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Nicolas (Chance)
Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce live métier. Je suis Nicolas. Je travaille chez Chance dans l'équipe Produit en tant que Head of Design et je suis content aujourd'hui d'animer cette conversation avec Dominika, qui est donc directrice développement durable. Merci d'être là avec nous, Dominika. Bonjour. Avant de commencer, pour donner un petit peu de contexte, parce que tout le monde ne connaît pas forcément Chance. Il faut savoir que Chance est un bilan de compétences et une communauté d'entraide qui vous permet de vous aider à trouver la voie professionnelle qui est faite pour vous ou simplement de vous aider à redonner du sens à votre travail. Dans le cadre du parcours Chance, si vous réalisez que vous n'êtes pas alignés avec votre métier actuel, on va vous inviter à explorer différents métiers, à parler avec des personnes, avec des métiers très différents du vôtre pour pouvoir explorer des différentes pistes de métiers qui pourraient vous convenir. Et donc, c'est l'idée du live d'aujourd'hui. Oui, c'est ce qu'on va faire avec Dominika, connaître la réalité du métier de directrice développement durable. Avant de commencer, un petit rappel, c'est un chat, c'est une discussion interactive. Donc n'hésitez pas, vous qui nous écoutez, à participer dans le chat, posez vos questions et j'aurais le plaisir de relayer les questions à Dominika.
Nicolas (Chance)
Et puis, avant de commencer, pour s'échauffer un petit peu les doigts, je vous propose peut-être de nous dire d'où vous nous écoutez. On aime bien savoir où sont les gens qui sont dans l'audience. En ce qui me concerne, je suis actuellement à Maison Alfort, en région parisienne. Est-ce que Dominika, je peux vous demander où vous êtes ?
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Je suis à Paris, dans le 8ème arrondissement.
Nicolas (Chance)
Très bien. On a donc déjà Gabrielle qui est à Paris également. Océane à Strasbourg, Carola, Romainville, Annecy, Lyon. On nous écoute depuis toute la France. Bourgogne, Grenoble, Paris. Il y a du monde et les gens sont chauds dans le chat. Je vous propose de commencer, Dominika. Avant de parler de votre parcours, est-ce que vous pourriez nous dire en quelques mots en quoi consiste le métier de directrice développement durable ?
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Bien sûr, avec plaisir. Déjà, bonjour à tous. Peut-être ce qui est important de préciser, c'est que j'exerce en tant que directrice développement durable pour un fonds d'investissement. Je travaille dans la finance durable. Mon métier, forcément, du développement durable est très circonscrit à mon secteur d'activité. Je travaille pour un fonds d'investissement. Ça veut dire que c'est une société qui investit et qui achète d'autres sociétés, des PME des ETI. Moi, mon rôle sur les enjeux de développement durable, c'est déjà de m'assurer que le fonds dans lequel je travaille intègre les principes du développement durable avant même d'acheter une société du portefeuille pour être sûr que la société qu'on achète n'a pas de risque trop important et surtout des opportunités de transformation quand on a mis de l'argent dans la société qu'on veut faire grandir sur plusieurs années. Le gros de mon travail est de travailler avec la société du portefeuille. Aujourd'hui, on en a 27 dans notre portefeuille qui ont des activités différentes. On en a dans le bâtiment, on en a dans la mode, on en a dans les systèmes informatiques et dans la santé. On a quatre secteurs d'activité. Pour chacune de ces PME, ETI, J'ai un rôle de travailler de manière proche avec le président, le comité de direction, pour essayer de définir une stratégie de développement durable qui est alignée à nos activités et ensuite de m'assurer qu'en interne, ils mettent les moyens pour le suivre avec des plans d'actions et des objectifs et de la donnée pour être sûr que ça évolue dans le temps, pour qu'à la fin, quand on décide de revendre ces sociétés cinq ans après, on puisse s'assurer qu'on peut valoriser toutes les actions de développement durable qui ont été mises en place et qu'on espère continueront avec
Dominica Adam (Directrice développement durable)
un prochain actionnaire. Je ne sais pas si c'est clair. On rentre tout de suite dans le vif du sujet. En finance et dans mon métier spécifiquement, je travaille sur des sujets de stratégie, des sujets de mise en œuvre opérationnelle, des sujets de reporting réglementaire, de collecte de données, beaucoup de collaboratifs avec les parties prenantes en interne comme en externe dans les sociétés dans lesquelles on a investi, mais aussi tous des partenaires qui peuvent nous aider à travailler avec ces sociétés et avec nous-mêmes.
