Sommaire

Fiche métier : fondatrice ou CEO d’une start-up dans la santé des femmes

Résumé en 10 secondes

  • Mission : créer et développer une solution de santé mentale pour les personnes touchées par l’infertilité et d’autres sujets de santé sexuelle et reproductive.
  • Contexte : le médical peut être bien organisé, mais la détresse émotionnelle reste peu prise en charge.
  • Point fort : le métier relie entreprise, santé, recherche, produit digital et vécu humain.
  • Vigilance : au lancement, les revenus peuvent être faibles ou inexistants. La transition financière doit être pensée tôt.
  • Première étape : parler aux personnes concernées, faire des entretiens, comprendre le besoin réel avant de créer l’offre.

CIPA → Contribution : public cible, cause ; Activités quotidiennes : moteurs, compétences ; Vie personnelle : revenus.

Mission & ce qu’on fait concrètement

Missions principales : identifier un besoin, écouter les personnes concernées, concevoir une offre, sensibiliser les entreprises, construire un réseau médical, animer des ateliers, créer un parcours de santé mentale, chercher des financements et vendre la solution.

Le cœur du métier consiste à faire tenir ensemble deux mondes : l’intime et l’organisationnel. D’un côté, il y a des personnes qui vivent un parcours PMA, une infertilité, de l’endométriose ou un syndrome des ovaires polykystiques. De l’autre, il y a le travail, les managers, les DRH, les contraintes d’équipe, l’absentéisme, le silence autour de sujets encore tabous.

Fatoumata Ly, cofondatrice et CEO d’une start-up dans la santé des femmes, résume ce point de départ avec précision : “Très souvent, on va avoir un très bon protocole médical pour justement faire des FIV, commencer un parcours PMA, donc le côté médical et côté plutôt hôpital est plutôt bien rodé, accompagné. Mais toute la détresse émotionnelle n’est vraiment pas prise en charge.”

Journée type possible : préparer un atelier sur l’infertilité pour une entreprise, échanger avec des psychologues pour relire un contenu, analyser des retours de patientes, travailler avec une personne en UX research sur une maquette, répondre à des messages reçus via le site, prospecter des entreprises, préparer une newsletter, chercher une bourse ou un financement.

CIPA → Activités quotidiennes : champ professionnel, compétences ; Contribution : cause, public cible.

Compétences & qualités clés

Compétences techniques : recherche utilisatrice, conception de parcours, développement d’offre, animation d’ateliers, prospection commerciale, coordination de projet, marketing, produit digital, compréhension des enjeux de santé publique.

Compétences humaines : écoute, tact, rigueur, capacité à parler de sujets intimes sans brusquer, adaptabilité, persévérance, sens du collectif, capacité à collaborer avec des profils très différents.

Outils et supports cités : plateforme en ligne, parcours de quatre semaines, journal d’exercices, audios, articles, cercles de parole, scoring de santé mentale, newsletter, site web, Instagram, LinkedIn.

Une compétence revient comme un fil rouge : savoir faire dialoguer des univers qui ne se parlent pas toujours. La santé, la tech, l’entreprise, l’expérience des patientes et la recherche n’ont pas les mêmes mots, les mêmes rythmes, ni les mêmes preuves. La fondatrice ou le fondateur doit créer des ponts.

CIPA → Activités quotidiennes : compétences, outils ; Interactions : culture, dynamique de travail.

Conditions de travail

Cadre : structure entrepreneuriale récente, petite équipe, collaboration avec freelances, comité scientifique, entreprises clientes et professionnel·les de santé.

Lieux, horaires, télétravail, déplacements : non précisé. À clarifier : lieu principal de travail, part de télétravail, déplacements en entreprise ou congrès médicaux, volume horaire hebdomadaire.

Rémunération : au départ, les cofondatrices ne se rémunèrent pas. Le projet est soutenu par trois bourses, du conseil réalisé en parallèle et des revenus générés auprès des entreprises. Une rémunération doit être mise en place ensuite.

Statut : fondatrice et CEO de start-up. Des freelances interviennent en santé publique, UX research, maquette et développement.

Certifications ou obligations légales : non précisé. À clarifier : cadre réglementaire exact d’un parcours de santé mentale, obligations liées aux données de santé, contrats avec les entreprises et professionnel·les de santé.

CIPA → Interactions : type de structure, cadre ; Vie personnelle : revenus, statut, rythme.

Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi

  • Impact direct : le travail touche à la vie des gens, à leur santé mentale, à leur capacité à ne pas rester seul·es face à un parcours difficile.
  • Sens fort : la santé des femmes est décrite comme une mission d’utilité publique, avec beaucoup de chemin à rattraper.
  • Rencontres riches : médecins, psychologues, sages-femmes, DRH, dirigeant·es, patientes, freelances, chercheur·ses.
  • Création concrète : partir d’entretiens, tester, construire, améliorer, mesurer.
  • Petit battement de cœur : quand un besoin réel rencontre une solution utile, le métier peut donner le sentiment d’être exactement à sa place.

Mini-histoire : deux cofondatrices identifient une douleur claire. Elles mènent une centaine d’entretiens. Elles constatent que santé reproductive et travail se heurtent souvent. Elles choisissent alors d’agir par l’entreprise, avec des ateliers et un parcours de santé mentale construit avec des professionnel·les.

CIPA → Contribution : impact, cause ; Activités quotidiennes : moteurs ; Interactions : cadre.

Inconvénients & points de vigilance

  • Rémunération tardive : ne pas se payer peut fragiliser. Piste : prévoir une rémunération, même symbolique, plus tôt.
  • Charge mentale financière : entreprendre sans revenu demande un filet de sécurité. Piste : nommer clairement le coût réel, surtout si l’on est seul·e.
  • Besoin d’évangélisation : en France, la prise de conscience en entreprise est encore au début. Piste : produire des données, des rapports, objectiver le sujet.
  • Crédibilité santé : quand on n’est pas médecin, il faut s’entourer. Piste : construire un comité scientifique et un réseau de professionnel·les.
  • Sujets sensibles : infertilité, PMA, santé mentale et deuil peuvent être lourds. Piste : avancer avec lenteur, soin et rigueur.

“Je dirais, avec du recul, je pense qu’on se serait au moins rémunéré avant, même symboliquement, même 500 €. Parce que je pense que c’est un biais féminin d’une part et d’autre part, ce n’est pas très valorisant.”

CIPA → Vie personnelle : revenus, rythme ; Interactions : crédibilité, culture de marché.

Comment y accéder

  1. Se renseigner / clarifier : identifier une problématique réelle. Ici, le point de départ est la détresse émotionnelle liée à l’infertilité et à la santé sexuelle et reproductive.
  2. Se former / valider : non précisé. À clarifier : formations utiles en santé publique, entrepreneuriat, produit, psychologie, réglementation santé.
  3. Constituer des preuves : mener des entretiens, écouter les personnes concernées, documenter les besoins, tester les formats, construire des données.
  4. Obligations légales / certifications : non précisé. À clarifier : données de santé, responsabilité médicale, encadrement d’un outil de santé mentale.
  5. Candidater / démarcher : approcher des entreprises, DRH ou dirigeant·es, avec une offre claire : ateliers, sensibilisation, parcours pris en charge par l’entreprise.
  6. Réseauter : rencontrer gynécologues, endocrinologues, psychologues, sages-femmes, chercheur·ses, freelances produit et tech, participer à des congrès médicaux.

Trois questions CIPA prioritaires à clarifier : quelle contribution voulez-vous vraiment porter ? Quel niveau de revenu et de sécurité vous faut-il ? Quelles activités quotidiennes vous donnent de l’énergie plutôt que de vous vider ?

CIPA → À clarifier : contribution, vie personnelle, activités.

Astuces

  • Commencez par écouter : une centaine d’entretiens ont permis de mieux comprendre les besoins avant de figer la solution.
  • Entourez-vous vite : un réseau de professionnel·les de santé renforce la qualité et la légitimité.
  • Osez les bourses : trois bourses ont aidé à financer le parcours, le marketing et les investissements.
  • Ne restez pas seul·e avec le flou : échangez avec des personnes qui ont déjà entrepris, notamment sur l’argent.
  • Gardez la rigueur : sur des sujets de santé mentale, mesurer l’effet du parcours compte autant que le lancer.

CIPA → Activités quotidiennes : routines, outils ; Interactions : collaboration, réseau.

Retours d’expérience

Le parcours combine plusieurs mondes : enfance dans une ville minière en Guinée-Conakry, lycée franco-tunisien à Tunis, études à Montpellier, expérience aux États-Unis dans un collège pluridisciplinaire, alternance en marketing à Paris, neuf ans dans une organisation financière, première aventure entrepreneuriale dans l’hôtellerie, puis conseil sur un projet de plateforme en ligne pendant la pandémie.

