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Charlotte (Chance)
Bonjour tout le monde. Bonjour Michel. Enchanté. Bonjour à toutes et à tous. Et merci de votre présence ce soir pour ce live sur le métier de directeur marketing et en particulier dans une régie média publicitaire. Merci beaucoup Michel d'avoir accepté de nous partager votre expérience. Vous avez plus de 20 ans d'expérience à des postes à très haute responsabilité et notamment directeur marketing. C'est sur ce métier que vous avez accepté de venir nous renseigner et parler en tout cas, ce soir. Aujourd'hui, vous avez d'autres activités professionnelles, mais merci en tout cas de venir parler du métier que vous avez en tout cas exercé pendant plus de 20 ans. Merci beaucoup et encore bienvenue à toutes et à tous. Peut-être rapidement, pour les personnes qui ne nous connaissent pas, Champs est un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour trouver la voie professionnelle faite pour vous ou pour redonner du sens à votre travail. Et quand vous faites ce parcours avec Chance, ce bilan de compétences, on vous invite à explorer une pluralité de métiers. Et c'est ce qu'on vous propose de faire, justement, avec ces live métiers. Donc, merci encore Michel de vous prêter, en tout cas, à l'exercice.
Charlotte (Chance)
Et je vais peut-être commencer par vous poser une première question d'introduction. Est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours, de pourquoi ce choix et comment vous en êtes arrivé à des postes de directeur marketing, notamment dans une régie média et peut-être d'autres postes, en tout cas à responsabilité dans le cadre de votre carrière. Voilà, donc peut-être un petit mot sur votre parcours et ce qui a fait que vous en êtes arrivé là, peut-être dans un premier temps ?
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Alors, j'ai un parcours tout Très, très fait atypique et c'est ça qui est vraiment intéressant à présenter aujourd'hui, c'est que d'abord, un, j'ai un faible niveau d'études. Je n'ai qu'un bac plus deux. Donc, comme quoi, on peut avoir une carrière avec des postes à responsabilité en en ayant un faible niveau d'études. Il ne faut pas forcément avoir un bac +15. On peut accéder à des postes à responsabilités en ayant un petit niveau d'études. Donc, j'ai commencé avec ce petit niveau d'études et j'ai commencé aussi par faire des erreurs. J'ai commencé dans le secteur bancaire où je me suis terriblement ennuyé. Puis après, j'ai basculé dans le secteur de la distribution où je me suis là plutôt passionné, mais ce n'était pas tout à fait ma voie. Donc, ce qui est intéressant déjà, c'est que moi, je vous encourage à vous tromper pour découvrir qui vous êtes et ce que vous aimez. En tout cas, moi, ça a marché sur moi. C'est en me trompant que je me suis dit: Mais de tout compte fait, voilà ce que j'aime faire. Les hasards de la vie ont fait que je me suis retrouvé dans une petite station de radio dans le Nord-Pas-de-Calais, chez un petit indépendant qui avait...
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
On est dans les années 92, 93. Cet indépendant avait une vingtaine de radios dans tout le Nord-Pas-de-Calais, donc c'était une petite structure. Je me suis passionné par ça, vraiment. J'ai trouvé que c'était un milieu intéressant auquel je n'avais jamais pensé pendant que je faisais mes études. J'ai donc un graduat en marketing distribution. Je devais normalement faire ma carrière chez Carrefour ou chez Auchan. C'était un peu ça l'idée. Et ce hasard, j'ai répondu à une petite annonce. Je suis allé voir cette entreprise et j'ai trouvé ça une petite entreprise C'est ce qui me plaisait beaucoup. Et le milieu de la radio que je ne connaissais pas. Donc, petit niveau diplôme, un mauvais choix au début. Et puis cette rencontre intéressante avec un indépendant qui a décidé de se lancer dans la radio avec plus ou moins de succès. Et j'ai commencé tout en bas de l'échelle. Simplement, je me suis occupé de faire la facturation. Donc, j'ai accepté un poste qui était en dessous de mon niveau d'études en me disant Je vais mettre un pied dedans. Et puis après, à moi de progresser et d'essayer d'aller plus loin. Donc, ça a commencé comme ça.
