, soit on a vraiment trouvé le bon spot, soit on ne se pose pas beaucoup de questions, l'un ou l'autre. Mais moi, Je vous suggère que le doute est absolument bénéfique. Ça permet de se remettre en question et d'avancer au quotidien.

Sophie (Chance)

Justement, je vais rebondir sur ce que vous disiez sur l'environnement, le fait d'avoir basculé de l'entreprise à un statut de freelance aujourd'hui. Dans la méthode Chance, il y a un cadre, une méthodologie qui s'appelle le FEMI, qui est l'acronyme de finalité, environnement, métier et impératif, puisqu'on considère qu'un travail n'est pas qu'un métier. C'est aussi l'environnement dans lequel vous exercez, sa culture, ses valeurs, son type de management, par exemple. C'est pourquoi vous vous levez le matin, c'est-à-dire votre finalité, votre sentiment de futilité. Et c'est aussi un certain nombre de choses qui collent avec vos impératifs de vie personnelle et certaines contraintes. Vous avez peut-être des enfants à récupérer le soir, vous avez un prêt à rembourser, vous ne pouvez pas vous permettre de gagner en dessous de tant. Donc maintenant, si on rentre dans chacune de ces dimensions-là, dans le métier des lois aujourd'hui, ça ressemble à quoi ? Si on prend On va d'abord démarrer par le métier. Si ça vous va, et loi, ça ressemble à quoi une journée ou une semaine type des lois ? Il y a en parallèle une question qui nous est posée par une participante qui nous demande: Quelles entreprises sont vos entreprises clientes ?

Sophie (Chance)

Ça pourra s'intégrer dans cette réflexion.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Tout à fait. Alors aujourd'hui, ma semaine type, parce que je n'ai pas de journée type, je suis consultant, donc mon activité va beaucoup évoluer en fonction de mes clients et je vois plein de questions sur quels sont les clients que je rejoins, etc. Aujourd'hui, j'accompagne à la fois des TPE, Donc oui, si, j'ai fait TPE avec Shotgun par exemple, qui est une plateforme de billetterie en ligne, avec Autoki qui est plus une PME sur des services de voituriers, ou des très grands groupes comme Nexan ou safran, que j'accompagne sur des sujets spécifiques. Ma journée, elle est divisée La semaine elle est divisé en trois ou quatre blocs. Il y a un premier bloc qui est un bloc culture générale. C'est un bloc qui impose de faire de la formation, qui impose de faire de la veille et qui impose de se tenir au courant de ce qui se passe dans le monde, particulièrement pour moi sur le droit, mais aussi sur tous les enjeux, tous les courants sociétaux qui vont modeler le monde moderne. Parce que j'ai besoin de savoir que, par exemple, quand on a du cuivre qui vient du Pérou, il y a des enjeux sociaux.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Parce que j'ai un client qui a du cuivre qui vient du Pérou. Donc je peux pas me permettre de ne pas savoir ce qui se passe. Il y a un deuxième bloc qui est le bloc accompagnement de mes clients. Donc, ça va être toutes les réponses que je vais leur apporter. Par mail, par téléphone, quand je vais aller chez eux, les formations. Donc, c'est tous les moments où je vais interagir avec mes clients pour leur apporter des solutions et pour leur apporter de la valeur. Et il y a un troisième bloc qui est le bloc production. Parce que je ne suis pas, et une cliente qui l'a remarqué il y a assez peu de temps, je ne suis pas du genre à donner des conseils et à dire bah il y a qu'à faire au con. Il D'accord, OK, par contre, je vais vous dire comment on fait et je vais vous montrer comment on fait. Donc, il y a une partie de production documentaire, de production de formation, de production de connaissances, qui est extrêmement importante pour les clients. Et la plupart du temps, c'est pour ça qu'on vient me chercher. C'est pour avoir cette production de connaissances, ce passage de connaissances.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Et sur la connaissance, j'ai une philosophie qui est que, on n'est pas comme sur de l'argent, sur un bien matériel. C'est pas parce que je vous donne de la connaissance, que je suis moins riche en connaissances. Quelque part, plus j'en donne, plus j'ai de chances qu'on me donne du retour et que ma connaissance évolue. Donc voilà c'est ça mes trois blocs. Sur les types d'entreprises que j'accompagne et sur les sujets, j'ai trois sujets principaux: la RSE, de manière générale, et je pourrais revenir sur la définition, la protection des données avec le RGPD, et la lutte contre la corruption avec la loi Sapin 2 et d'autres lois internationales. J'accompagne vraiment tout type d'entreprises, sauf les banques et les assurances, pour des questions éthiques, philosophiques. Je ne suis pas d'accord avec le concept de finance de marché, donc je refuse de participer à ça.

