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Théo Scubla, Fondateur d'une startup à impact

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Juliette (Chance)

Bonjour. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le live métier en coulisses. Aujourd'hui, on a la chance d'échanger avec Théo, qui est fondateur d'Each One, une entreprise à mission qui réinvente l'inclusion. Un grand merci Théo de prendre ce temps avec nous, une trentaine de minutes, de pouvoir partager ton expertise, ton métier. Bienvenue à toutes celles et tous ceux qui se connectent actuellement sur le chat. De mon côté, moi, c'est Juliette. Je travaille chez Chance depuis cinq ans et demi et je suis responsable de la communauté des coachs. Le but de ce live, c'est qu'il soit interactif. Alors n'hésitez pas à poser toutes vos questions dans le chat ou dans l'onglet Questions. Je m'occuperai de les poser à Théo. Et pour commencer, le temps que tout le monde se connecte, n'hésitez pas à nous écrire d'où vous venez, d'où vous vous connectez actuellement. Moi, je suis à Paris, dans une magnifique bulle. C'est pas toi, Théo.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Absolument, je suis à Paris aussi. Bonjour à tous. Merci Juliette pour ce moment. Je suis hyper content de prendre ce temps avec tout le monde. Je suis aussi à Paris dans une bulle. Je partage ta réalité.

Juliette (Chance)

On a Marie qui vient d'Antibes. On a Paris également avec Maeva, Maëlys, Lassiotta. Super. Villefranche-sur-saône, ça vient d'un peu partout en France. C'est ça qui est génial aussi. Surène. Ok. Tibélicie, 92. Saint-cloud.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Ok.

Juliette (Chance)

Je vais commencer à introduire pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, on est une communauté d'entraide professionnelle et on a développé une méthode qui a pour objectif de permettre à chacun de trouver sa place dans le monde professionnel et également, par conséquent, dans la société. Pour cela, on a plusieurs programmes d'accompagnement et le plus historique et connu, c'est le bilan de compétences. Pendant le bilan de compétences, on invite les personnes à justement interroger des professionnels pour connaître la réalité de leur métier, peut-être, on va dire, diminuer certains préjugés, certains fantasmes, bref, avoir une meilleure idée de la réalité des métiers. Et donc, on voit que c'est un moment qui est assez puissant, assez révélateur et C'est ce qu'on va faire sur ces 30 prochaines minutes, c'est poser toutes ces questions à Théo. Donc, n'hésitez pas à me partager vos questions dans le chat. Je vois qu'il y a une ferveur pour Toulouse du côté d'Élise et Théo.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

C'est ma ville de cœur. Super.

Juliette (Chance)

Alors, peut-être la première question que j'ai envie de te poser, Théo, c'est vu que Toulouse, c'est sans doute tu viens de Toulouse ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Absolument, oui. Je suis né à Toulouse. J'ai grandi en région Toulouse.

Juliette (Chance)

