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Leslie Aymonin, Professeure des écoles

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Transcription complète

Charlotte (Chance)

Super. Je pense que nous sommes en live. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Leslie. Bonjour. Bienvenue parmi nous. Bonjour Julie, Céline, Christelle, Fanny. Je vois que vous êtes nombreuses à vous connecter. Caroline, Aurélie, Sophie, bienvenue tout le monde. On est ravis, toutes les deux, de démarrer cette semaine de live métier avec vous et avec toi, Leslie. Merci beaucoup de donner 30 minutes de ton temps pour aider les autres ce matin. Moi, c'est Charlotte, je travaille chez Chance et je suis très heureuse de découvrir avec vous toutes la voix professionnelle de professeur des écoles avec toi, Leslie, ce matin. Et vraiment, le but de ce live est qu'il soit le plus interactif possible. Alors, on vous invite vraiment à ne pas hésiter à poser toutes vos questions dans le chat ainsi que dans l'onglet Questions. Et je pourrais les poser à Leslie juste après, justement, sa présentation. Et pour commencer, d'ailleurs, on aime bien démarrer les live pour savoir un petit peu d'où vous nous écoutez, peut-être, si vous souhaitez en tout cas noter dans le chat la ville dans laquelle vous nous écoutez ce matin. Je vois Lola qui est à Arles. Moi, je suis dans le Cantal.

Charlotte (Chance)

Marie-céline, super. À Antibes. Céline Malakoff, génial. Christelle Paris. Toi, Leslie, je crois que tu es à Rennes.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui, en Bretagne.

Charlotte (Chance)

Super. Caroline Metz, génial. Je vois qu'on représente en tout cas un peu de France, un peu partout, en tout cas en Gironde pour Camille, près de Salon de Provence. Super. Bienvenue en tout cas à toutes et à tous. On est ravis de vous avoir parmi nous ce matin. Et peut-être avant de te laisser la parole, Leslie, pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour aider chacun à trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société. Et nous avons plusieurs programmes d'accompagnement et le plus connu, c'est le bilan de compétences. Et dans cette méthode, à un moment, on propose justement d'aller de la confronter les personnes qui suivent ce bilan de compétences à la réalité des métiers pour pouvoir enlever les fantasmes positifs comme négatifs que chacun et chacune peuvent avoir justement sur des voies professionnelles. Et c'est assez puissant, car en écoutant un ou une professionnelle parler de son métier, on se rend compte de beaucoup de choses. On se rend compte notamment si ça résonne ou si ça ne résonne pas, si ça nous enthousiasme, si ça nous énergise ou au au contraire, si on ne se projette pas.

Charlotte (Chance)

