Résumé en 10 secondes pour se lancer en growth marketing
- Tester avant de s’engager aide à distinguer l’idée du métier et sa réalité quotidienne.
- Se former ne suffit pas : la mise en pratique, les premiers clients et les erreurs apprennent beaucoup.
- Créer du lien dès le départ change tout : pairs, agences, réseaux d’entrepreneurs, espaces de travail partagés.
- Éviter l’isolement protège du découragement et accélère l’apprentissage.
- Adopter la bonne posture compte autant que la technique : curiosité, lucidité, éthique, capacité à demander de l’aide.
Avant de se lancer comme growth marketer : poser les bases sans se raconter d’histoire
Se lancer dans le growth marketing peut faire envie. Il y a de la créativité, du concret, des outils, des résultats visibles. On cherche des prospects, on teste des approches, on ajuste, on apprend vite. Mais ce métier demande aussi de clarifier ce que l’on veut vraiment faire grandir.
Avant de foncer, une première question mérite d’être posée simplement : qu’est-ce que je veux servir avec mes compétences ? Vendre plus, oui, mais pour qui ? Pour quoi ? Avec quelles limites ? Cette question peut sembler grande. Elle est pourtant très pratique. Elle guide le choix des clients, des méthodes, du rythme et du cadre de travail.
Théo Guillaumin, Growth Marketer pour des entreprises à impact, raconte un déclic utile pour celles et ceux qui sentent que leur travail n’est plus tout à fait aligné :
“Je me suis vite rendu compte que je n'étais pas à ma place dans ce grand groupe du CAC 40. J'avais l'impression d'être un pion parmi tant d'autres et de suivre une voie binaire qui était toute tracée. Et ça ne me plaisait pas du tout comme idée. J'allais au boulot, un peu la boule au ventre, en pensant à tout ça. Je n'étais pas super épanoui ni dans ce que je faisais ni avec mes collègues.”
Ce type de prise de conscience ne donne pas toutes les réponses. Mais il ouvre une porte. Il invite à regarder trois choses de près.
- Vos motivations réelles : liberté, impact, créativité, autonomie, apprentissage, changement de cadre.
- Vos attentes face à la réalité : le growth marketing ne se résume pas à des idées brillantes. Il y a aussi de la prospection, des messages à écrire, des outils à tester, des refus à encaisser.
- Votre cadre d’exercice : salariat, freelance, collectif, agence, entreprise engagée, PME, ONG, startup.
La bonne piste n’est pas toujours celle qui brille le plus. C’est souvent celle qui fait sentir un petit battement de cœur calme : “là, je peux apprendre, contribuer, rester moi-même”.
À faire absolument au démarrage en growth marketing
1. Tester le métier de growth marketer en conditions réelles
Le growth marketing s’apprend difficilement en restant à distance. Lire, se former, regarder des cas d’école : tout cela aide. Mais le vrai apprentissage commence quand il faut créer un message, cibler des personnes, comprendre pourquoi ça répond ou pourquoi ça ne répond pas.
Une première expérience peut être imparfaite. Elle peut même révéler ce que vous ne voulez plus faire. Dans un parcours de growth marketing, le fait de créer des sites, d’utiliser les réseaux sociaux, de comprendre la vente en ligne ou de travailler avec de premiers clients donne une matière concrète. On découvre les leviers. On découvre aussi les limites.
Pour tester sans vous enfermer trop vite, vous pouvez avancer par petites marches :
- proposer une courte mission à une structure que vous connaissez ;
- aider une association, une PME ou un projet engagé à clarifier ses cibles ;
- observer comment une entreprise trouve ses prospects ;
- créer du contenu sur LinkedIn pour comprendre les réactions ;
- contacter une agence qui peut confier une première mission.
L’objectif n’est pas de réussir parfaitement dès le début. Il est de vérifier ce qui vous donne de l’énergie, ce qui vous pèse, et ce que vous avez envie d’améliorer.
2. Apprendre progressivement le growth marketing, sans vouloir tout maîtriser
Au démarrage, il est tentant de vouloir tout savoir : acquisition, contenu, automatisation, stratégie, outils, ciblage, messages, suivi commercial. C’est trop lourd. Le métier s’apprend mieux par blocs.
Commencez par une compétence utile et observable. Par exemple : construire une liste de prospects bien ciblée. Puis rédiger un message clair. Puis suivre les réponses. Puis comprendre les résultats. Chaque étape nourrit la suivante.
Le growth marketing repose beaucoup sur l’ajustement. On part d’une hypothèse, on la teste, on apprend, on change. Cette logique est précieuse, surtout en reconversion. Elle évite de chercher le plan parfait. Elle vous remet en mouvement.