D'accord. Et alors, est-ce que tu peux nous expliquer ton parcours et comment tu es arrivé à fonder Each One ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Oui, carrément. Bonjour à tous à nouveau. Effectivement, je suis né à Toulouse et j'ai grandi ma 18 premières années dans la région toulousaine. Je suis originaire d'une famille relativement modeste et je suis petit fils aussi d'immigrés italiens. Il se trouve que Dans ma jeunesse, je suis très proche de mes grands-parents, je suis encore très proche de ma grand-mère maternelle. Ma grand-mère maternelle m'a souvent dit: Tu sais Théo, je suis hyper frustré. Je suis hyper frustré parce que je n'ai jamais fait ce que j'ai voulu faire. J'ai toujours fait des petits jobs, etc. M'intégrer quand je suis arrivé en France à la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'était vachement difficile. Donc j'ai tout fait pour me faire discrète. Et aujourd'hui, je suis frustré parce que je n'ai pas fait tout ce que j'aurais voulu faire en tant que personne. Puis, de toute façon, c'est comme ça, c'est ça dans notre famille. Nous sommes des petites gens et les petits gens, ça doit rester discret. Et moi, ces petites phrases, quand je les ai entendus, plus petits, elles ne m'ont pas fait réagir immédiatement. Sauf que je pense qu'elles ont contribué à créer chez moi une forme de révolte importante qui est liée à mon avis de trouver du sens, d'exister de faire ce que j'avais envie de faire dans ce monde-là et d'affirmer ma liberté d'individu, tout comme n'importe qui pourrait souhaiter le faire.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Il se trouve que par la suite, j'ai eu de la chance puisqu'au moment où je suis arrivé en fin de lycée et que j'ai candidaté en prépa, etc, j'ai été admis dans une grande prépa à Paris. Et je suis à ce moment-là un peu passé entre les mailles du filet. C'est-à-dire que je venais d'un petit lycée que personne ne connaissait et j'ai intégré Louis Legrand. Et là, je me suis dit, en passant entre les mailles du filet, que c'était à la fois super, c'était super pour moi, mais d'ailleurs, je pense que je n'ai jamais bondi aussi haut de joie. Mais en même temps, quelques jours après, je me suis rendu compte que le filet, il existait toujours. Ce n'est pas parce qu'on passe au travers les mailles du filet et que le filet n'existe plus. Je me suis rendu compte que j'avais aussi potentiellement, entre moi et moi, un devoir que je me reconnaissais vis-à-vis de ce filet-là, pour que tout le monde puisse prendre sa place. Il se trouve qu'en 2015, à un moment où je sors de la prépa, je rencontre des personnes réfugiées dans ma vie personnelle et je me rends compte dans l'échange qu'on partage un avenir commun, que les personnes, elles sont là, que cet avenir, on a le choix soit de l'écrire, de l'écrire pour en tirer le meilleur, soit de le subir.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Et qu'aujourd'hui, en France, il y a plutôt deux grands groupes de personnes, ceux qui veulent les aider, les pauvres, toujours dans les pauvres gens, ou ceux qui n'en veulent pas, des pauvres, toujours les pauvres, avec des préjugés qui viennent antagoniser le sujet. Et moi, je pense qu'il existe une troisième voie qui rassemble toutes celles et tous ceux qui sont convaincus, comme moi, que quelles que soit leur origine, quelle reçoit leur qualification, quel que soit leur âge, les personnes réfugiées, les nouveaux arrivants, et représentent un potentiel qui est insoupçonné, duquel la société n'a pas pris la mesure et que nous, on s'attache à révéler jour après jour avec Each One en mettant ces personnes en relation avec des entreprises qui les recrutent et qui ont des besoins ou des difficultés de recrutement, que ce soit sur des métiers peu qualifiés ou des métiers très qualifiés et avec une démarche d'accompagnement la plus intégrale possible et de formation intensive pour que chacun et chaque personne qu'on accompagne puisse retrouver des repères linguistiques, des repères culturels, mais aussi des repères sur le métier qu'ils vont exercer et que tout le monde soit mis en position de réussite.

Juliette (Chance)

Merci beaucoup pour aussi cette explication et cette introduction à Each One. Du coup, quand est-ce que tu as fondé Each One ? C'est directement après les études ? Comment ça s'est passé ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Je n'avais même pas commencé mon école de commerce. J'avais 20 ans, c'était il y a neuf ans, puisque j'ai 29 ans aujourd'hui. Et effectivement, je venais à peine de sortir de prépa. Ça faisait cinq ou six jours que je venais d'intégrer une école de commerce qui est l'ESCP à Paris. Et moi, j'avais déjà envie de créer mon aventure. Il se trouve que cette rencontre a fait le déclic. Elle est venue faire atterrir cette volonté. Et deux jours après la rencontre d'Omran et Rateb, et deux jours après cette discussion, j'ai créé une association, pour commencer, qui s'appelait Wintegreat et qui avait pour but de révéler le potentiel des personnes réfugiées, qui était notre premier pas dans cette aventure pour commencer à mettre en place des petites actions de formation et d'accompagnement pour que les personnes puissent retrouver leur place, être réorientés en France. Et puis, de fil en aiguille, j'en suis venu à me rendre compte que l'association qu'on avait créée n'allait pas suffisamment potentiellement nous donner les moyens d'accompagner à la fois le nombre de personnes qu'on voulait accompagner et avec la pérennité qu'on voulait donner à notre activité. C'est pour ça que j'ai créé avec Maxime, mon associé, en 2018, une entreprise à mission qui est une entreprise de l'économie sociale et solidaire qui s'appelle Each One, qui est l'entreprise d'aujourd'hui et qui porte toujours la même mission que portait jadis l'association, mais avec aujourd'hui plus de moyens pour avancer.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Et depuis, on a pu accompagner beaucoup plus de personnes puisque c'est 3 500 personnes qui ont pu être placées en CDI, c'est 1 000 personnes qui sont formées chaque année. Il faut se dire que c'est près de 500 000 heures de formation qui sont délivrées. On est aujourd'hui une grosse cinquantaine d'employés dans l'équipe. On travaille avec presque une centaine de formateurs et on a à cœur de continuer à accompagner plus de personnes en emploi, peu importe les métiers, peu importe les envies, pour que chacun puisse révéler son potentiel et que les entreprises continuent d'y gagner. Ce que je n'ai pas dit, c'est que notre force, c'est qu'on travaille certes du côté des individus, mais qu'on travaille du côté aussi de l'économie des entreprises. Notre rôle, c'est aussi d'accompagner ces entreprises, à comprendre que quand elles vont recruter les personnes qu'on leur présente, ce n'est pas les personnes qu'elles vont aider, c'est plutôt les personnes qui vont aider les entreprises à répondre à leurs besoins et apporter beaucoup de valeur avec une motivation qui est contagieuse, avec une présence et souvent une rétention qui est plus importante et des équipes qui sont aussi transformées par la diversité que ça apporte et la diversité de points de vue qui est bonne l'entreprise.

