Sommaire

Fiche métier : fondateur d’une startup à impact

Résumé en 10 secondes

  • Mission : créer une organisation qui répond à un problème social concret, ici l’inclusion professionnelle de personnes réfugiées ou nouvellement arrivées.
  • Concret : construire des formations, ouvrir des portes auprès d’entreprises, mobiliser des partenaires publics et faire travailler tout le monde ensemble.
  • Point fort : le métier relie stratégie, terrain, développement, culture d’équipe et impact social.
  • Vigilance : il n’y a pas de journée type. Il faut aimer avancer dans l’incertitude, tester, se tromper, ajuster.
  • Première étape : comprendre finement le problème avant de chercher la solution.

CIPA → Contribution, Interactions, Activités quotidiennes.

Mission & ce qu’on fait concrètement

Le métier de fondateur d’une startup à impact consiste à transformer une conviction en organisation qui agit. Dans le cas présenté ici, l’objectif est clair : révéler le potentiel de personnes réfugiées, étrangères francophones ou nouvellement arrivées, et les relier à des entreprises qui recrutent.

Le fondateur ou la fondatrice ne fait pas “seulement” naître une idée. Il ou elle doit définir une direction, construire un modèle économique, recruter une équipe, convaincre des partenaires, sécuriser des financements, suivre l’impact, et garder le cap quand le projet change de forme.

Théo Scubla, fondateur d’Each One, résume cette boussole avec une force simple : « Je pense qu’il existe une troisième voie qui rassemble toutes celles et tous ceux qui sont convaincus, comme moi, que quelles que soient leur origine, quelle que soit leur qualification, quel que soit leur âge, les personnes réfugiées, les nouveaux arrivants, représentent un potentiel qui est insoupçonné, duquel la société n’a pas pris la mesure. »

Missions principales

  • Définir la stratégie : choisir la feuille de route, les objectifs, le positionnement et les priorités.
  • Garantir la gouvernance : faire en sorte que les décisions soient prises, avec les managers et le conseil d’administration.
  • Représenter l’entreprise : porter la vision à l’extérieur, la faire connaître, ouvrir des conversations clés.
  • Développer l’activité : créer des liens avec des grands comptes, des partenaires publics, des financeurs.
  • Porter la culture : veiller aux valeurs, aux comportements attendus et aux modes de travail communs.

Journée type

Il n’y a pas de journée type. Une semaine peut mêler des rendez-vous avec des entreprises, des échanges avec des partenaires publics, des décisions stratégiques, des sujets d’équipe, des points de gouvernance et des actions de représentation.

Le quotidien se joue souvent dans les passages de relais : ouvrir une porte, puis permettre aux équipes de prendre la suite pour vendre une solution, organiser une formation, accompagner une entreprise ou suivre l’intégration de personnes recrutées.

CIPA → Activités quotidiennes : stratégie, développement, gouvernance, culture. Contribution : inclusion, emploi, potentiel révélé.

Compétences & qualités clés

Compétences techniques

  • Stratégie : construire une vision à moyen et long terme.
  • Gestion de projet : créer et piloter des dispositifs de formation et d’accompagnement.
  • Développement commercial : approcher des entreprises, comprendre leurs besoins, proposer une réponse utile.
  • Partenariats : travailler avec associations, pouvoirs publics, entreprises, financeurs.
  • Recrutement : analyser les compétences, la motivation et l’adéquation avec une formation ou un poste.
  • Finance et modèle économique : bâtir une organisation capable de durer sans dépendre uniquement des subventions.
  • Management : coordonner des profils variés et créer un cadre de décision clair.

Qualités humaines

  • Curiosité : aller vers les personnes concernées et comprendre leurs besoins réels.
  • Persévérance : tester, échouer parfois, corriger, recommencer.
  • Humilité : accepter que les premières solutions soient imparfaites.
  • Capacité à demander de l’aide : activer les ressources autour de soi.
  • Sens de la traduction : faire le lien entre besoin social et intérêt économique des entreprises.
  • Courage relationnel : poser les préjugés sur la table, écouter les résistances, créer la confiance.

Outils et technologies

  • Visio : utile pour prendre contact et travailler à distance.
  • Réseaux sociaux : utiles pour créer des liens et réduire les barrières géographiques.
  • Publicité en ligne : utilisée pour trouver des personnes qui ne sont pas accompagnées par une association ou inscrites à France Travail.

CIPA → Activités quotidiennes : convaincre, former, coordonner, améliorer. Interactions : culture d’équipe, partenaires, entreprises, pouvoirs publics.

