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Géraldine Houlière, Les métiers qui recrutent" - Directrice du financement

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Charlène (Chance)

Bonjour tout le monde. Bonjour à toutes et tous. Merci d'être là parmi nous. Et bienvenue à cette nouvelle édition des Live métier, spécial métier qui recrute. Moi, je m'appelle Charlène, je travaille chez Chance. C'est moi qui vais animer le live aujourd'hui et j'ai la joie d'interviewer Géraldine. Bonjour Géraldine.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Bonjour Charlène, bonjour à tous.

Charlène (Chance)

Merci de t'être rendue disponible pour nous pour échanger sur ton métier. Ça va être un bel échange. Je vous invite tous à vous manifester dans le chat pour nous dire d'où vous nous écrivez. Ça nous fait toujours plaisir, déjà, pour briser la glace de savoir un petit peu où est-ce que Chance rayonne un petit peu en France ou à l'étranger. Moi, je suis à Paris actuellement. Géraldine, je ne sais pas. Pour toi, toi aussi ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Moi, non, je suis à Marseille.

Charlène (Chance)

Tu es à Marseille ? Oui, c'est vrai, tu me l'avais dit en plus. C'est génial avec le soleil, j'imagine, plus qu'ici.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Oui, je pense.

Charlène (Chance)

On a des gens à Paris, à la Défense, à Lyon, Château-Thierry, donc banlieue parisienne. Ok, c'est chouette. On a des filles, des garçons, ça fait plaisir. Je vous laisse vous connecter tranquillement. Et pendant deux petites minutes, je vais vous représenter un petit peu Chance, même si j'imagine que vous avez déjà un peu de contexte. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Chance, on est avant tout une communauté d'entraîneurs d'aide professionnelle et on a une méthode pour essayer de permettre à chacun et chacune, quel que soit son passé, de trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société. On a plusieurs programmes d'accompagnement et d'aide au recrutement. Notre programme le plus connu, et j'imagine celui via lequel vous nous avez connu, c'est notre bilan de compétences. Mais on a aussi créé récemment l'initiative 3 Minutes pour les Autres, qui est une initiative altruiste, gratuite et ouverte à tous, que je vous encourage à rejoindre. Je vous enverrai le petit lien juste après. Le principe, c'est simple, c'est recevoir chaque semaine une liste de dix personnes à qui vous pourriez peut-être potentiellement donner un petit coup de pouce professionnel. Et ça marche dans les deux sens.

Charlène (Chance)

Vous aussi, vous pouvez demander à être aidé. Si, par exemple, vous avez besoin de contacts, vous avez besoin d'aide pour relire votre CV, pour poser des questions sur un job qui pourrait vous intéresser, etc. Donc, le live métier que vous vous apprêtez à vivre, c'est justement une partie de l'entraide qu'on propose. Géraldine a accepté bénévolement de vous donner 30 minutes de son temps pour vous présenter la réalité de son métier et répondre à toutes vos questions. J'insiste sur le fait que ce live, il est interactif, donc n'hésitez pas, au fur et à mesure de la discussion, à poser toutes les questions qui vous passent par la tête. C'est le but de ce live. Pour cette édition, on a essayé de donner la priorité aux métiers en forte demande en ce moment, qui recrutent particulièrement et qui suscitent aussi beaucoup d'intérêt chez nos talents. Donc, il y a de vraies opportunités métiers à la clé. Et du coup, si vous êtes intéressés pour postuler à ce genre de métier, n'oubliez pas de nous contacter suite au live et de rejoindre Chance recrutement pour qu'on puisse éventuellement vous pousser ce genre d'offres si on en reçoit. Voilà.

