Devenir psychiatre psychothérapeute : formations, diplômes et passerelles possibles
Résumé en 10 secondes
- Pour devenir psychiatre psychothérapeute, le passage par la médecine reste la voie principale.
- Le parcours est long et exigeant : il demande de la détermination, plus qu’un “simple” niveau scolaire.
- En reconversion, des passerelles existent pour entrer en médecine, parfois directement en 3e année.
- Le diplôme ouvre la porte, mais l’exercice se construit aussi sur le terrain et dans la pratique quotidienne.
- Se former, c’est s’engager dans un projet de sens, avec un vrai investissement personnel.
Les principales voies de formation pour le métier de psychiatre psychothérapeute
1) Les formations initiales les plus fréquentes
Le métier de psychiatre (et, selon l’orientation de pratique, de psychiatre psychothérapeute) est une spécialité médicale. Le chemin “classique” passe donc par la faculté de médecine.
Fabrice Giroulet, psychiatre & psychothérapeute, le décrit ainsi :
« Je suis psychiatre, psychothérapeute et ça reste une spécialité médicale. Pour faire psychiatre, psychothérapeute, il faut passer par la faculté de médecine. […] Après le bac, vous rentrez […] à la faculté de médecine, puis vous passez le fameux concours de première année […] vous faites les études pendant six ans […] Ensuite, vous repassez à un deuxième concours, classant cette fois-ci, qui vous permet de choisir votre spécialité. […] Et c’est à ce moment-là où vous choisissez entre chirurgie, psychiatrie, médecine générale ou toute autre spécialité médicale. »
Concrètement, cette formation initiale apporte :
- Un cadre très structuré : étapes, sélection, spécialisation.
- Une légitimité médicale : vous restez d’abord médecin, avant d’être spécialiste.
- Un socle large de connaissances : utile même en psychiatrie, parce que la santé ne se découpe pas en cases.
Et elle a une réalité à regarder en face : c’est dur. L’idée que “tout devient tranquille après la première année” ne tient pas. L’exigence monte avec les années, et la quantité de connaissances à intégrer aussi.
2) Ce que la formation initiale peut demander (et ce qu’elle ne dit pas toujours)
Le parcours ne se résume pas à “réussir un concours”. Il demande de l’endurance.
- De la détermination : la sélection et la charge de travail sont réelles.
- Une capacité à tenir dans la durée : parce que l’internat, lui aussi, est exigeant.
- Une forme de lucidité : on touche à la vie humaine, donc on ne peut pas improviser.
Dit autrement : ce n’est pas un sprint. C’est une traversée.
Formation continue et reconversion : quelles passerelles possibles vers la psychiatrie ?
La reconversion n’est pas “interdite” par principe. Elle se pense comme un projet long terme, surtout si vous visez la psychiatrie.
Des passerelles pour entrer en médecine
Il existe des dispositifs permettant, dans certaines facultés, d’intégrer médecine autrement que par l’entrée “classique”. Une possibilité citée : entrer directement en troisième année.
Ce que cela change : vous ne recommencez pas forcément depuis le tout début, mais vous vous engagez quand même dans plusieurs années d’études et de formation spécialisée.
Ce que cela implique, très concrètement
- Du temps : un horizon de plusieurs années.
- Un choix de vie : reprendre des études, réorganiser son quotidien.
- Un “pourquoi” solide : parce que la durée seule peut décourager, alors que le sens peut porter.
Sur ce point, l’idée forte est simple : si vous cherchez une reconversion “rapide”, ce n’est pas la meilleure piste. Si vous cherchez un métier qui a du sens pour vous, et que vous êtes prêt·e à vous engager, c’est une option à considérer.
Le rôle réel du diplôme dans le métier de psychiatre psychothérapeute
En psychiatrie, le diplôme n’est pas un “plus”. C’est la condition d’entrée, parce que vous exercez un métier médical.
Ce que le diplôme permet
- Accéder à la spécialité : la psychiatrie se choisit dans le cadre du cursus médical.
- Exercer en tant que médecin : avec la responsabilité, le cadre et les compétences attendues.
Ce qu’il ne garantit pas, à lui seul
Le diplôme ne garantit pas automatiquement l’aisance en situation. Une partie du métier se joue dans la pratique : recevoir, écouter, décider, ajuster, collaborer, et parfois douter.