Juliette (Chance)

Super. Merci beaucoup. On a une première question de Caroline qui demande justement le statut juridique d'Each One et pourquoi ce choix ? C'est ça qu'on parle d'entreprise à mission.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Tout à fait. Aujourd'hui, le statut juridique d'Each One, c'est une entreprise à mission agréée ESUS, c'est-à-dire entreprise solidaire d'utilité sociale. C'est-à-dire qu'on est une entreprise de l'économie sociale et solidaire, à lucrativité limitée, qui a pris des engagements en temps dans l'encadrement des salaires en interne que dans de partage de valeurs. Mais on est une entreprise. C'est-à-dire qu'on a un modèle économique dans lequel en grande partie, les entreprises et les pouvoirs publics, via les entreprises, financent les formations des individus qu'on va former, sachant qu'elles sont gratuites pour toutes les personnes réfugiées, nouveaux arrivants qu'on accompagne. Ce modèle nous permet d'avoir... Plus on forme de personnes, plus on est rémunéré pour former des personnes et plus on est rémunéré, plus on a les moyens de former plus de personnes. Le but, c'est d'avoir un modèle qui ne dépend pas fondamentalement de la subvention, même si on a un peu de subventions, ou fondamentalement de la philanthropie, pour pouvoir exister contre vents et marées sans dépendre d'une orientation politique d'un mandat ou de la bonne volonté de quelqu'un, et cela avec moins de limites de croissance et donc moins de limites d'impact en nombre de personnes qu'on veut toucher.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Voilà aujourd'hui ce statut. Je vois que Marie posait effectivement la question de franchir le cadre de l'entreprise vers l'association. C'est-à-dire qu'on s'est rendu compte avec notre association que les personnes qu'on avait accompagnées, elles étaient employables, elles étaient rendues employables, mais elles n'étaient toujours pas employées et que c'était un comble un peu dans notre histoire. Et que le travail qui fait les confasses, il était certes du côté des personnes, mais le travail d'inclusion, il est à faire du côté des entreprises et du côté des personnes. Parce que les personnes, on peut leur donner tous les moyens qu'on veut. Si derrière, il y a des recruteurs qui n'ont pas compris quels sont les profils des personnes et qui ne sont pas ouverts ne sont pas curieux vis-à-vis de ce qu'elles peuvent apporter à l'entreprise, ça ne marche pas. Et donc, du coup, on a dû faire tout ce travail de traduire ce qui est de l'ordre de l'intérêt économique des entreprises, parce que les entreprises ont un intérêt économique et a priori, elles partagent tout ça, avec ce que les personnes peuvent apporter. Cette traduction, à la fois, elle était plus facile de le faire en tant qu'entreprise, parce que parler d'entreprise à d'entreprise, ça donne une certaine crédibilité pour qu'on se pose comme tiers de confiance.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Aujourd'hui, on est vraiment positionné comme un tiers de confiance. Mais aussi, elle peut se faire de manière durable avec un modèle économique aujourd'hui, comme je le disais, que l'association n'avait pas en tant que tel, sachant qu'en tant qu'entreprise, on a d'autres avantages, c'est-à-dire qu'on peut lever des fonds auprès d'investisseurs. C'est-à-dire que pendant tout le temps où on ne tient pas sur ses deux jambes, on peut avoir une béquille qui permette ces levées de fonds qui permet de nous laisser le temps de construire à la fois l'équipe, à la fois les solutions de formation, le temps qu'on forme suffisamment de personnes pour être à l'équilibre financier et donc être indépendant en tant qu'organisation. Cette indépendance Cette recherche d'indépendance, elle est aussi beaucoup en cause dans la volonté d'être une entreprise plutôt qu'une association.