Charlène (Chance)

Je vois qu'on est désormais 25 participants d'un peu de partout. Donc, je vous propose de commencer. J'ai Charline, je te laisse la parole. Est-ce que je peux te demander de te présenter, présenter un petit peu ton parcours et le métier que tu occupes aujourd'hui ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Tout à fait. Merci Charlène. Moi, je suis Géraldine Nouillière. Ça fait à peu près 20 ans que je travaille sur des fonctions de développement des financements et des partenariats pour des organisations de l'économie sociale et solidaire. L'économie sociale et solidaire, c'est de l'économie à impact environnementale, sociétale, l'économie de l'EFS. Moi, du coup, j'ai commencé ma carrière pas en tant que directrice des financements et des partenariats, mais j'ai vraiment monté les échelons. J'ai commencé en tant que chargée de financement, plutôt sur la levée de fonds privés, donc auprès d'entreprises, donc plutôt des fondations. Et j'ai travaillé pour différentes organisations, pour la Fondation de France, pour l'association Petit Prince. J'ai travaillé pour le Téléthon. J'ai travaillé également pour la Croix-Rouge. Et donc ça, ça a été une expérience assez structurante pour moi, puisque j'ai rejoint la Croix-Rouge en 2011 en tant que responsable projet. Et en fait, j'ai eu l'occasion après de prendre la direction du département qui s'adressait aux entreprises, donc mécénat et philanthropie, pour aller lever des fonds auprès des entreprises et des grands donateurs. Il y avait tout à construire et du coup, j'ai eu la chance pendant 10 ans de construire ce département.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Quand je suis arrivée, on était deux et quand je suis partie en 2018, on était 14. On a eu des gros enjeux de levée de fonds auprès des entreprises, de détermination de partenariats stratégiques. Et puis après, j'ai continué mon expérience dans différentes organisations. J'ai travaillé également pour France Active qui accompagne des entrepreneurs à un impact, donc toujours pareil, sur des fonctions financement, développement et partenariat. Et également chez Each One, plus récemment, que je viens de quitter. Et là, je viens de prendre un poste depuis hier. C'est tout nouveau. Voilà, chez Synergy Family, qui est une assez grosse association marseillaise qui opère à Marseille, mais également en Île-de-France, dans l'Est de la France et en région Aura, ainsi que sur la ville de La Réunion, et qui a des projets plutôt éducation, éducation populaire et insertion de professionnel, plutôt auprès des publics jeunes, mais pas qu'aujourd'hui. Mon rôle aujourd'hui, en rejoignant par exemple Synergie, c'est de vraiment diversifier les financements. Aujourd'hui, quand on est directrice des financements et des partenariats, on va aller regarder les besoins de l'invitation pour pouvoir soit compléter, donc cofinancer des programmes et des projets à déployer, soit expérimenter et s'aimer de nouveaux programmes.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Ça peut être soit prospectif pour des choses qui n'existent pas, donc on va aller chercher des fonds, convaincre des partenaires qui vont permettre, en tout cas, de poter des projets sur les territoires, ou alors on a un mix financement pour nos prêts avec des financeurs publics et des financeurs privés. L'idée, effectivement, essayer d'orchestrer l'ensemble de ces financements pour pouvoir opérer les projets.

Charlène (Chance)

Merci beaucoup Géraldine. Je crois que c'est déjà...

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

C'est une présentation un peu longue, mais...

Charlène (Chance)