Conditions de travail

Cadre

Le projet peut se lancer hors de Paris. Mais Paris offre un avantage dans certains cas, car beaucoup de centres de décision, de grands groupes et d’investisseurs y sont concentrés. Cela facilite les rencontres au démarrage.

Le travail peut commencer en ligne, notamment grâce à la visio et aux réseaux sociaux. Mais les rencontres physiques gardent une place importante pour créer la confiance. Il faut donc accepter de se déplacer quand la relation devient structurante.

Rémunération

Non précisé. À clarifier.

Le modèle économique décrit repose surtout sur la formation. Les entreprises expriment des besoins de recrutement. Les formations sont financées en grande partie par France Travail et les OPCO, avec une participation possible des entreprises. Les personnes formées ne paient pas la formation et sont rémunérées pendant celle-ci.

Statut et contrats possibles

L’exemple présenté est celui d’une entreprise à mission agréée ESUS, c’est-à-dire entreprise solidaire d’utilité sociale. Elle appartient à l’économie sociale et solidaire, avec une lucrativité limitée et des engagements sur l’encadrement des salaires et le partage de valeur.

Contraintes légales et certifications

Le statut cité est celui d’entreprise à mission agréée ESUS en France. Les autres obligations légales ne sont pas précisées. À clarifier.

CIPA → Interactions : financeurs, entreprises, partenaires publics. Vie personnelle : lieu de vie, déplacements, revenus à clarifier.

Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi

  • Un impact visible : 3 500 personnes placées en CDI, 1 000 personnes formées chaque année, près de 500 000 heures de formation délivrées.
  • Un rôle de passeur : ouvrir une porte, puis voir une équipe, une entreprise et une personne avancer ensemble.
  • Une énergie collective : les personnes recrutées apportent de la motivation, de la présence et une diversité de points de vue.
  • Un défi intellectuel et humain : relier des besoins économiques à une mission sociale.
  • Une culture à construire : faire grandir une équipe d’une cinquantaine de salariés, avec près d’une centaine de formateurs.

Une mini-histoire résume bien ce battement de cœur professionnel. Une entreprise a des difficultés de recrutement récurrentes. Une classe de 10 à 15 personnes est formée sur un territoire, par exemple à Paris, Lille, Marseille, Lyon ou Bordeaux. Les personnes découvrent le métier, les exigences de l’entreprise, les codes attendus. Les managers comprennent ce qu’ils vont y gagner. Quelques mois plus tard, les résistances tombent. Le travail a trouvé sa place : utile, concret, partagé.

CIPA → Contribution : sens et impact. Activités : former, relier, développer. Interactions : faire coopérer des mondes qui se connaissent mal.

Inconvénients & points de vigilance

  • Pas de parcours parfaitement balisé. Piste de contournement : avancer pas à pas et utiliser les ressources disponibles.
  • Les premières solutions peuvent être mauvaises. Piste de contournement : tester vite, écouter les retours, ajuster jusqu’à ce que cela fonctionne.
  • Le projet peut être mal compris au départ. Piste de contournement : pitcher souvent, rencontrer, reformuler, améliorer le message.
  • Les entreprises peuvent avoir des préjugés ou des peurs. Piste de contournement : poser les sujets clairement, partir des besoins opérationnels, montrer ce que chacun peut gagner.
  • Paris peut aider pour certains réseaux. Piste de contournement : utiliser la visio et les réseaux sociaux, puis se déplacer pour les rencontres importantes.
  • Le rythme personnel n’est pas précisé. À clarifier avant de se lancer.

CIPA → Vie personnelle : rythme et équilibre à clarifier. Interactions : résistance, confiance, réseau, posture de dialogue.

Comment y accéder (parcours & étapes)

  1. Se renseigner et clarifier : partir d’un problème réel. Rencontrer les personnes concernées. Comprendre leurs besoins avant d’imaginer une solution.
  2. Se former ou valider : une école de commerce n’est pas indispensable pour démarrer. L’apprentissage se fait aussi en testant, en rencontrant des entrepreneurs, en demandant conseil.
  3. Constituer des preuves : lancer de petits prototypes, même imparfaits. Mesurer ce qui fonctionne. Montrer les premiers résultats.
  4. Obligations légales ou certifications : dans l’exemple cité, le projet a commencé sous forme associative, puis a évolué vers une entreprise à mission agréée ESUS. Les démarches précises sont à clarifier.
  5. Candidater ou démarcher : aller vers les entreprises, comprendre leurs besoins de recrutement, proposer une réponse concrète.
  6. Réseauter et provoquer les rencontres : se déplacer, pitcher, demander de l’aide, participer à des événements où se trouvent des entrepreneurs et des partenaires potentiels.