Nicolas (Chance)
D'accord, super. Si vous nous écoutez, n'hésitez pas à poser des questions si vous voulez réagir à ce que Dominika vient de nous dire de son travail. Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu votre parcours, comment vous en êtes arrivée là aujourd'hui en tant que directrice développement durable ?
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Avec plaisir. Je suis finalement une pionnière, quelque part, des sujets développement durable. Ça fait plus de 20 ans que je travaille sur ces sujets-là. Il y a 20 ans, c'était beaucoup moins connu qu'au jour d'aujourd'hui. Moi, je ne suis pas française, donc j'habite en France depuis 20 ans. Finalement, je suis venue à Paris pour commencer à travailler dans le développement durable. Je suis d'une mère américaine et d'un papa qui vient de l'Ile Maurice, mais j'ai grandi en Belgique. Et quand j'ai fait mes études, il n'y avait pas d'études sur le développement durable, mais j'avais vraiment une sensibilité sur les questions environnementales et l'envie d'avoir un travail qui avait du sens. Et j'ai fait de la sociologie, puis une maîtrise de politique de l'environnement et du développement. Donc, avec ces études-là, faites en Angleterre, ce n'était pas évident de se dire: Qu'est-ce que je veux faire comme travail ? Et j'ai surtout étudié avec une approche plus anglo-saxonne, c'est-à-dire travailler l'esprit, la capacité de réflexion et de réfléchir sans exactement savoir la profession que je voudrais exercer par la suite. Et donc, j'ai eu pas mal de chance quelque part, parce que quand j'ai fini mes études, c'était le début de la professionnalisation, déjà de de la définition de ce que c'était le développement durable ou de la RSE, la responsabilité sociétale des entreprises.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Et quand je suis arrivée en France, à Paris, j'ai commencé à travailler pour une agence de notation extra financière. Et donc, ce qui était un peu nouveau, en fait. On avait des agences de notation financières et là, c'était le début d'essayer de noter les performances des entreprises. C'était des grosses entreprises cotées en Bourse sur des critères sociaux, environnementaux de gouvernance. On travaillait cette analyse qui était finalement de la recherche, qui était ensuite revendu au secteur financier pour ce qu'on appelait à l'époque les investissements socialement responsables. Ça permettait, pour la première fois, d'essayer de donner une valeur à des données souvent externes à l'entreprise pour commencer à les valoriser différemment. C'est comme ça que je suis arrivé en France et que j'ai commencé à travailler ces sujets du développement durable et à me former et à apprendre ce qu'était ce métier de notation de valorisation. J'ai travaillé en tant qu'analyste dans cette société pendant cinq ans chez Vigeo. Ensuite, j'ai voulu plutôt mettre des choses en œuvre de manière opérationnelle parce qu'on analysait beaucoup ce que faisaient d'autres sociétés et j'avais un peu envie de voir comment c'est de mettre en œuvre soi-même, définir sa stratégie, de les mettre en place.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Donc, j'étais plutôt attirée par la partie de l'entreprise plutôt que la dimension financière. Je suis partie dans l'entreprise d'assurance Banque Assurances AXA, où j'ai exercé pendant une douzaine d'années des fonctions... Une partie de ma carrière chez AXA était dans les fonctions de développement durable dans le département développement durable, où j'étais responsable des questions environnementales. À l'époque, c'était 2008. C'était toute la professionnalisation de la collecte des données environnementales pour notre mesure de notre bilan carbone, les questions liées au changement climatique. C'était le début de la formalisation des stratégies RSE dans les grosses sociétés du CAD 40. Comment on professionnalise ce genre de choses dans les filiales internationales ? Au siège, on