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Transcription complète
Juliette (Chance)
Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Léo.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Bonjour.
Juliette (Chance)
Bonjour à toutes les personnes qui sont connectées. Bienvenue dans le live métier en coulisses pour découvrir le métier de Léo, qui est journaliste et critique cinéma. Léo, un grand merci d'avoir répondu positivement à cette demande de donner du temps pour aider les autres. Moi, c'est Juliette. Je suis responsable de la communauté des coachs. Je travaille chez Chance depuis cinq ans et demi. Le but de ce live, c'est qu'il soit vraiment interactif. Donc, n'hésitez pas à poser toutes vos questions dans le chat. Je m'occuperai de modérer et de les poser à notre invité. Pour commencer, en attendant que tout le monde se connecte, ce que je vous propose, c'est de nous dire dans le chat d'où vous venez, d'où vous nous écoutez. C'est toujours chouette de voir qu'il y a plein de personnes partout en France qui assistent à ces live. Je vais regarder. Harle de Lola. Super. Il me semble là que tu avais déjà participé à un live hier avec Armelle, me semble de me croire. Paris, Rennes, super. Tout à fait. Toulouse. Ah, actuellement dans les bouchons. Courage, Elise. Un tel d' Elise également. Super. Écoutez, pour introduire ce live et pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore Chance, Chance est une communauté d'entraide professionnelle qui a développé une méthode qui permet à chacun et chacune de trouver sa place dans le monde professionnel et donc, par conséquent, dans la société.
Juliette (Chance)
On a plusieurs programmes d'accompagnement. Le plus connu et celui qui est historique, c'est le bilan de compétences. Et dans ce bilan de compétences, on invite justement les personnes qui le réalisent à aller se confronter à la réalité des métiers qui peuvent les intéresser, donc aller questionner les personnes qui exercent ce métier pour pouvoir enlever tout fantasme, préjugé et que finalement, chacun peut avoir des voies professionnelles et ce moment est assez puissant. Donc, n'hésitez pas à poser vraiment vos questions dans le chat et c'est vraiment ce qu'on va faire toute la semaine. Ça va s'arrêter vendredi. Ma première question pour toi, Léo, c'est finalement, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours et comment tu es arrivé à exercer ce métier ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Ok. Alors, mon parcours, moi, j'ai commencé par étudier à la fac. J'ai fait une licence d'information-communication qui est un peu la voie qui permet de pas encore trop choisir une orientation très précise après le bac et de rester assez large. Et donc, ce n'était pas du tout orienté cinéma et ça s'est plus fait par des petites expériences à côté où j'ai travaillé dans un ciné, j'ai fait un stage dans une cinémathèque, j'ai bossé dans une radio à côté de mes études. Et après, quand même, au niveau de l'université, au moment où je suis arrivé en master, ça s'est un peu spécialisé au début sur la culture de manière plus générale et vraiment à la fin sur le cinéma, l'industrie de l'audiovisuel, les métiers de la production, de la distribution, etc. Et en parallèle de ça, je suis continué à bosser avec notamment cette radio pour laquelle j'avais commencé à travailler quand j'étais en licence. Et petit à petit, c'est ça qui a qui a commencé à prendre un peu de place. Le premier travail que j'ai fait en nt de mes études n'avait pas grand-chose à voir avec le journalisme. Je bossais dans la VOD, donc les sites de streaming, etc.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Mais je n'étais pas à plein temps, ce qui me permettait de me dégager un peu de temps pour continuer à travailler le journalisme et avoir différentes missions et tâches à côté, jusqu'à ce que je décide d'arrêter complètement ça pour me lancer à plein temps dans ce qui est journalisme et critique.
Juliette (Chance)
Ok, merci beaucoup. Comment ça s'est fait, finalement, cette décision d'arrêter l'activité en VOD ? Est-ce que ça s'est fait petit à petit ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Petit à Petit à petit dans le sens où je menais à côté quand même l'activité de journalisme, en plus de ce travail-là. Je profitais du fait d'avoir négocié de paie en plein temps total pour mener un peu les deux. Et je sentais que ça commençait à se développer un peu. Et plusieurs fois, je m'étais retrouvé à devoir dire non ou pas pouvoir accepter une démission parce qu'en fait, ce n'était pas du tout compatible avec le fait d'avoir un contrat à côté. Et donc, un moment où j'ai eu l'impression de sentir un terrain plus ou moins stable, on va dire, pour pouvoir me lancer. Et aussi, puisque sur le côté de la VOD, qui me plaisait beaucoup par ailleurs, mais j'avais passé trois ans là-bas et j'avais l'impression aussi d'avoir fait un petit tour de ce que je et mener à cet endroit-là. Du coup, les deux sont tombés plus ou moins au même moment. Et donc, j'ai décidé d'arrêter avec la possibilité d'avoir aussi des... D'ouvrir des droits au chômage, ce qui permettait de potentiellement avoir une sécurité supplémentaire pour pouvoir me lancer si jamais il y a des choses qui ne se passaient pas comme prévu, on va dire.