Sophie (Chance)

Donc Il y a Lucille qui nous demande si les trois blocs dont vous avez parlé sont tous équivalents en termes de temps dans votre semaine ou pas et quelle place ils prennent dans l'emploi du temps.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Très variable en fonction de la semaine. Typiquement, aujourd'hui, j'ai un gros bloc formation. Je vais passer toute la matinée en formation. J'ai le temps avec vous où j'échange, qui est un bloc de networking. Et ensuite, je vais avoir un temps d'échange avec... L'après-midi, d'échange avec mes clients. Je n'ai quasiment pas de production aujourd'hui. Il y a des jours où je n'aurai rien dans mon agenda et je ne vais pouvoir faire que de la production et que de la veille. Donc, c'est aussi une des contraintes du statut d'indépendant, mais que j'aime, c'est d'être capable d'ajuster son temps et de se dire: OK, de quoi j'ai besoin ? Quand est-ce que je peux le faire ? Etc. Et moi, c'est, pour revenir après sur le Fémi, c'est un des déterminants que j'avais.

Sophie (Chance)

Et on n'a pas du tout parlé de prospection. Or, c'est souvent une crainte quand on est en freelance et qu'on doit jongler avec à la fois la production de l'émission et la prospection pour pouvoir faire rentrer les clients. Est-ce que vous avez des apporteurs d'affaires ? Est-ce que vous trouvez vos propres clients ? Est-ce qu'ils viennent à vous ? Comment ça se passe sur cette partie-là ? Et quel temps vous y passez sur cette partie prospection qui n'est pas forcément un des blocs dont on a Vous pouvez me parler ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Alors, j'ai un peu des trois. J'ai des clients qui sont venus me chercher. Par exemple, Staphrand, j'ai quitté la direction IT pour m'inviter assez rapidement pour devenir freelance et un mois et demi après, ils sont venus me chercher en me disant: Ça serait bien que tu nous aides. Donc, ça fait deux ans que je bosse avec eux. J'ai des des clients qui sont venus me chercher sur LinkedIn. J'ai régulièrement des propositions de: Est-ce que tu ne voudrais pas vous avec nous, etc. ? J'ai des programmes d'abord d'affaires avec différentes plateformes. Je vais citer notamment Malt ou Freework, qui sont des plateformes sur lesquelles on a des annonces qui tombent avec des systèmes de cooptation et des systèmes de visibilité. Et donc je réponds régulièrement à des annonces. Et j'ai des moments... Alors c'est assez rare que j'aille chercher les clients, et les moments où je rencontre des gens qui ont des besoins. Et en fait, je suis un mauvais vendeur, je le sais, mais quand j'ai quelqu'un qui a un besoin en face de moi auquel je peux répondre, je vais lui proposer une solution et dire voilà, moi je peux faire ça avec vous.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Si ça vous intéresse tant mieux, si ça vous intéresse pas, je vous donne la solution pour aller faire autre chose. Je n'ai pas la vocation, comme certains grands cabinets, d'avoir des clients captifs. Mais voilà. Alors le temps que ça me demande, c'est vraiment très variable en fonction des clients. Il y en a, ça se signe en deux coups de fil, ça va me durer une demi-heure. Il y en a d'autres, ça va être des des négociations, des renégociations. J'en ai un, ça avait mis trois mois juste pour avoir un contrat. C'était un contrat à 90 000 euros, donc c'était cool. Mais voilà, il y a des moments où c'est très long. Donc c'est assez variable, mais ça se fait.