Autre nuance importante : tous les psychiatres ne pratiquent pas leur métier de la même façon. Certains vont faire surtout de la partie “médicale”. D’autres vont faire surtout de la psychothérapie. D’autres encore mixent les deux. Le titre ne dit pas tout de la pratique réelle.
L’expérience terrain comme levier central (au-delà des cours)
Dans ce métier, “savoir” et “faire” avancent ensemble. Une partie de la compétence se construit dans la rencontre et dans le quotidien de travail.
Apprendre en pratiquant : un quotidien très concret
Ce que l’on imagine parfois : une suite de conversations. Ce que le métier contient aussi : de la préparation, du suivi, des décisions, et un écosystème autour de la personne.
- Préparer les consultations : relire des notes, regarder les documents, organiser l’entretien.
- Ajuster l’approche : parfois médicale, parfois psychothérapeutique, parfois les deux.
- Collaborer : avec d’autres médecins, des assistant·es sociaux, des institutions, parfois la justice.
- Gérer une part d’administratif : courriers, rapports, facturation, appels.
La légitimité se construit aussi “dans l’après”
Le terrain apprend ce que les schémas théoriques ne montrent pas toujours : la complexité des situations, le décalage possible entre un motif annoncé et la problématique réelle, et la nécessité de garder une posture de non-jugement.
Passerelles et évolutions rendues possibles par la formation
Une fois formé·e, la psychiatrie offre plusieurs modalités d’exercice. Ce n’est pas une trajectoire figée.
- Cabinet (libéral / indépendant) : une organisation de journée centrée sur les consultations, avec une part de préparation et d’administratif.
- Exercice hospitalier : un autre rythme, d’autres cadres de travail.
- Activité d’expert : une posture différente de celle de thérapeute, qui “fait réfléchir autrement”.
La formation sert alors d’outil de transition : elle ouvre des options. Et ensuite, vous façonnez votre pratique.
Ce que les parcours de formation ne montrent pas toujours
Certaines réalités se découvrent surtout une fois en exercice.
La charge de travail ne s’arrête pas à la consultation
L’administratif est bien présent, y compris en cabinet. Une estimation donnée : entre une et deux heures par jour pour les tâches “pures” (mails, courriers, rapports, appels, facturation), sans compter les notes de suivi liées aux consultations.
La responsabilité humaine (et ce que ça remue)
Être face à la souffrance peut toucher, et il peut être difficile de tout “laisser au cabinet” selon les situations. Une idée ressort nettement : pour tenir, il ne faut pas rester seul·e. Être entouré, pouvoir débriefer, éviter l’isolement fait partie de l’équilibre professionnel.
À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation
- La durée réelle : études médicales + spécialisation, ou reconversion via passerelles avec plusieurs années derrière.
- Le niveau d’exigence : charge de travail, compétition (souvent avec soi-même), endurance.
- La responsabilité : parce qu’on n’est pas dans un “métier d’idée”, on est dans un métier de soin.
- Les conditions d’exercice : le quotidien ne se limite pas à écouter ; il inclut coordination, décisions, administratif.
À qui ces parcours peuvent convenir (pistes de réflexion)
- Si vous aimez avancer sur le long terme : et tenir un cap, même quand c’est difficile.
- Si vous cherchez un métier d’impact : avec une action directe sur la santé mentale et la vie quotidienne.
- Si vous êtes à l’aise avec la complexité : nuances, diagnostic parfois incertain, réflexion fine.
À l’inverse, le parcours peut être plus exigeant si vous avez besoin d’un résultat rapide, ou si l’idée d’un long cadre d’études et de responsabilité vous pèse déjà rien qu’en l’imaginant.
Choisir l’engagement, sans se perdre en route
Un premier pas simple : clarifiez votre rapport à la durée. Posez-vous une question très concrète : “Est-ce que je peux me projeter dans plusieurs années d’études, si le sens est là ?”
Ensuite, ouvrez une porte à la fois : identifiez une faculté qui propose des passerelles, et prenez le temps de comprendre les conditions d’entrée et le chemin complet.
Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.