C'est ce qu'on vous propose tout au long de cette semaine de live métier. Vraiment, l'intention, c'est d'explorer ensemble plus de 50 métiers. On commence cette semaine et vraiment, j'en suis très heureuse avec toi, Leslie, et ton métier, en tout cas, le métier que tu as exercé pendant plus de six ans et qui est le métier de professeur des écoles. Donc, encore bienvenue à toi. Merci pour ton temps. Je vais te laisser peut-être te présenter et nous parler de ton parcours. Qu'est-ce qui a fait que tu en es arrivé à ce métier ? Je vous laisse en tout cas chacun, chacune, poser toutes vos questions dans le chat pendant la prise de parole de Leslie et nous y reviendrons juste après. Encore merci Leslie et je te laisse le micro pour nous parler de toi.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Merci. C'est très chouette, en tout cas, d'être ici et de renouer avec l'univers chance que j'ai connu l'année dernière. Donc, merci pour l'invitation. Aujourd'hui, j'ai 37 ans et j'ai été professeur des écoles pendant six ans. Mon parcours, Après le bac, j'ai fait un IUT Information Communication. J'ai vraiment toujours avancé dans mon parcours universitaire et même professionnel, on va dire pas après pas, toujours avec cette intention de... Ça bougeait beaucoup, en fait. À chaque fois, au fil de mes études, j'ai avancé sur de nouvelles perspectives. Donc, je suis rentrée en école de commerce après cet IUT. Ce n'était pas du tout prévu. J'ai été diplômée, j'ai travaillé dans le marketing et la communication chez Yves Roger, qui est une marque bretonne, ici à Rennes. Et puis, j'ai eu mes deux enfants à la fin de mes études. Sur la fin de mes études, donc j'écrivais mon mémoire de fin d'année. J'étais enceinte de ma deuxième. Et j'ai découvert l'univers de la petite enfance à travers mes enfants. J'ai voulu créer des micro-crèches bilingues françaises anglais, à Rennes. Et pendant ce parcours, j'ai passé en parallèle le CAP Petite Enfance. Il fallait faire des stages. Donc j'ai fait un stage dans l'école maternelle de mon fils, qui était en moyenne section.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Et un stage de six semaines. Et pendant ces six semaines, déjà, j'ai découvert son quotidien. Je ne me rendais pas compte du quotidien d'un enfant de maternelle. Je comprenais sa fatigue le soir, son énervement, son épuisement le soir. Et j'ai vraiment découvert... Mes deux parents sont profs, collèges, lycées, BTS, mais pas du tout primaires. Et j'ai redécouvert vraiment cet univers-là et ça m'a passionné. Ça m'a passionné et au cours de ce stage, je discute avec la directrice. Elle me dit: Toi, tu as bac+5. En plus, tu parles anglais couramment. Tu sais qu'on recherche beaucoup de remplaçants. J'étais sur un projet de micro-crèche, moi. Donc j'ai gardé ça en tête et Mon dossier a été refusé par la PMI de Rennes une troisième fois. Et à ce moment-là, je contacte la DDEC, c'est la Direction des écoles dans l'enseignement catholique, parce que moi, j'ai été professeur dans l'enseignement catholique. Et trois semaines plus tard, je prends un premier poste de remplaçante. Donc, je suis en parallèle les formations pour les remplaçants, mais tout ça en même temps. Et je Je me suis remplaçante pendant deux ans et demi, trois ans. J'essaie de passer le concours une première fois, seule, sans vraiment l'avoir préparé, que je n'ai pas.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Donc, je m'arrête pendant un an et je reprends le master, métier de l'enseignement, pour passer le concours. Je réussis le concours et là, j'entre dans le système stagiaire pendant un an et ensuite, titularisation. Voilà pour le parcours. Et rapidement, pourquoi je ne suis plus professeur des écoles ? Il y a eu le Covid entre temps. Des envies d'aller vivre au Canada qui s'est transformé en voyage en Europe. J'avais commencé à avoir des doutes sur mon métier, sur la façon dont je pouvais exercer ce métier. Et quand je suis rentrée de voyage en Europe, j'ai démissionné de l'éducation nationale. Et j'ai travaillé à nouveau dans le commercial qui est ma formation initiale. Et puis j'ai fait le Parcours Chances, le bilan de compétences. Et je me suis réorientée depuis.

Charlotte (Chance)

Génial. Merci beaucoup, Leslie, pour ces premiers éléments de comment tu en es arrivée à ce métier. Je trouve ça assez beau d'avoir aussi été inspirée par tes enfants. Je trouve que c'est assez touchant. Je vois peut-être déjà une première question de Camille, je pense que c'est peut-être une intéressante démarrée par là, qui te demande comment se déroulent les formations pour les profs des écoles contractuelles.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Pour les suppléants, dans le privé, on les appelle les suppléants ou les contractuels. C'est très particulier. Moi, je vais pouvoir parler de l'enseignement catholique. En Bretagne, c'est encore plus particulier parce que les enfants sont scolarisés moitié-moitié entre l'enseignement catholique et l'enseignement public, ce qui n'est pas le cas sur le reste de la France, c'est plutôt 70% public, 30% privé. Moi, j'ai choisi le privé pour ne pas être envoyée à l'autre bout de la France. Et mes enfants étaient dans le privé aussi, tout simplement parce que quand j'avais visité les deux écoles, je m'étais sentie mieux accueillie et mieux pris en compte, peut-être, dans l'école catholique. Mais mes parents sont profs dans le public. Je peux parler de l'enseignement catholique. On avait des formations le mercredi, puisque le mercredi, à Rennes, il n'y a pas école, en primaire. Donc le mercredi, le week-end, les vacances scolaires. Il y a des formations obligatoires et des formations que l'on peut suivre si on souhaite. À l'époque, ce n'était qu'en présentiel. Je sais qu'aujourd'hui, il y en a aussi beaucoup en visio. Et c'est sur des thématiques. Donc, il y a un petit peu la boîte à outils de l'enseignant qui démarre.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Les premières formations, c'est ça. Et puis après, on peut se spécialiser: anglais, élève à besoins particuliers, poser sa voix en classe Ça peut être vraiment plein de choses. Pour être remplaçant, suppléant, il faut avoir bac +5. C'est la seule condition.

