Il y a une petite phrase qui fait beaucoup de dégâts : « je ne sais même pas ce que je veux ». On la dit avec un peu de honte, comme si c'était un aveu d'échec. Comme s'il fallait avoir un plan clair pour avoir le droit de s'interroger sur sa vie pro.
C'est faux. Ne pas savoir ce qu'on veut n'est pas un problème à cacher. C'est le point de départ normal de tous ceux qui finissent par trouver. Personne ne commence avec la réponse.
La pression du « projet clair »
On vit dans une culture qui valorise les gens « qui savent ce qu'ils veulent ». Du coup, quand on ne le sait pas, on se sent en retard, perdu, en défaut. Cette pression est non seulement injuste, elle est contre-productive : elle pousse à se fabriquer un faux projet juste pour avoir l'air d'en avoir un.
Or un projet plaqué pour se rassurer ne tient jamais. Mieux vaut un vrai « je ne sais pas » honnête qu'un faux « je sais » de façade. Le premier peut se travailler ; le second vous emmène dans le mur.
Ne pas savoir, ce n'est pas être perdu. C'est être au début. Et le début, ce n'est pas un mauvais endroit où se trouver.
Commencer par la question, pas par la réponse
Puisque la réponse ne viendra pas en la cherchant frontalement, autant commencer autrement : par de petites questions qui, mine de rien, font remonter des informations sur vous. Pas des grandes questions existentielles - des toutes petites, ancrées dans le quotidien.
L'exercice de la question du dimanche soir
En voici une, simple, à vous poser sans chercher à y répondre parfaitement :
- Dimanche soir, demandez-vous : « qu'est-ce que j'appréhende le plus dans ma semaine qui commence ? » Écrivez la réponse en une phrase.
- Ne cherchez pas à résoudre. Vous posez la question, vous notez, vous passez à autre chose.
- Faites-le trois dimanches de suite. Si la même chose revient, vous tenez un fil. Ce sera votre point de départ, le jour où vous voudrez vraiment avancer.
Cet exercice ne vous donnera pas votre projet de vie. Mais il fait quelque chose de précieux : il transforme un malaise vague en un fait précis que vous pouvez observer. Et c'est toujours par là qu'on commence.
Rien à décider aujourd'hui
Il n'y a aucune urgence. Vous n'avez pas à savoir ce que vous voulez maintenant, ni à prendre une décision, ni même à envisager quoi que ce soit de concret. La seule chose utile, à ce stade, c'est de rester attentif·ve à ces petits signaux - et de vous laisser le temps.
On vous accompagnera à votre rythme, avec des histoires et des idées qui aident à y voir plus clair, sans jamais rien vous demander. Et le jour où le flou commencera à se préciser, vous saurez où nous trouver.
Rien à décider aujourd'hui. Si un jour vous voulez avancer, on sera là. En attendant, une histoire à lire.
→ Lire une première histoire









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