« Le plus important quand on monte un projet, c’est de ne pas questionner sa propre légitimité d’agir. On a tous une légitimité d’agir en tant qu’acteur. En revanche, c’est de prendre les choses pas à pas et de faire levier sur les ressources qui sont à portée de main. »

CIPA → À clarifier : Quelle contribution vous voulez vraiment servir ? Quel rythme de vie êtes-vous prêt à accepter ? Quelles activités vous donnent de l’énergie au quotidien : vendre, former, manager, créer, représenter ?

Astuces

  • Commencez par le problème. Une solution arrive mieux quand la question est bien posée.
  • Parlez aux personnes concernées. Le terrain remet les idées à leur juste place.
  • Acceptez de bricoler au début. Le premier prototype n’a pas besoin d’être parfait.
  • Demandez de l’aide. Si une personne ne répond pas, demandez à quelqu’un d’autre.
  • Travaillez votre récit. Un projet peut être incompréhensible au départ. Il devient clair en le racontant, encore et encore.
  • Ne vendez pas seulement une cause. Montrez aussi l’intérêt concret pour les partenaires et les entreprises.

CIPA → Activités : tester, rencontrer, formuler. Interactions : demander de l’aide, créer la confiance.

Retours d’expérience

Le parcours commence à Toulouse, dans une famille modeste, avec une histoire familiale marquée par l’immigration italienne. Une phrase revient : les “petites gens” devraient rester discrètes. Ce point de départ crée une révolte intime : le besoin d’exister, de trouver du sens et de permettre à chacun de prendre sa place.

Une première opportunité arrive avec l’entrée dans une grande prépa parisienne, après un lycée peu connu. La joie est forte, mais une prise de conscience suit : passer entre les mailles du filet ne fait pas disparaître le filet.

Le déclic entrepreneurial vient à 20 ans, après la rencontre de deux personnes réfugiées. Deux jours plus tard, une association est créée. Elle deviendra ensuite, avec un associé, une entreprise à mission en 2018, pour changer d’échelle, gagner en pérennité et accompagner davantage de personnes.

Le résultat : une organisation d’une cinquantaine de salariés, près d’une centaine de formateurs, 1 000 personnes formées chaque année, 3 500 personnes placées en CDI.

CIPA → Contribution : réparer un “filet” social et professionnel. Activités : passer d’une intuition à une organisation structurée.

Évolutions & passerelles

Le métier peut évoluer avec la taille de l’organisation. Au départ, le fondateur ou la fondatrice fait beaucoup soi-même : comprendre le besoin, pitcher, tester, recruter les premiers partenaires. Ensuite, le rôle se déplace vers la stratégie, la gouvernance, le développement, la représentation externe et la culture.

Les passerelles citées dans les compétences internes touchent plusieurs champs : gestion de projet, accompagnement social et administratif, relations entreprises, recrutement, marketing, partenariats, finance, ressources humaines et management.

CIPA → Quand l’organisation grandit, la Contribution peut toucher plus de personnes. Les Interactions deviennent plus nombreuses. Les Activités passent davantage par la coordination, la décision et la transmission de culture.

FAQ

Faut-il une école de commerce pour devenir fondateur d’une startup à impact ?

Non. L’exemple présenté montre qu’un projet peut démarrer avant même d’avoir suivi une formation complète en école de commerce. Ce qui compte d’abord : comprendre le problème, agir, tester, demander de l’aide.

Peut-on créer une startup à impact hors de Paris ?

Oui. Paris peut faciliter l’accès aux grands groupes, aux investisseurs et aux centres de décision. Mais ce n’est pas une condition pour se lancer. Les outils à distance aident à créer les premiers liens, puis les rencontres physiques renforcent la confiance.

Comment une entreprise à impact peut-elle gagner de l’argent ?

Dans l’exemple cité, l’activité principale rémunérée est la formation. Les formations sont financées par des entreprises, France Travail et les OPCO, sans coût pour les personnes accompagnées.

Comment gérer les résistances dans les entreprises partenaires ?

En partant des besoins concrets. Il ne s’agit pas d’exiger que tout le monde soit militant, mais de montrer ce que la démarche apporte aux équipes : recrutement, motivation, diversité de points de vue, réponse à une difficulté opérationnelle.

Quel rythme de travail faut-il prévoir ?

