Résumé en 10 secondes : les formations pour devenir professeur des écoles
- Plusieurs voies existent pour approcher le métier : reprise d’études, remplacement, master dédié à l’enseignement, concours, puis titularisation.
- La reconversion est possible, notamment avec un niveau bac +5 pour accéder à des remplacements dans certains cadres.
- Le terrain compte énormément : stages, remplacements courts, classes différentes et pratique quotidienne forgent la posture.
- Le diplôme ouvre des portes, mais il ne suffit pas à se sentir à l’aise devant une classe.
- L’engagement personnel est réel : préparation, travail hors classe, adaptation aux élèves, équilibre avec la vie familiale.
Les principales voies de formation pour devenir professeur des écoles
1. Les formations initiales les plus fréquentes pour professeur des écoles
Le métier de professeur des écoles s’inscrit dans un cadre précis. Pour enseigner durablement, il faut passer le concours de professeur des écoles, puis entrer dans une année de stage avant la titularisation.
Une voie fréquente consiste à suivre un master dédié aux métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation. Dans l’enseignement catholique, ce parcours peut passer par un ISFEC, Institut supérieur de formation de l’enseignement catholique. Dans le public, les structures de formation ont changé de nom au fil du temps, avec notamment les INSPE.
Ces formations apportent plusieurs appuis concrets :
- Un cadre pour préparer le concours et comprendre les attendus de l’école.
- Une légitimité pour entrer dans le métier avec des repères communs.
- Des premières compétences sur la conduite de classe, les apprentissages, les élèves à besoins particuliers ou encore la voix en classe.
Les programmes suivis sont ceux de l’Éducation nationale, dans le public comme dans le privé sous contrat. Ils sont organisés par cycles : cycle 1 pour la maternelle, cycle 2 pour le CP, CE1 et CE2, cycle 3 pour le CM1, le CM2 et la 6e. Ils sont consultables sur Eduscol.
Leslie Aymonin, professeure des écoles, le formule simplement : « Pour être remplaçant, suppléant, il faut avoir bac +5. C’est la seule condition. [...] Moi, je suis allée à l’Institut supérieur de formation de l’enseignement catholique. Donc c’est l’ISFEC de Rennes. Et le master, c’est le master de l’enseignement, de l’éducation et de la formation. »
Cette voie donne une structure. Elle ne rend pas tout automatique. Une classe ne ressemble jamais tout à fait à une autre. Les élèves changent, les besoins aussi, et la confiance se construit au contact du réel.
2. La formation continue et la reconversion professionnelle vers professeur des écoles
Devenir professeur des écoles après une première vie professionnelle est possible. Le parcours peut commencer par une expérience dans un autre domaine, puis évoluer grâce à une rencontre avec le monde de l’enfance, un stage, une reprise d’études ou un remplacement.
Une reconversion peut passer par plusieurs étapes :
- Un stage en école, par exemple dans le cadre d’une formation liée à la petite enfance.
- Des remplacements dans l’enseignement privé ou public, selon les conditions d’accès.
- Une reprise d’études en master lié à l’enseignement.
- La préparation du concours, seul·e ou dans un cadre de formation.
- L’année de stage, avant la titularisation.
Ce chemin demande du temps. Il demande aussi d’accepter de redevenir apprenant·e. On reprend des habitudes de travail, on se confronte à des attendus académiques, on apprend à préparer, observer, ajuster.
Dans l’enseignement catholique, les personnes remplaçantes, aussi appelées suppléantes, peuvent suivre des formations le mercredi, le week-end ou pendant les vacances scolaires. Certaines sont obligatoires. D’autres permettent d’approfondir un sujet : anglais, élèves à besoins particuliers, posture de classe, voix, outils pour débuter.
Cette progression peut être très formatrice. Elle oblige à avancer pas à pas, sans attendre d’avoir tout maîtrisé avant de commencer. C’est souvent là que le petit battement de cœur professionnel apparaît : quand le métier devient concret, dans une classe, avec des enfants réels, des questions réelles, des réussites parfois discrètes.
Le rôle réel du diplôme de professeur des écoles
Le diplôme et le concours jouent un rôle d’accès. Ils permettent d’entrer dans un cadre reconnu, de postuler, d’enseigner avec un statut, puis d’évoluer vers la titularisation. Ils rassurent aussi les institutions et les familles, car ils montrent que la personne connaît les attendus du métier.