Charlotte (Chance)
Super. Merci. Merci pour ce partage. C'est important de rappeler qu'on peut y arriver sans forcément un haut niveau d'études. Et merci pour ce rappel, Michel. J'ai peut-être une question avant peut-être que vous alliez plus loin dans votre parcours et dans les différentes étapes qui vous ont amené à des postes de directeur. Vous avez parlé d'une rencontre d'un consultant, d'un indépendant, je crois, au début de cette carrière. On sait à quel point les rencontres peuvent être marquantes dans une carrière professionnelle et peuvent faire beaucoup. Est-ce que, justement, dans votre parcours, et notamment cette rencontre, est-ce qu'il y a d'autres rencontres qui ont joué un rôle important dans vos décisions ? Et du coup, quelles sont ces rencontres ?
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Déjà, cette personne, cet indépendant, il m'a donné ma chance dans le sens où je devais m'occuper de la facturation. Et comme j'avancais très vite dans mon métier, je n'avais plus rien à faire. Très vite, après une semaine de boulot, je n'avais plus rien à faire tellement j'avais processé un peu tout ça. Et il m'a dit: Va à l'antenne, va voir s'il y a des choses qui te plaisent à l'antenne. Puis après, il m'a dit: Va voir si tu ne peux pas faire quelque chose avec les commerciaux. Donc, il m'a laissé cette autonomie. Je me suis intéressé à tout et très vite, il m'a dit: Michel, je vais être obligé de te nommer secrétaire général parce que tu fais la facturation, tu aides les animateurs à l'antenne, tu aides les commerciaux. Donc, je ne peux pas te laisser sur la facturation. Tu vas avoir un poste un peu de secrétaire général, donc d'une petite structure. Et puis, on a été racheté par le groupe Lagardère, très grand groupe en France, surtout à l'époque. Et la personne qui a été chargée de nous racheter, Olivier Cantet, je m'en souviendrai toute ma vie, qui était le directeur du réseau de Lagardère à cette époque-là, on a eu un entretien et ça s'est très bien passé.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Et il m'a dit: Michel, si tu le veux, j'aimerais bien que tu montes à Paris. Et donc là, je suis allé à Paris contre mon envie, parce que je ne me projetais pas d'aller travailler dans une grande ville. Très clairement, Paris ne me faisait pas rêver, disons les choses. Mais je me suis dit: Le poste est intéressant. Olivier Cantet a l'air d'être quelqu'un qui est passionnant, donc je vais y aller. Cette personne-là, elle Elle a structuré ma carrière parce que c'était une personne qui m'a tout de suite dit: Michel, ne stresse pas. Parce que j'étais quelqu'un de très stressé. Je voulais réussir, je voulais que mon patron soit content. Donc, je travaillais. Et puis, il m'a dit: Tu sais, Michel, moi, tu sais où j'étais hier ? Je me souviendrai, j'étais arrivé dans son bureau en plein stress en lui disant: Ça ne va pas du tout, il y a plein de trucs qui ne vont pas. Il m'a dit: Tu sais où j'étais hier, hier soir ? Je dis: Non. Il me dit: J'étais en haut d'une montagne, parce que c'était un passionné d'alpinisme. Il me dit: J'étais tout en haut d'une montagne et en dessous de moi, il y avait 300 mètres de vide.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Et je me suis dit: Tiens, là, si je lâche la corde, là, il y a un truc grave. Il me dit: Michel, le stress que tu es en train de vivre maintenant, est-ce qu'il est du même niveau ? Je dis: Non, ma vie n'est pas en jeu, il n'y a pas de problème. Mais tu te rends compte ? Il me dit: Michel, du coup, déstresse-toi. Ta vie n'est pas en jeu. Et c'est bête, mais ça m'a marqué. Et du coup, pendant toute ma carrière, même quand j'avais des responsabilités vraiment lourdes, que je devais prendre des décisions très compliquées, je vous donne un truc. Après, vous l'appliquez ou vous ne l'appliquez pas. J'allais me réfugier dans les toilettes. Je m'enfermais dans les toilettes et je repensais à cette conversation que j'avais eue avec Olivier Canté en me disant: Ne stresse pas, tout va bien. Ta vie n'est pas en jeu. Tu dois prendre une décision. Voilà en quoi elle consiste, mais il n'y a pas de problème. Ce n'est pas ta vie. Il n'y a pas 300 mètres de vie dans tout de toi. Et je res is des toilettes détendues. Même si je devais parler devant 500 personnes, j'avais vraiment zéro stress.