Charlotte (Chance)

Ok, super. Merci beaucoup, Leslie. J'espère que ça aura répondu à votre question, Camille. Je vois que tu as aussi une question d'Axelle qui te demande quels sont les aspects peut-être les plus gratifiants de ce métier. Et moi, je me permets aussi de te demander peut-être à l'inverse, qu'est-ce qui, selon toi, a été dur dans ce métier pendant les six années ? Je pense que c'est aussi important d'avoir les deux côtés. C'est ce qui permet de se rendre compte réellement aussi de ce que c'est qu'être professeur des écoles. Si tu peux peut-être nous parler un petit peu des deux.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui. Le plus gratifiant, mais ça parle de ce que je fais aujourd'hui, je pense, ça a été d'accompagner les familles et les enfants ont un besoin éducatif particulier. Pour moi, ça a vraiment marqué toutes ces années d'enseignement. Le COVID est passé par là. J'étais enseignante pendant le COVID et j'avais des CP. J'ai eu des CP, CE1 pendant longtemps. Donc l'année de CP en Covid, ça a été vraiment très, très difficile pour les enfants qui étaient scolarisés dans cette année-là. L'apprentissage de la lecture a été laborieux. Quand on est retourné en classe, ils étaient en CE1, j'avais une bonne partie de ma classe que j'avais eue en CP. Et heureusement, parce que vraiment, il a fallu reprendre beaucoup de choses. Donc cette année-là, j'avais vraiment beaucoup d'élèves en difficulté. Et donc beaucoup de travail avec les familles, beaucoup de rendez-vous avec les familles, avec les orthophonistes, avec la MDPH qui est la Maison pour les Élèves en Situation de handicap. Et cet aspect-là du travail, pour moi, c'était vraiment ce qui me plaisait le plus. C'était de faire en sorte que chacun de mes élèves ait leur place dans ma classe. Donc moi, j'enseignais en classe flexible.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

C'est-à-dire qu'il y Il y a plusieurs manières de se mettre au travail dans la classe, dans l'espace. On peut être au sol, on peut être debout sur une table qui est plus haute, etc. Ça, pour moi, c'était vraiment ce qui avait le plus de sens. Que chacun ait sa place, que chacun puisse progresser à son rythme et d'avoir des familles qui, au bout de deux ans... Comme j'avais des CPSE1, j'avais des élèves, parfois deux ans, ça, c'est très intéressant aussi. Et à la fin, j'ai des familles qui me disaient: L'enseignement en classe flexible, franchement, on était un peu sceptiques au début de CP. Et puis, en fin de CE, on voit bien tous les bénéfices. Ça, c'est vraiment gratifiant quand on croit vraiment à une façon d'enseigner. Les difficultés que moi, j'ai rencontrées le plus, c'est que je me suis sentie seule, justement, pour mettre en place ce type de pédagogie dans les écoles et dans l'école dans laquelle j'étais. Je sais que c'est vraiment des écueils des profs. Là, c'est vraiment premier degré ou second degré, c'est un peu pareil, c'est de se sentir seul. Mais il y a des écoles dans lesquelles les équipes travaillent hyper bien ensemble et ça marche vraiment bien.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Mais ce n'est pas le cas partout. Et puis, on est seul dans sa classe, mine de rien. Donc ça, c'est difficile, ça prend énormément d'énergie. L'équilibre travail-famille, pour moi, était compliqué. Je pense qu'il aurait été dans n'importe quel métier, mais particulièrement dans ce métier-là où on n'a pas vraiment d'horaire. On arrive, on part quand on veut et on ramène toujours des choses à la maison. Et on ne pourrait ne jamais s'arrêter de travailler parce qu'il y a toujours des choses à améliorer.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Chaque année, on a des élèves qui sont différents. Donc c'est ça, cette énergie que ça prend, ça me prenait plus d'énergie que ça m'en donnait à la fin.