était là pour coordonner ce genre de choses, ce qui m'a permis de travailler sur la mise en œuvre globale des stratégies RSE qu'on voulait dans les filiales, parce que j'étais responsable d'une zone géographique sur l'ensemble des enjeux qui était la France et l'Europe du Nord. J'ai fait ça pendant 5, 6 ans. Et puis moi, j'ai toujours aimé faire et comprendre. C'est pour ça que quelques fois, je me suis toujours rapprochée progressivement du monde de l'entreprise. Au sein d'AXA, je trouvais qu'on était encore parfois un peu loin, où j'avais l'impression que j'avais touché des limites de ce qu'on pouvait faire sur notamment les enjeux climatiques d'une fonction centrale développement durable.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Et donc, j'ai intégré le métier de l'assurance dommages d'habitation sur la partie grands comptes, ce qui m'a permis de travailler sur le sujet des PME, des ETI et des corporate, sur une dimension plus métier, la partie assurantielle, donc le développement des offres pour ces segments d'entreprises, les PME et les sociétés plus importantes, et qui m'a progressivement permis de travailler sur l'enrichissement de l'offre, de travailler sur des services, comment on donne des services à valeur ajoutée sur un produits d'assurance de transfert de risques, et progressivement, travailler sur le digital. Et tout ceci m'a amené à travailler dans une startup interne, finalement, qu'on avait entre AXA et une grande banque hollandaise qui s'appelle ING, sur un partenariat de banca d'assurance digitale, de partenariat de banque assurance digitale. Ces 12 années chez AXA ont été très riches. Une fois que j'avais fait ce parcours chez AXA en testant pas mal de choses, je trouvais que le monde changeait beaucoup à et notamment sur mes questions de développement durable. Donc, je me suis posée pour me dire: Qu'est-ce que j'aimerais faire avec mon bagage, mon histoire ? C'est là que j'ai tenté, ce n'était pas simple, de quitter un gros navire comme AXA.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
J'ai pris le pari de changer. C'est là que je suis arrivée dans la société dans laquelle je travaille aujourd'hui, Capital Investissement, qui fait pour moi une bonne conjugaison de mon parcours professionnel jusqu'au jour d'aujourd'hui, parce que je travaille dans un fonds qui investit dans des PME, des ETI, un secteur que j'ai côtoyé au sein d'AXA. Je me suis rapprochée de mon sens, vraiment important pour moi. Ma carrière, elle a toujours été connectée à mon envie d'avoir un impact et de transformer les sociétés quelque part de manière positive vers ces questions environnementales et sociales. Et du coup, dans le fond dans lequel je travaille, je conjugue un travail qui, pour moi, est hyper important avec un tissu économique, qui sont les PME, les ETI, qui sont un peu la charnière de notre économie, qui ont vraiment un rôle important et souvent sous-équipés pour travailler ces questions. Donc ici, on est là pour les accompagner dans le cadre de nos investissements. C'est l'économie réelle sur des sujets qui me tiennent à cœur: les questions environnementales comme le changement climatique, des questions sociétales comme le bien-être au travail, la diversité. Toutes ces choses-là, je les travaille de manière très opérationnelle avec les différentes sociétés dans lesquelles on en investit et de manière très concrète aussi.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
C'est la société dans laquelle je suis qui elle-même est une petite société. Donc, j'ai changé d'échelle. On est 70. Avant, j'étais dans un groupe, on était des milliers de personnes. C'était un pari. Et aujourd'hui, je suis contente de cette aventure que j'ai entamée. Mais chaque partie de mon parcours professionnel m'ont permis de grandir, d'apprendre et ont toujours eu une cohérence par rapport au sens qui était important pour moi dans mon travail et ce qui me donnait envie d'aller travailler tous les jours.
