Résumé en 10 secondes
- Plusieurs chemins mènent au financement dans l’ESS : écoles de commerce, Sciences Po, université, formation certifiante ou parcours plus atypique.
- La reconversion est possible, surtout si vous avez déjà des compétences en commercial, achat, marketing, communication, relations extérieures ou gestion de projet.
- L’expérience terrain compte autant que la formation : apprendre à prospecter, convaincre, suivre un portefeuille et comprendre les financeurs se construit en pratiquant.
- Le diplôme rassure, mais ne suffit pas : il faut aimer le relationnel, porter la mission de l’organisation et tenir dans un métier de développement.
- Avant de vous former, testez le métier : bénévolat structuré, mission courte, échange avec des professionnel·les, petit déjeuner réseau ou immersion dans une équipe.
Les principales voies de formation pour travailler dans le financement et les partenariats dans l’ESS
1. Les formations initiales les plus fréquentes
Dans les métiers du financement et des partenariats de l’économie sociale et solidaire, il n’existe pas une seule voie royale. Plusieurs parcours peuvent ouvrir la porte. Les profils souvent recrutés viennent d’écoles de commerce, de Sciences Po ou de cursus universitaires.
Ces formations apportent trois choses utiles. D’abord, un cadre pour comprendre les organisations, les budgets, les stratégies et les parties prenantes. Ensuite, une forme de légitimité auprès des recruteurs, surtout sur les premiers postes. Enfin, des premières compétences en développement, négociation, analyse, communication ou gestion de projet.
Mais le parcours académique ne fait pas tout. Ce métier demande de savoir aller vers les autres, comprendre leurs besoins, construire une relation de confiance et défendre un projet avec clarté. Une bonne formation peut poser les bases. Elle ne remplace pas l’apprentissage du terrain.
Géraldine Houlière, directrice du financement, rappelle que l’entrée dans ce métier peut aussi se faire par un détour : « Moi, je suis géographe à la base, donc ça n’a absolument rien à voir. Et donc, en fait, c’est un peu par opportunité de recherche d’emploi, dans mes premières charges d’emploi, que je suis tombée sur cette offre au Téléthon. C’était mon premier poste. Et en fait, il cherchait une assistante pour appuyer le département qui s’adressait aux entreprises, qui finançait les programmes du Téléthon. Et du coup, j’ai été assistante en CDD pendant 18 mois. J’ai découvert ce métier, où je ne savais même pas que des associations avaient des profils qui cherchaient des fonds et qui interagissaient avec les entreprises. »
Ce détour dit quelque chose d’important : un diplôme peut aider à entrer, mais une opportunité bien saisie peut aussi devenir un vrai point de départ. Le petit battement de cœur arrive parfois là où on ne l’avait pas prévu.
2. La formation continue et la reconversion professionnelle
La formation continue peut jouer un rôle clé, surtout pour les personnes qui n’ont pas étudié directement le financement, la levée de fonds ou les partenariats. Une formation certifiante existe notamment autour du fundraising, portée par l’ESSEC en partenariat avec l’Association française des fundraisers.
Ce type de formation permet d’acquérir les bases métier : comprendre les mécaniques de levée de fonds, structurer une démarche, identifier des financeurs, construire une argumentation, suivre une relation dans la durée. Elle peut être particulièrement utile quand on arrive d’un autre univers professionnel.
Dans certains cas, la formation peut être financée par l’employeur. Cela suppose d’oser demander, de montrer la valeur ajoutée pour l’organisation et de relier la formation à une montée en compétences concrète. Ce n’est pas automatique, mais c’est une piste réelle.
La reconversion vers ces métiers est possible. Elle demande toutefois plus qu’une envie de sens. Les compétences acquises ailleurs doivent pouvoir se transférer : développement commercial, négociation, achat, marketing, relations institutionnelles, communication, événementiel, direction de clientèle ou gestion de projet.
Un ancien poste d’acheteur, par exemple, peut donner des réflexes utiles : négocier, comprendre des intérêts différents, structurer une relation, défendre une proposition. Un parcours en agence de communication ou d’événementiel peut aussi servir, surtout si la personne sait analyser les besoins d’un client, accompagner une relation dans la durée et présenter clairement un projet.
La reconversion implique souvent une remise à plat. Il faut apprendre un nouvel écosystème, comprendre le fonctionnement des structures à impact, découvrir les financeurs publics et privés, et accepter une progression par étapes. Ce n’est pas un saut dans le vide, mais ce n’est pas non plus un simple changement d’étiquette.
Le rôle réel du diplôme dans les métiers du financement et des partenariats
Le diplôme peut rassurer. Il montre une capacité à apprendre, à structurer une pensée, à comprendre des sujets complexes. Sur certains postes, il peut faciliter l’accès à un entretien, surtout dans de grandes organisations ou sur des fonctions de direction.