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Je me disais: Je vais profiter de ce moment, je vais me donner du plaisir et j'oubliais mon stress. Cette personne, sans elle, je pense que j'aurais été un type ultra stressé et ce stress m'aurait détruit, m'aurait empêché de m'envoler. Il m'aurait plongé vers le bas comme un mauvais stress. Grâce à ça, grâce à cette parole, grâce à cet échange, j'ai pu gérer mon stress qui aurait été un vrai handicap. Après, grâce à ma collaboration avec lui et le fait qu'il m'a vraiment pris sous son épaule et qu'il m'a fait grandir parce que c'était un vrai manager, c'était quelqu'un de passionnant, ensuite, j'ai pu grimper les échelons chez Lagardère. Et à partir du moment où vous grimpez les échelons dans un grand groupe comme celui-là, vous êtes débauchable. Quand Olivier est parti à quitter le groupe. Donc moi, j'ai trouvé ça moins passionnant et j'ai des sociétés qui sont venues me chercher en me disant: Michel, on sait que chez Lagardère, tu as telle fonction, telle responsabilité. Est-ce que tu voudrais venir chez nous ? Et donc voilà, à partir de ce moment-là, je n'ai plus jamais eu à postuler.
Charlotte (Chance)
C'est impressionnant et merci pour ce partage. Je pense qu'il est précieux sur, notamment, la gestion du stress. Et ça peut intéresser et être une clé pour pour beaucoup d'entre nous. Donc, merci beaucoup Michel pour ce partage. Vous avez des questions dans le chat. Je me permets de vous poser la première. On va partir peut-être des grandes difficultés auxquelles vous avez peut-être dû faire face dans votre carrière. Est-ce que vous en avez une ou plusieurs en tête ? Et comment, justement, vous y avez fait face ? Peut-être, notamment, la gestion du stress, vous en avez parlé. Ce retour à ce partage de la part d'Olivier vous a permis peut-être de gérer des situations. Est-ce qu'il y a d'autres difficultés auxquelles vous avez dû faire face dans ces 20 années, voire plus de carrières à de tels postes ?
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
La plus grosse difficulté quand vous êtes directeur marketing, puisque ensuite, j'ai été directeur marketing du groupe JC2Co et d'un groupe européen qui s'appelle Exteriors Media. Quand vous êtes directeur marketing, la plus grosse difficulté, c'est que vous êtes censé avoir réponse à tout. Un directeur marketing, quand il va en clientèle, quand il représente son groupe devant des clients ou des actionnaires, c'est la personne pour laquelle on n'attend pas qu'elle réponde: Je ne sais pas. Autant dans d'autres fonctions, vous avez le droit de dire: Je ne sais pas. Si vous demandez à un comptable comment fonctionne ce que doit faire un ouvrier, il va vous dire: Je ne sais pas. C'est normal et on ne va pas lui en vouloir. Le directeur marketing, il est au centre de l'entreprise. C'est-à-dire qu'il doit comprendre tous les enjeux de l'entreprise et tous les métiers de l'entreprise. C'est quelqu'un qui doit être capable de dialoguer avec tout le monde pour justement aspirer toute cette connaissance, comprendre les enjeux de chacun, savoir discuter de manière totalement totalement au même niveau avec des ouvriers, avec des employés, avec des dirigeants, avec des actionnaires, en sachant s'adapter, bien sûr, à chaque fois. Il ne faut pas être prétentieux, sinon les ouvriers ne vous parlent pas et vous disent: Ça y est, c'est le comique de Paris qui arrive Ils ne connaissent rien à mon métier, donc il ne connaît rien à mon métier.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Il faut leur dire: Comme vous, je suis allé afficher. Je sais que c'est très dur, c'est très physique. J'ai été afficher des panneaux, donc je sais qu'en effet, votre métier, il est terrifiant. Il faut savoir Je peux discuter avec d'autres personnes parce que j'ai été à la facturation, j'ai fait de la facturation, j'ai touché à tous les métiers et je sais ce que c'est. Je sais la complexité que c'est et j'ai beaucoup de modestie par rapport à ça. Et puis, on doit être capable de discuter avec un dirigeant qui, à un moment donné, doit vous dire: Michel, on va à droite ou à gauche. Il faut être capable de dire: Voilà les enjeux. À droite, voilà ce qui va se passer et à gauche, voilà ce qui va se passer. Il faut lui parler à un directeur financier, il faut lui parler avec des chiffres. À un commercial, il faut lui faire comprendre qu'on a déjà vendu, donc on sait la difficulté de son métier. Et le directeur marketing, il a toutes ces casquettes et il doit les aborder avec beaucoup de modestie et adapter le langage de la personne qui l'a en face de lui.
