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Fatoumata Ly, Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme

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Transcription complète

Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau live métier. Bonjour Fatou Mata.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Bonjour Marine. Bonjour à tous. Enchantée.

Marine (Chance)

Enchantée et merci d'avoir répondu présente à notre invitation. Désolée pour le petit retard, les live s'enchaînent et du coup, ça arrive que parfois, ça déborde un petit peu. Le but ici, c'est que ce soit interactif, donc n'hésitez pas à poser des questions dans le chat et on y répondra avec plaisir et à nous dire aussi d'où vous nous écoutez, pourquoi vous êtes venus découvrir cette voie professionnelle, est-ce que vous êtes dans la santé, est-ce que vous êtes avec un projet entrepreneurial vous-même. C'est hyper intéressant de savoir qui est derrière ce live. Pour celles et ceux qui ne nous connaissent pas, Chance, c'est un bilan de compétences, c'est une communauté d'entraide professionnelle pour aider toutes les personnes à trouver leur juste place dans le monde du travail ou à réajuster ce qui doit l'être. Et dans le parcours, on invite beaucoup à explorer et c'est ce qu'on va faire via ces live métiers. Et je tenais à redire encore merci à Fatou Matta qui est présente malgré un gros rhume. Bonjour Amandine de Barcelone, tu as de la chance parce qu'ici, c'est la pluie parisienne. Bonjour Mélanie. Pour commencer, bonjour Mélanie qui est professionnelle de santé.

Marine (Chance)

Mélanie ou Mélodie, je ne sais pas, Mel. Pour commencer, Fatoumata, est-ce que tu peux nous dire qui tu es, ton parcours et comment tu es arrivée à être maintenant une entrepreneuse dans la santé de la femme ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, avec plaisir. Merci beaucoup Marine et Chance pour cette belle opportunité pour partager mon parcours. Je suis Fatoumata Li, je suis une des cofondatrices de Ninti. Nous sommes deux cofondatrices. Ninti est une entreprise qui a pour ambition de vraiment accompagner les personnes qui ont un diagnostic d'infertilité. Très souvent, on va avoir un très bon protocole médical pour justement faire des FIV, commencer un parcours PMA, donc le côté médical et côté plutôt hôpital est plutôt bien rodé, accompagné. Mais toute la détresse émotionnelle n'est vraiment pas prise en charge. Dans des très grands centres à MP, des fois, ils vont avoir un psychologue pour le centre ou une psychologue. L'inti est un parcours de santé mentale spécifique aux personnes qui ont une détresse émotionnelle liée à leur santé sexuelle et reproductive. On a monté l'INTI il y a deux ans. Mon parcours, très rapidement. Moi, je suis née et j'ai grandi dans une ville minière en Guinée-Conakry. C'était un environnement très international dès le départ, parce que la ville minière était gérée par une organisation américaine. J'ai fait une école internationale avec des personnes de plein de pays différents. L'école s'arrêtait en troisième. C'était une école, souvent, qui avait été faite à la base pour les enfants des expats.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

