Résumé en 10 secondes
- Testez le métier avant de vous engager : le quotidien vaut mieux qu’une idée.
- Acceptez d’apprendre en marchant : on ne maîtrise pas tout au début, et c’est normal.
- Créez des liens : les rencontres déclenchent souvent les opportunités.
- Ne confondez pas “relationnel” et “métier” : clarifiez ce que vous voulez faire, concrètement.
- Soignez votre posture : viser le “bon fit” humain change tout, côté candidat comme côté entreprise.
Avant de se lancer : les bases à poser (métier de chasseur·se de têtes)
Avant de foncer, posez trois bases simples. Elles évitent les déceptions et vous aident à choisir le bon cadre.
1) Vos motivations réelles
Demandez-vous ce qui vous attire vraiment. Est-ce le fait de “parler aux gens” ? Le plaisir de connecter deux mondes ? Le goût du défi ? Ou la rémunération variable ?
Point important : “aimer l’humain” ne suffit pas à définir un métier. C’est un point de départ, pas une destination.
2) Vos attentes vs la réalité
Le métier mélange plusieurs briques : comprendre un besoin de recrutement, chercher des profils, parler aux candidat·es, parler aux entreprises, relancer, convaincre, accompagner.
Vous pouvez adorer la relation et détester la prospection. Ou l’inverse. Mieux vaut le découvrir tôt.
3) Le cadre d’exercice que vous visez
Le même métier ne se vit pas pareil selon l’environnement. Petite structure, grande structure, spécialisation, type de contrats… Ces choix changent votre quotidien et votre énergie.
Confronter l’idée à la pratique
Une règle simple : ne décidez pas sur une image. Décidez sur des situations concrètes. Une semaine rythmée par des appels, du sourcing, des rendez-vous, des “non”, des ajustements.
À faire absolument au démarrage (chasseur·se de têtes)
1) Tester le métier en conditions réelles
Si vous le pouvez, cherchez une immersion : stage, mission courte, observation d’une équipe, ou même une journée “dans les coulisses”. L’objectif est concret : voir le rythme et les contraintes.
Le terrain vous apprend notamment :
- si vous tenez la cadence des échanges (candidat·es / entreprises) ;
- si le sourcing vous convient (activité souvent longue et minutieuse) ;
- si vous aimez “tenir le fil” quand ça résiste (relances, refus, silences).
2) Apprendre progressivement (et dédramatiser le début)
Vous n’avez pas besoin d’arriver “déjà expert·e” du secteur sur lequel vous recrutez. Ce qui compte, c’est votre capacité à apprendre, questionner, et progresser par blocs.
Héloïse Champs (chasseuse de têtes) le dit très clairement :
« Moi, vous l'avez compris, mais moi, je n'ai aucun background en informatique, je ne m'y connais pas du tout. Je suis arrivé là-dedans et c'est comme dans le fundraising, on m'a trempé dans le chocolat. (...) Et en fait, ce qu'il faut, c'est surtout savoir se connecter aux gens. (...) La première étape, c'est que quand j'ai un nouveau client, je vais étudier la fiche de poste et puis je vais aller en rendez-vous avec le client pour que lui m'explique vraiment ce dont il a besoin, ce qui est à travers les lignes. (...) Moi, ce qu'il faut que je trouve, c'est les choses qu'il n'a pas dites. »
Traduction actionnable : commencez par savoir poser les bonnes questions. Le reste vient avec la répétition.
3) S’entourer et créer du lien
Les opportunités viennent souvent de rencontres simples : une personne qui vous recommande, un échange qui ouvre une porte, une conversation qui remet de la clarté.
Au démarrage, votre réseau n’a pas besoin d’être “grand”. Il a besoin d’être vivant.
- Pairs : d’autres personnes qui apprennent, pour comparer vos méthodes et garder le moral.
- Mentors : une ou deux personnes qui vous disent la vérité sur le métier.
- Pros du secteur : pour comprendre les besoins réels des entreprises, pas seulement les intitulés.