Mais il ne garantit pas la maîtrise du métier. Une personne diplômée devra quand même apprendre à prospecter, à répondre à des appels à projets, à suivre des engagements financiers, à faire des bilans, à coopérer avec les équipes internes et à tenir des objectifs.
Dans ce métier, la légitimité ne vient pas seulement d’un cursus. Elle se construit quand vous savez relier trois mondes : les besoins de l’organisation, les attentes des financeurs et la réalité des projets sur le terrain.
Un point est central : il faut être réellement aligné avec la mission portée. Sans cet élan, la conviction sonne vite creux.
« Être animé par le projet que vous allez financer ou la mission associative de l’organisation, c’est essentiel. Parce que pour être un bon fundraiser, il faut être convaincu par la mission. J’ai travaillé dans mon parcours pour une organisation dont la mission ne me plaisait pas trop. Et en fait, je ne suis vraiment pas resté longtemps parce que je n’arrivais pas à la promouvoir. »
Le diplôme peut ouvrir une première porte. La conviction, elle, aide à rester dans la pièce, à parler juste, à embarquer les autres et à tenir quand la recherche de fonds devient exigeante.
L’expérience terrain comme levier central pour progresser dans le financement ESS
Le terrain est un accélérateur. Les métiers du financement et des partenariats s’apprennent beaucoup en faisant : prendre un rendez-vous, comprendre un interlocuteur, rédiger une proposition, suivre un portefeuille, faire un bilan, ajuster un argumentaire, recommencer.
Une progression peut commencer sur un poste d’assistanat ou de chargé·e de financement, puis évoluer vers des responsabilités de projet, de portefeuille, d’équipe ou de direction. Cette montée en responsabilité permet de comprendre chaque étage du métier.
Les expériences les plus formatrices sont souvent très concrètes :
- participer à la recherche de nouveaux financeurs ;
- répondre à des appels à projets ;
- préparer des rendez-vous de conviction ;
- suivre les versements et les engagements administratifs ;
- produire des reportings et des bilans ;
- travailler avec les équipes financières, les porteurs de projets et les directions ;
- fidéliser des partenaires déjà engagés.
Le métier est très transversal. En interne, il demande de bien connaître les programmes, les budgets, les équipes et les contraintes de l’organisation. En externe, il met en lien avec des entreprises, des fondations, des grands donateurs, des collectivités, des régions, des départements, des villes ou des ministères.
Pour une personne en reconversion, une mission bénévole structurée peut être un vrai tremplin. L’idée n’est pas seulement de “donner un coup de main”, mais de contribuer à un projet utile : recherche de financement, structuration d’un argumentaire, cartographie de partenaires, organisation d’une campagne ou appui à une équipe pendant plusieurs mois.
Une expérience de quatre à six mois, un ou deux jours par semaine, peut aider à comprendre le métier, créer un début de réseau et prouver que les compétences précédentes peuvent vivre dans l’ESS.
Passerelles et évolutions rendues possibles par la formation au financement ESS
La formation peut faciliter plusieurs transitions. Elle peut aider à passer d’un métier commercial vers la levée de fonds, d’un poste en achat vers les partenariats, d’une expérience en communication vers la relation financeur, ou d’une gestion de projet vers un rôle plus orienté développement.
Elle peut aussi accompagner une évolution interne. Une personne déjà présente dans une association peut se former pour monter en compétences sur les financements, mieux comprendre les partenaires ou prendre plus de responsabilités.
Les passerelles les plus naturelles concernent les métiers où l’on a déjà appris à écouter, négocier, convaincre, suivre une relation et tenir un objectif. Cela peut venir du secteur marchand. Et ce n’est pas forcément un handicap.
« Moi, j’avais énormément de gens qui venaient du privé. D’ailleurs, c’est ce que je voulais, parce que le côté : je suis hyper engagé, mais je n’ai aucune skill, en fait, sur le métier du financement, ça ne marche pas. Donc moi, je suis plutôt très appétente et je pense qu’il y a beaucoup, beaucoup d’organisations qui sont appétentes à intégrer des expériences et des professionnels qui ont des expériences dans le secteur marchand. »
La formation est donc un outil de transition, pas une finalité. Elle sert à traduire vos compétences dans un nouveau langage professionnel. Elle aide à comprendre les codes de l’ESS, les attentes des financeurs et les réalités de la levée de fonds. Mais le passage se consolide ensuite par la pratique, les rencontres et les responsabilités prises.
Ce que les parcours de formation au financement ESS ne montrent pas toujours
Les formations montrent les méthodes. Elles parlent de stratégie, de ciblage, de relation partenaires, de suivi, de reporting. Mais certaines réalités se découvrent surtout après, dans le quotidien.
La première réalité, c’est la pression. Les organisations de l’ESS portent des projets à impact social, sociétal ou environnemental. Mais ces projets ont besoin de budgets pour exister. Le financement conditionne souvent le lancement, le maintien ou le développement d’un programme.