C'étaient les Occidentaux qui venaient vivre en Guinée. Moi, j'ai été la première promo de locaux à pouvoir accéder à l'école. Et elle s'est arrêtée en troisième parce que souvent, ils voulaient amener leurs enfants à étudier dans leur pays respectif. Et du coup, à 14 ans, j'ai été vivre avec ma tante en Tunisie. Je suis partie avec mes deux valises et j'ai fait un baccalauréat littéraire à Tunis, dans un lycée franco-tunisien. C'était un baccalauréat français, mais en candidate libre que j'ai eu. Et suite à ce baccalauréat, j'ai eu l'opportunité de poursuivre mes études supérieures en France. Je suis arrivée avec les mêmes valises à Montpellier, où j'ai fait une fac de lettres Grâce à la Bourse du Languedoc-Roussillon, j'ai pu avoir l'opportunité de faire des études aux États-Unis. Donc, j'ai fait un liberal art college, qui est des collèges assez, comment dire, pluridisciplinaires, qui réunissent plein de parcours et de pédagogies différentes, tant sur les sciences dures que sur les sciences humaines et sociales. Ça, c'était en 2008. Je suis arrivée à Paris en 2009, où j'ai fait une alternance en marketing et j'ai tout de suite travaillé dans une organisation financière qui s'appelle l'EFMA. Je suis restée neuf ans à l'EFMA et j'ai quitté l'EFMA en 2018 pour faire ma première aventure entrepreneuriale dans l'hôtellerie.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Et j'ai quitté cette aventure entrepreneuriale fin 2019 pour prendre soin de ma santé et l'histoire de Ninti est née à partir aussi de cette fenêtre du vide qui m'a permis de me poser pas mal de questions, de trouver qu'en 2023, c'était quand même... En tout cas, 2020, 2023, c'était assez incohérent que ce sujet lié à la santé sexuelle soit si sous financé, tant au niveau des recherches, c'est 4% quand même des fonds dédiés à la recherche scientifique qui vont à la santé des femmes. Donc, on a encore beaucoup de chemin à rattraper. Les femmes ne sont dans les essais cliniques que depuis 1993. Du coup, ça montre à quel point il y a énormément de travail. Je pense que tout le monde a sa place à prendre parce que c'est une mission qui est vraiment d'utilité publique et en même temps, la santé, c'est un environnement où on a beaucoup de... Comment dire ? C'est dur et en même temps, au quotidien, on parle avec des personnes assez incroyables et on reçoit aussi des On est dans l'humain, c'est que de l'humain et on touche à la vie des gens. Donc c'est assez chouette.

Marine (Chance)