Charlotte (Chance)

Merci beaucoup, Leslie. Merci Axelle pour votre question. Tu as aussi une question d'Anne Laure qui te dit: Vous êtes passée d'un travail salarié vers l'enseignement, puis retour salarié. L'école privée se postule-t-elle au cas par cas ? Ça, c'est la première question. Ensuite, Quel master avez-vous suivi pour vous préparer au concours ? Peut-être que je pourrais noter aussi sur le chat si tu as le nom de ton master pour le partager. Enfin, troisième question, mais je vais te les redonner si tu as besoin: connaissez Connaissez-vous le CNED pour accompagner au concours ? Et si oui, qu'en pensez-vous ?

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Je ne connais pas du tout le CNED pour le concours. Moi, j'ai vraiment eu besoin de retourner à l'école, mais ça parle de moi aussi parce que j'aime beaucoup apprendre et j'aime beaucoup me former. Donc moi, je suis allée à l'Institut supérieur de formation de l'enseignement catholique. Donc c'est l'ISFEC de Rennes. Et le master, c'est le master de l'enseignement, de l'éducation et de la formation, je pense. Master MEF. Dans le privé, c'est l'ISFEC. Dans le public, ça va être... Ça a encore changé de nom. Donc maintenant, c'est l'INSPE, l'enseignement l'UFM, l'enseignement l'ESPE. Je veux bien que tu me redises les questions.

Charlotte (Chance)

Bien sûr, je notais juste. La première question d'Anne-Laure, c'était: l'école privée se postule-t-elle au cas par cas ?

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Quand on est remplaçant, il faut postuler, oui, c'est au cas par cas.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

C'est-à-dire qu'il faut contacter l'enseignement catholique ou le rectorat. Quand on passe le concours, c'est le même concours. On est dans la même salle le même jour, on est juste séparé par un couloir et sinon on est ensemble privé public, c'est le même concours. Ce n'est pas les mêmes moyens parce qu'évidemment, chacun sa voit, mais sinon, c'est la même chose.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup. J'espère que ça répond à vos questions, Anne-Laure. Tu as aussi une question de Camille, à nouveau, qui te demande: Est-ce que les programmes du privé et du public sont les mêmes ? Première question: Où peut-on trouver ces programmes ? Et sont-ils consultables par tous et toutes ?

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui. Le privé et public suivent les programmes de l'Éducation nationale. Les programmes de l'Éducation nationale, ils sont disponibles sur EduSchool. C'est E-D-U-S, C-O-L. L'enseignement est partagé. Les programmes de l'Éducation nationale sont partagés en cycles. Donc, le cycle 1, c'est la maternelle. Cycle 2, CP, C-1, C-2. Cycle 3, CM1, CM2, 6ème. Donc, quand on passe le concours de professeur des écoles, on peut être amené, c'est rare, mais ça arrive. On peut être amené à enseigner, notamment en classe ULIS, en 6ème. Donc, classe ULIS en sixième. Les classes ULIS, c'est primaire collège. Mais si on est professeur des écoles, qu'on est envoyé en sixième, on est dans un collège et on accueille des élèves de sixième qui sont en situation de handicap. C'est-à-dire que quelques heures dans la journée, ils sortent de leur classe de référence pour venir avec nous et travailler sur des compétences et des connaissances spécifiques.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup, Leslie. J'espère aussi que ça répond à votre question, Camille. Tu as une question aussi intéressante d'Axelle, toi qui nous parlais de l'éducation flexible que tu mettais dans ton propre enseignement à toi. Axelle te demande s'il y a de nouvelles formes d'éducation qui ont pu peut-être révolutionner le métier ou qui sont en train de le faire dans la même veine que peut-être l'éducation flexible en fait partie. Est-ce que tu as en tête d'autres formes d'éducation qui révolutionnent ce métier ?