Juliette (Chance)

Ok, merci beaucoup pour ces réponses. Il y a une question de Raphaël qui concerne les profils que vous avez en interne, sans doute les différentes équipes, les salariés.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Bien sûr. Il y a beaucoup de compétences différentes dans l'équipe, parce qu'on parlait d'association/entreprise, Une particularité, c'est qu'on travaille à la fois avec des grandes entreprises, à la fois avec des individus très éloignés de l'emploi qui peuvent avoir certaines vulnérabilités, qui ont, au-delà du sujet professionnel, des défis aussi dans leur vie personnelle, de logement, parfois de garde d'enfants, etc. Et des pouvoirs publics qui viennent financer ces activités que sont France Travail, les opco, des ministères, des collectivités. Et le tout dans un écosystème de partenaires, puisqu'on n'existe pas seuls. On n'existe que grâce aux associations qui nous redirigent les personnes vers nous, grâce effectivement à toute cette activité partenariale qui est aussi là. Cette diversité d'acteurs et avec lesquels on est en lien, elle entraîne aussi une diversité de compétences dans l'équipe. C'est-à-dire qu'on a à la fois des compétences, je dirais plus, qu'on retrouve dans beaucoup d'entreprises aussi de fonctions support, des compétences de finance, des compétences de RH, des compétences managériales dans l'entreprise. Mais on a aussi des compétences de gestion de projets, c'est-à-dire des personnes qui mettent en place des projets de formation. On a des compétences d'accompagnement social et administratif dans l'entreprise.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

On a des compétences de relations entreprises, donc de vente ou d'account management dans nos équipes. On a des compétences de recrutement, c'est-à-dire pour pouvoir comprendre quelles sont les compétences des personnes qui viennent candidater à nos formations et à nos offres d'emploi pour pouvoir faire l'analyse de leur motivation, les réorienter, etc. Il faut avoir des personnes qui ont effectivement ces compétences de recruteur en interne pour pouvoir faire ces process de sélection. On a des compétences de marketing puisqu'il faut trouver les personnes. Et trouver les personnes, c'est certes par un écosystème de partenaires, mais c'est aussi par la publicité en ligne qu'on peut aller trouver des personnes qui ne sont ni accompagnées à l'association ni inscrites à faire un travail. Puis après, il y a plein de compétences partenariales parce qu'effectivement, aujourd'hui, la relation avec les pouvoirs publics, la relation avec les qui redirigent les personnes. Tout ça doit être entretenu par des personnes qui gèrent les partenariats. Aujourd'hui, on a plein de compétences qui travaillent ensemble pour pouvoir réaliser cet accompagnement, trouver les individus, poursuivre leur accompagnement par la suite et accompagner les entreprises en parallèle dans un écosystème de partenaires très divers.

Juliette (Chance)