Juliette (Chance)
Ok. Quand tu parles de terrain stable, c'était finalement essayer d'avoir une sécurité un peu financière pour pouvoir te lancer à temps plein ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Ouais, exactement. En gros, il y avait deux émissions. Je travaille encore aujourd'hui pour elles. C'est deux émissions télé, une sur Arte et une sur Ciné+, il y en a une qui est consacrée plutôt au court métrage, l'autre plutôt aux films de classiques, en tout cas des films plus anciens. Et ces deux émissions, je travaillais déjà un petit peu pour elles et je savais qu'en arrêtant, je pouvais y passer plus de temps et qu'il y allait y avoir plus de travail, en gros. Et l'avantage de ces émissions, c'est que c'est des émissions qui courent tout au long de l'année. C'est lié aux programmations de la chaîne. Donc, je sais que de septembre à juin, juillet, l'émission, elle court toute l'année. Donc, il y a quand même une certaine stabilité où je sais que mois après mois, je vais quand même avoir différentes choses. Je vous conseillais que je pouvais compter sur ces deux choses-là. Et après, l'idée, c'était d'ouvrir un peu et de passer plus de temps à pouvoir chercher, ouvrir des portes, voir ce qui était possible, rencontrer des gens, etc.
Juliette (Chance)
Super. Aujourd'hui, tu travailles toujours avec ces deux émissions. Est-ce que tu as aussi d'autres projets en parallèle ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Peut-être qu'à part pour quelques exemples qui sont assez rares, de gens qui sont employés en contrat dans des rédactions ou dans des médias. Je dirais qu'au global, c'est quand même pas mal un métier autour de l'indépendant. On est assez indépendant, donc on travaille avec plusieurs employeurs différents différents. Et surtout, en tout cas pour ceux qui sont vraiment dédiés sur le cinéma, je connais finalement assez peu de gens qui sont uniquement critiques et journalistes de cinéma. Et généralement, c'est quelque chose qui va aller de pair avec d'autres choses. Donc, par exemple, moi, je travaille aussi pour des festivals de cinéma où là, je fais de la programmation de films. Donc, il y a toute une part de mon activité, c'est de regarder des films et de discuter avec d'autres gens. On a des comités de sélection pour savoir si les films vont être sélectionnés ou non dans les festivals pour lesquels je travaille. Ça veut dire aussi animer des discussions avec les cinéastes qui seront invités au festival. Donc ça, c'est finalement tout un autre pan que plusieurs hauts de journalistes et critiques font aussi. Et après, il y a un autre pan qui est vraiment quelque chose autour du scolaire.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Il y a pas mal d'interventions avec des lycéens, collégiens qui un peu partout en France et sur lequel on va aller discuter de films, faire des ateliers d'éducation à l'image de l'âge, etc. Et donc, en fait, je trouve un peu un équilibre entre ces trois pôles, vraiment les activités purement journalisme critique et ces deux autres choses qui se font en parallèle. Et je dirais que, en fait, c'est un peu un... Je ne sais pas s'il y a une forme de journaliste critique, ou en tout cas une seule manière de faire, mais c'est beaucoup une question de comment trouver cet équilibre entre les différentes choses. À la fois un équilibre financier, de temps et même d'activité, parce que être journaliste et critique, ça veut dire aller voir des films et potentiellement écrire dessus ou faire des interviews. Je sais que j'ai l'impression que j'aurais une forme de lassitude à faire vraiment tout le temps, tout le temps, tout le temps ça. Donc, ça fait aussi un truc de poche d'air, de vases communicants entre ces différentes choses.