C'est hyper clair et assez détaillé, je te remercie. En termes de parcours scolaire qui toi, t'as permis de rentrer dans cet écosystème-là. Je sais que ça évolue beaucoup et que c'est C'est pas toujours forcément d'actualité ou valable aujourd'hui, mais je pense que ça peut donner une bonne vision déjà des intérêts que tu avais à l'école, des hard skills et des soft skills que tu as pu développer et qui ont pu t'aider aussi dans ce travail.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Alors moi, j'implique en termes de développement de compétences sur ces métiers. Moi, je suis géographe à la base, donc ça n'a absolument rien à voir. Et donc, en fait, c'est un peu par opportunité de recherche d'emploi, dans mes premières charges d'emploi, que je suis tombée sur cette offre dont je vous ai parlé au Téléthon. C'était mon premier poste. Et en fait, il cherchait une assistante pour appuyer le département qui s'adressait aux entreprises, qui finançait les programmes du Téléthon. Et du coup, j'ai été assistante en CDD pendant 18 mois. J'ai découvert ce métier, c'était il y a 20 ans, où je ne savais même pas que des associations avaient des profils qui cherchaient des fonds et qui interagissaient avec les entreprises. C'était assez nouveau et j'ai adoré ce métier. Je me suis dit: Allez, go, je continue. C'est un petit monde. À l'époque, il n'y avait pas trop de compétences en fundraising ni en financement pour les organisations. Donc, j'ai développé mon développement de compétences, en tout cas avec des expérients. Toutefois, pour me former spécifiquement, comme je n'avais pas les skills un peu vraiment métiers de base, vu que j'étais géographe. J'ai fait le certificat français du fundraising à l'ESSEC, en partenariat avec l'ESSEC et l'Association française des fundraisers.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Du coup, ça m'a permis vraiment aussi d'acquérir vraiment les skills vraiment de base sur métier du fundraising. Je recommande vraiment, en tout cas, c'est une formation qui est vraiment intéressante, je trouve, qui est certifiante, qui opère encore aujourd'hui. Moi, j'ai été mentor aussi d'une promo il y a 13 ans, je crois. Après, globalement, dans les personnes que je recrute dans mes équipes sur des fonctions à finançant en partenariat, il y a pas mal de profils école de commerce, pas mal de profils sciences co. Quelques profils universitaires, mais moi, j'aime bien parce que forcément, comme moi, je suis géographe à la base, en fait, c'est un métier. Après, j'ai envie de dire, l'esprit, ce qu'il faut, c'est aimer le relationnel interne et externe, aimer la conviction, aimer le développement d'activités, parce qu'il faut voir qu'aujourd'hui, la contrainte sur les financements pour les organisations, elle est assez difficile. Donc forcément, des projets, ils peuvent pas se mener s'il n'y a pas le mix financement et le budget de pouvoir déployer. Donc, c'est toujours quand même des métiers à assez forte pression parce qu'il y a des réductions budgétaires au niveau des fonds publics, parce que les entreprises sont en train de resserrer aussi leur budget RSE et mécénat et qu'il y a beaucoup de concurrence entre les associations et qu'il faut aussi valoriser son offre, la travailler.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

L'aspect développement et l'aspect conviction, prospection, aimer parler avec les gens, comprendre leurs besoins, c'est hyper important dans le métier. Je pense qu'en tout cas, c'est des qui est ce qu'on peut développer dans différents parcours académiques de formation initiale en école de commerce, à Sciences-Co, ou même dans d'autres carrières universitaires.

Charlène (Chance)

Merci Géraldine. On a une première question de Roxane qui demande si la formation dont tu parles, elle a été prise en charge par ton entreprise ou est-ce que tu l'as effectuée en parallèle sur tes fonds propres ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Oui, à l'époque, moi, effectivement, j'ai sollicité mon employeur pour développer mes compétences et effectivement, c'est mon employeur, c'était une association à l'époque qui a financé cette formation.

Charlène (Chance)

D'accord. Oui, en effet, je pense que comme tu dis, il ne faut pas hésiter peut-être à oser et demander peut-être en interne si ça peut avoir une vraie valeur ajoutée. C'est vrai qu'on oublie souvent ce droit qu'ont les employés de demander la possibilité à être formés. Donc, c'est vrai que tu fais bien de le souligner et c'est une question intéressante. Merci Roxane. Du coup, si j'entends bien, est-ce que tu pourrais conseiller à quelqu'un qui a un parcours non-linéaire, qui n'a pas forcément ni l'expérience pro-correspondante, ni forcément un bagage Sciences-Po, école de commerce, etc. ? Est-ce que potentiellement, un engagement associatif, effectué en parallèle d'un travail salarié ou autre, et un engagement associatif qui dure dans le temps, pourrait potentiellement permettre ce genre d'évolution ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Je ne dirais pas forcément l'engagement associatif. Après, être animé par le projet que vous allez financer ou la mission associative de l'organisation, c'est essentiel. Parce que pour être un bon fundraiser, il faut être convaincu par la mission. Je ne vais pas la citer, l'organisation Non, mais j'ai travaillé dans mon parcours pour une organisation dont la mission ne me plaisait pas trop. Et en fait, je ne suis vraiment pas resté longtemps parce que je n'arrivais pas à la promouvoir. Du coup, quand on fait du franchising et du financement, c'est très compliqué parce qu'il faut Pour convaincre et pour convaincre, il faut être convaincu. Donc, je dirais que la seule expérience associative, ce n'est pas suffisant. Par contre, effectivement, des skills, et moi, je vois beaucoup dans des développements de carrière où on veut avoir un job avec du sens et on veut utiliser ces compétences qu'on a développées sur d'autres postes, par exemple dans le secteur marchand. Moi, j'ai beaucoup de profils dans mes équipes que je recrute qui viennent plutôt de fonctions commerciales dans le secteur marchand. Du market aussi, des relations extérieures ou institutionnelles. Du coup, je dirais que la seule expérience associative, oui, ça peut être...