Merci beaucoup. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ou nous raconter un peu une journée en tant que fondateur ? À quoi ressemble une journée de fondateur d'entreprise ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Je n'ai vraiment pas de journée type, pour le coup, fondateur d'entreprise, c'est-à-dire que je n'ai pas une semaine qui se ressemble. En revanche, Moi, j'ai des fonctions. C'est-à-dire que mon rôle en tant qu'aujourd'hui CEO de l'entreprise et président, il tient, je dirais, sur quatre grands périmètres d'actions. Un périmètre de stratégie dans laquelle je dois apporter des éclairages stratégiques pour pouvoir construire à moyen terme, à long terme, la feuille de route de l'organisation. C'est-à-dire là où elle va aller, quels sont les objectifs qu'on va se donner, pourquoi on va passer par ce chemin plutôt que par ce chemin, comment on va se positionner en tant qu'entreprise. C'est aussi la gouvernance de l'entreprise, c'est-à-dire que moi, je suis le garant que les décisions sont prises dans l'entreprise. La gouvernance, c'est à la fois la relation avec mon conseil d'administration, mais la relation, effectivement, avec les différents managers de l'entreprise pour s'assurer qu'ils puissent prendre leur place aussi. Et puis après, j'ai un rôle aussi de représentation externe, puisque mon rôle, c'est de porter la vision de l'entreprise à l'extérieur, de la faire connaître pour qu'elle puisse continuer à se développer. Et un rôle de développement qui est connecté, effectivement, à ce rôle de représentation, puisque directement, moi, je vais contribuer à essayer d'ouvrir des portes auprès de grands comptes d'entreprises, auprès de partenaires publics, pour qu'ensuite, les personnes de mes équipes puissent prendre le relais et à la fois vendre nos solutions d'accompagnement aux entreprises et entrer en relation avec les pouvoirs nos financeurs pour pouvoir continuer à développer l'entreprise.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Je fais la passe dans ce rôle de développeur avec le reste de mes équipes. Et puis, une chose que je n'ai pas de niche, c'est que je suis aussi le garant de la culture de l'entreprise. C'est-à-dire que l'entreprise, elle a des valeurs et des modes de fonctionnement et des comportements attendus aujourd'hui qui nous permettent, dans notre diversité, à la fois d'origine, d'expérience qu'il y a dans l'entreprise, de bien fonctionner ensemble. Et moi, je suis aussi le garant de ça.

Juliette (Chance)

C'est Super, merci beaucoup d'avoir hyper bien synthétisé avec ces cinq piliers, avec la culture d'entreprise très intéressante. On a une question encore de Caroline, c'est finalement, comment vous rémunérez dans ce cadre ainsi que les équipes ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Aujourd'hui, ce qui fait notre rémunération, c'est vraiment le fait de former des individus. C'est-à-dire que nous, on est payés pour réaliser une activité de formation. C'est-à-dire que notre objectif, c'est que les personnes soient recrutées et qu'elles soient en emploi en CDI ou en contrats longs, mais ce qui fait notre activité aujourd'hui, c'est principalement de la formation. C'est-à-dire que chaque fois qu'une entreprise vient vers nous et communique un besoin de recrutement récurrent, c'est-à-dire qu'admettons IKEA, on construit un vivier pour IKEA, puisque IKEA a des difficultés de recrutement tout au long de l'année. Donc, plusieurs fois pour IKEA, dans l'année, on va démarrer des classes de 10 à 15 personnes par territoire, à Paris, à Lille, Marseille, Lyon ou Bordeaux, de candidats qu'on va former en amont en métier de vendeur pour que IKEA choisisse ou non les recruter ou d'autres entreprises partenaires. C'est cette formation qui est rémunérée aujourd'hui et qui est rémunérée un tout petit peu par les entreprises en fonction et surtout beaucoup par France Travail et par les opco, c'est-à-dire les opérateurs de compétences qui sont rattachés aux branches des entreprises, à la demande de l'entreprise. C'est-à-dire que l'entreprise, elle a des crédits de formation.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Ce n'est pas directement dans son budget, mais c'est lié à ses cotisations qu'elle a payées de taxes, etc. Ces taxes sont utilisées pour financer aujourd'hui le système de la formation professionnelle. C'est comme ça qu'on s'assure d'être payé à la demande des entreprises par des pouvoirs publics qui utilisent ces crédits des entreprises sans que Ça, ça coûte un euro pour les personnes aujourd'hui que l'on forme. Ce qui est intéressant, c'est qu'en plus, dans ce système-là, toutes les personnes qu'on forme, elles sont rémunérées pendant la formation, ce qui est important pour pouvoir donner un cadre de stabilité pour que les personnes suivent bien la formation et d'ailleurs, aient le plus de chances de sortir à l'emploi.