Nicolas (Chance)
Merci beaucoup pour la réponse sur le parcours. C'est très intéressant. Est-ce que vous pouvez nous raconter une journée type dans votre travail ? Si tant est qu'il y ait une journée type, souvent, les gens nous répondent qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses et que les journées sont très différentes. Peut-être que c'est votre cas également.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Oui, je pense que c'est difficile de dire qu'on a une journée où les journées ne se rassemble pas dans notre type de fonction, mais c'est un peu le type d'activité sur lesquelles je suis amené à travailler. Déjà, c'est de la variété, donc ce n'est Ce n'est pas un travail où on répète les mêmes choses au quotidien, mais c'est des choses qui demandent une pensée, une compréhension d'un jeu de stratégie, de développement durable. Aujourd'hui, ce n'est peut-être pas une très bonne journée type, mais je peux avoir des journées où j'ai un ou deux calls avec des sociétés du portefeuille, donc des CEO ne correspondant à RSE, pour discuter de la stratégie en cours, par exemple, en train de déployer un programme de décarbonation, donc de faire le point avec les sociétés qui sont en train de mesurer leur bilan carbone et de mettre en place un plan de décarbonation pour comprendre comment ça avance, comprendre comment ça se passe, s'il y a des blocages, si ça avance comme ça doit avancer. Je peux avoir un autre call sur une autre société pour discuter de la stratégie de développement durable qu'on est en train d'élaborer avec eux pour voir si ça avance, si on a défini les bons sujets.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Ça peut être définir un workshop, donc il faut définir le timing de la cession de travail, trouver les bonnes personnes autour de la table, défricher les sujets clés, organiser cette réunion de travail. Ça peut être là, on a une discussion sur le reporting qu'on va demander aux sociétés du portefeuille. On demande pas mal de données ESG à nos portes-sociétés, donc environnementale, sociale et de gouvernante. Il faut qu'on organise tout ça en amont. C'est une campagne qu'on va lancer là en début d'année. On travaille aussi des questions réglementaires. Nos fonds d'investissement doivent avoir été classifiés et ça demande de la logique réglementaire. Donc, c'est réflécher aux modalités des produits financiers qu'on va définir pour qu'ils aient des composantes qui sont bien alignées au niveau d'investissement durable. C'est assez varié. Il y a des points d'équipe en interne, il y a des points avec des prestataires parce qu'on ne travaille pas qu'en chambre, on travaille avec de l'accompagnement sur le bilan carbone, par exemple, c'est une société externe. Sur le reporting, c'est une société externe qui nous aide avec la plateforme de reporting. C'est assez varié. C'est ça que j'aime, c'est que c'est quelque chose de très varié.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
On est 70 et on est deux expertes sur ce sujet-là chez nous. Donc, on touche quelque part à tous les processus d'investissement et on a de la chance d'avoir des interactions avec l'ensemble des sociétés qu'on a dans notre portefeuille, les 27 entreprises.
Nicolas (Chance)
Je vous propose de passer à quelques questions qui ont été posées dans le chat. Une première question de Denis. Combien êtes-vous sur ces missions RSE ? Et la suite de la question sur cette fonction quid d'un responsable relation écosystème partie prenante, analyse des impacts des actions et coopération territoriale multiacteurs. Question assez pointue.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Nous, on est un fonds, on est deux, ce que je viens de dire. Il y a moi-même et j'ai une collègue qui nous a rejoint. On est dans le privé et donc on va regarder pour les différentes sociétés qu'on a, on va essayer de définir les enjeux qui sont matériels pour ces entreprises. Donc, il y Est-ce qu'il y a une forte exposition aux enjeux climatiques ? Est-ce qu'il y a des problèmes de recrutement de collaborateurs, de rétention de talents ? Est-ce que c'est une société qui est dans le bâtiment, qui a des problèmes de sécurité sur les chantiers ? Est-ce qu'on a une société qui est dans les biens de consommation, qui a des sujets dans sa supply chain ? On va toujours contextualiser et comprendre les enjeux clés et ensuite définir des actions qui en sont rattachées. Forcément, elles font partie d'un territoire et donc elles peuvent avoir des questions de collectivité locale. Nous, dans notre fonds, on a des sociétés en France, mais également à l'étranger. On pilote ça de manière proche avec ces sociétés. Je ne sais pas si ça répond complètement à la question, mais c'est notre façon de travailler.