Génial. Merci beaucoup. J'ai plein de questions qui sont arrivées, notamment sur le projet d'avant, où tu as eu beaucoup à prendre. Mais on verra si on a le temps d'y revenir parce que le côté entrepreneur, évidemment, est aussi une facette passionnante pour toutes seules, ceux qui nous écoutent et qui peuvent avoir envie de se lancer. Qu'est-ce qui a été le déclic pour toi, même si tu l'as un petit peu dit, pour lancer ton entreprise. Et est-ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste ? Quels sont les services, ton offre, comment tu l'as créée et comment ça se passe aujourd'hui pour toi, à la tête de cette récente entreprise ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Au départ, avec Olga, on ne s'était pas dit qu'on allait monter une boite. Je pense que c'est ça qui est intéressant aussi, c'est qu'on a identifié une problématique qui, au final, concernait toutes les personnes à qui on parlait. On s'est dit: Quand on parle du fameux pain, est-ce qu'il existe sur ce sujet ? Il n'y a pas de débat, il existe. En même temps, en regardant les solutions, que ce soit de l'accompagnement émotionnel, que ce soit au niveau des parcours de santé, des soins de support, tout ce qui pouvait contribuer à soulager ou prévenir ou avoir une approche préventive sur ces sujets liés à la santé sexuelle et reproductive, on trouvait qu'il n'y avait pas grand-chose. Et du coup, on s'est dit... Au départ, c'était vraiment une conversation de se dire: On va commencer par faire une recherche utilisatrice pour comprendre comment est-ce qu'une solution qu'on pourrait créer peut répondre au mieux aux besoins. On n'a rien inventé quelque part. Je pense qu'il y a énormément de gens qui se posent des questions au quotidien sur cette thématique. On a fait énormément d'entretiens, une centaine d'entretiens. Et tous les jours, on parle avec des femmes qui ont une variété de conditions.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Ça va de l'endométriose, au syndrome des ouverts poliquistiques à une infertilité. Pendant ces entretiens, on a quand même réalisé qu'à un moment, il y avait une impression de Il y avait une dissonance entre ce sujet de la santé sexuelle, ce peut-être désir d'enfant ou cette réflexion sur la planification familiale qui allait arriver, et le monde du travail, ma carrière Est-ce que c'est compatible ? J'ai de l'endométriose pendant trois jours dans le mois, je ne peux vraiment pas travailler, mais je n'ose pas en parler à mon manager. Est-ce que je peux en parler ? On a fait le choix de prendre l'angle du monde du travail, ce qu'on vient du monde de l'entreprise avec Olga. Et concrètement, ce qu'on fait chez Ninti aujourd'hui, cette semaine, par exemple, c'était la semaine dernière, on a fait un atelier sur l'infertilité auprès de 200 personnes inscrites, collaborateurs d'une entreprise. Donc, pour expliquer concrètement comment ça se manifeste, c'est quoi le diagnostic, qu'est-ce que ça implique en termes de procédure médicale, pourquoi est-ce que ça peut jouer sur notre santé mentale et du coup, sur notre travail. Comment, en tant que manager, je peux, pas m'éduquer, mais être sensibilisée au sujet pour être un meilleur manager et du coup, pour mieux aussi accompagner mes collaborateurs et mes collaboratrices.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Et à côté de ça, on a un parcours de santé mentale qu'on a co-construit avec un centre de psychologie et des gynécologues, des gens de la santé publique de quatre semaines. On lance d'ailleurs notre première cohorte ce soir où on a des femmes qui ont un diagnostic types d'infertilités qui sont activement en parcours PMI, qui sont dans le monde du travail et qui ont l'impression qu'elles doivent choisir. En tout cas, qu'elles n'y arrivent pas et qu'elles ont une détresse émotionnelle assez forte. Ces quatre semaines de parcours vont leur donner des clés de de résilience à travers... On a des exercices à travers un journal, on a de l'audio, des articles, des cercles de parole et on se base sur des évidences scientifiques et un scoring de santé mentale qui a vraiment été aussi adapté au sujet de l'infertilité. L'idée, c'est que quatre semaines après le parcours, elles puissent refaire leur diagnostic de santé mentale et qu'elles puissent voir si le parcours les a vraiment aidées ou pas. On sur la sensibilisation auprès des collaborateurs pour mieux accompagner et concrètement, l'action en offrant cet outil de santé mentale spécifique à la santé des femmes, que les entreprises peuvent aussi prendre en charge pour leurs collaborateurs et leurs collaboratrices.

Marine (Chance)

Génial. Je vois que les premières questions arrivent dans le chat. Il y a Mel qui demande: travaillez-vous avec des professions de santé ? Comment se passent les interactions ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, on travaille avec des gynécologues, des endocrinaux, des psychologues. Le parcours de santé mentale, on a construit avec des psychologues. Ce qu'il faut dire, c'est qu'au départ, on n'avait pas pensé à monter une boite. On a fini par monter une boite. D'ailleurs, tout le monde nous demande toujours si Comment va notre asso, parce que je pense qu'il y a un petit biais à santé des femmes, c'est forcément de l'association et de la philanthropie, mais non, en fait, c'est les 50% de la population et on n'est pas une minorité, donc on mérite des offres et des et du soutien. On a passé une bonne année pour être très transparentes à créer notre réseau. C'est-à-dire qu'on n'est pas médecin avec Olga, on vient plutôt avec notre casquette de femme du monde de l'entreprise, passionnés par le digital, la tech, le produit et en même temps engagés aussi, parce que c'est des sujets de société, mais on n'est pas médecin. Il fallait vraiment tout de suite qu'on réussisse à construire un écosystème de professionnels pour nous entourer et pour nous accompagner. On a mis un an à vraiment consolider cet écosystème, à tester, à échanger, faire des congrès médicaux, donc sortir vraiment beaucoup de sa zone de confort.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

En même temps, c'est chouette parce qu'aujourd'hui, on a un écosystème. On a une quarantaine de professionnels avec lesquels on collabore, on est en lien. Quand on a des ateliers en entreprise sur des sujets très spécifiques, on fait appel à eux, ils ou elles viennent intervenir. Quand on a des parcours de santé mentale qu'on souhaite personnaliser en lien avec la santé sexuelle, on a un réseau de gynéco, de sages-femmes qu'on peut aller solliciter. Du coup, c'est vrai que c'est assez chouette de bosser avec eux aussi.