Juliette (Chance)

Ok, hyper intéressant. Merci beaucoup pour cet éclaircissement qui, je pense, a suscité pas mal de nouvelles questions. On avait une question de Raphaël, il me semble, de mémoire. Non, c'est Marie, la première question qui est actuellement avocate: Est-ce que vous vous posez la question si on peut monter un projet entrepreneurial sans nécessairement avoir une formation type école de commerce ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Oui, oui et oui, totalement. On peut, puisque moi, quand j'ai monté le projet, j'avais 20 ans et ça faisait cinq jours que j'étais à l'école de commerce. Autant dire qu'on avait fait quelques fêtes, un week-end d'intégration. Là, effectivement, Le plus important quand on monte un projet, c'est un, de ne pas questionner sa légitimité, sa propre légitimité d'agir. On a tous une légitimité d'agir en tant qu'acteur. En revanche, c'est de prendre les choses pas à pas et de faire levier sur les ressources sont à portée de main. C'est-à-dire que moi, je venais de rencontrer deux personnes qui étaient réfugiées. La première chose que j'ai faite, c'est d'essayer de comprendre leurs besoins et donc de passer du temps avec ces personnes pour savoir quel est vraiment le problème que je veux résoudre. Souvent, on a une idée et souvent, on a l'idée de solution qu'on veut mettre en place avant le problème. C'est important de passer du temps à creuser le problème qu'on veut résoudre, comprendre le contexte, parce qu'une fois qu'on a bien compris le problème et bien formulé la question, dans ces cas-là, on peut commencer à porter une solution. On ne commence jamais par la solution idéale.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Nous, on a mis neuf ans pour arriver jusqu'à aujourd'hui. On commence par bricoler souvent des choses. Sauf qu'en bricolant des choses et en parlant autour de soi et en demandant de l'aide et en allant dans des événements dans lesquels il y a des entrepreneurs, etc, on commence à se faire connaître, on commence à se faire un réseau. Moi, c'est comme ça que je me suis fait mon réseau. Mon réseau, je ne me suis fait pas beaucoup par rapport à l'école parce que quand j'étais en école, la plupart de mon réseau, ils étaient encore étudiants aussi en école. Ce n'était pas mon réseau qui était la plus grande aide. Donc, j'ai dû me faire un réseau professionnel en parallèle de l'école, de personnes qui avaient déjà des fonctions, potentiellement de recrutement, qui travaillaient dans des entreprises pour pouvoir commencer à faire recruter les candidats que je voulais accompagner. Et donc, pour cela, il a fallu que je me déplace, que je pitch le projet. Un projet qui était incompréhensible au départ, qui était très mal pitché. Mais ce que je savais et ce qui était clair, c'est que j'avais une volonté. J'avais vu un problème que je voulais résoudre et j'étais dans une démarche de toujours mieux comprendre ce problème et commencer à mettre des petits bouts de solutions pour à la fin lancer des prototypes et commencer à lancer des formations.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Au départ, les formations qu'on a mis en place, elles étaient vraiment nulles. D'ailleurs, tellement nulles que les candidats qu'on voulait accompagner, ils ne venaient pas. Donc c'est bien parce qu'on remet à notre place. Et petit à petit, on s'est remis en question juste à ce que ça fonctionne. Je pense que c'est ça qui est important. C'est un, de ne pas remettre en question sa propre légitimité de personne, d'agir, d'être dans une posture vraiment de questionnement, de comprendre les problématiques et après de persévérer et de toujours avancer et de demander de l'aide autour de soi. Parce qu'en général, quand on demande de l'aide, on vous reçoit et on vous aide. Et si on ne vous aide pas, il faut le demander à quelqu'un d'autre. Et en général, il y a toujours une personne pour vous écouter.

Juliette (Chance)

Merci beaucoup pour ce partage, Théo. On a une question d'Élise. Si on prend ton parcours, est-ce que tu penses qu'il faut passer nécessairement sur Paris ou est-ce que c'est possible d'avoir tout ce développement et l'inspiration hors dehors de Paris ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