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui, il y a différentes formes de pédagogie, mais ça restera à l'initiative soit de l'enseignant ou soit il y a une dynamique d'équipe, mais ça reste à de l'école. La classe flexible, elle s'appuie vraiment sur... Beaucoup de choses, mais quand on dit vraiment classe flexible, ça parle vraiment du mobilier. C'est-à-dire que les élèves ont la possibilité d'aller trouver dans quel endroit de la classe et dans quelle posture, position ils sont le mieux pour travailler. Donc, ça va être ça. Au niveau des apprentissages, ça va être aussi de les pousser, de les faire tendre vers un maximum d'autonomie. C'est-à-dire que tout est fait en sorte dans la classe pour qu'ils soient autonomes. Mais autonomes sur dans quelles conditions je me mets pour être bien, pour travailler. Et ça, ça marche dès la petite section. Au niveau des pédagogies, il y a la pédagogie Montessori, bien sûr. Ma fille a été scolarisée en Montessori à Rennes, qui est l'une des seules écoles qui est sous contrat, je crois, de France.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

C'est génial, mais pour faire du Montessori, il faut être formé Montessori. C'est-à-dire que sinon, on peut faire plein de choses et il y a plein de choses vraiment très chouettes qu'on peut mettre en place dans sa classe sans avoir été formé Montessori. Mais si on veut vraiment faire une pédagogie Montessori avec toute la dimension que ça comprend, il faut être formé Montessori.

Charlotte (Chance)

Et est-ce que tu peux être formé Montessori et enseigner avec les enseignements que tu as reçus en tant qu'enseignante Montessori dans une école qui n'est pas une école Montessori ?

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui. On dit que l'enseignant, il a sa liberté dans sa classe. C'est-à-dire qu'on doit suivre les programmes de l'Éducation nationale. Ça, c'est un prérequis. Et puis, on a des comptes à rendre aux parents, mais aussi on doit rentrer dans un système où il y a des livrets, etc. Et puis, plus on avance au collège, etc, plus le système s'appuie sur ce cadre-là. Mais dans sa classe, on a ce qu'on appelle la liberté pédagogique. Mais aujourd'hui, pour enseigner en Montessori, soit on est en école privée, c'est-à-dire ce n'est pas l'enseignement catholique, c'est vraiment privé, c'est-à-dire c'est comme si c'est une entreprise, ce sont des entreprises et il y en a des très bien. Soit on le fait dans sa classe, mais dans ce cas-là, il faut avoir le concours et on est dans l'éducation nationale, on est dans la fonction publique.

Charlotte (Chance)

Ok, super. Merci beaucoup, Leslie. J'espère aussi que ça répondra à votre question, Axelle. On a une autre Camille qui te pose Je me pose une question. As-tu été remplaçante uniquement dans la même école ? Première question: est-il possible d'être envoyée dans plusieurs écoles différentes dans le courant de l'année et donc d'avoir plusieurs classes ?

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui. Je pense que la première année, j'ai dû avoir une période dans la même école. Donc une période, c'est entre deux vacances scolaires. Tout le reste, c'était: la semaine prochaine, tu es là pendant quinze jours, tu es là. Pendant deux jours, tu es là. Etc. C'est très fatigant, mais c'est très formateur. C'est très formateur et ça, c'est vraiment quelque chose Il faut accepter de travailler et d'enseigner dans l'Incertitude et que ça ne soit pas parfait. C'est-à-dire qu'il y a des remplacements qu'on va faire. C'est un peu la cata. On ne va pas se mentir, parce qu'on arrive dans des classes, on n'a pas le lien avec les parents pendant 15 jours, l'enseignant n'est pas là. Il y a souvent des enfants, des élèves dans des situations particulières dans chaque école, dans chaque classe. Donc, on doit se débrouiller avec ça. Donc, parfois, moi, j'ai l'impression d'avoir gardé une classe. Je ne pense pas avoir transmis de grands savoirs ou de grandes connaissances pendant 15 jours, mais j'étais là et j'accompagnais les enfants. Ça, ça vaut quand on est suppliant, mais ça vaut aussi quand on est titulaire. C'est différent dans le public catholique, mais je crois que c'est pire.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Parce que dans le privé, on peut être... Par exemple, j'ai été pendant un an dans quatre écoles. Donc le lundi dans une école, le mardi dans une autre, le jeudi dans une autre et le vendredi dans une autre. Mais toute l'année. Donc tous les lundis, tous les mardis, etc. On On peut aussi être à mi-temps, à trois quart temps, etc. Dans l'enseignement catholique, on accepte plus vite à la titularisation quand même. Dans le public, on peut être brigade, c'est-à-dire un peu, c'est remplaçant. On a le concours, mais on est encore remplaçant, on On va encore nous mettre sur des remplacements seulement. Parfois, c'est à l'année, mais parfois, c'est très court. Et on est titularisé plus tard. C'est un peu plus long.