La deuxième réalité, c’est le niveau de relationnel. Il faut aimer rencontrer, écouter, relancer, convaincre, déjeuner, participer à des événements, parfois en soirée. Selon l’organisation, le poste peut aussi demander des déplacements régionaux, nationaux ou internationaux.
La troisième réalité, c’est l’importance des objectifs. Les équipes de financement ont des objectifs collectifs et individuels. Ils peuvent être quantitatifs, qualitatifs et liés à l’impact. Pour que le cadre reste sain, ces objectifs doivent être clairs, atteignables et associés à de vrais moyens.
La quatrième réalité, c’est le travail interne. Le financement n’est pas un métier solitaire, même s’il expose parfois à des enjeux forts. Il faut coopérer avec les équipes financières, les directions, les responsables de programmes et les personnes qui portent les projets au quotidien.
Ces éléments ne doivent pas décourager. Ils permettent plutôt de choisir en conscience. Le métier peut être très vivant, très riche, très connecté au sens. Mais il demande une énergie de développement et une vraie solidité dans la relation.
À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation au financement et aux partenariats
Avant de choisir une formation, prenez le temps de regarder ce qu’elle vous apporte vraiment. Une formation utile doit vous aider à comprendre le métier, pas seulement à ajouter une ligne sur votre CV.
Quelques points de vigilance peuvent guider votre choix :
- La reconnaissance de la formation : regardez qui la porte, à quels métiers elle prépare et si elle est connue dans l’écosystème.
- Le contenu concret : vérifiez qu’elle aborde la prospection, les financeurs, les partenariats, les appels à projets, le suivi et les bilans.
- La durée réelle : anticipez le temps de cours, mais aussi le temps de travail personnel et d’appropriation.
- Le coût : explorez les possibilités de prise en charge par l’employeur ou par des dispositifs adaptés à votre situation.
- Le lien au terrain : privilégiez les parcours qui vous permettent de rencontrer des professionnel·les ou de travailler sur des cas concrets.
- Votre équilibre personnel : une reconversion demande de l’énergie. Mieux vaut construire un rythme tenable.
Un autre point mérite votre attention : les conditions d’exercice du métier. Les horaires peuvent parfois déborder, notamment lors d’événements. Les salaires existent et ont progressé dans l’ESS, mais ils varient selon la taille de l’organisation, le niveau de responsabilité et le modèle économique. Il est donc utile de se renseigner avant de s’engager.
Le bon choix n’est pas forcément la formation la plus longue ou la plus prestigieuse. C’est celle qui vous aide à avancer d’un cran : mieux comprendre, mieux vous situer, mieux parler du métier, mieux tester votre envie.
À qui ces parcours vers le financement ESS peuvent convenir
Ces parcours peuvent bien convenir aux personnes qui aiment apprendre en avançant. Il faut accepter de tester, d’ajuster, de rencontrer, de ne pas tout maîtriser dès le départ.
Ils peuvent aussi convenir aux profils en transition, notamment celles et ceux qui ont déjà développé des compétences transférables : négociation, développement, relation client, achat, communication, gestion de projet, marketing ou relations institutionnelles.
Les personnes autonomes peuvent y trouver un terrain stimulant. Le métier demande souvent de construire son plan d’action, suivre ses opportunités, relancer, prioriser et garder une vue claire sur ses objectifs.
Ces parcours peuvent être plus exigeants pour les personnes qui n’aiment pas la prospection, les rendez-vous, les objectifs ou l’incertitude liée au financement. Ils peuvent aussi demander un effort particulier à celles et ceux qui veulent rejoindre l’ESS uniquement par recherche de sens, sans appétence pour le développement ou la relation financeur.
La bonne question n’est donc pas seulement : “Ai-je le bon diplôme ?” Elle est aussi : “Ai-je envie de porter un projet, de convaincre, de construire des relations et d’apprendre sur le terrain ?”
Choisir de se former au financement ESS, entre conviction et passage à l’action
Le premier pas peut être simple. Identifiez une formation reconnue dans la levée de fonds ou le financement associatif. Puis, avant de vous inscrire, rencontrez une personne récemment formée ou en poste. Posez des questions concrètes : son quotidien, ses objectifs, ses difficultés, ses déplacements, ses rendez-vous, ses réussites.
Si vous êtes en reconversion, testez aussi le métier avant de vous engager pleinement. Proposez une mission courte à une association. Participez à un événement professionnel. Rejoignez un petit déjeuner réseau. Regardez si le contact avec les financeurs vous donne de l’énergie ou vous épuise.
Clarifiez enfin votre rapport au diplôme et au terrain. Avez-vous besoin d’un cadre pour vous sentir légitime ? D’une expérience pratique pour vérifier votre envie ? D’un réseau pour ouvrir les premières portes ? La réponse peut être différente pour chaque personne.
Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.
Envie de construire votre parcours ?
Le bilan de compétences Chance, 100% en ligne et financé par votre CPF, cadre les étapes qui vous ressemblent.