C'est absolument possible de l'avoir en dehors de Paris. Après, si je n'avais pas été à Paris, j'aurais fait quelque chose de différent. Être à Paris, ça aussi, en fonction de la structure qu'on veut créer, des avantages. Étant donné que nous, par exemple, on travaille avec des grands groupes et que la plupart des centres décisionnaires aujourd'hui des grands en France sont à Paris et qu'on est un pays qui est très centralisé, ça a facilité les rencontres et les échanges dans un premier temps et la constitution d'un réseau. Pareil dans la recherche de financements. Aujourd'hui, la plupart des investisseurs sont aussi à Paris, même si il y en a dans toutes les villes de France. Alors, ça nous a laissé immédiatement plus de chances de croiser du monde et de nous de faire un avis et de rencontrer nos futurs partenaires pour faire nos choix et aussi nous faire connaître vis-à-vis d'eux. Donc, c'est un avantage d'être à Paris aujourd'hui en France quand on entreprend, parce que Paris concentre aujourd'hui beaucoup de centres de décisions. Maintenant, il y a Il y a des milliers d'exemples aujourd'hui d'organisations qui se créent et qui ne sont pas créées à Paris.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Et aujourd'hui, avec la visio et les réseaux sociaux de manière générale, il n'y a plus de barrière. Maintenant, moi, je fais partie des personnes qui pensent qu'à un moment donné, il faut que les corps se croisent parce que c'est aussi comme ça qu'on donne de la confiance. En ligne, c'est bien pour prendre contact. À un moment donné, quand on rentre dans une aventure, quand on se met à travailler ensemble, il faut se voir et donc il faut se déplacer. Je ne cacherai pas effectivement que Paris a cet avantage-là, mais que ce n'est absolument pas une condition cinéconone pour se lancer. Et ça ne devrait surtout pas être limitant, où qu'on soit en France, pour créer quelques projets que ce soit.

Juliette (Chance)

Super. Merci beaucoup pour ce retour. On a une question de Johanna, c'est: est-ce que vous travaillez uniquement sur le territoire français avec des personnes francophones ? Oui ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Absolument, oui. On travaille sur le territoire français avec des personnes francophones, des personnes étrangères francophones et des personnes francophones françaises aujourd'hui. C'est-à-dire que notre métier, c'est d'accompagner, principalement dans notre cœur de cible, des personnes qui ont un défi d'intégration qui est lié à leur passé migratoire, parce que ces personnes ont des besoins spécifiques. Des besoins de langues souvent spécifiques ou des besoins de code socioprofessionnel spécifique vis-à-vis du nouveau pays qu'elle rencontre. Qui dit à une condition spécifique et des besoins spécifiques, il a nécessité de mettre en place des solutions spécifiques. Maintenant, si une personne qui Quel que soit son statut, a des besoins qui peuvent être similaires ou partagent cette condition, il n'y a rien aujourd'hui qui l'empêche de rentrer dans nos formations. Donc c'est important d'être plus que, je le dis, souvent plus que se focaliser sur les statuts, se focaliser sur le besoin des gens. Aujourd'hui, on a mis en place des solutions qui permettent de répondre à des besoins particuliers que rencontrent souvent, parce qu'on l'a observé, la plupart des personnes qui sont aujourd'hui étrangers en France, nouveaux arrivants, qui sont réfugiés, qui seront très probablement encore en France dans 20 ans, mais qui, malheureusement, rencontrent aujourd'hui et doivent attendre 10 ans pour retrouver un travail tout juste stable.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Dix ans de gâchis et 10 ans à ne pas révéler le potentiel et permettre aux personnes de contribuer, d'être actives dans l'économie, d'être actives dans la société, de se sentir intégré et de travailler ensemble.

Juliette (Chance)

Merci. Merci pour cette explication. Le live passe très vite. J'essaie de... Désolée, on enchaîne les questions. On a une question de Raphaël. Concernant les personnes qui, du coup, sont embauchées dans vos entreprises partenaires, comment vous vous assurez de leur intégration, leur onboarding ? Est-ce que vous les suivez une fois qu'elles intègrent ces entreprises ?