À éviter autant que possible
1) Se lancer sans connaître la réalité du métier de chasseur·se de têtes
Risque numéro 1 : idéaliser. Se dire que ce sera “que de l’humain”, “que des belles rencontres”. Oui, il y en a. Mais il y a aussi :
- des candidat·es qui ne répondent pas ;
- des recherches longues ;
- des contraintes de budget ;
- des journées où vous n’aboutissez pas, malgré vos efforts.
Si vous ne le savez pas, vous pouvez vous croire “pas fait·e pour ça”, alors que vous découvrez juste la réalité normale du métier.
2) Brûler les étapes
Vouloir aller trop vite vous expose à deux pièges :
- surjouer la maîtrise (et perdre la confiance des personnes en face) ;
- vous épuiser à force de “tenir” un rôle, au lieu d’apprendre.
Ce métier se construit. Vous gagnez en finesse avec l’expérience : comprendre une fiche de poste, lire la culture d’équipe, détecter les signaux faibles.
3) Rester isolé
L’isolement rend tout plus dur : vous répétez les mêmes erreurs, vous ruminez les refus, vous perdez le recul. En chasse, on progresse plus vite quand on échange : sur les formulations, les objections, les critères implicites, les retours d’entretien.
Les erreurs fréquentes au démarrage (et comment les repérer)
- Se comparer trop tôt : certain·es “placent” plus vite, mais n’ont pas vos contraintes ni votre périmètre. Comparez-vous à vos progrès, pas à un tableau de scores.
- Confondre passion et métier : aimer discuter ne veut pas dire aimer convaincre, relancer, cadrer, négocier.
- Négliger les à-côtés : l’organisation, le suivi, la gestion du rythme. Dans les faits, vous jonglez entre rendez-vous, recherche, relances, préparation d’entretiens.
Les leviers qui facilitent un bon départ
- Curiosité : poser des questions, vouloir comprendre “ce qui est entre les lignes”.
- Capacité à demander de l’aide : un retour sur un message LinkedIn, un briefing avant un entretien, une relecture de votre approche.
- Adaptation : accepter que chaque entreprise et chaque personne réagit différemment.
- Persévérance : tenir quand ça ne répond pas, quand ça n’avance pas, quand il faut recommencer.
Ce qui change avec l’expérience
Avec le temps, vous gagnez en confiance, mais surtout en lecture des situations :
- vous repérez plus vite ce qui bloque (côté entreprise ou côté candidat) ;
- vous posez des questions plus précises, plus utiles ;
- vous ajustez votre pratique à votre style (et pas à une caricature du métier).
Et surtout, votre boussole peut devenir plus claire. Par exemple, viser le bon “fit” humain, pas juste un placement rapide :
« Je cours vraiment après le fit humain, le côté que je trouve ça génial de pouvoir... (...) d'aider les personnes à trouver leur prochain poste, à retrouver de l'envie d'aller travailler, à trouver un job plus intéressant où ils seront mieux valorisés, où ils seront mieux payés, etc. C'est ce côté-là qui me plaît vraiment, l'aspect humain. »
À qui ces conseils sont particulièrement utiles
- Personnes en reconversion : vous pouvez transférer des compétences, même si le secteur change.
- Profils en début de carrière : vous clarifiez vite si vous aimez la part “vente + relation + rigueur”.
- Personnes qui changent de cadre : cabinet vs grande structure, CDI vs freelance/contracting, cela change beaucoup le quotidien.
Choisir sa ligne de crête : performance, commission… et cœur du métier
Ce métier vous met face à une tension réelle : atteindre des objectifs, tout en restant juste avec les personnes. Ni naïf·ve, ni cynique.
Un premier pas simple, dès cette semaine :
- Identifiez une façon de tester le métier sans engagement lourd (une immersion, un échange, une observation).
- Contactez une personne du secteur et préparez 5 questions concrètes : rythme, sourcing, prospection, accompagnement, rémunération.
- Listez vos hypothèses et vos peurs (ex. “je vais manquer de légitimité”, “je n’aime pas vendre”) puis cherchez une micro-expérience pour les vérifier.
Se lancer, ce n’est pas tout savoir. C’est accepter d’apprendre en avançant, avec lucidité et curiosité.
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