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Mais pour moi, ce n'est pas suffisant, notamment les compétences métiers que requiert le financement et les partenariats.

Charlène (Chance)

Très clair. Merci beaucoup. Géraldine, pour sortir un peu du sujet des compétences, est-ce que, même si je m'imagine que c'est difficile, tu pourrais par exemple nous décrire une journée type dans ton quotidien ? Ou alors peut-être, est-ce que tu as des temps forts particulièrement marquants dans une année de travail ? C'est quoi un petit peu ton rythme, tes contraintes et ton quotidien au travail ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Quand on fait de la gestion de financement pour une Il y a l'organisation, il y a, entre guillemets, plusieurs heures.

Charlène (Chance)

Ça coupe un peu de mon côté. C'est vrai.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Je pense qu'on t'a retrouvé.

Charlène (Chance)

Ça y est, je crois que c'est reparti, mais on a loupé le coup de ta réponse. Désolée.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

En fonction, effectivement... Oh là là ! Je suis désolée, c'est revenu, mais j'ai l'impression que ça repart. Je vais mettre en partage de connexion. Je suis vraiment désolée. Vous m'entendez Je vais te regarder ou pas ? Charlène, tu m'entends ou pas ? Il n'y a pas ton micro, mais je pense que vous m'entendez. Je la réessaie comme ça, puis après ça... Sans jouer dans un partage de cours. Je disais, oui, il y a deux natures de financements: financement public, financement privé. Les financements publics, c'est de la subvention. Les financements privés, c'est plutôt soit des grands donateurs, soit des entreprises. Donc, ça ne réagit pas avec la même nature de financeur. Ça, c'est une première chose. Et deuxième chose, c'est qu'il y a deux types de relations. Il y a la relation avec ces financeurs qui est à développer. Donc c'est beaucoup de prospection. C'est beaucoup de prospection, en fait, d'aller chercher de nouveaux contributeurs. Donc c'est beaucoup des réponses d'appel à projets, poser des stratégies d'influence, d'identification, de ciblage. Donc ça, c'est des partenaires qu'on n'a pas encore et qu'on va viser pour financer ou développer, opérer nos projets. Et après, on a ceux qu'on fidélise. Donc les stratégies ne sont pas les mêmes.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Donc dans une journée type, moi, j'ai tout le temps une vue sur mon pipe. Du coup, voilà, donc pipe d'acquisition des financeurs. Je sais le besoin que j'ai pour opérer mes projets. Et donc, du coup, je vais faire un point quasiment chaque jour avec mes équipes. Et ensuite, je vais avoir mes routines de management, parce qu'aujourd'hui, je manage des équipes quand même assez conséquentes. Donc moi, je vais avoir mes routines de manager. Et après, dans mes équipes, personne ne gère un portefeuille. Donc, un portefeuille de partenaires qui finance les projets. Et donc, l'idée, c'est de suivre les indicateurs qu'on a posés, voir si le projet avance, avance pas bien, d'opérer tous les aspects administratifs du suivi du versement des fonds. En général, si on en plusieurs parties, c'est d'opérer les reportings, faire des restitutions, mobiliser et engager les collaborateurs, par exemple, si on parle une relation avec une entreprise, parce qu'en général, l'idée aussi, c'est que l'entreprise s'appuie sur ce partenariat pour mobiliser C'est aussi ces parties prenantes internes. On peut avoir des rendez-vous, on peut venir présenter le projet, on peut faire des rendez-vous de bilan, de perspectives, on va travailler des stratégies de fidélisation pour nos financeurs.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Ça, c'est toute la partie FID. Et puis, toute la partie prospection, c'est ciblage, plan d'action marketing ciblé de prospection, suivi, effectivement, de la prospection. Et puis après, rendez-vous de conviction. C'est beaucoup de rendez-vous de conviction. Quand on a un nouveau projet qui arrive dans une organisation, qu'on a un million à faire financer, on va faire un mix financement et un plan de financement. Et après, chacun va aller chercher avec ses compétences spécifiques ou la nature des financeurs privées, publiques. Voilà, ce mix financement. On va aller convaincre. C'est beaucoup de prises de rendez-vous, de rendez-vous avec les pouvoirs publics, avec les entreprises privées. Ça, c'est en gros une journée type, on va dire. Et après, d'un point de vue de la relation interne avec les organisations, on travaille vraiment sur ces fonctions avec tous les services, parce que le responsable financement, il est chef d'orchestre pour financer effectivement les programmes. Donc, il doit super bien connaître les programmes, super bien connaître son organisation, super bien connaître les attentes de ses financiers ou potentiels financeurs. Son meilleur ami, c'est le DAF, c'est les fonctions financières, parce qu'on travaille beaucoup avec le contrôle de gestion en interne dans les organisations, puisque forcément, on apporte des financements.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