Charlotte (Chance)

Ok, super. Merci beaucoup, Leslie. Et merci Camille pour cette question. Peut-être, moi, j'aurais une question sur la notion de sens que tu connais, je pense, toi qui es passée par le parcours chance. J'aimerais beaucoup avoir ton retour sur peut-être le sens que tu as trouvé dans cette vie professionnelle pendant six années. Le sens, c'est un alignement avec quatre piliers et pas uniquement la finalité d'un travail, mais aussi le métier, de par tes missions au quotidien, de par ton environnement de travail qui peut être le type et la culture d'entreprise, la culture de l'école et de par tes impératifs personnels, donc enfants à charge, horaires, rémunération, etc. Pour toi, quel a été le sens que tu as tu as retrouvé durant ces six années, peut-être sur ces quatre piliers, ton métier, ta finalité, ton environnement de travail et tes impératifs.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Oui. Si j'oublie des piliers, je veux bien que tu me redises.

Charlotte (Chance)

Bien sûr.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Le sens que j'ai trouvé dans ce métier... En fait, c'est très personnel. C'est un métier qui, pour moi, permet de... Et d'ailleurs, c'est souvent oublié par les enseignants et pourtant, je trouve que c'est essentiel. C'est vraiment un métier où on peut exercer sa singularité. C'est-à-dire que, justement, on ne met pas sa personnalité au service de son métier, dans ce métier-là, je pense qu'on perd le sens. Parce qu'on est tous différents, les enseignants, et on a tous l'impression que dans la classe d'à côté, c'est mieux. Pas toujours, parce que parfois, on se dit: Ouh là, moi, je ne ferais pas comme ça et ça ne me correspond du tout. Mais parfois, lorsqu'on part, on se dit: C'est plus silencieux. Je ne sais pas, plein de choses. Elle fait super bien les arts visuels. Oh là là ! Ce qu'elle met en place dans ses sciences, c'est vraiment génial. Oui, sauf que moi, les sciences, ce n'est pas mon truc. Donc, ça ne va pas être génial. Je pense que pour garder du sens dans ce métier, il faut vraiment accepter de mettre sa personnalité au service des élèves. Le sens que je trouvais... Pour moi, ça a vraiment toujours été la base et c'est vraiment ce que je retiens.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

C'est quand je voyais les élèves gagner en autonomie. C'est-à-dire que Petit comme grand. Pour moi, être enseignant, c'est permettre aux élèves de prendre des décisions pour lesquelles ils auront pesé le pour et le contre. Mais ça, c'est dans quel endroit de la classe je vais m'asseoir pour travailler ? Mais aussi, est-ce que je travaille tout seul ou est-ce que je travaille avec un camarade ? Pour moi, ça, c'était vraiment le plus important parce que je trouve que c'est comme ça qu'on grandit et c'est comme ça qu'on se met au travail. Et le plus difficile, c'est de réussir à mettre en place une ambiance de travail. Parce qu'il y a des élèves qui arrivent, qui ont la tête chargée de plein de choses. Des copains, de la famille et qui ne sont pas du tout disponibles travailler. Donc pour moi, c'était vraiment de mettre en place toutes les conditions pour qu'ils puissent se mettre au travail. Et ça, ça passe par énormément de bienveillance, discuter des problèmes de la classe, augmenter la tolérance dans la classe parce que sinon, on a des élèves qui s'énervent, parce que lui, il fait beaucoup de bruit, parce que en fait, il n'arrive pas à s'asseoir, il ne peut pas tenir.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Donc c'est normal s'il marche dans la classe, etc. Donc ça, pour moi, c'était vraiment le plus important et ça marche. Ça met du temps à se mettre en place, mais vraiment, ça marche. Et que les élèves aussi puissent voir leur progrès, qu'ils aient des repères pour dire: Moi, j'en suis là. Mon objectif, c'est là, mais moi, j'en suis là. Ça, c'est vraiment important. C'était vraiment important pour moi. C'est vraiment ce qui donnait du sens. Le métier en lui-même, j'aimais beaucoup pouvoir organiser ma journée. C'est-à-dire que je décide, moi, si je fais maths en premier, si je fais musique après, si moi, Mon truc, c'est la musique. Je vais en faire un peu plus, peut-être que la classe d'à côté, mais je peux me permettre ça. Donc ça, j'aimais beaucoup cette liberté-là, pouvoir travailler en projet aussi avec les élèves sur des projets, sur toute l'année, des choses comme ça. Et vraiment mettre en place l'entraide, le tutorat, etc. Ça, c'était vraiment important aussi pour moi, vraiment dans le métier, dans la transmission des savoirs. L'équilibre travail-famille, je l'ai dit, c'était difficile pour moi. Je ne voyais pas beaucoup mes enfants. Le matin, je ne les voyais pas.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