Nicolas (Chance)
Ça marche. Denis, si jamais vous voulez compléter votre question, si vous voulez nous dire que la réponse vous satisfait, n'hésitez pas à répondre dans le chat. On a une question de Delphine qui demande: Pourriez-vous nous parler d'une ou deux actions ou stratégies concrètes qui vous avez été amenées à élaborer et déployer. Elle demande également, par ailleurs, quels impacts des KPIs ESG dans le choix des acquisitions que votre fonds concrétise.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Je vais commencer par la deuxième partie de la question. Quand on va acheter une entreprise, on va toujours regarder, on fait ce qu'on appelle les analyses de due diligence sur les enjeux ESG, qui vont nous assurer que la société dans laquelle on veut investir respecte bien notre philosophie et surtout qu'on estime qu'il n'y a pas d'enjeu peut-être réglementaire sur certaines questions de leur activité, des questions d'images, de réputation, de risques opérationnels sur des sujets qui seraient clés dans les cinq prochaines années. On fait l'état des lieux aujourd'hui, on les projette dans cinq ans. Et donc derrière ça, on espère qu'elles peuvent nous amener les éléments démontrables pour montrer leur maturité ou leur façon déjà de traiter ces sujets. Ça va vraiment dépendre de la taille de l'entreprise des enjeux qu'elles ont. On travaille dans quatre secteurs d'activité où l'exposition à des risques forts ne sont pas toujours très élevés. On est, comme je le disais en introduction, sur la technologie, les biens de consommation, les services et la santé. C'est un moment fort et ça fait partie d'un des critères qu'on va regarder de manière très sérieuse dans ce qu'on appelle le comité d'investissement pour s'assurer qu'on va pouvoir aller de l'avant avec l'acquisition de cette entreprise.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
C'est pris comme d'autres critères, forcément, des autres due diligence qu'on aurait faites sur les enjeux financiers, les enjeux stratégiques, les enjeux légaux et des ressources humaines. C'est vraiment pris très au sérieux, avec le plus de quantitatifs possible. Ensuite, Quand on est investi dans l'entreprise, on a des niveaux de maturité différents sur ces stratégies. Si je prends l'exemple d'une société qu'on a dans le bâtiment, qui avait une responsable, quelqu'un qui s'occupait en partie des enjeux RSE. Ils avaient déjà réfléchi et entamé une réflexion sur les sujets qui sont clés. Moi, j'ai une trame avec des sujets qui me semblent importants à avoir dans une stratégie, qui vont toujours toucher dans un premier temps le business. Je ne conçois pas le développement durable si on ne se pose pas la question de comment ça touche le métier. Dans le bâtiment, c'est une service qui travaille dans l'assimilier, c'est un service du bâtiment, quelle est l'activité de leur business qui va contribuer la transition énergétique. Ils font du contrôle technique du bâtiment, ils font de la gestion du bâtiment, ils font de l'AMO, ils font du diagnostic. Bien comprendre le cœur business et de voir comment on peut mettre des objectifs sur ce métier pour pouvoir faire croître ce chiffre d'affaires pour que l'impact qu'ils vont avoir sur l'accélération de la transition énergétique soit concret.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Là, on touche vraiment le cœur business. Nous, on les aide à définir et comprendre l'importance de ces sujets-là. On les aide à se définir des objectifs et de les faire suivre dans le temps. On travaille aussi beaucoup, notamment cette entreprise-là, on a pas mal travaillé sur les questions des ressources humaines. C'est dans le bâtiment, il y a des enjeux de diversité aussi. Pas beaucoup de femmes dans l'effectif. Il y a des questions aussi de handicap et de réinsertion de gens qui ont travaillé sur les chantiers, qui travaillent dans les bureaux. Comment on travaille ça de manière intelligente ? On essaie de comprendre la photo et ensuite de voir dans le temps quels types d'objectifs on peut se fixer. Ils sont aussi très investis dans la philanthropie. Concrètement, on a nous-mêmes une approche philanthropique avec un fonds philanthropique. On les a accompagnés pour définir une cause qui était proche de leur métier, le bâtiment, le contrôle du bâtiment. Ensuite, on a trouvé une association, cette association qui s'appelle Lazard, qui reloge les SDF. Pour faire travailler cette société qui est sur le territoire français dans pas mal de grandes villes, comme l'association Lazard, pour qu'il y ait un bénévolat de compétences physiques qui se fasse dans les différentes maisons l'ASAAR de relogement.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Et puis, il y a aussi un mécénat de compétences, d'expertises techniques, de contrôle du bâtiment qui peut se faire dans les maisons de l'ASAAR qui sont en train d'être rénovées pour créer des nouvelles structures. Et ça, la philanthropie, on est convaincu que c'est une façon de renforcer les stratégies de développement durable des entreprises sur le pilier du capital humain, parce que ça peut donner de la fierté, du sens à quelqu'un s'il peut être investi dans ces actions et qui peuvent créer un engagement plus important et avoir des impacts positifs sur son rôle dans l'entreprise. C'est quelques exemples, mais ça va toujours être de travailler avec Le CEO avec le Comex, il faut quelqu'un de responsable. Il faut définir les sujets clés, qu'on appelle matériels, qui ont vraiment un impact et qui font du sens pour ce business. Il faut fixer des objectifs et mesurer, idéalement, dans le temps. On va mesurer avec de la donnée pour vérifier que ça évolue dans le temps. Tout ça, ça prend souvent un peu de temps de mettre en place, mais l'idée, c'est que ce soit le plus robuste possible.