La bascule arrive après une période de pause pour prendre soin de sa santé, puis une réflexion sur le sous-financement de la santé sexuelle et reproductive. L’expérience personnelle du syndrome des ovaires polykystiques, d’un parcours PMA et d’un arrêt de grossesse tardif nourrit aussi la manière d’aborder le sujet, avec prudence et exigence.

“Même si au quotidien, je ne pense pas à mon histoire et qu’au quotidien, c’est surtout les histoires des femmes qui me nourrissent et des personnes qui nous écrivent [...], c’est aussi ça qui me renforce dans le fait que c’est important ce qu’on fait.”

Repères chiffrés : entreprise montée il y a deux ans, environ cent entretiens menés, parcours de quatre semaines, atelier auprès de 200 personnes inscrites, réseau d’environ quarante professionnel·les, trois bourses obtenues.

CIPA → Activités : moteurs, compétences transférables ; Vie personnelle : santé, transition, rythme.

Évolutions & passerelles

Évolutions possibles citées : consolider l’équipe, recruter, intégrer des talents freelances en interne, mieux rémunérer ou recruter les membres du comité scientifique, augmenter les revenus via les entreprises, développer des partenariats avec des instituts de recherche.

Spécialisations : santé mentale liée à l’infertilité, sensibilisation en entreprise, fertilité au travail, santé publique, produit digital, recherche utilisatrice, données et rapports sur la santé des femmes.

Métiers voisins observables : entrepreneuriat santé, produit digital santé, UX research, santé publique, développement commercial B2B, animation d’ateliers, coordination scientifique.

Ce qui change dans CIPA : plus l’entreprise grandit, plus la contribution peut toucher de personnes ; les interactions deviennent plus nombreuses ; la vie personnelle peut se stabiliser si les revenus suivent ; les activités passent davantage de la construction à la structuration.

CIPA → Contribution : rayonnement ; Interactions : équipe, partenaires ; Vie personnelle : revenus.

FAQ

Faut-il être médecin pour créer une start-up dans la santé des femmes ?

Pas forcément dans ce cas précis. Les cofondatrices ne sont pas médecins, mais elles ont construit un écosystème avec gynécologues, endocrinologues, psychologues, sages-femmes et spécialistes de santé publique.

Comment la solution gagne-t-elle de l’argent ?

Le revenu principal vient des entreprises : ateliers, sensibilisation et parcours de santé mentale pouvant être pris en charge pour les collaboratrices et collaborateurs.

Est-ce que les professionnel·les de santé sont rémunéré·es ?

Un comité scientifique aide bénévolement. L’objectif exprimé est de mieux intégrer ces personnes quand les moyens financiers le permettront.

Quels profils peuvent aider une start-up comme celle-ci ?

Les domaines cités sont santé publique, UX research, maquette, développement, produit, recherche et opérations.

Le marché est-il mature en France ?

La prise de conscience commence. Les entreprises anglo-saxonnes sont décrites comme plus avancées et plus pragmatiques sur ces sujets.

Ressources citées

  • Site : nintihealth.com
  • Contact : hello@ninti.io
  • Canaux cités : LinkedIn, Instagram, newsletter.
  • Organisations citées : EFMA, EDHEC, Institut Covid-19 Ad Memoriam.

Tenir la ligne entre soin, ambition et réalité

Ce métier demande une forme d’équilibre rare : vouloir changer les choses, sans brûler les étapes ; porter une cause forte, sans oublier de se payer ; écouter l’intime, sans perdre la rigueur ; parler aux entreprises, sans lisser la réalité humaine.

Si cette voie vous attire, commencez simplement : choisissez un sujet de santé ou de société qui vous touche, puis rencontrez cinq personnes concernées. Écoutez avant de proposer. Notez les mots qui reviennent. Regardez aussi votre propre vie : de combien avez-vous besoin pour avancer sans vous mettre en danger ?

Action Contribution : formulez en une phrase le problème que vous voulez soulager.

Action Vie personnelle : posez votre seuil minimum de sécurité financière.

Action Activités : testez une mini-enquête de terrain avec quelques entretiens. C’est souvent là que le projet commence à battre juste.

CIPA → Contribution : cause ; Vie personnelle : revenus ; Activités quotidiennes : écouter, tester, construire.

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