Juliette (Chance)
Ok, hyper intéressant. Merci beaucoup. On a eu des premières questions d'Elise et Wendy. C'est: comment tu as réussi à créer ce réseau et comment tu l'entretiens aujourd'hui ? Je pense qu'on parle de réseau, c'est justement tout ce réseau dans le cinéma.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Ça s'est vraiment fait au fur et à mesure des expériences. C'est-à-dire que si je reprends ce tout premier exemple de la radio pour laquelle je travaillais, c'était Radio Nova qui avait une antenne locale à Bordeaux. Je faisais mes études. Et en fait, une fois que j'ai arrêté de... Parce que c'était un stage puisque j'avais 19 ans. Et en fait, le stage consistait à faire des interviews pour remplir la partie éditoriale de la radio. Comme ça, c'était bien passé, après, j'ai continué à bosser avec eux en faisant des piges depuis Paris, où je faisais des interviews, plus je leur envoyais. Et en fait, c'est toujours... Donc, ça fait que augmenter. C'est-à-dire qu'en rencontrant des gens sur ces interviews-là, ça me fait rencontrer d'autres personnes. Puis en faisant d'autres stages le long de mes études, ça m'a aussi fait rencontrer d'autres gens. Et après, des endroits comme les festivals de cinéma, c'est des endroits où vraiment, on rencontre pas mal de gens, où ça fait partie des endroits, en tout cas, où on développe le réseau et on l'entretient aussi d'ailleurs, puisque c'est des événements récurrents où on retrouve de temps en temps les mêmes personnes. Après, je sais qu'en tant que journaliste, il y a un syndicat de journalisme et critique de cinéma qui est du coup à des assemblées générales, qui fonctionne un peu comme une association.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Il y a des prix dans lesquels on peut s'inscrire. On rencontre aussi d'autres gens pour aller décerner des prix à des films, etc. Donc, en fait, il y a plein d'activités qui se déroulent un peu autour, en tout cas dans cet écosystème-là, qui font que ça permet de rencontrer des gens. Et puis après, tout simplement, il y a des gens que j'ai envie de rencontrer parce que j'ai envie d'en savoir plus sur c'est quoi leur travail, comment ils ou elles fonctionnent et tout ça. Et là, je leur ai écrit simplement pour dire: Ça m'intéresse d'en discuter. Allons boire un café. Je sais que c'est quelque chose qu'on m'a conseillé de faire pas mal quand j'étais étudiant, où étant étudiant, il y a toujours ce truc, on est un peu protégé par les études, on n'est pas forcément en demande ou en recherche quand on va voir quelqu'un, on est juste intéressé par par ça. Et j'ai l'impression que ça a aussi permis cette facilité de l'échange et d'aller voir les gens en disant: Je suis intéressé par ce que tu fais. Donc ce serait cool qu'on en parle pour voir même d'autres modes de fonctionnement et tout ça.
Juliette (Chance)
Super intéressant. Et du coup, dans toutes ces rencontres et réseaux, est-ce qu'il y a des rencontres marquantes que tu as pu avoir ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Il y a toujours des personnalités qui sont inspirantes. Moi, je sais que ce ce qui m'a beaucoup marqué et ce qui continue à me marquer, c'est un peu ces gens qui arrivent à faire plein de choses en même temps où on ne comprend pas combien d'heures ils ont dans leur journée. Et il y a quelque chose qui, à la fois, je trouve fascinant et me donne envie de faire plein de choses différentes comme ça. Et je sais qu'il y a eu plusieurs personnes que j'ai rencontrées où il y avait ça. Il y en a un avec qui je travaille sur une des deux émissions, notamment, qui, à côté de ça, travaille aussi à la cinémathèque et puis en même temps, anime des émissions sur des radios, puis écrire dans un magazine. En fait, c'est un peu ce truc aussi qui m'a donné envie d'essayer au maximum d'être indépendant pour avoir cette possibilité un peu d'avoir plusieurs casquettes. On revient à ces trois piliers dont je parlais tout à l'heure sur le côté festival, intervention scolaire, journaliste. Du coup, les gens que j'ai rencontrés qui m'ont un peu plus inspiré, ou en tout cas qui avaient des activités que je trouvais chouettes, c'était ceux qui, justement, avaient un pied dans plusieurs endroits.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Je ne sais pas si ça vaut le coup qu'après, que je donne des noms en particulier, mais c'est un peu ce genre de profil que j'ai trouvé cool.