Il faut aussi accepter la période d’adaptation. Passer du salariat au freelance, ou d’un cadre très structuré à une activité autonome, demande du temps. Les repères changent : horaires, revenus, organisation, solitude, relation client, protection sociale. Ce n’est pas un signe d’échec. C’est une phase normale d’apprentissage.
3. S’entourer et créer du lien dans le growth marketing
Le réseau n’est pas un bonus. C’est un appui de départ. Quand on démarre, parler avec d’autres personnes évite de rester bloqué dans ses peurs ou dans ses angles morts.
“Il ne faut pas hésiter à communiquer, peut-être même avant de se lancer, en tout cas pendant qu'on lance. On sait qu'aujourd'hui, par exemple, LinkedIn permet une super plateforme pour partager du contenu en organique. Donc, il faut l'utiliser pour créer des publications et pour aller contacter aussi des personnes qui peuvent nous aider. Et au début, j'avais un peu du mal. Je restais un peu dans mon coin en me disant : Je vais y arriver tout seul.”
Cette phrase est un vrai point d’appui. Elle rappelle une chose simple : on ne se lance pas mieux parce qu’on reste seul·e avec son ordinateur. On avance mieux quand on ouvre des conversations.
Concrètement, vous pouvez :
- publier sur LinkedIn ce que vous apprenez ;
- demander un échange à une personne qui fait déjà ce métier ;
- contacter des agences pour comprendre leurs besoins ;
- rejoindre un espace de coworking ;
- entrer dans un réseau d’entrepreneurs ;
- échanger avec d’autres freelances sur leurs tarifs, leurs outils, leurs erreurs.
Le lien crée de la confiance. Il rend le métier plus vivant. Il rappelle aussi que derrière les méthodes, il y a des personnes, des choix et des réalités très concrètes.
À éviter autant que possible quand on démarre comme growth marketer
1. Se lancer dans le growth marketing sans connaître le quotidien
Le growth marketing peut être présenté comme un métier rapide, malin, presque ludique. Il y a en effet un côté créatif : trouver une bonne cible, une bonne accroche, une bonne porte d’entrée. Mais le quotidien ne se limite pas à des idées.
Il faut aussi construire des bases, écrire, relancer, mesurer, trier, recommencer. Il faut parfois contacter des personnes qui ne répondent pas. Il faut apprendre à ne pas prendre chaque silence pour soi.
Idéaliser le métier expose à un décalage. Vous pouvez aimer la stratégie et moins aimer l’exécution. Aimer l’autonomie et souffrir de l’isolement. Aimer l’impact et découvrir que tous les clients n’ont pas la même exigence éthique. Mieux vaut le savoir tôt.
2. Brûler les étapes dans une activité de growth marketer
Vouloir aller vite est compréhensible, surtout quand on quitte un cadre qui ne convient plus. Mais aller trop vite peut fragiliser le départ. Le métier demande des bases : savoir qui cibler, pourquoi, avec quel message, et dans quel but.
Une erreur fréquente consiste à penser que plus on contacte de personnes, plus on aura de résultats. Le terrain montre souvent l’inverse.
“Au lieu de contacter 1 000 personnes et de leur dire tout et n'importe quoi, on va en contacter 100 pour leur dire les choses qui les intéressent et on aura plus de résultats sur cette toute petite base.”
Cette logique vaut pour la prospection, mais aussi pour votre lancement. Inutile de tout faire en même temps. Choisissez peu, mais choisissez bien. Une cible claire. Une offre simple. Un canal principal. Un rythme tenable.
3. Rester isolé quand on devient growth marketer
L’isolement est l’un des risques les plus concrets du passage en freelance. Plus de collègues à côté. Plus de bureau partagé par défaut. Plus de cadre qui structure la journée. Cette liberté peut être précieuse. Elle peut aussi devenir lourde.
Rester isolé augmente plusieurs risques :
- répéter les mêmes erreurs sans les voir ;
- perdre confiance trop vite ;
- surestimer ou sous-estimer ses tarifs ;
- manquer de recul sur ses clients ;
- confondre une mauvaise semaine avec un mauvais choix de vie.
Un espace de travail partagé, même quelques jours par mois, peut changer l’énergie. Des échanges réguliers avec des pairs peuvent aussi aider à garder le cap. Le but n’est pas de s’entourer pour faire comme les autres. Le but est de ne pas porter seul·e tout le poids du démarrage.
Les erreurs fréquentes au démarrage d’une activité de growth marketer
Au début, certaines erreurs reviennent souvent. Elles ne sont pas dramatiques. Elles deviennent même utiles si vous les regardez avec lucidité.
- Rester dans son coin en pensant qu’il faut d’abord être prêt·e avant de parler de son activité.
- Contacter trop large au lieu de cibler des personnes vraiment concernées.