Dans le privé sous contrat et dans le public, le concours est présenté comme commun dans son contenu. Les personnes candidates se préparent à enseigner selon les programmes de l’Éducation nationale. La différence tient ensuite au cadre d’exercice, aux moyens, aux affectations et aux modalités propres à chaque réseau.
Mais le diplôme ne garantit pas tout. Il ne garantit pas l’aisance devant une classe. Il ne garantit pas la capacité à gérer l’imprévu, à entrer en lien avec les familles, à travailler avec une équipe, à aider un enfant qui ne peut pas rester assis, ou à adapter une séance quand la classe n’est pas disponible pour apprendre.
Le diplôme ouvre la porte. La posture se construit ensuite. Elle se construit dans les journées où l’on essaie, où l’on ajuste, où l’on comprend que transmettre ne consiste pas seulement à expliquer. Il faut aussi créer les conditions pour que chaque élève puisse se mettre au travail.
L’expérience terrain comme levier central dans le parcours de professeur des écoles
Le terrain pèse très lourd dans la formation réelle au métier. Un stage en maternelle peut suffire à révéler la densité d’une journée d’enfant : la fatigue, le bruit, les transitions, l’énergie demandée par la vie de classe.
Les remplacements forment aussi vite. Ils exposent à des niveaux différents, des écoles différentes, des équipes différentes. Une personne remplaçante peut être dans une école pendant deux jours, quinze jours, une période entre deux vacances scolaires, ou répartie sur plusieurs écoles dans la même semaine.
Cette expérience apprend à :
- Entrer rapidement dans une classe sans connaître tous les élèves.
- Observer les habitudes, les besoins, les tensions, les ressources.
- Accepter l’imperfection quand le remplacement est court.
- Tenir un cadre tout en restant disponible aux enfants.
- Monter en responsabilité progressivement, jusqu’à prendre une classe sur l’année.
« C’est très fatigant, mais c’est très formateur. [...] Il faut accepter de travailler et d’enseigner dans l’incertitude et que ça ne soit pas parfait. C’est-à-dire qu’il y a des remplacements qu’on va faire. C’est un peu la cata. On ne va pas se mentir, parce qu’on arrive dans des classes, on n’a pas le lien avec les parents pendant 15 jours, l’enseignant n’est pas là. »
Ce “faire” n’est pas secondaire. Il donne de l’épaisseur à la légitimité. Il permet de passer de la théorie à une présence réelle : être là, accompagner, rassurer, maintenir un espace de travail, même quand tout ne se passe pas comme prévu.
Passerelles et évolutions rendues possibles par la formation de professeur des écoles
La formation peut ouvrir plusieurs directions. Elle ne mène pas seulement à un poste unique et figé. Selon le cadre, l’expérience et les choix personnels, elle peut permettre de changer de niveau, de pédagogie, d’environnement ou de rôle.
Une personne formée peut enseigner en maternelle ou en élémentaire. Elle peut aussi être amenée à travailler avec des élèves à besoins particuliers, notamment dans des dispositifs ULIS, y compris en collège pour des élèves de 6e. Dans ce cas, l’enseignant·e accompagne des élèves en situation de handicap sur des compétences et connaissances spécifiques, à certains moments de la journée.
La formation peut aussi soutenir un changement de pédagogie. La classe flexible, par exemple, modifie l’organisation de l’espace. Les élèves peuvent travailler assis, debout, au sol, ou sur du mobilier adapté. L’objectif est de les aider à repérer les conditions dans lesquelles ils apprennent le mieux.
D’autres approches, comme Montessori, peuvent aussi entrer dans un parcours. Pour enseigner pleinement avec cette pédagogie, une formation spécifique est nécessaire. Il est possible d’intégrer certains outils dans une classe classique, tout en respectant les programmes de l’Éducation nationale. Pour exercer dans une école Montessori hors contrat, le cadre est différent : ces écoles relèvent d’un fonctionnement privé.
La formation devient alors un outil de transition. Elle ne dit pas seulement “vous êtes arrivé·e”. Elle permet d’oser un nouveau pas : changer de niveau, approfondir un public, tester une pédagogie, ou construire un projet autour de l’enfance.
Ce que les parcours de formation de professeur des écoles ne montrent pas toujours
Une formation donne des repères. Mais certaines réalités apparaissent surtout une fois dans l’école.