Juliette (Chance)
Merci beaucoup. Est-ce que tu peux essayer de nous dire, finalement, quelles sont les missions d'un journaliste et d'un critique de cinéma ? Le théâtre, les responsabilités.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Si, je peux diviser en deux parties. Il y a vraiment le côté critique et actualité pure du cinéma. Donc chaque mercredi, il y a une dizaine de films qui sort en gros. Et donc l'activité qui va tourner autour de ça, c'est de voir ces films en amont. Donc, il y a des projections presse qui sont organisées pour des journalistes, mais c'est aussi dans des festivals de cinéma où ça va être l'occasion de prendre de l'avance et de voir les films qui vont sortir à l'année. Donc, une fois qu'il y a cette mission de prendre de l'avance, ensuite, il faut proposer des papiers ou des interviews aux médias pour lesquels que je travaille. Et donc là, c'est vraiment dire: J'ai aimé tel film, j'ai envie de faire quelque chose dessus. Et donc, avec les différents médias pour lesquels je travaille, je vais chercher des missions, en gros. Et sur les deux émissions télé dont je parlais, là, ça dépend vraiment d'une programmation de la chaîne. Donc sur Arte, il y a tel et tel court métrage qui vont passer. Sur Ciné+, c'est pareil, il y a tel film qui vont passer. Donc là, la mission, c'est de faire des propositions au vu de la programmation et de dire comme il y a ça qui passe, je pense que ce serait bien de faire une interview, soit d'aller voir le ou la cinéaste, soit aller voir des gens qui peuvent être experts sur les questions dont vont parler les films.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Et donc, ça va faire beaucoup de propositions. Et après, une fois que c'est fait, c'est travailler les sujets, mener les interviews. Et là, sur cette émission, on va jusqu'à l'étape du montage. Ce n'est pas moi qui fais directement le montage, mais je suis en session de montage avec les monteurs et monteuses qui travaillent pour dire OK, ça en garde, c'était Je souhaite dans l'interview, ça, on n'en a pas besoin. Et aller jusqu'à la livraison finale, on va dire, de l'interview faite. Donc, ça va à la fois quelque chose de très solitaire, de travailler, travailler un sujet, faire des propositions et tout ça. Et de l'autre, ce côté plus social de: Je vais mener une interview, je vais rencontrer une personne que je ne connais pas, je travaille avec une monteuse pour dire ce qu'on a envie de faire. C'est un peu un équilibre des deux.
Juliette (Chance)
Ok, merci beaucoup. On a Christian et Delys qui est arrivé, c'est que conseillerais-tu à une personne qui est en reconversion prévisionnelle et qui n'a pas suivi ce parcours classique, où toi, tu as commencé directement pendant tes études en stage ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Un des avantages, je dirais, ce qui n'est pas un avantage tout au long d'une carrière, mais c'est que c'est quand même un endroit où il y a beaucoup de choses qui se font en bénévolat. Je dirais que ça m'a l'air assez facile de trouver des revues en ligne ou des blogs qui font beaucoup de critiques de cinéma. Il y a souvent des gens qui sont à la recherche de plumes, en tout cas, ou de gens qui ont envie d'écrire sur des films. Je pense que ça, ça peut être une bonne porte d'entrée, puisque selon les endroits où on tombe, on peut se retrouver à travailler avec des gens qui vont avoir un œil qui va être assez aiguisé, qui vont donner des retours qui sont assez enrichissants sur les textes qu'on peut faire, par exemple. Ça peut être une manière de de faire, c'est-à-dire qu'on se crée presque un boucle de critiques ou de textes qu'on a pu publier et qui permettent de potentiellement aller démarcher une autre rédaction derrière, ou en tout cas de montrer qu'on sait faire les choses. Et après, pas hésiter à aller rencontrer des gens qui font ça pour voir un peu comment ça marche.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Mais je dirais que peut-être le premier conseil que je donnerais, c'est... Il y a beaucoup d'endroits qui cherchent, parce que c'est dans des qui ne sont pas forcément viables parce que c'est du bénévolat, il n'y a pas d'argent et tout ça. Mais en même temps, c'est aussi un bon moyen de se faire la main.