Marine (Chance)

Je me posais la question. Tu expliques que tu as fait toute la partie recherche, on a moins, etc. Est-ce que tu as eu des compétences que tu as acquis dans ta vie d'avant qui t'a permis d'être à l'aise sur les user research ? Est-ce qu'il y a eu des compétences ? C'est d'ailleurs souvent ce qu'on apprend dans le parcours champ, c'est les fameuses compétences transférables. Quelles armes tu as vues pour pouvoir mener à bien le projet Ninti ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Juste avant Ninti, j'ai fait du conseil pour un institut qui s'appelle l'Institut COVID-19 AdMemorial, qui est un consortium de chercheurs pendant la pandémie, qui se sont mis ensemble pour essayer de comprendre comment En tout cas, quelles tendances et quelles émotions ont été auprès des concitoyens pendant cette pandémie. Moi, j'étais en charge de faire le lien entre les gens du produit, du DEV et de l'Institut COVID-19 à DeLimoriam. On a créé une plateforme en ligne qui s'appelle Histoire de Crises. Du coup, ce projet m'a clairement donné des compétences. En tout cas, le fait déjà de faire travailler des personnes qui sont de milieux aussi différents, parce que l'académique et la tech, ce n'est pas des mondes qui se côtoient souvent. Ça m'a permis, en tout cas, d'avoir cette adaptabilité pluridisciplinaire, ce qu'on fait chez MIMTI au quotidien, parce qu'on parle tant à des DRH, l'entreprise ou des dirigeants, qu'à des médecins, des gynéco, des endocrinaux, des sages-femmes, qu'à des patientes directement qui ont une détresse émotionnelle. Cette mission de Cet conseil, je pense, m'a beaucoup appris parce que j'avais fait de la recherche utilisatrice. J'étais vraiment le chef d'orchestre entre l'équipe du dev, l'équipe du produit, les chercheurs au niveau académique et toutes les histoires des concitoyens qui étaient racontées aussi.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

On allait chercher, on faisait des événements pour aller au contact des citoyens pour leur demander simplement comment est-ce qu'ils avaient vécu la pandémie, comment est-ce qu'ils la vivent, quelles les conséquences dans leur vie. Ça aussi était un moment qui m'a aussi nourrie parce que énormément de femmes aussi, pendant ce projet, racontaient à quel point elles vivaient une détresse émotionnelle qui n'avait pas du tout été rendue visible. On a parlé beaucoup de santé mentale. On a moins parlé de la santé mentale particulièrement sur les femmes et comment elle a été particulièrement prédominante.

Marine (Chance)