Charlotte (Chance)
Merci pour cette réponse. Et est-ce que vous, dans votre carrière, vous avez eu... Ça, ça fait partie de difficultés majeures, je dirais, du poste. Est-ce que vous avez eu ou vous avez un exemple peut-être d'un moment où vous avez eu une éditation assez importante ou en tout cas une difficulté ? Je ne sais pas, justement, vous parliez peut-être d'un échange avec un ouvrier, pour lui faire comprendre que vous comprenez puisque vous êtes passé par là ou avec un dirigeant. Est-ce qu'il y a eu des exemples marquants où vous avez appris aussi, bien sûr, de C'est quoi, ces exemples ?
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Bien sûr. J'ai eu la chance de travailler avec des hommes brillants. Quand je dis des hommes, avec un grand H. La patronne de Lagardère, c'est madame Constance Bainquet. Quand je dis homme, c'est avec un grand H. Je vous donne une réunion qui m'avait vraiment marqué. Quand je suis arrivé chez JC Decau, très grand groupe, pour les personnes qui sont à cette réunion, c'est un groupe qui fait plus de 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires. C'est vraiment un très grand Le dirigeant, Jean-Charles Decault, une personne brillante, vraiment, et alors, je dis ça, je n'y suis plus, donc je ne suis pas en train de fayoter. Elle fait partie des personnes où je me suis dit: C'est phénoménal. Je viens d'arriver chez JC Decault, je discutais avec les commerciaux et les commerciaux me disent: Tu sais, Michel, la plus grosse difficulté, c'est le prix. On est trop cher. Donc nos clients, ils nous reprochent sans cesse d'être trop cher, d'être trop cher, d'être trop cher. Ils arrivent à me convaincre. Je suis directeur marketing, donc c'est moi qui vais un peu fixer les prix et donner un peu la direction de ce que l'on va faire l'année d'après.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
J'ai une réunion avec le dirigeant, Jean-Charles Decault, et je lui dis: Vous savez, monsieur Decault, je pense que les prix sont un peu trop élevés. Et là, il m'a dit: Michel, si j'avais écouté des gens comme vous, ça fait plus de 40 ans qu'on existe, on ne serait pas au niveau où on est aujourd'hui. Nous, en fait, le prix, ce n'est pas un coût, c'est un investissement. Quand vous investissez pour de la publicité dans un bon média, ce qui est le cas de JC2Co, il faut avouer, ce qu'ils font est vraiment remarquable, ce n'est pas un coût. Il ne faut pas le voir comme un coût. C'est de l'argent que l'annonceur va investir pour produire des résultats. Donc, il dit: Michel, je suis désolé, mais si j'avais écouté des gens comme vous, on ne serait pas aujourd'hui dans 80 pays. Parce que si je n'entends que des gens qui me disent: Ouh là là, c'est trop cher, il faut faire marche arrière, il faut vendre beaucoup moins cher, etc, on aurait plombé la boite. Donc, Michel, vous n'avez pas compris le principe de cette entreprise. Arrêtez de penser: C'est un coup, donc les annonceurs vont avoir du mal.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Non, non, non. Et il a eu raison. Il a eu, mais 1 000 fois raison. Après, Ce qu'il faut faire, c'est trouver des solutions pour quand même répondre à la crainte des commerciaux, parce que les commerciaux ne sont pas tous des gens qui ont peur du prix. Mais il faut trouver des arguments qui font que le prix a une valeur. Et il faut leur donner les moyens d'expliquer pourquoi ça vaut ce prix-là et pas tout de suite dire: Oui, si les gens disent que c'est trop cher, c'est que c'est trop cher. Non, non, non, non, non. Il faut écouter tout le monde et il faut comprendre où il faut mettre le curseur.