Non précisé. À clarifier, notamment sur les horaires, la charge mentale, les déplacements et l’équilibre avec la vie personnelle.

Ressources citées

  • Each One : entreprise à mission spécialisée dans l’inclusion professionnelle et la formation.
  • France Travail : financeur cité dans le cadre de la formation professionnelle.
  • OPCO : opérateurs de compétences rattachés aux branches professionnelles.
  • Entreprises partenaires : grands groupes et entreprises ayant des besoins de recrutement récurrents.
  • Associations partenaires : structures qui orientent des personnes vers les formations.
  • ESCP : école de commerce citée dans le parcours.
  • Louis-le-Grand : classe préparatoire citée dans le parcours.

Un premier pas pour sentir si ce métier vous appelle

Choisissez un problème qui vous touche vraiment. Pas une grande idée floue. Un problème concret, avec des personnes réelles derrière. Puis prenez trois rendez-vous : une personne concernée, une organisation qui agit déjà, une entreprise ou un partenaire potentiel.

Votre objectif n’est pas de convaincre tout de suite. Il est d’écouter, de comprendre, de noter les besoins, les résistances, les mots qui reviennent. C’est souvent là que le petit battement de cœur apparaît : quand une envie personnelle rencontre une utilité claire.

« En général, quand on demande de l’aide, on vous reçoit et on vous aide. Et si on ne vous aide pas, il faut le demander à quelqu’un d’autre. Et en général, il y a toujours une personne pour vous écouter. »

  • Action Contribution : formulez en une phrase le changement que vous voulez rendre possible.
  • Action Vie personnelle : notez vos limites non négociables : lieu, rythme, revenus, déplacements.
  • Action Activités : testez une micro-action cette semaine : appeler, pitcher, organiser une rencontre, écrire une première hypothèse.

Grille CIPA

Contribution Interactions Vie personnelle Activités quotidiennes
  • Étoile du Nord : permettre à chacun de prendre sa place dans le monde professionnel.
  • Empreinte professionnelle — Pourquoi : révéler un potentiel social et économique sous-estimé.
  • Cause — Pour quoi : inclusion professionnelle, emploi, formation, intégration.
  • Public cible — Pour qui : personnes réfugiées, nouveaux arrivants, personnes avec un besoin lié au parcours migratoire ; entreprises qui recrutent.
  • Rayonnement professionnel — Jusqu’où : 3 500 CDI, 1 000 personnes formées par an, près de 500 000 heures de formation.
  • Ce que ça implique : le métier demande de relier impact social et réponse économique concrète.
  • À clarifier : quel impact voulez-vous mesurer en priorité ?
  • Type de structure : entreprise à mission agréée ESUS, issue d’une première association.
  • Cadre et espace de travail : Paris peut aider pour les centres de décision ; hors Paris possible ; visio et réseaux sociaux utiles.
  • Culture et dynamique de travail : diversité d’expériences, valeurs communes, rôle fort de la confiance.
  • Ce qui est dit : travail avec entreprises, pouvoirs publics, associations, formateurs, managers, candidats.
  • Ce que ça implique : il faut aimer naviguer entre plusieurs mondes et traduire les besoins de chacun.
  • À clarifier : quel niveau de déplacement et de représentation extérieure vous convient ?
  • Lieu de vie : Paris facilite certains réseaux, mais n’est pas obligatoire.
  • Statut professionnel : fondateur, CEO, président ; statut personnel non détaillé.
  • Horaires et rythme de travail : non précisé. À clarifier.
  • Revenus : rémunération personnelle non précisée. À clarifier.
  • Ce qui est dit : pas de journée type, semaines variables, rôle large.
  • Ce que ça implique : l’équilibre personnel doit être questionné tôt, surtout dans une aventure entrepreneuriale.
  • À clarifier : quels revenus minimums, quel rythme et quelles limites poser avant de se lancer ?
  • Moteurs : comprendre un problème, agir, tester, ouvrir des portes, faire grandir une solution.
  • Secteur d’activité économique : économie sociale et solidaire, formation professionnelle, recrutement, inclusion.
  • Champ professionnel : stratégie, gouvernance, développement, partenariats, management, culture d’entreprise.
  • Compétences : gestion de projet, recrutement, marketing, relations entreprises, accompagnement social et administratif, finance, RH.
  • Outils cités : visio, réseaux sociaux, publicité en ligne.
  • Ce que ça implique : le métier exige de passer d’une vision large à des actions très concrètes.
  • À clarifier : quelles activités vous donnent le plus d’énergie : terrain, vente, stratégie, formation, management ?

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