Merci beaucoup. Je vois que les questions continuent d'arriver. Mel demande si les professionnels de santé vous aident bénévolement et comment vous arrivez, si tu y arrives, je ne sais pas, à te rémunérer.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, on a un comité scientifique qui nous aide bénévolement. On a la chance d'avoir des superbes femmes et des hommes aussi qui sont des pros qui vraiment nous donnent du temps, relisent du contenu. Ça, c'est assez chouette et je pense que nous, on doit vraiment trouver aussi comment mieux les intégrer le jour où on aura des moyens financiers, peut-être même les recruter. En tout cas, imaginez comment on peut travailler ensemble sur du long terme et sortir de cette phase un peu plus pro bono qui n'est pas très évidente. Aujourd'hui, on ne se rémunère pas, mais on est en train de... On va mettre en place cette fin d'année avec Olga parce qu'on a réalisé aussi que... Je pense que c'est un biais un peu féminin. On s'est un peu fait taper dessus par quelques femmes qui nous suivent et qui nous encouragent à nous rémunérer, qui sont d'une génération au-dessus. Olga, elle est toujours prof à l'EDEC. Moi, j'ai fait du conseil pendant un moment et on a décidé que je me suis mise à temps plein pour quand même... C'était un moment où on a eu beaucoup d'activités et c'était important d'avoir ça. Mais l'objectif, c'est de consolider l'équipe et vraiment d'avoir du financement pour pouvoir nous rémunérer, être à temps plein à 100% sur le projet.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Et aussi, on a des super talents qu'on fait travailler en freelance, qu'on aimerait aussi avoir en interne à un moment, parce que ça se passe super bien et quand on a des talents, il faut les garder et qui adorent le projet. On a eu la chance d'avoir... Nous, on est les pros des bourses. On postule plein de bourses à chaque fois et on a eu la chance cette dernière année et demie d'avoir eu trois bourses qui nous permettent aujourd'hui de tenir et de financer, de faire des investissements sur toute la partie parcours de santé mentale, le marketing. La rémunération, c'est le next step. Mais je dirais, avec du recul, je pense qu'on se serait au moins rémunéré avant, même symboliquement, même 500 €. Parce que je pense que c'est Je pense que c'est un biais féminin d'une part et d'autre part, ce n'est pas très valorisant, en fait, quand on y pense. C'est-à-dire si on prend du recul, le message qu'on se renvoie n'est pas forcément très et je pense qu'on l'aurait fait différemment.

Marine (Chance)

Oui, hyper intéressant. Et de manière pragmatique, comment tu fais pour gérer cette transition sans rémunération La transition, c'est-à-dire ? C'est-à-dire de travailler sans être payé.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, aujourd'hui, du coup... Déjà, j'avais fait pas mal de conseils l'année dernière, donc ça m'a pas mal aidé. J'ai la chance aussi tout de même, d'avoir un super chéri. Je pense que c'est important de le dire parce que des fois, des personnes me contactent sur LinkedIn pour échanger sur l'entrepreneuriat. Je dis aussi parce que quand même, c'est un coût financier et quand on est seuls, c'est plus difficile. Et ça, c'est important de le dire. Et du coup, de ne pas mettre la pression aussi des fois aux fondateurs qui sont seuls. Si on est dans une association et qu'il y a une des deux personnes qui est seule, d'avoir avoir conscience qu'elle, elle partage rien, en fait. Elle a tout pour sa pomme. Donc, du coup, le fait d'être à deux, ça aide forcément. Et puis là, on a fait le choix de se rémunérer. Donc là, d'ici cette fin d'année, c'est chouette. C'est rigolo que vous me posiez cette question, parce que c'est les conversations qu'on a et on est en train d'échanger avec les avocats sur comment le mettre en place et combien. Donc, on s'est fixé comme objectif d'absolument sortir de cette transition.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Maintenant, mais après, tu vis un peu différemment. C'est sûr que quand j'étais en entreprise, je voyageais beaucoup plus souvent quand même. Je me faisais beaucoup plus plaisir, pas mal de choses. Et puis, même si tu es à deux, tu as aussi quand même cette culpabilité de mettre la pression à l'autre. Donc, À un moment, tu te dis: Dans tous les cas, ce n'est pas une situation idéale.

Marine (Chance)