Sophie (Chance)

Deux autres Il y a deux questions qui nous sont posées, une qui va surtout peut-être rejoindre la question des hésitations ou des moments de doute. Il y a Barbara qui demande: Est-ce que parfois, vous avez des entreprises qui peuvent certainement être dans une logique un peu de washing, on va l'appeler comme ça, et qui font de la RSE façade ? Comment vous gérez ces interlocuteurs-là ? Quelle est la gestion aujourd'hui que vous en avez ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Alors, trois axes Quelles sont vos réponses ? Le premier, généralement, quand on vient me chercher, c'est qu'on a besoin que je sois là. Et l'avantage de mes sujets, c'est que ce sont des sujets réglementaires. C'est des sujets qui sont, en tout cas, partiellement obligatoires. Donc, il y en a qui veulent faire le strict minimum. C'est pas grave. J'ai eu un client, la comex d'une grande entreprise, qui m'a dit non, nous on veut juste faire le minimum pour être content. Ok, on va faire le minimum. Je vais vous montrer qu'on peut faire mieux, mais je vais pas vous faire faire mieux, pas vous obliger. Il y a des gens qui vont vraiment fermer à ça. Et il faut faire la paix avec soi-même et se dire OK, Monsieur Dupin, il veut pas. Je vais essayer de passer par d'autres canaux, mais si un moment c'est bloqué, c'est bloqué. Moi, je suis payé pour faire quelque chose, je suis pas payé pour lui refaire son éducation. Donc, je vais essayer de le convaincre, je vais essayer de lui montrer, je vais essayer de communiquer de manière efficace pour changer sa perception. Mais si ça ne marche pas, il y a un moment, il faut aussi se faire l'appel avec ça et se dire OK, on arrête.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Et le troisième aspect, c'est que j'ai parfois des gens qui changent d'avis ou des gens qui ne savent pas. Et il y a tout un discours de pédagogie à avoir sur qu'est-ce que c'est que la RSE ? Pourquoi c'est important ? Pourquoi est-ce que ce n'est pas juste des contraintes en plus, mais ça permet de créer de la valeur ? Et c'est l'un des axes forts de ma communication quand je travaille avec mes clients. Ça veut dire quand on travaille sur de l'anticorruption, quand on travaille sur de la protection des données, c'est de la contrainte dans un premier temps parce qu'il faut faire un effort supplémentaire. Mais après, si on l'utilise bien, c'est clairement un levier de création de valeur pour l'entreprise et pour ses parties prenantes. C'est extrêmement important.

Sophie (Chance)

Deux autres questions sur les clients. Quel type d'interlocuteur vous avez dans les entreprises ? Est-ce que ce sont plutôt des dirigeants ? J'imagine que ça dépend aussi de la taille des entreprises. Et groupé avec cette question-là, est-ce que vous travaillez uniquement avec des entreprises françaises ou également des entreprises à l'étranger ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Pour les interlocuteurs, je vais avoir la direction juridique, je vais avoir tout ce qui va être direction générale, je vais avoir tout ce qui est direction de la conformité, direction RSE, direction achat, en fonction du prisme selon lequel on peut travailler et les directions IT pour le RGPD. Oui, je travaille avec des sociétés internationales. Je sais tout à l'heure le cas d'Otoki, qui est une société de coalturiers. Je suis leur data protection officer et ils ont des remplacements en Italie, en Allemagne et en France. J'ai travaillé avec Adevinta, la maison mère duboncoin, qui est en Norvège. L'équipe juridique qui a été éclatée dans toute l'Union européenne, plus les États-Unis et le Canada. Safran, nécessairement, c'est mondial. Donc, je travaille un peu avec tous types d'entreprises et je vois qu'il y a une question sur qu'est-ce que ça change ? Ça change culturellement, potentiellement, la perception qu'on peut avoir de certains sujets. Je prends un exemple assez typique: le travail des enfants ou le travail familial. On peut avoir des sociétés dans lesquelles le travail des enfants est une nécessité. Il faut que les enfants travaillent pour que la famille puisse vivre. Nous, dans nos standards européens, c'est pas bien.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Il ne faut pas que les enfants travaillent. Mais dans un standard social autre, ça peut être une nécessité, ça peut être accepté et ça peut même être intégré à la législation. Donc, il y a un multiculturalisme qui est important. Il faut vraiment faire attention à ne pas arriver en conquistadeur de la RSE, en imposant nos normes sur des sujets qui ne seront pas pertinents à l'étranger.