On travaille globalement, c'est très transversal comme métier. En interne, on travaille vraiment avec toutes les équipes. On travaille beaucoup avec les porteurs de projets, donc ça, moi, je trouve ça top. Et après, en externe, on travaille avec les directeurs RSE, on travaille directement avec les directions générales, on travaille avec les délégués général de fondation, ça, c'est côté privé. Après, on peut travailler avec des individus fortunés, par exemple, si on opère des stratégies grands donateurs sur les financements. Ça, c'est des individus qui ont une volonté d'engagement auprès d'une organisation. Et après, les pouvoirs publics, on travaille avec toutes les strates, que ce soit au niveau national, donc ça peut être des ministères, ça peut être au niveau plus local, territorialisé, ça peut être les départements, les régions, les villes, les métropoles, les collectivités, en fonction de la stratégie à adopter. C'est assez varié, les interlocuteurs qu'on rencontre. Il faut aimer les gens, c'est pour ça que je disais ça en introduction. Il faut aimer les gens, il faut aimer s'intéresser aux gens, il faut aimer aller en rendez-vous, il faut aimer aller serrer des mains. En termes d'horaires, c'est quand même des métiers sur lesquels on est un peu plus exposé, notamment le soir, parce qu'il y a quand même pas mal d'évents qui se font un peu le soir et donc on peut être mobilisé.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Après, il y a pas mal de dej, il y a pas mal de salons, de choses où on va aller vraiment faire de la cuisine.

Charlène (Chance)

Très clair. Merci Géraldine. J'entends qu'il y a quand même, comme tu dis, un relationnel fort et on est presque sur des relations un peu diplomatiques, finalement. C'est un C'est un point important à prendre en compte, en effet, même sur les contraintes, j'imagine, de vie de famille, etc. Je ne sais pas à quel point toi, ça t'impacte, mais il y a quand même besoin de faire preuve d'un peu de souplesse, si je comprends bien.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Oui, tout à fait. Un peu de souplesse et après, en fonction d'où se trouve l'activité aussi de l'organisation. Après, l'ancrage, le dimensionnement, il peut être plutôt régional, il peut être plutôt Si je vous donne l'exemple de Synergie, là, que je viens de rejoindre, eux, ils ont un ancrage de financeur qui, aujourd'hui, est très local et qui dépasse pas la région PACA, parce que chaque délégation a son pôle de recherche de financement. Là, a priori, je vais pas avoir à me déplacer énormément au niveau national. Mais après, si vous avez, moi, quand je travaillais à la Croix-Rouge, le dimensionnement, il était international. Donc, je me suis beaucoup déplacée, même à l'international, d'un point de vue de la gestion de ma relation au financeur.