- Négliger l’organisation : temps de prospection, suivi des réponses, temps de production, temps de repos.
- Oublier les aspects matériels : charges, mutuelle, congés non rémunérés, variation des revenus.
- Utiliser des méthodes qui ne vous ressemblent pas : pression artificielle, rareté forcée, messages trop insistants.
Le sujet éthique compte particulièrement dans le growth marketing. Certaines techniques fonctionnent, mais elles peuvent pousser à l’achat, créer de la confusion ou nourrir la surconsommation. Se lancer, c’est donc aussi choisir ses limites. Dire oui à certains clients. Dire non à d’autres. Accepter que la croissance ne soit pas toujours le bon indicateur.
Les leviers qui facilitent un bon départ comme growth marketer
Un bon départ ne dépend pas d’une personnalité parfaite. Il repose plutôt sur quelques appuis simples, que l’on peut développer avec le temps.
- La curiosité : comprendre un marché, une cible, un message, une réaction.
- La capacité à demander de l’aide : poser des questions, solliciter des retours, contacter des personnes plus avancées.
- L’adaptation : changer une approche quand elle ne fonctionne pas.
- La persévérance : continuer après les premiers refus, sans s’acharner dans la mauvaise direction.
- La clarté : savoir expliquer ce que vous faites, pour qui, et pourquoi.
Ces leviers ne sont pas des injonctions. Vous n’avez pas besoin de tout cocher pour commencer. Vous pouvez choisir un point d’appui, puis avancer. Par exemple : cette semaine, contacter trois personnes du secteur. La semaine suivante, publier un retour d’apprentissage. Puis proposer une petite mission test.
Le mouvement crée souvent plus de clarté que la réflexion seule. C’est en parlant, en essayant, en recevant des réponses, que l’idée du métier devient plus nette.
Ce qui change avec l’expérience dans le métier de growth marketer
Avec l’expérience, le regard s’affine. On repère mieux les clients avec lesquels on veut travailler. On comprend plus vite si une cible est trop large. On sait qu’un bon résultat ne vient pas seulement d’un outil, mais d’une stratégie claire et d’un message juste.
L’expérience permet aussi de choisir un modèle plus ajusté. Certaines structures préfèrent grandir en volume. D’autres choisissent de rester à taille humaine, avec moins de clients, mais plus de qualité. Ce choix compte. Il influence le rythme, la relation client, l’exigence et le plaisir de travailler.
Avec le temps, la confiance change de nature. Au début, on cherche souvent à prouver. Ensuite, on apprend à discerner. Ce client est-il aligné ? Cette méthode est-elle acceptable ? Cette croissance sert-elle vraiment le projet ? Cette mission me permet-elle de faire du bon travail ?
C’est souvent là que le métier devient plus profond. Il ne s’agit plus seulement d’acquérir des prospects. Il s’agit de choisir les portes auxquelles on frappe, et la manière de le faire.
À qui ces conseils de growth marketer peuvent vraiment servir
Ces conseils sont utiles si vous envisagez une reconversion vers le growth marketing, mais aussi si vous êtes en début de carrière et que vous cherchez un métier plus concret, plus autonome ou plus orienté vers l’impact.
Ils peuvent aussi parler aux personnes qui veulent changer de cadre sans forcément changer toutes leurs compétences. Le marketing, la vente, la stratégie, la rédaction, l’analyse, la relation client : beaucoup de savoir-faire peuvent se déplacer d’un univers à un autre.
Si vous venez du salariat, le point clé sera peut-être l’autonomie. Si vous venez déjà du marketing, le point clé sera peut-être l’éthique. Si vous êtes attiré·e par le freelance, le point clé sera peut-être la sécurité financière et l’organisation. Dans tous les cas, le bon départ commence rarement par une grande décision spectaculaire. Il commence par un test honnête.
La ligne de crête du growth marketer : avancer avec lucidité, sans se perdre
Pour commencer sans engagement trop lourd, choisissez un premier pas concret. Un seul. Identifiez une personne du secteur à contacter. Listez vos trois principales peurs. Écrivez vos hypothèses sur le métier : ce que vous pensez aimer, ce que vous pensez craindre, ce que vous voulez vérifier. Puis trouvez une façon simple de tester : une discussion, une petite mission, un contenu publié, une journée en coworking, un échange avec une agence.
Le growth marketing peut ouvrir de belles portes quand il reste relié à vos valeurs. Il demande de l’audace, oui, mais aussi du discernement. Il invite à chercher des clients, sans oublier les humains derrière les cibles. Il pousse à grandir, sans forcément courir après la croissance à tout prix.
Se lancer, ce n’est pas tout savoir. C’est accepter d’apprendre en avançant, avec lucidité et curiosité.
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