Charlotte (Chance)
Super. Merci beaucoup pour ce partage. Et à l'inverse, Lena, on vous demande si vous avez eu des grandes étapes dont vous êtes le plus fier aujourd'hui en vous disant que vous vous êtes dépassé, comme vous expliqué précédemment. Est-ce qu'il y a eu des moments clés dans votre carrière, peut-être chez Lagardère ou ailleurs, où vous vous êtes senti fiers de certaines Certains accomplissements, peut-être ?
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Là, moi, c'est très clair. Toutes mes fiertés, elles sont dans l'humain. Ce qui me porte vraiment, c'est bien entendu, il y a eu des belles victoires, mais gagner un appel d'offres, tout ça, ça fait plaisir. Mais une fierté, pour moi, c'est l'humain. C'est-à-dire dans mes équipes, voir des gens qui faisaient partie de l'équipe marketing, qui maintenant dirigent un pays. Alors là, j'ai le cas. J'ai un garçon avec lequel j'ai travaillé pendant quelques années qui m'a suivi dans différentes sociétés. À chaque fois que je quittais un groupe, je la ramenais avec moi. Ce garçon-là, aujourd'hui, il dirige Hong Kong. Mais là, je suis content. Et des équipes, des gens de mes équipes qui aujourd'hui sont partis vers d'autres univers et ont bien progressé, ont bien fait leur carrière, soit dans le même milieu, soit dans un autre milieu. Ça, je me dis: Bon, waouh ! J'ai servi à quelque chose, j'ai aidé des gens à apprendre comme Olivier Cantet l'a fait avec moi, comme Jean-Charles de Caux l'a fait avec moi, comme d'autres personnes l'ont fait également avec moi. Cette fierté, elle est là.
Charlotte (Chance)
Super, merci. Je pense qu'en effet, c'est une belle fierté Lorsqu'il s'agit de l'humain et de l'accompagnement et de le développement, finalement, des personnes avec qui vous avez collaboré. Je me dis qu'on a peut-être des personnes qui... Je vois Océane qui pose une question: Bonjour Michel, comment voyez-vous l'avenir de votre métier, donc ancien métier, et le secteur global de la publicité dans la perspective des nouveaux enjeux économiques, sociaux et écologiques ? Notamment l'incitation à la consommation, pollution visuelle, infobésité. Merci.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Très, très, très bonne question Océane. C'est sûr que le monde de la publicité évolue, heureusement d'ailleurs, et il doit continuer d'évoluer. La publicité a toujours été un marqueur de son temps. Parfois, elle met un petit peu de temps à s'adapter. Mais très clairement, la publicité est une force si les gens qui ont des postes à responsabilité sont conscients de cette force et l'orientent bien. On peut faire une publicité qui met en valeur des valeurs d'écologie avec des valeurs de RSE très fortes. Il faut que les citoyens continuent de mettre la pression sur les groupes de publicité pour aller dans cette voie-là. Moi, j'ai beaucoup aimé le travail qui a été fait par les citoyens, comment ils l'appelaient ça encore ? Les groupes citoyens. Vous savez, il y a eu deux très grands réunions. Il y a eu sur la fin de vie récemment et il y a cinq ans, c'était sur la publicité, justement, ou non, c'était plutôt sur comment réduire de 40% l'émission carbone à 20 ans. Les conventions citoyennes. Ces conventions citoyennes, pour moi, elles sont très inspirante. Nous, les gens qui travaillons dans la publicité, on doit être très attentif à ce qui se dit dans ces conventions citoyennes parce qu'elles sont le marqueur social.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Là où il faut faire attention, c'est qu'il faut que la publicité s'adapte aux citoyens, voir si elle peut l'anticiper un peu, tant mieux, mais il faut qu'elle s'adapte. Il ne faut pas qu'elle soit dans un autre monde parallèle parce que sinon, en effet, c'est une catastrophe. Mais moi, je pense que la publicité, si elle est bien utilisée, elle peut aller dans le sens de l'écologie. Moi, j'en suis convaincu. Sinon, je ne travaillerai plus dans ce domaine-là. Je peux vous le dire, j'ai des valeurs qui sont très fortes. Et si à un moment donné, je suis convaincu que la publicité est forcément contre ces valeurs-là, je Je ne vais pas vous débitrer l'univers de la publicité, mais du jour au lendemain. Alors là, j'ai zéro problème là-dessus. Tant que j'ai de l'espoir, et je ne vous l'ai pas dit, mais je l'ai expliqué à Charlotte avant la réunion, aujourd'hui, je suis enseignant. Et j'enseigne justement aux étudiants une approche de la publicité positive, constructive, et pas la publicité de papa et maman, buvez du coca, roulez dans des grosses voitures et tout ça. Ça, en effet, on n'a pas été très brillant pendant des années. Donc, j'essaie justement de passer ces valeurs constructives.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Et donc, je pense aujourd'hui encore qu'il y a une publicité. Il y a un avenir pour la publicité si elle va bien dans cette direction-là. Sinon, ça ne va pas le faire.