Juliette (Chance)
Ok, hyper intéressant. Merci beaucoup pour cette réponse très transparente et honnête. On a des questions qui sont arrivées entre temps. La première, c'est Axelle. Est-il indispensable d'être journaliste, c'est-à-dire avoir une carte de presse pour être critique de cinéma ? C'est-à-dire être rémunéré, être crédible, avoir des... ? Est-ce qu'on peut parler de client, d'ailleurs ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Moi, j'ai une carte de presse, mais par exemple, on me l'a jamais demandé. Donc, en fait, pour l'instant, je sais pas à quoi elle me sert. En tout cas, il y a même une carte de presse spécialisée en cinéma qui existe, qui s'appelle la carte verte. Et quand on écrit un nombre de textes suffisant dans l'année autour du cinéma français qui sort en ça, il y a des conditions un peu particulières. Pour un média qui est plus ou moins reconnu, mais quand même plus que moins, il y a la possibilité d'avoir justement cette carte, qui est une autre forme de reconnaissance. Après, en En tout cas, ce n'est pas quelque chose qu'on m'a demandé. Et surtout, il y a beaucoup d'endroits pour lesquels on écrit ou on fait des interviews qui sont pas forcément des organismes de presse, ce qui n'est pas une bonne chose puisque c'est un peu compliqué pour revendiquer ses droits en tant que journaliste, mais il y a aussi beaucoup d'endroits qui payent avec un statut d'auto-entrepreneur. Et donc là, c'est des missions de journalisme, mais qui ne sont pas considérées comme payées par un organisme de presse, donc qui ne peuvent pas rentrer dans les frais pour ensuite demander la carte de presse.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Quand on travaille pour des festivals, par exemple, ça n'a rien à voir finalement avec des missions de journalisme, donc c'est aussi un autre type de mission et de salaire. Donc je ne sais pas, ça s'équilibre. Je n'ai pas l'impression que c'est essentiel, en tout cas. Et surtout, il y a aussi d'autres gens qui sont journalistes qui n'ont pas fait d'études de journalisme non Je suis le premier, justement, à être dans ce cas-là.
Juliette (Chance)
Ok, merci beaucoup pour la réponse complète. Une question de Wendy. Selon toi, quelles sont les principales qualités pour exercer ce métier ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Je dirais qu'il faut quand même avoir une certaine rigueur personnelle, puisque ça veut des fois dire qu'il y a une journée où je vais me lever et je n'ai rien de prévu dans la journée, autre que aller travailler une interview que je vais faire dans une semaine, voir certains films pour prendre de l'avance sur des choses. Et en fait, c'est-à-dire qu'on peut vite se laisser tenter à la procrastination. Donc, il y a un peu cette idée quand même de réussir à maintenir un rythme alors qu'on a des lans qui sont assez éloignés. Ça, c'est quand même une première chose de rigueur personnelle et d'organisation qui me paraît assez importante. En tout cas, moi, le statut dans lequel je me trouve, peut-être qu'il y a d'autres formes d'exercices du de l'réalisme ou de la critique de cinéma qui sont un peu différentes. Et après, c'est peut-être un peu banal de dire ça, mais une curiosité pour plein de choses aussi au-delà du cinéma, sur la question de fait de mener des interviews et tout ça, c'est la curiosité de l'autre autant que les recherches qu'on a pu faire pour travailler cette interview-là. Ça me paraît aussi essentiel.
Juliette (Chance)
Ok, très intéressant. Il y a Coline qui, je trouve que c'est une question assez intéressante également. C'est: La recherche de légitimité/ crédibilité en tant que journaliste critique est-elle difficile à atteindre ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
C'est une bonne question. Je dirais que ça s'atteint Je dirais que ça s'atteint de deux manières, à la fois par la qualité des choses qu'on va produire et pour qui que ce soit. C'est-à-dire qu'au final, un très bon texte ou une très bonne interview, qu'elle soit faite pour un tout petit média ou pour un très grand média, au final, il y a quand même de la valeur en tant que telle sur la production qui a été faite, qui permet quand même de se constituer des preuves qu'on est légitime ou crédible pour faire ça. Et après, je sens quand même qu'il y a aussi beaucoup quelque chose sur les médias pour lesquels on travaille. Par exemple, moi cette émission pour laquelle je travaille sur Arte, c'est vraiment un truc détourné, c'est-à-dire que je vais jamais dans les bureaux d'Arte pour bosser avec eux. C'est produit via une société de production en externe, etc. Mais juste la carte Arte, je vois que des fois, ça ouvre des portes, où d'un coup, ça dit: Ah oui, OK, c'est Arte. Donc, c'est un peu un truc qui en jette un peu comme ça. Pareil pour des festivals, les festivals pour lesquels on travaille, etc.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Donc, il y a un peu ces deux choses-là. Après, la question de la légitimité, j'ai l'impression que... C'est un endroit où on pourrait avoir l'impression qu'on l'atteint jamais. Il y a des critiques de cinéma, ils ont 70 ans, on a l'impression qu'il ou elle ont vu absolument tous les films de l'histoire du cinéma, rencontré tout le monde et tout vu, tout lu et qu'ils savent tout. Mais on n'avance jamais en se comparant à des gens qui ont 50 ans de carrière. Je pense qu'il faut essayer le moins possible de se poser la question de la légitimité. Je sais que généralement, quand je propose un truc, quand on me propose quelque chose, même si je ne me sens pas forcément à l'aise avec, je dis oui et au moins, ça me force à bosser pour me dire qu'au moment où je me retrouverai à le faire, je serai prêt pour le faire et en essayant de s'auto créer une légitimité à faire les choses.