C'est pour ça que c'est important d'en parler. C'est le but, c'est là, il mettait en coulisse de vraiment donner la réalité de terrain pour y aller en pleine conscience de ce que ça représente. Je vois une autre question qui arrive. Il y en a plein d'ailleurs. Il y a Josette qui demande: Est-ce que avez-vous été vous-même malade, endométriose, difficulté à travailler, etc ce qui vous aide à comprendre les femmes que vous recevez ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, moi, j'ai eu un diagnostic du syndrome de lésionnaire polycystique à 27 ans, qui est un syndrome qui touche une femme sur sept, si je ne dis pas de bêtises. Qui a des conséquences au-delà du fait que ça peut avoir des conséquences sur la partie fertilité de manière générale au quotidien dans notre vie. Il y a des symptômes, des fois, de fatigue. C'est un dérèglement hormonal, donc chaque personne est différente. Moi, par exemple, je vais faire beaucoup de migraines, je vais avoir des jours où je vais être très fatiguée, de l'hyperpilosité, une résistance à l'insuline qui n'est pas forcément... Au début, quand on vous diagnostique, vous n'êtes pas forcément au courant, donc il faut apprendre par soi-même comment vivre avec cette condition. Ensuite, j'ai fait un parcours PMA et du coup, ce parcours PMA m'a aussi beaucoup interpellée à plein d'égards. J'ai eu la chance de tomber enceinte pendant que je montais aussi l'INTI. J'ai commencé l'INTI à peu près au même moment où... J'avais déjà commencé mon parcours PMA, mais je suis tombée enceinte deux mois après avoir commencé l'INTI. J'ai fait un arrêt de grossesse tardif, à 20 semaines, j'ai dû accoucher et du coup, j'ai fait une pause.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

On a fait une pause avec Olga. Du coup, forcément, ces moments Même si au quotidien, je ne pense pas à mon histoire et qu'au quotidien, c'est surtout les histoires des femmes qui me nourrissent et des personnes qui nous écrivent, là, sur ce parcours, ce soir, on lance cette première cohorte. Quand on revoit les mails qu'on reçoit, quand on voit les scores émotionnels des personnes, c'est aussi ça qui me renforce dans le fait que c'est important ce qu'on fait. Maintenant, c'est sûr que mon histoire, Je trouve forcément. Et Olga a aussi sa propre histoire et son propre chemin. C'est sûr que ça nous donne peut-être une manière d'aborder la chose C'est peut-être de manière un peu plus lente parce qu'on veut vraiment être dans le soin. On ne veut pas créer un produit pour le vendre et qu'il soit mal fait. On veut faire quelque chose qui soit vraiment utile, avec une rigueur scientifique quand même, qu'on puisse le mesurer et que ce soit un soin de support.

Marine (Chance)

Merci beaucoup pour ton partage, Fatou Mata. Il y a d'autres questions et j'y vais parce que je vois que l'heure tourne et il y a tellement de questions qu'on a encore pour toi. Est-ce que tu rencontres des difficultés lorsque tu présentes le projet au sein des entreprises ? Parce qu'on comprend que ton modèle est majoritairement B2B, c'est-à-dire financé par les entreprises pour les employés. Comment ça se passe la prospection, la rencontre avec les clients ? Comment ton projet est reçu ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Aujourd'hui, le revenu principal de Ninti, on génère un peu de revenus, c'est via les entreprises. L'idée, c'est d'augmenter ce revenu et Ça dépend des entreprises. En France, la prise de conscience, elle n'est qu'au début. Ce qu'on réalise en France, c'est qu'on va nous poser des questions vraiment de... La prospection commerciale, c'est de la prospection commerciale, de l'éducation sexuelle presque, en tout cas de prise de conscience. Et on manque de données, on n'a pas la culture de la donnée, donc c'est très difficile pour les boites quand on leur demande des chiffres très spécifiques sur ces sujets-là. On n'a pas la culture de la donnée, donc on n'arrive pas à nommer les choses. Les entreprises qui sont plutôt américaines ou anglo-saxonnes ont déjà la prise de conscience, en tout cas beaucoup plus développée, et sont en recherche de solutions. Concrètement, j'ai des sujets dans ma boite d'infertilité. Je vois que je fais face à un taux d'absentéisme quand même important. Je réfléchis à monter un programme d'ambassadeur sur la fertilité. Comment je fais ? Est-ce que vous êtes capable de faire ça avec nous ? Oui ou non ? C'est beaucoup plus pragmatique. Donc, en fonction des on sent aussi qu'on n'a pas la même prise de conscience et qu'en France, on est au début, mais je pense vraiment que ça va changer parce que c'est en train de changer déjà.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