Nicolas (Chance)
Ça marche. Je vais relayer une question de Clémence, qui est également plébiscitée par Comme on dit, c'est Florence et sans doute d'autres personnes dans le chat. On vous demande: Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite se reconvertir dans le développement durable sans expérience dans le secteur ? Des exemples de formations, quel type de poste viser, puisque je suppose qu'on ne peut pas devenir directeur ou directrice du jour au lendemain, mais sans doute des étapes intermédiaires et des postes que vous auriez peut-être tendance à recommander en intermédiaire ?
Dominica Adam (Directrice développement durable)
C'est une bonne question. Un peu difficile à... Je crois que ça dépend d'où vous en êtes dans votre parcours professionnel, bien entendu. Je pense que c'est intéressant de se dire: C'est quoi ma majeure ? Qu'est-ce que je sais déjà faire ? Et qu'est-ce qui me motive ? Parce que le sujet du développement durable, il est assez vaste. Moi, je m'estime encore relativement généraliste. Je touche à beaucoup de sujets. Je ne suis pas une experte carbone, ni une experte des ressources humaines, ni une experte des achats ou des achats responsables. Et finalement, on tend à intégrer ces sujets de manière de plus en plus opérationnelle dans l'ensemble d'une entreprise. C'est possible que vous travaillez déjà dans les achats, déjà dans les secteurs de finance ou dans le marketing, ou dans la communication, dans les ressources humaines. Donc, peut-être que cette majeure que vous avez est là. Et donc, la question, c'est peut-être comment on capitalise pour aller plus loin sur l'intégration des enjeux opérationnels de mise en œuvre de sujets de responsabilités d'entreprises au sein de ce secteur-là. Si vous voulez élargir votre champ de compétences, il y a des formations qui existent pour mieux comprendre ce que c'est le développement durable, l'ensemble des sujets.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
C'est assez normé, le type de thématiques qu'on aborde. On a pas mal de réglementations aussi qui font que ça s'accélère, que ce soit au niveau de la finance ou au niveau des entreprises, de manière générale et spécifique en fonction des secteurs. La réponse, elle est assez multiple. Je pense que comme tout changement potentiel de carrière, c'est bien de comprendre ce qu'on aime et ce qu'on n'a pas dans son job actuel, ce qui nous motive dans ce qu'on fait et pourquoi on veut se réveiller le matin, de trouver cet alignement avec soi. On a forcément notre pourquoi et qui on est. Vous avez chacune votre hotte de compétences et ensuite l'endroit que vous pouvez l'être. Soit, il faut élargir ses compétences, il faut faire des formations. À l'extérieur, dans l'entreprise, souvent, l'état La formation peut être intéressante. Et ensuite se dire: Où j'aimerais exercer ça ? Est-ce que mon entreprise est bien ? Est-ce que je veux changer ? Oui, comment ? Si oui, comment ? C'est un peu une réponse ouverte parce que c'est difficile de vous... Mais moi, ce que je suis convaincue, c'est que si on veut changer, qu'on veut trouver les moyens de le faire, il y a encore énormément de travail à faire sur le développement durable.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Ça bouge beaucoup à tous les niveaux de l'entreprise. Et pour ça, il faut des gens sérieux qui comprennent les sujets. C'est des sujets stratégiques, c'est des sujets business, c'est des sujets, il faut être rigoureux, méthodique. Il y a la place pour beaucoup de profils différents.