Sophie (Chance)

Et j'imagine que ça rejoint aussi le sujet de la veille, ce qui nécessite quand même d'avoir une curiosité et une veille extrêmement poussée pour justement appréhender ces nuances et ces différents contextes. Je passe à une tout autre catégorie de questions qui sont plutôt sur la fixation de vos tarifs et de la manière dont vous devisez les prestations. Il y a l'ICAS C'est toi qui demandais comment vous déterminez ces tarifs-là et Séverine qui demandait quel est, grosso modo, le chiffre d'affaires annuel qu'on peut escompté faire sur un métier comme le vôtre.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

C'est très variable. Moi, j'ai quand même 10 ans d'expérience sur mon métier. J'ai plusieurs certifications, je me suis formé, donc je suis pas novice sur ce métier-là. Aujourd'hui, si on prend les tarifs des freelances sur ma branche, en fonction de l'ancienneté, on va être entre 200 et 1 000 euros de la journée, à peu près. Typiquement, on va avoir des avocats qui vont facturer très cher, en général c'est pas très pertinent, et des juniors qui vont facturer pas très cher parce que c'est des tâches pas très intéressantes. Moi aujourd'hui je suis entre 750 et 850 euros toujours, ce qui m'amène un chiffre d'affaires. L'an dernier, j'ai fait 160 000 euros, cette année je devrais faire à peu près la même chose je pense. Pour ce qui est de la facturation, donc je peux facturer soit la journée, soit à l'heure, soit la prestation en fonction de ce qui est demandé. C'est les questions de facturation au forfait ou en régie. Le forfait, c'est: je vous donne un forfait pour une prestation, je ne facture que ça. Et si ça dépasse en plus ou en moins, c'est quelque part pour moi. Et en régie, c'est: autant passer Il y a des missions où je vais vraiment faire des prestations très courtes, où je vais faire des interventions de deux, trois heures, plusieurs choix, donc je facture l'intervention.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Des fois, je vais facturer la journée complète parce qu'on me demande d'être en full time.

Sophie (Chance)

Il y a Lucille qui revend dit sur les compétences qui sont nécessaires et les qualités qui sont indispensables dans votre métier. Elle dit: J'entends beaucoup pédagogie, veille. Au-delà de ça, qu'est-ce qui est absolument indispensable d'avoir dans la besace pour Comment ça va faire ce métier-là ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Alors, si on parle de soft skills, déjà, je n'aime pas les anglicismes, mais je n'ai pas mieux. Selon moi, il y a effectivement la pédagogie. Il y a une certaine forme de caractère analytique quand même, parce qu'on le ramasse souvent souvent beaucoup de données qui viennent de beaucoup de gens différents et beaucoup de contextes différents. Une capacité de synthèse, d'écoute aussi, active et une curiosité. Il faut avoir envie d'aller chercher l'information, il faut avoir Il faut avoir envie d'aller plus loin. Il faut avoir envie de faire mieux. Sur les hard skills, c'est assez difficile de vous répondre exhaustivement, parce que selon le sujet de la LSE qu'on va traiter, on ne va pas utiliser les mêmes outils. Je prends un exemple. Si vous faites du bilan carbone, vous avez une méthodologique qui s'applique au bilan carbone. Et c'est une méthodologie qui est spécifique et qui peut assez difficilement être transposée à d'autres sujets. Si vous faites du reporting extra financier, c'est une autre méthode. Si vous faites de la gestion des risques, c'est encore une autre méthode. Donc, les soft skills globalement sont les mêmes pour tous. Un bon consultant à la RSE c'est un bon consultant, mais en général, il y a qui est assertif, qui est exigeant, qui est curieux et qui a envie aussi de faire du Je ne dis pas qu'il faut s'épuiser au travail, mais simplement, tu vas avoir envie d'en faire de bonnes qualités.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Pour les hard skills, ça dépend vraiment de ce que vous voulez faire en termes techniques, des sujets qui vous intéressent et en fonction de ces sujets-là, vous trouvez les référentiels qui vous vont bien.