Juliette (Chance)
Merci beaucoup. Je trouve cette réponse très intéressante. Il y a une question d'Élise qui veut savoir si tu serais OK pour qu'elle puisse t'ajouter sur LinkedIn et continuer.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Pas de problème.
Juliette (Chance)
Super. On a une question d'Axel qui est: combien est payé un papier ou une critique, une piche ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Ça, c'est ultra variable. Puisque ça va d'un papier qui va être bénévole à d'autres missions qui seront payées différemment. Moi, dans ce que je connais, en tout cas, j'ai l'impression qu'il y a une différence entre la presse écrite et le côté audiovisuel télé, où c'est mieux payé sur la partie télé que critique. Critique, enfin sur la partie texte, qu'est-ce que j'ai comme équivalent ? J'ai un texte de 1 500 signes. On parle beaucoup en caractère en signes, qui va être payé 60 €. Et donc en fait, c'est la multiplication, soit de petits papiers, soit de longs formats, qui va faire que ça commence à représenter quelque chose. Et Après là, sur les émissions de télé, pareil, ça varie un peu, mais c'est parce que comme il y a les journées de passées en montage qui comptent aussi, du coup, c'est payer un peu plus. Il y en a pour lesquelles je vais être payé à peu près 200 €, d'autres 500, mais ça ne veut pas dire la même chose selon le temps passé, le travail qui a été fait derrière. Après, ce que je peux dire aussi, je ne sais pas tant lié à la question du salaire, mais sur cette question de l'indépendance et de travaillisme pour plusieurs médias différents.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
En fait, à un moment, il y a aussi quelque chose Il y a aussi un truc de vase communicant qui se passe, c'est-à-dire que je vais voir un film pour tel média parce qu'on m'a demandé de le voir et donc je vais écrire quelque chose dessus. Et en fait, deux mois plus tard, on va me proposer de faire une intervention autour de ce film-là que j'ai vu par ailleurs. Et du coup, il y a un peu... En tout cas, de plus en plus, je me rends compte de ça. C'est-à-dire que pour une activité bénévole, je me retrouve à avoir 50 films et j'ai l'impression de perdre du temps ou en tout cas de me dire que je n'ai pas un bénéfice direct. Et en fait, il se retrouve à avoir soit des effets indirects là-dessus, ou c'est une expérience qui permet derrière d'aboutir à une expérience qui va cette fois-ci être payée, etc.
Juliette (Chance)
Ok. Et Intéressant également la question: est-ce que ton ton, ton style d'écriture, doit s'adapter selon les canaux: presse, télémédias, ou alors il est propre ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Il y a quand même une petite marge d'adaptation. Par exemple, il y a une revue en ligne pour laquelle j'écris où là, je sais que, par exemple, c'est que des critiques positives, que je ne vais jamais écrire quelque chose de négatif sur un film, et que la politique éditoriale, en tout cas, c'est quand on n'aime pas un film, on n'en parle pas ou on laisse la place à quelqu'un qui l'a aimé plutôt que d'en parler. Donc, ça induit quand même une certaine forme de ton. Après, j'ai créé aussi pour un magazine qui s'appelle Sofilm, où eux, ils font vachement attention à la même si c'est à l'écrit, à la description, de pouvoir au maximum dire le lieu dans lequel on se trouve, si on parle d'un lieu, de décrire la personne qu'on rencontre et quelque chose qui n'est pas universitaire, même si on ne demande pas d'être universitaire à d'autres endroits, mais en tout cas, peut-être quelque chose de plus libre, je sais pas, j'ai pas le bon mot pour le définir. Et après, sur le côté télé, là, c'est des interviews, donc ce n'est jamais moi qui prends la parole en direct et ça va être un montage des réponses des gens que je vais interviewer.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Donc là, c'est plutôt une manière de montage. On va me demander qu'il peut être différent. Je sais que, par exemple, sur les médias sociaux, ce qu'on peut voir sur Internet et tout ça, les montages, ils vont être vachement coupés. Ça va aller très vite. Ça ne va pas être dérangeant qu'en 15 secondes, la personne ait été coupée quatre ou cinq fois pour que la phrase aille extrêmement vite. Là, moi, sur les deux émissions télé pour lesquelles je travaille, je sais que c'est plus cool. On va pouvoir laisser une hésitation parce que trop coupé, il y a un truc qui marche moins dans ce format-là aussi. Je sais qu'on va pouvoir avoir un peu plus de respiration dans le montage. Donc, ça va plus être là où le ton va un peu différer.