Charlotte (Chance)
Merci beaucoup Michel et merci Océane pour cette question très intéressante et j'espère que ça y aura répondu, en tout cas. Michel, moi, j'ai envie de vous poser une question peut-être à destination des personnes qui nous écoutent ce soir et qui pourraient avoir à cœur, en tout cas d'évoluer vers des postes à responsabilités ou des postes de direction marketing. Quel conseil est-ce que vous avez envie donner justement à ces personnes-là, peut-être qui ont comme ambition de se lancer et qui aujourd'hui cherchent peut-être à avoir des conseils de comment le faire, comment évoluer dans une entreprise pour prétendre à des postes à responsabilités comme celle-ci. Voilà, peut-être un point conseil.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Alors, je dirais comme ça que j'en ai deux de conseil. Déjà, soyez ouverts dans vos rencontres. Sachez construire des réseaux. Et pour ça, ça veut dire que vous avez le droit de quitter une entreprise tous les trois, quatre années. On n'est plus aujourd'hui sur des carrières de 40 ans dans la même boite. Je n'ai aucun problème avec des gens qui me disent: Moi, ça fait trois ans que je suis dans une entreprise. J'en ai un peu marre, j'ai un peu l'impression de faire le tour. Est-ce que c'est grave si je quitte pour aller dans une autre entreprise ? Non. La réponse est non. On peut faire des sauts de 3 à 5 ans dans des entreprises. Par contre, un conseil que je vous donne: essayez de rester dans le même univers. Je vous dis ça pourquoi ? Parce que comme ça, vous allez construire un réseau qui va d'année en année s'amplifier. Je vous donne un exemple basique. Si vous êtes garagiste généraliste, n'allez pas en plomberie parce que sinon, vous perdez votre réseau. Votre réseau, il s'éteint, il s'écroule et vous devez repartir de zéro pour vous construire un réseau de plombier. Par contre, si vous passez de garagiste généraliste à garagiste spécialiste des voitures allemandes, vous gardez déjà votre réseau que vous avez construit pendant trois, cinq ans autour de vous et vous allez rajouter des spécialistes de la voiture allemande.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Et donc votre réseau, il va se construire, il va s'étendre, il va se densifier. Et ça, c'est très important. Parce que le réseau, c'est quelque chose de très, très important. Quand on veut faire une carrière sur des postes à responsabilité, ça passe par un réseau. Vraiment, c'est très important. Et la deuxième chose, c'est peut-être une réponse de vieux, mais il y a le travail. Vous savez, sur des postes de directeur marketing, je vous ai dit: Il faut être curieux. Et la curiosité est une qualité. Ce n'est pas un vilain défaut comme on vous a appris. La curiosité, c'est indispensable. Quand on est sur une fonction de directeur marketing, il faut être curieux. Il faut s'intéresser à tout. Et ça, ça passe par une amplitude de travail qui est assez importante. Donc, c'est une réponse de vieux, parce qu'aujourd'hui, c'est vrai que les gens me disent: Oui, mais nous, c'est surtout 35 heures, télétravail. Oui, mais ce genre de postes Il vous demande le week-end, quand vous regardez la télévision, de regarder une publicité en vous disant: Tiens, c'est marrant, l'annonceur, il prend la parole là-dessus. Il le fait de cette manière-là. Donc, ce n'est pas du travail, c'est de la curiosité.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Je ne pense pas qu'on peut être directeur marketing avec des œillères en se disant: Il est 17h15, j'arrête de m'intéresser à tout. Je vais faire mon loisir et je ferme les yeux et je réouvre les yeux demain matin à 9h00. Non, pour moi, non. Directeur marketing, il n'y a pas de barrière entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Il y a du marketing dans tout. Je suis consommateur et donc moi, en tant que directeur marketing, je m'intéresse au consommateur. Je suis moi-même consommateur. Mes parents sont consommateurs, mes amis sont consommateurs, donc je m'intéresse à comment ils vivent, comment ils font, qui ils sont. Et je m'intéresse à la ville, je regarde les publicités. Je suis ouvert. Il faut s'intéresser à tout. Et pas 35 heures par semaine.