Sophie (Chance)

Je reviens, moi, de mon côté sur les certifications. Vous disiez que vous vous étiez certifié. Est-ce que c'est une bonne pratique dans votre métier pour prouver son expertise ? Et si oui, quelles certifications ou en tout cas, quels organismes vous recommandez pour les gens qui nous écoutent ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Oui, malheureusement, en France, on aime beaucoup les diplômes, donc c'est toujours utile. Les certifications, elles vont vraiment dépendre de ce que vous voulez faire. Moi, j'ai suivi la certification ISO 31 000 pour tout ce qui est gestion des risques, qui est quand même une méthode qu'on utilise très régulièrement en développement durable dans tous les domaines. La 37 001 pour tout ce qui est audits des systèmes anticorruption, le RGPD aussi. J'ai fait des certifications sur des outils. Se former tout au long de la vie, c'est hyper utile, parce que je vois une question qui s'est posée plus haut. Effectivement, mon Le domaine du droit est assez récent en France, mais c'est un domaine qui est exigeant, qui évolue très vite. Et donc, il y a des vrais besoins. Les clients, il y a vraiment besoin de se mettre à la page très régulièrement. Je ne passe pas un an sans faire une formation sur un sujet ou sur un autre, parce que que les sujets évoluent, les réglementations évoluent, la manière de les réaliser évolue. Parfois pas aussi vite qu'on voudrait, mais c'est quand même nécessairement du temps à passer pour rester à la page.

Sophie (Chance)

Il y a une question maintenant de Marion sur un petit peu le mode de travail. Est-ce que c'est plutôt de chez vous ? Est-ce que c'est chez les clients ? Comment ça se passe ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Pour mon cas, c'est de chez moi, principalement, parce que je suis reconnu travailleur handicapé et du coup, le fait d'avoir mon bureau, que vous qui est à moi, est un espace d'équilibre dans lequel je me sens bien et dans lequel je peux travailler en paix. Il y a des clients qui demandent que vous soyez là cinq jours par semaine dans leur bureau. Ça existe. En général, je leur explique que ce n'est pas possible. Juste physiologiquement, ça ne marche pas. Ils comprennent. Après, il y en a qui ne comprennent pas. Si pour eux, c'est impossible d'imaginer que quelqu'un travaille à la distance, ce n'est pas grave, ce n'est pas la mission.

Sophie (Chance)

Est-ce qu'il y a d'autres impératifs à avoir en tête un petit peu dans ce métier ? Je Je ne sais pas, sur la disponibilité, par exemple, horaire ou dans l'année, c'est quoi l'amplitude horaire, entre guillemets, de travail ? Est-ce que vous arrivez à prendre des vacances régulièrement, etc. ? C'est peut-être des questions aussi qu'on se pose quand on devient freelance. On se demande est-ce qu'il va y avoir un rythme un peu aliénant, parfois ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Alors, quelque part, l'avantage d'un point de vue en client, c'est le rythme qu'on choisit. Moi, je choisis d'utiliser mon numéro de téléphone personnel avec mes clients. Donc oui, quand je suis en vacances, parfois, j'ai un client qui m'appelle pour dire: Est-ce que tu peux voir le dossier machin ? Je vais lui dire que je suis sur une piste de ski ou que je suis en train de faire une randou et puis voilà, ça va être là. Donc, je préviens mes clients quand même quand je pars en vacances. Est-ce que je peux prendre des vacances régulièrement ? Oui, peut-être je le prends quand je veux, c'est le côté pratique. C'est-à-dire que typiquement, dans un mois, je déménage. Je vais juste neutraliser une journée de travail. Je n'ai pas d'autorisation à demander. En termes impératifs, il faut quand même se rendre compte que être freelance... Il y a des marchés qui sont porteurs, il y en a qui le sont moins. Donc, la rémunération est quand même assez variable d'un freelance à l'autre. Il y a des marchés qui demandent beaucoup de travail, d'autres moins. Le statut de freelance n'est pas fait pour tout le monde. C'est vraiment personne dépendante en fonction de votre personnalité, de ce que vous avez envie de faire, de comment vous avez envie de travailler.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Il y a des moments où il faut être prêt à travailler beaucoup, il y a des moments où il faut être prêt à aussi pas avoir de boulot. Après, mon métier, ça exerce très bien en salariat.