On parle beaucoup du mercredi, des vacances scolaires, mais en fait, je pense que je travaillais au moins la moitié de toutes les vacances scolaires, soit dans la classe, soit à la maison. J'ai oublié un pilier, peut-être.

Charlotte (Chance)

C'est parfait. Peut-être l'environnement de travail, Je ne sais pas si tu l'as interdit.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Je le sais, parce que les écoles... Si, l'environnement de travail. Ça, c'est quelque chose que je pense que j'avais commencé sur la fin de ma carrière dans ce métier-là, à imposer un peu plus ce dont j'avais besoin dans ma classe, justement, pour être bien dans ma classe. Parce que parfois, les écoles sont vétustes, parfois, on a froid, parfois, c'est humide, des choses comme ça. Et de dire un peu plus: OK, là, on a décidé de couper le chauffage dans l'école. Est-ce qu'on peut le garder 15 jours de plus ? C'est bête, mais quand on est toute la journée à travailler et qu'on a froid ou des choses comme ça. L'environnement de travail, je trouve que celui-là est important, encore une fois, pour être dans de bonnes conditions pour travailler. Et la dynamique d'équipe dans l'école. Moi, je suis très sensible à ça, mais je pense que ce n'est pas le cas de tout le monde. Mais pour moi, travailler avec des collègues sur lesquels je me retrouve en termes de valeurs, en termes de comment on transmet les enseignements aux enfants et qu'on fait en classe, mais la récré aussi, on apprend des choses, etc. Ça, pour moi, c'est important.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

J'ai du mal à trouver des résonances à ma façon de voir.

Charlotte (Chance)

Merci beaucoup, Leslie, pour ce partage. Je vois qu'il est déjà 9h32, 30 minutes, ça passe très vite. Donc, on va devoir se quitter déjà. Merci beaucoup, en tout cas, pour ton temps, Leslie, pour ce partage. Cette aide que tu as donnée aujourd'hui. Merci aussi à toutes les personnes qui ont posé des questions et à toutes les personnes qui ont aussi simplement écouté. J'espère que ça vous aura beaucoup apporté en en tout cas. Si vous souhaitez rejoindre la communauté d'entraide de chance, c'est tout à fait possible. On a lancé une initiative qui s'appelle 3 Minutes pour les Autres et qui vous donne l'opportunité d'apporter un petit coup de pouce professionnel à quelqu'un qui peut en avoir besoin et également d'en recevoir un si vous avez une demande d'aide à adresser à la communauté. Je vous mets le lien de la communauté d'entraide de chance On vous invite aussi à rejoindre avec grand plaisir. Et Leslie, encore merci pour ton temps. Avec plaisir. Merci pour ces 30 minutes passionnantes. Je vois que tu as beaucoup de merci beaucoup. Merci. Merci à toutes celles et ceux qui étaient là de bonheur avec nous ce matin. Bonne journée. Merci beaucoup Salomé, Mégane, Géraldine.

Charlotte (Chance)

Merci beaucoup Leslie. Merci.

Leslie Aymonin (Professeure des écoles)

Bonne semaine. Ça va être super, je pense.

Charlotte (Chance)

Ouais, ça va être génial et c'était super de commencer avec toi en tout cas. Merci beaucoup Leslie. Bonne journée. À très bientôt. Bonne journée tout le monde. Au revoir.

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