La première est la charge de travail. Le métier ne s’arrête pas toujours à la fin de la journée de classe. Il faut préparer, corriger, adapter, rencontrer les familles, travailler avec des professionnel·les de santé ou des institutions, organiser la classe, anticiper les besoins.
La deuxième est la solitude possible. Même entouré·e d’une équipe, l’enseignant·e reste souvent seul·e dans sa classe. Cette autonomie peut être précieuse. Elle peut aussi peser, surtout quand on porte une pédagogie différente ou que l’on cherche à faire une place à chaque élève.
La troisième est l’équilibre avec la vie personnelle. Les vacances scolaires et les mercredis peuvent donner une image incomplète du métier. Une partie du travail se fait à la maison ou pendant les périodes sans élèves.
« On parle beaucoup du mercredi, des vacances scolaires, mais en fait, je pense que je travaillais au moins la moitié de toutes les vacances scolaires, soit dans la classe, soit à la maison. [...] On ne pourrait ne jamais s’arrêter de travailler parce qu’il y a toujours des choses à améliorer. »
Ce constat n’annule pas le sens du métier. Il aide à le regarder en face. Enseigner peut donner beaucoup de joie, notamment quand un enfant gagne en autonomie, quand une famille mesure les progrès, quand une classe trouve son rythme. Mais cette joie demande de l’énergie.
À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation de professeur des écoles
Avant de choisir une formation, quelques points méritent d’être clarifiés.
- La durée réelle du parcours : remplacement, préparation du concours, master, année de stage, titularisation. Chaque étape prend du temps.
- Le cadre choisi : public, enseignement catholique, privé hors contrat, pédagogie spécifique. Les modalités ne sont pas les mêmes.
- L’équilibre vie personnelle / formation : préparer un concours ou reprendre un master demande de l’espace mental et pratique.
- Les conditions d’exercice : remplacement court, affectations multiples, travail en équipe, état des locaux, dynamique d’école.
- Le rapport à l’incertitude : le métier implique d’ajuster souvent, parfois dans l’urgence.
Un bon réflexe consiste à rencontrer une personne récemment formée. Pas seulement pour poser des questions sur le concours, mais aussi sur les journées ordinaires : les préparations, les familles, les réunions, les imprévus, la fatigue, les moments qui redonnent du cœur.
À qui ces parcours de professeur des écoles peuvent convenir
Ces parcours peuvent convenir à des personnes qui aiment apprendre, se former, recommencer. Ils peuvent aussi parler à celles et ceux qui ont besoin d’un métier concret, incarné, avec une utilité visible au quotidien.
Ils peuvent être adaptés aux profils qui :
- Aiment l’autonomie et savent organiser leur travail.
- Acceptent d’apprendre par la pratique, avec des essais et des ajustements.
- Ont envie de transmettre sans réduire le métier à la transmission de connaissances.
- Sont sensibles à l’inclusion et à la progression de chaque élève.
- Peuvent avancer dans l’incertitude, surtout au début.
Le parcours peut être plus exigeant pour les personnes qui ont besoin d’un cadre très stable dès le départ, d’horaires strictement séparés entre travail et vie personnelle, ou d’une forte dynamique collective au quotidien. Ce ne sont pas des impossibilités. Ce sont des points à regarder avec lucidité.
L’enjeu n’est pas de cocher toutes les cases. Il est plutôt de se demander : qu’est-ce qui me donne de l’énergie ? Qu’est-ce qui m’en prend trop ? Quelles conditions me permettraient de tenir dans la durée, sans perdre le sens ?
Choisir la formation de professeur des écoles en gardant le cœur ouvert et les pieds au sol
Pour avancer, commencez simple. Identifiez une formation reconnue dans le cadre qui vous attire : public, privé sous contrat, pédagogie spécifique. Regardez les conditions d’accès, le niveau demandé, la place du concours, les temps de stage ou de remplacement.
Ensuite, testez le réel. Rencontrez un·e professeur des écoles formé·e récemment. Si c’est possible, observez une classe, échangez avec une école, explorez les remplacements. Le métier se comprend rarement depuis une fiche. Il se révèle dans les gestes : accueillir, expliquer, répéter, ajuster, encourager, recommencer.
Clarifiez aussi votre rapport au diplôme et au terrain. Avez-vous besoin d’un cadre de formation fort ? Êtes-vous prêt·e à apprendre en faisant ? Pouvez-vous accepter qu’une journée ne soit pas parfaite, tout en restant présent·e pour les élèves ?
Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.
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