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Absolument, on les suit. Déjà, ce qui est important, comme je le disais, c'est de souligner le fait que pour nous, c'est très important de former les personnes avant qu'elles soient recrutées. Même si une personne, elle est prête, de notre point de vue, à être embauchée, étant donné qu'il y a un fossé entre souvent les attentes des recruteurs et le profil un peu en dehors de canaux traditionnels de recrutement des personnes qu'on accompagne, on reforme tout le monde, trois mois et demi, sur le métier et sur les exigences de l'entreprise pour qu'à la fin, les personnes soient déjà en capacité d'être opérationnelles ou qu'elles aient des chances, en tout cas, de bien intégrer l'entreprise. En parallèle, ce qui est hyper important pour nous, c'est que les managers et les collaborateurs de l'entreprise, ils seront engagés dans la démarche. Mais engager dès la démarche, ça ne veut pas dire qu'ils se disent: Moi, j'ai envie de m'engager pour la cause des personnes réfugiées. Engager dans la démarche, non. C'est qu'ils aient compris ce qu'ils allaient y gagner. Et c'est hyper important ça parce que moi, je n'attends pas que tout le monde soit convaincu ou militant. Ce n'est pas le sujet.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Moi, ce que je pense, c'est qu'il existe aujourd'hui une solution qu'on met en place qui permet à tout le monde d'être gagnant. Et si tout le monde comprend en quoi il peut être gagnant dans cette situation, en quoi il peut tirer son épingle du jeu, alors dans ces cas-là, il n'y a plus besoin d'être convaincu fondamentalement ou socialement par rapport à la cause. On a déjà les ingrédients pour se mettre en mouvement. Et aujourd'hui, les collaborateurs qu'on accompagne, souvent, on a des décisionnaires, des top management qui sont hyper promoteurs, hyper engagés pour l'inclusion, etc. Mais les collaborateurs ne le sont pas forcément tout autant. Il y en a qui le sont parfois énormément, il y en a qui le sont moins. Mais ce qui est important, c'est de comprendre que dans tous les cas, ils ont un agenda opérationnel qui est très chargé, qu'ils vont se poser une question, c'est: Qu'est-ce que cette initiative vient faire dans mon quotidien et quel est l'impact qu'elle va avoir ? Et comment ça s'intègre bien dans mon agenda et comment ça répond à mes besoins ? C'est ça que je fais aussi en parallèle. C'est ça que font nos équipes.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

C'est d'accompagner ces managers et ces collaborateurs en parallèle de la formation des futurs recrues pour qu'ils comprennent vraiment fondamentalement en quoi cette démarche est là pour les aider à eux, pour aider l'entreprise et en quoi ils sont vraiment partie prenante d'un programme qui va aussi leur apporter, leur enlever une épine du pied, les énergiser, les aider, leur créer de la joie, de la satisfaction, de la motivation, de l'engagement. Et c'est tout ça qui est important. C'est aussi important de mettre les tabous sur la table. On est dans une période, on le voit, à quel point dans dans lesquels les préjugés sont très présents, dans lesquels on a l'habitude d'antagoniser les personnes, les immigrés, les non-immigrés, etc. Pour nous, c'est important de remettre aussi tous les préjugés sur la table, que les choses puissent être dites, que les peurs puissent être évacuées et de montrer qu'en réalité, on n'est pas dans le champ de la peur. Là, on est dans le champ de la construction, de la réponse à un besoin. On est dans le champ du travailler ensemble. En général, on le voit quelques mois après, même quand il y a des sceptiques, les gens viennent nous voir et nous disent: On s'était trompé.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Les personnes qu'on a recrutées sont incroyables. Ça nous a sauvé notre entreprise. On a pu éviter de fermer notre magasin grâce à vous. C'est quand qu'on peut recommencer à recruter, etc. Aujourd'hui, souvent, on voit les collaborateurs sont unanimes après, mais ça n'empêche pas qu'il y a des résistances, parfois au départ, des résistances qui doivent être comprises et évacuées en s'ancrant dans les besoins des uns et des autres.

Juliette (Chance)

Super. Merci beaucoup Théo. Le live est passé incroyablement vite. Il est déjà l'heure de se quitter. Si jamais vous avez des questions, n'hésitez pas à aller voir ce que fait Each One, à creuser si vous êtes peut-être en période de recrutement. Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont d'être assisté à ce live. Merci à toi, Théo, d'avoir pris ce temps de répondre à l'ensemble des questions. Si jamais vous êtes intéressé de rejoindre la communauté d'entraide Chance, je vous mets le lien sur le chat.

Théo Scubla (Fondateur d'une startup à impact)

Merci beaucoup, à vous en tout cas. Merci pour votre présence. C'est ravi d'avoir pu échanger avec vous et à votre disposition si besoin pour la suite. Merci à vous.

Juliette (Chance)

Merci à toutes et à tous pour ce bel échange. Et on vous dit sans doute à très vite, peut-être sur un métier au courant de la semaine. Je vous remercie et je vous souhaite une très bonne journée. Au revoir.

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