Charlotte (Chance)
Merci Michel. Et je pense que ce n'est une réponse de vieux, mais plutôt une réponse réaliste. Et je pense que, justement, les personnes qui nous écoutent ont aussi besoin de ce réalisme du métier. Et je vois que l'heure tourne et il nous reste plus que trois minutes. Et vous avez une question, Constance, qui fait, je pense, une bonne transition avec ce que vous venez de partager. Constance vous demande: Quel conseil donneriez-vous à une personne passionnée par son métier et qui s'investit à 200%, j'imagine comme vous, Vous le faites encore aujourd'hui et vous l'avez fait, pour ne pas se perdre dans sa carrière et laisser une place à sa vie privée.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Il faut être un peu plus raisonnable que moi. Il faut savoir dire stop, ce que je n'ai pas pu faire pendant 25 ans où je travaillais presque sept jours sur sept. Là-dessus, je ne le conseille pas aujourd'hui, c'est sûr. D'ailleurs, en plus, je pense que ce n'est pas une bonne chose. Je pense qu'on est meilleurs quand on a des temps quand même de repos, de temps où on a des loisirs, on s'occupe de ses enfants, on a une vie familiale digne de ce nom. Si j'ai vraiment un regret dans ma vie, c'est ça, c'est d'avoir été un peu trop jusqu'au boutiste. J'étais un taré, je le dis clairement. J'étais un fou, un fou de travail. Je pense qu'on peut avoir la même carrière que j'ai eue en faisant un peu attention à sa vie aux autres. Si j'ai un truc sur lequel je voudrais gommer et revenir en arrière, c'est ça que j'aurais fait. Je suis un mauvais exemple. J'ai oublié tout le restant. Ce qui n'est plus le cas ces dernières années. Ces quatre dernières années, je me suis un peu assailli et j'ai pris un peu la dimension des choses. Mais voilà, il faut avoir des repères dans sa vie et se dire: Il y a un temps de loisirs, il y a un temps de boulot.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Ça, c'est un dispensaire.
Charlotte (Chance)
Merci Constance pour cette question et merci Michel pour cette réponse parce que je pense qu'en effet, elle est primordiale et aujourd'hui, on sait à quel point l'équilibre vie personnelle et vie professionnelle est précieuse pour vivre, tout simplement. Et merci Michel. Je vois qu'il est déjà 18h30. Merci beaucoup pour votre temps. Ça passe très vite, 30 minutes. Merci Merci à toutes les personnes qui ont posé de super questions très pertinentes. Et merci encore Michel pour justement cet acte solidaire que de venir parler de votre parcours à des personnes qui se posent des questions. Merci, vous avez des mots justement dans le chat d'Océane, Josette. Merci beaucoup, merci tout le monde. Merci encore Michel. Je vous souhaite une excellente soirée, un Et merci à toutes les personnes qui étaient présentes ce soir. À bientôt tout le monde. Et encore merci Michel pour votre temps.
Michel Van Der Veken (Directeur Marketing dans une régie publicitaire)
Très bonne soirée. Au revoir.
Charlotte (Chance)
Au revoir à toutes et à tous.
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