Charlène (Chance)

Très intéressant. Merci Géraldine, c'était très clair. On a des questions qui arrivent dans le chat. Alors, une première question de Cassandre qui dit: Question maladroite, mais non, Cassandre, ce n'est pas une question maladroite, il n'y a pas de mauvaises questions. Peut-on espérer un salaire correct dans l'économie sociale et solidaire ? J'imagine que correct, c'est un peu propre à chacun comme définition, mais quel est ton point de vue là-dessus, Géraldine ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Effectivement, je suis d'accord avec toi, Charlène, correct, c'est propre à chacun. Ce Ce qu'il faut voir, c'est que dans l'économie sociale et solidaire, malheureusement et pourtant, il y a eu quand même de très gros progrès faits depuis 20 ans. Parce que moi, j'ai commencé il y a 20 ans et je peux vous dire qu'on était vraiment très loin des salaires du privé. Là, il y a quand même un effort qui a été fait, une prise de conscience que quand on recrute des compétences, on doit aussi les valoriser et les payer. Donc, il y a une évolution sur les salaires. Après, je peux vous donner quelques fourchettes. Globalement, quand vous êtes chargé de partenariat aujourd'hui, les salaires sont assez bas. Donc, c'est des profils assez juniors qui n'ont pas non plus un périmètre de responsabilité énorme, qui gèrent des petits comptes, pas trop sur la phase de développement. Et donc là, on est plutôt sur du 30, 32 cas, 30. Après, sur des profils un peu plus confirmés, qui ont 4 à 5 ans d'expérience, on va passer plutôt à 36, 38, 40, peut-être dans certaines organisations. Et après, sur des postes de direction, ça va dépendre aussi de la taille de l'organisation.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Parce que typiquement, un acteur comme la Croix-Rouge, un acteur comme France Active, qui sont des très gros acteurs, les salaires sont supérieurs à une organisation qui est assez petite. Donc ça, ça va jouer aussi. Et sur des postes de direction, c'est assez variable, mais ça va entre 50 et 80 80 cas, on va dire. Mais sachant que les 80 cas, c'est souvent des organisations qui sont plus innovantes dans leur modèle et qui ont une trajectoire de revenus également, avec un modèle hybride. Ce qui n'est pas le cas des pures associations. Ce qu'il faut voir aussi, c'est que souvent, le variable, il n'y en a pas, en fait, sur nos fonctions alors qu'on rapporte des fonds. Il n'y a pas de variable, en fait. Donc ça, c'est quelque chose... Moi, je milite énormément pour inscrire du variable dans la rémunération des postes de financement. Ça, c'est des choses qui sont en train d'être travaillées dans le secteur, notamment par l'Association française des fundraisers, mais aujourd'hui, ce n'est pas encore le cas. En fait, c'est une pratique qui est assez courante. Donc oui, j'ai envie de dire: Oui, le salaire peut être correct, carrément. Après, ça Ça dépend des regards, ça dépend de votre expérience pro, ça dépend de plein de choses.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Il est possible aussi de négocier quand même un variable. Et moi, je suis un très bon exemple. Dans mes dernières expériences, j'avais une part variable.

Charlène (Chance)