Sophie (Chance)

Une dernière question. Je vois qu'on est bientôt au bout de notre demi-heure. Vous disiez que vous aviez des doutes, encore même aujourd'hui, et vous vous posiez la question des fois de rejoindre une entreprise. Si Si demain vous arrêtiez en tant que freelance, quel atterrissage dans l'entreprise serait possible ? Ça vous ouvre les portes de quels postes dans l'entreprise, potentiellement ?

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Aujourd'hui, du fait de mon ancienneté, ça manque des postes de responsable compliance, de directeur juridique, de directeur RSE, de responsable RSE. Donc, des postes plutôt élevés dans les chaînes de décisions. Après, j'ai une particularité qui est que je déteste... Non, je n'ai pas une passion dévorante pour le management et le concept de faire des managers toute personne qui a un peu d'ancienneté dans l'entreprise me semble relativement désuet. Donc, je préfère avoir un poste d'expertise sur lequel je peux vraiment apporter un savoir et interagir avec des gens plutôt qu'un poste où je dois gérer les congés de Madame Michu. Ça m'intéresse de changer.

Sophie (Chance)

On va devoir s'arrêter là parce qu'on arrive au bout de notre demi-heure. Je vois qu'il y a encore des questions, donc surtout, n'hésitez pas à contacter Éloi sur LinkedIn, par exemple. La session live va être disponible en replay si vous souhaitez revoir certains éléments de réponse. Donc, merci beaucoup Éloi. Merci également à ceux qui nous ont écoutés. Avant de se quitter, je voulais vous parler d'une toute dernière chose, une initiative qui nous tient beaucoup à cœur, comme je vous le disais en introduction. Champs, c'est une communauté d'entraide et qui permet à des gens d'être aidés ou d'aider notre personne à trouver leur place dans le monde du travail. On a une initiative qui s'appelle 3 Minutes Pour Les Autres, sur lequel vous pouvez vous inscrire directement sur notre site web et qui vous permet, si vous le souhaitez, d'être d'être aidé dans le cadre de votre recherche de la voie professionnelle qui vous ressemble ou d'aider notre personne en prodigant vos conseils, vos retours d'expérience comme l'a fait Éloa avec vous aujourd'hui. Je vous encourage fortement à rejoindre cette initiative, 3 Min pour les autres, directement sur notre site Web. Et également, je vais vous partager le lien vers cette page-là dans le chat, comme ça, vous l'aurez.

Sophie (Chance)

Voilà, n'hésitez pas à rejoindre trois minutes pour les autres. Écoutez, merci encore une fois, 1 000 fois pour ce partage d'expérience. Et moi, j'espère que ça sera utile aux personnes qui nous ont écoutées et à celles qui vous écouteront en replay. Merci encore. C'est un bel exemple d'altruisme qui permet de donner des coups de pouce à des gens qui en avaient besoin. On espère que ça va continuer à faire des petits. On va s'arrêter là. Vous vous libérez pour pouvoir aller manger, peut-être.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Merci.

Sophie (Chance)

Très bonne journée. Merci.

Eloi Maillard Perrochon (Consultant en RSE)

Merci beaucoup. Au revoir. Au revoir.

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