Nicolas (Chance)
Super. Je vais rebondir avec une question d'Alexia qui vient d'arriver, mais qui, Je pense que c'est une bonne transition par rapport à ce que vous venez d'aborder. Elle demande: Quelles connaissances sont indispensables dans votre rôle ? Est-il nécessaire de se former aux réglementations de chaque secteur dans lesquels vous travaillez ? Bâtiments, mode, etc.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Où moi, je me situe, ce n'est pas nécessaire parce que ce n'est pas moi l'expert de l'entreprise, parce qu'il y a un CEO et son équipe qui sont les experts. Moi, j'ai quelque part un rôle peut-être de consultant externe en tant qu'actionnaire, de compréhension. Ça fait 20 ans que je suis dans ces sujets, donc c'est assez facile pour moi de comprendre les enjeux qui vont être matériels pour eux. Et puis, s'il y a des grosses réglementations qui vont les impacter, ça, je vais pouvoir comprendre et les déchiffrer, surtout celles qui vont impacter l'ensemble des sociétés du portefeuille comme la CSRD qui s'appelle Corporate Sustainability Reporting Directive. Ça, c'est très transversal sur le portefeuille. Un instant. Je suis désolée, vous avez une question. Pardon. Excusez-moi, je suis dans une salle de chasse.
Nicolas (Chance)
Pas de souci, ça arrive. Je suis en train de me mettre.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Je sais qu'on arrive à la fin et je sais qu'il faut que je me parle. Désolée pour cette interruption. Je disais dans la question, c'était... Pardon, j'ai perdu le fil.
Nicolas (Chance)
C'était sur les connaissances indispensables dans le rôle et qu'il fallait se former pour réglementation.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
En fait, c'est difficile de se former sur tout. Moi, dans mon poste, je suis assez transversal, donc je ne peux pas me former sur toutes les réglementations. Si vous êtes dans une entreprise avec un secteur d'activité, c'est sans doute utile de les connaître, mais il ne faut pas, je pense, parfois trop se fourmer sur des choses très spécifiques avant de savoir qu'on va devoir s'en servir. Ce qu'il faut pouvoir avoir, c'est les bonnes questions. Il y a beaucoup de de projet aussi. Il y a un cadre réglementaire qui va nous impacter. Comment on prend le sujet ? Quels sont les sujets sur lesquels on va être impacté ? Définir quelque part l'approche et puis suivre la mise en œuvre. La partie gestion de projet, il y a une dimension de communication qui est forte, de structuration, de communication et de suivi. Et donc ça, ça demande un bagage. Moi, j'ai mon bagage parce que je l'ai appris au fil de l'eau sur la compréhension de ces sujets sur des multiples secteurs. Mais voilà, c'est les questions qu'il faut se poser, qui sont parfois récurrentes, de savoir comment ça peut s'appliquer dans différentes sociétés.
Nicolas (Chance)
Ça marche. On va peut-être prendre une dernière question, parce que le temps file. Question de Tiphaine qui demande: Que pensez-vous de l'évolution du poids du développement durable dans les stratégies des entreprises par rapport à vos débuts Ça, c'est clairement accéléré.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Je pense que là, ce qui est intéressant avec les nouvelles réglementations, c'est qu'on voit bien qu'on était d'abord dans les grosses sociétés du CAD 40 et on redescend vers les plus petites PME, ETI-PME. Donc, Tout ça, ça redescend en termes de transparence. Ça, c'est clé. C'est des sujets, au jour d'aujourd'hui, on ne vous demande pas pourquoi on fait du développement durable. Je pense que c'est normal de le faire. Moi, quand j'ai commencé il y a 20 ans, j'étais vraiment avec mon bâton de pèlerin à devoir convaincre et créer des premiers partenariats. Au jour d'aujourd'hui, c'est plutôt on sait qu'il faut y aller, comment on fait, à quelle vitesse il faut exécuter. C'est de trouver les bons cap et forcément bien réfléchir sur ce qu'on va faire et comment on va le structurer. Si on veut mettre en place des plans de décarbonation, c'est que c'est les bons, ça Ça va coûter combien, quel impact ça va avoir. À chaque sujet, on va avoir un projet qu'il va falloir définir. Mais ça bouge plus vite et ça prend de manière beaucoup plus profonde dans l'économie.