Merci Géraldine pour ta transparence. On a une autre question/témoignage d'Agnès que je vais te lire. Après 10 ans à être acheteuse, une super expérience d'implantation d'un gros distributeur US en France en mode startup, je suis maintenant en recherche de sens et donc d'un emploi dans l'ESS. J'ai beaucoup de compétences commerciales transférables, négociations, business développement, à mettre au service de l'écologie, d'un monde durable, tout en allant vers un poste senior, donc en gros, country manager export, mais j'ai peur d'être perçu comme le grand méchant et je n'ai pas de réseau. Faut-il que je fasse une formation qui mène à l'ESS ? Quel conseil pouvez-vous me donner pour réussir ma transition vers l'ESS ? Question très intéressante. Merci Agnès.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Agnès, globalement, c'est vrai que je ne l'ai pas cité, mais les postes d'acheteur, les compétences, elles sont hyper transférables sur mon métier. Donc ça, c'est déjà un point très positif. Après, comment, effectivement, faire ce virage positif Je ne suis pas certaine qu'une formation... Après, ce serait plus une formation sur l'écosystème et comment fonctionne le métier du financement, du fundraising. Et après, plutôt la compréhension des structures à impact. Je pense que c'est plus sur l'écosystème, parce que le métier et les compétences d'acheteur, franchement, elles sont vraiment facilement adaptables sur les métiers du financement. Ce n'est pas exactement les mêmes, en tout cas, très facilement adaptables. Après, moi, j'ai vu pas mal de gens dans mes équipes que j'ai recrutés en bénévolat, on va dire, qui faisaient une transition de carrière et qui venaient un ou deux jours par semaine. Du coup, après, ils ont une expérience de quatre mois, six mois dans une équipe qui dépote, etc. Et ensuite, bim, ils ont les compétences d'avant sur leur ancien métier dans un secteur marchand. Ils ont une expérience significative d'engagement, en tout cas si vous pouvez le faire sur un ou deux jours par semaine ou sur un projet un peu structurant de recherche de financement pour une organisation.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Et ensuite, en général, c'est la bascule qui fait qu'on a développé son réseau. Après, développer son réseau, il y a pas mal de petits déjeuners. Donc, Association Française des Founds Writers, ils font plein de petits dej. Je ne les ai pas forcément en tête, mais par exemple, il y a eu le forme des associations la semaine dernière au Palais des Congrès à Paris. Typiquement, là, il y a plein d'organisations à aller voir pour un peu faire son réseau. Après, c'est vrai que dans l'économie sociale et solidaire, souvent, certaines organisations sont un peu chauvignes sur le côté: Vous venez du secteur marchand. Moi, ce n'est pas du tout le cas pour les directions que j'ai eues dans les organisations que j'avais. Moi, j'avais énormément de gens qui venaient du privé. D'ailleurs, c'est ce que je voulais, parce que le côté: Je suis hyper engagé, mais je n'ai aucune skill. En fait, sur le métier du financement, ça ne marche pas. Donc moi, je suis plutôt très appétente et je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup d'organisations qui sont appétentes à intégrer des expériences et des professionnels qui ont des expériences dans le secteur marchand.

Charlène (Chance)

Oui, et puis j'imagine que de toute façon, ils ont de moins en moins de choix, parce que quand on voit justement le nombre de personnes qui viennent du privé et qui sont en recherche de sens, nous, c'est vraiment quelque chose qu'on voit dans une grande majorité de nos talents qui font chance. Je pense qu'aujourd'hui, Aujourd'hui, ils doivent avoir pas mal des candidatures de gens qui viennent du privé et qui ont envie de rejoindre l'ESS et à raison, c'est compréhensible. Merci Géraldine. On a une question de Manon qui, du coup, rejoint un petit peu cette notion d'incentive dont tu étais en train de parler. Est-ce qu'il y a une notion d'objectif annuel à respecter dans les structures de l'ESS et des conséquences s'ils ne sont pas atteints ?