C'est juste que ça va prendre du temps et que du coup, il faut être assez créatif. Et la chance qu'on a eue, même si au début, on nous a un peu fait des reproches d'être en franglais, parce qu'on a une culture internationale dès le départ avec Olga, de par nos histoires et nos richesses aussi, notre différence est une vraie richesse. C'est comme ça qu'on le voit et on souhaite aussi le porter de cette manière. Ça nous a ouvert des opportunités sur des boîtes à l'international. Et si on n'avait pas eu ça, je pense qu'on serait encore peut-être en train de faire de l'éducation sexuelle. Maintenant, le sujet en France, c'est comment est-ce qu'on arrive à rationaliser et objectiver ce sujet ? Il faut faire des rapports, il faut avoir la culture de la donnée. Et là, on met beaucoup d'énergie pour construire ça avec des instituts de recherche, en partenariat avec des entreprises qui sont prêtes à financer ce genre de projet, peut-être plus qu'une solution concrète pour les collaborateurs sur un sujet aussi intime et tabou.

Marine (Chance)

Il y a une question. On demande si tu recrutes.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

On adorait. On cherche un ou une stagiaire qui ait envie de nous rejoindre. On travaille avec trois super freelances qui nous ont contactés. En tout cas, ça s'est vraiment fait de manière... On croit beaucoup au fait que le projet résonne aussi chez les gens et qu'ils soient alignés. Aujourd'hui, tout de suite, on me recrute même et envoyer vos CV. Nous, on adore de toute façon prendre du temps pour échanger. Et Ninti est là pour quelques années, on l'espère. Donc à un moment, on sera amené à monter en charge.

Marine (Chance)

Pour celles qui veulent te suivre, il y a ton LinkedIn. Est-ce que tu veux nous communiquer d'autres choses, le site web, l'Instagram ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, complètement. Le site Web, c'est nintihealth. Com. Voilà, nintihalth. Com. Vous pouvez nous écrire à hello@nintih. Io. Hellohe2lo@ninti, ninti, ninti, ninti. Io. Et Olga et moi, on est derrière la boite, donc on va vous répondre et on reçoit. Des fois, on met un peu de temps à répondre, mais on n'est aussi pas nombreux. On n'est que deux et on fait beaucoup de choses, mais on répond. Et puis on est aussi sur Insta, donc n'hésitez pas à... Le site, la newsletter, on envoie des newsletters avec nos événements, avec des updates sur l'aventure, où est-ce qu'on en est. Donc n'hésitez pas à souscrire comme ça. C'est le meilleur canal pour recevoir les infos.

Marine (Chance)

Julien demande: Vous Deux, c'est quoi ? C'est l'harmonia des freelances dans quels domaines ?

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Santé publique, UX research, donc toute la partie maquette et sur du dev. C'est vraiment à l'intersection, c'est santé, recherche, produits et idées de l'opéra.

Marine (Chance)

Génial. Merci beaucoup Fatou Matas. Merci. Je pense que ça donne un super aperçu de ce que tu es en train de créer. Et ça donnera peut-être envie à toutes les personnes qui regardent mon seul live de te suivre et de te proposer leur aide. Et en tout cas, moi, à titre personnel, je suis hyper heureuse. Merci. Je trouve que c'est hyper important ce que vous faites et qu'effectivement, il y a vraiment de la place parce qu'il manque vraiment des ressources.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Oui, complètement. Et désolée pour la voix, je me suis allée avec un gros rhume.

Marine (Chance)

Ça va. Ça ne s'entend pas. C'était parfait. Merci beaucoup. Je vois que tu as plein de mercis et d'encouragements dans le chat. Et vraiment encore merci pour ton temps et à très bientôt.

Fatoumata Ly (Fondatrice & CEO d'une start-up dans la santé de la femme)

Au revoir.

Marine (Chance)

Merci. Au revoir, à cette étoile.

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