Nicolas (Chance)
D'accord, merci. Et on a le temps de prendre encore une question de Gabrielle qui était: pouvez-vous nous parler de vos interactions avec les partners, directeurs d'investissement ? Comment accueillent-ils les enjeux ESG ? Jusqu'où allez dans les démarches ESG ?
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Je trouve que Je sais que c'est plutôt bien accueilli. Je pense que le sujet, c'est toujours... On sait que c'est important, on sait qu'on veut travailler dessus, mais les vrais enjeux, c'est de parler du sujet concret, de voir quel impact ça a sur la participation, comment on peut limiter un risque, comment on peut créer une opportunité. C'est des sujets qui sont sur le changement. On est sur le changement en interne, sur le changement dans les sociétés du portefeuille. Pour ça, il faut être très concret, très opérationnel et dans l'entreprise. Je dirais que les choses s'accélèrent, les réglementations aussi y contribuent, la prise de conscience, les besoins, effectivement, écologiques, le changement climatique. Nous, on travaille vraiment très proche avec eux. On est dans les mêmes bureaux, on échange tout le temps. Cette proximité sur les enjeux stratégiques et opérationnels, je dirais qu'elle augmente progressivement de manière positive.
Nicolas (Chance)
Super. Merci beaucoup. Je pense que le live va toucher à sa fin, parce qu'on est à la fin de la demi-heure. Est-ce que si des personnes avaient encore des questions pour vous, mais n'ont pas le temps de les poser, est-ce qu'elles ont moyen de vous contacter en ligne ? Ou est-ce que peut-être que vous êtes trop occupé ? Ça arrive également. Est-ce qu'on peut vous joindre en ligne ? Et si c'est le cas, est-ce que vous avez un moyen privilégié ? Peut-être LinkedIn ou Twitter ou autres ?
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Oui, bien sûr, vous pouvez me contacter. Moi, j'ai un compte LinkedIn, surtout sur ce mode-là. Et puis, avis à chance aussi, bien entendu. En tout cas, j'aime beaucoup mon métier. C'est un métier hyper riche. On touche à plein de choses. On sent que j'ai l'impression que je contribue un petit peu à la transformation de ce qui se passe autour de moi. Donc, voilà, ravi d'échanger avec vous si vous me posez des questions sur ce secteur d'activité. Il y a de la place pour beaucoup de monde. Ça, ça accélère beaucoup. Donc, n'ayez pas peur de tenter le pas ou de creuser les pistes qui pourraient vous intéresser. Je pense qu'il y a moyen de trouver sa place.
Nicolas (Chance)
Super. Merci beaucoup pour votre temps, Dominika. Pour les auditeurs, les personnes qui nous regardent, juste un petit message. C'est live, le métier qu'on fait pendant toute la semaine chez Ce sont des actes d'entraide professionnels. Si vous souhaitez également, vous qui nous écoutez, participer, aider des personnes qui ont des questions professionnelles ou si vous souhaitez également vous demander de l'aide, n'hésitez pas, on a une communauté. Je vous ai partagé un lien dans le chat. Vous pouvez vous inscrire, on vous demande quelques informations et ça vous permet de rejoindre la communauté Chance. Merci beaucoup à toutes et à tous de nous avoir suivis. Merci Dominika. Vous allez enfin pouvoir laisser la salle à la personne qui s'impatiente de...
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Je suis désolée, excusez-moi, j'ai pas bien choisi ma salle.
Nicolas (Chance)
Bonne soirée à vous. Au revoir.
Dominica Adam (Directrice développement durable)
Merci à tous. Au revoir.
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