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Oui, évidemment. Forcément, quand on a des fonctions de développement et de recherche des financements, on a des objectifs qui sont collectifs par équipe et après individualisés. C'est du CANTI, mais c'est également du cali et c'est aussi des objectifs d'impact. Parce que ce qu'il faut se rappeler, c'est que les organisations d'économie sociale et solidaire, évidemment, elles ont un impact qu'elle vive, qui soit sociétale, environnementale. C'est intégrer effectivement à la création de valeur et à la recherche de financement. Mais oui, on a des objectifs qui sont quarterisés avec une dynamique de pilotage assez similaires. Si on ne les atteint pas, c'est comme dans n'importe quelle organisation. Après, je ne suis pas la directrice générale de toutes les organisations de l'ESS, donc je ne dis pas que ça fonctionne pareil partout, mais forcément, l'idée, c'est de voir pourquoi, d'adapter, soit parce qu'il n'y a pas les moyens, soit... Ce à quoi il faut faire super attention, c'est que souvent, les organisations de l'ESS mettent des objectifs inatteignables et elles ne donnent pas les moyens. Donc, on est en situation d'échec. Ça, moi, c'est pareil, quelque chose sur lequel, en tout cas à mon échelle, dans les départements que je dirige, je fais très attention et je suis très vigilante parce que c'est complètement contre-productif de mettre en situation d'échec un fundraiser.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Parce que c'est comme un commercial, c'est du développement. Plus, effectivement, vous arrivez à atteindre votre objectif, plus vous allez avoir sans limites un développement. Pour moi, il n'y a aucun intérêt à ce que les objectifs ne soient pas atteignables. Je pense que c'est des points qu'il faut vraiment challenger avec son manager: que les objectifs soient bien clairs, les moyens pour les atteindre. C'est important.

Charlène (Chance)

Bien sûr, comme tu dis, c'est une question très interne et très managériale. Merci, c'est ultra intéressant. Dernière question et après, ça va être la fin de ce live. J'avais dit 30 minutes, ça passe vite. Aude qui nous dit: Bonjour, est-ce qu'avec un bagage de 10 années en gestion de projet, direction de clientèle en agence de comm et d'event, comment séduire le recruteur dans l'ESS ? Est-ce que tu as des petits tips concrets Je ne connais pas forcément hyper bien les skills ou la direction de clientèle en agence de comm event, mais j'imagine qu'il y a pas mal de feeds, de connaissances des besoins des clients, d'accompagnement dans la durée, de réponse à ces besoins.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Ça, c'est des kits, je pense, qui sont complètement duplicables sur les métiers financement et partenariat dans l'ESS. Après, comment c'est dire le recruteur ? Un des moyens aussi de séduction, c'est si vous avez un super carnet d'adresses dans le privé et que vous allez rejoindre ou postuler à un poste de fundraising auprès de partenaires privés et que vous venez en disant: Voilà, en fait, moi, mes anciens clients, c'était telle et telle et telle boite. Et en fait, vous les avez pas dans votre portefeuille de soutien financier, donc moi, je vous les amène. Ça, j'ai envie de dire, c'est un super élément de séduction, mais tout le monde l'a pas. Et après, je crois que c'est aussi, si vous connaissez bien, les stratégies d'entreprises que vous avez accompagnées en tant que directrice de clientèle, c'est de mettre en avant une très une compréhension des besoins en termes de RSE, en termes d'engagement de ces entreprises vers l'organisation avec laquelle, en tout cas, vous êtes en recrutement. Parce que ce qui va compter, c'est que l'organisation qui va vous recruter voit que vous comprenez comment fonctionne l'engagement financier ou partenarial d'une entreprise et pourquoi c'est stratégique pour elle.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Si vous démontrez ça, je pense en tout cas à votre recruteur dans l'ESF et que vous avez les skills adaptables, j'ai envie de dire, normalement, ça matche.

Charlène (Chance)

Merci Géraldine. Hyper clair et encourageant. Il est 13h15, malheureusement. Je vais devoir mettre fin à ce live. Merci mille fois, Géraldine, pour ton témoignage. C'était hyper clair, très intéressant et je pense que ça a été utile à beaucoup de monde ici. Pour information, ce live, il était enregistré et il sera disponible en replay. Si jamais vous avez besoin de retrouver les informations partagées par Géraldine, vous recevrez un mail quand il sera disponible en replay. Je vous mets ici les petits liens si vous avez envie de rejoindre Chance recrutement pour potentiellement être mis en relation avec ce genre d'offres. Et je vous mets également le petit lien vers la communauté d'entraide, donc trois minutes pour les autres de Chance. Voilà, ça vient de partir. Merci à toutes et tous pour votre présence. Peut-être à bientôt sur un prochain live. Et merci Géraldine, à bientôt.

Géraldine Houlière (Directrice du financement)

Merci Charlène. Merci à tous. À bientôt. Au revoir. Au revoir.

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