Juliette (Chance)
Ok. Non. Ok. Et peut-être une dernière question. Je ne sais pas si personne ne sont... Oui, Axel. Est-ce qu'il y a une forte concurrence entre les journalistes critiques de cinéma ou plutôt une certaine solidarité ?
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
C'est une bonne question. J'ai l'impression de rencontrer un peu les deux. C'est-à-dire que je sais que je côtoie pas mal de gens à l'aise, des critiques où il y a ce truc d'entraide, de dire: Voilà, moi, comment ça se passe à tel endroit, dans quelles conditions. Et donc, ça peut inspirer ou donner des idées. Même sur un truc de regard, de donner son avis sur les textes ou la production de quelqu'un d'autre. Là, il y a aussi une forme d'entraide. C'est aussi toute la... Tout à l'heure, je parlais du syndicat, de la critique, mais ça permet justement d'être aussi ensemble, de former un groupe pour pouvoir obtenir des choses, pour qu'il y ait aussi une reconnaissance du métier, parce que c'est aussi quelque chose qui n'est pas évident partout, tout le temps. Mais après, c'est évident qu'il y a aussi une forme de concurrence dans la mesure où si je prends un média pour lequel on fait des piges, deux personnes différentes ne peuvent pas écrire sur un même film, par exemple. Donc, c'est-à-dire que quand on revient d'un film en disant: Moi, j'ai aimé ce film, j'ai envie d'écrire dessus, il est possible que quelqu'un d'autre l'aimait et aussi envie d'écrire dessus.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Et donc là, on peut parler de concurrence dans la mesure où les deux ne vont pas être possibles. Donc, des fois, ça va être soit une prime à la bonne idée parce qu'il y un angle qui est plus intéressant pour le faire. Des fois, c'est vraiment une prime à la rapidité, c'est-à-dire qu'en fait, il fallait répondre à un mail dans les trois minutes pour avoir le texte, parce que sinon, ça a déjà été pris par quelqu'un d'autre. Donc, en fait, on trouve un peu des deux. Il y a à la fois une espèce d'entraide et de solidarité et en même temps, évidemment, qu'il y a de la concurrence, puisqu'il y a plusieurs personnes qui travaillent pour un média, et donc ça crée ça. Après, il y a aussi des employeurs qui font en sorte de trouver un équilibre en disant: OK, tu en as déjà fait trois ce mois-ci, donc on va privilégier telle personne qui en a fait moins. En contre de tout.
Juliette (Chance)
Ok. Merci beaucoup Léo. Ce live est passé incroyablement vite. Je n'ai pas vu le temps passer. Un grand merci pour tes réponses. Avec plaisir. Merci pour toutes les personnes qui nous ont écoutées, qui ont posé des questions. On arrive déjà à la la fin. Si jamais vous souhaitez rejoindre la communauté et l'initiative 3 minutes pour les autres pour apporter un coup de pouce professionnel aux personnes qui en ont besoin, je vais vous mettre le lien pour rejoindre la communauté dans le chat. Et puis, je vais vous souhaiter une excellente fin de journée. Vous pourrez retrouver ce live en replay sur notre chaîne YouTube d'ici quelques jours. Un grand merci à toi, Léo. Un grand merci aux personnes qui sont connectées et on vous souhaite une bonne soirée.
Léo Ortuno (Journaliste & Critique cinéma)
Au revoir. À bientôt. Au revoir.
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