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Réconcilier impératifs financiers et quête de sens professionnel

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Les conseils de Jennifer Adjami, coach professionnelle chez Chance, sur un sujet à la fois tabou et (par voie de conséquence) complexe : l’argent, dans le cadre professionnel.

L'argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue

Lorsqu'on pose la question du rapport à l'argent, la première réponse qui vient, toujours, est la suivante : “L’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue.” Pourquoi une telle unanimité ? Parce que cette phrase fait écho à des croyances que nous avons par rapport à l’argent.

Croyances

Pour rappel, une croyance (notion abordée en profondeur dans le parcours Chance) est ce que nous prenons pour la réalité, à force de se le répéter mentalement. C’est une façon systématique de voir les événements — un peu comme avec ces phrases toutes faites qui, même si elles relèvent des clichés, se révèlent bien arrimées à nos esprits.

Nous voilà beaux. Maintenant, que faire de tout ça ?

Nous avons tous des niveaux différents d’intégration et de compréhension de la question financière. Mais elle reste stressante, tabou et compliquée pour la plupart d’entre nous. L’idée aujourd’hui est de se détendre sur ce sujet, notamment dans le cadre de la recherche d’un projet professionnel qui nous ressemble.

Comment la question de l’argent peut être intégrée comme un paramètre de mon projet ?

Une question essentielle : Jennifer nous propose trois étapes à suivre, pas à pas.

1. Prendre du recul : se souvenir que le rapport à l’argent est socio-culturel, et notamment familial

Eh oui. Le rapport à l’argent change d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre. En prendre conscience aide à rebattre les cartes pour reconstruire un rapport plus sain à l’argent.

“En France tout particulièrement, on entretient, par notre histoire, un rapport ambigu, embarrassé et parfois même hypocrite avec l’argent. Alors qu’aux États-Unis par exemple, on peut parler de son chiffre d’affaire entre la poire et le fromage”, explique Jennifer Adjami avec humour. “Mais la géographie ne fait pas tout ! Il faut y ajouter l’héritage familial. Un enfant ne détermine pas lui même son rapport à l’argent, il reproduit le schéma inculqué.”

Comment cela peut-il se matérialiser ?

Jennifer Adjami donne quelques exemples de rapports à l’argent ancrés dans des héritages familiaux :

  • Rapport de rejet : “L’argent c’est mal, les riches sont méchants.”
  • Rapport objectif : On prend l’argent tel qu’il est. C’est le mode d’échange pour un travail fourni.
  • Rapport adorateur : “Avoir” est synonyme d’”être”.

De la sociologie, de la famille, de l’argent : on n’est pas sortis de l’auberge. Comment s’en débrouille-t-on ?

Jennifer, jamais à court de solutions, nous explique que ça vient du tri. Du Marie Kondo, appliqué à nous-mêmes, en somme.

Avec l'accompagnement, on dénoue, on déconstruit les discours sur ce qu’est “la réussite” aux yeux de sa famille, d’un imaginaire collectif, puis on renoue avec soi-même et avec ses besoins réels.

Distinguer nos impératifs propres de ceux dont on a hérité

Ce à quoi il faut parvenir, c’est distinguer nos impératifs à nous de ceux dont on a hérité. Et pour ça, l’accompagnement est essentiel : on dénoue, on déconstruit les discours sur ce qu’est “la réussite” aux yeux de sa famille, d’un imaginaire collectif, puis on renoue avec soi-même et avec ses besoins réels. Cela consiste à se donner la permission, dans un premier temps, d’ouvrir toutes les portes et, dans un second temps, d’intégrer ses impératifs pour faire la distinction entre ses impératifs hérités et ses envies profondes.

À ce sujet, une lecture indispensable : "Pour poser vos conditions, faites le tri entre vos envies et vos impératifs".

Car fort heureusement, à l’héritage socio-culturel et au schéma familial, vient s’ajouter l’expérience individuelle. Ouf, nous sommes malgré tout des êtres un peu libres. Comment exercer notre liberté ?

2. Aborder l’argent avec objectivité et sans tabou : déterminer un seuil de rémunération

“Lorsqu’on est en processus de réorientation avec Chance, on travaille sur ses motivations profondes et ses besoins. La question de l’argent se pose alors et on ne peut plus se cacher. Il faut la regarder avec authenticité.”

Comment faire pour changer le “il faut que (je gagne tant)” en “je veux (gagner tant)” ?

Soyons frontaux :

  • Combien avez-vous besoin de gagner ? En vrai. En tenant compte de toutes vos dépenses.

Pour le savoir, soyez méthodiques : épluchez les charges fixes, variables, incompressibles, les éléments sur lesquels vous pouvez avoir de la souplesse ou non. Mettez-vous face à vos factures et faites le point. Il n’y a pas de bonne réponse, c’est très personnel (si on a un prêt, des charges familiales…).

L’idée est de poser sa limite, un seuil, quelque chose de factuel. Une sorte de point mort qui prend en compte :

  • Nos besoins/nos impératifs
  • La réalité du marché (et du secteur dans lequel on évolue)

Regarder ce point de jonction rassure. En plus on pourra le revoir : ça évolue. L'essentiel est que factuellement, ce ne soit plus quelque chose de l’ordre de l’imaginaire, mais une donnée tangible et observable.

3. Pacifier notre rapport quotidien à l’argent

“Après avoir pris conscience de ses croyances et fixé son prix, il est important d’entretenir une relation pacifique avec l’argent en observant ce rapport au quotidien.”

Voici quelques exemples de questions que vous pouvez vous poser pour vous entraîner à vous observer :

  • Est-ce que vous adaptez vos tarifs au client ?
  • Dans quel état vous met une relance de facture ?
  • Êtes-vous à l’aise avec l’annonce de vos conditions de paiement (ou besoins salariaux) ou attendez-vous qu’on vous le demande ?

Comment savoir son degré d’aise avec l’argent ?

Trois flux caractérisent notre rapport à l’argent :

1. Le créer / l’attirer / le demander

2. Le dépenser / l’investir / le donner

3. Le gérer / le mettre de côté / l’économiser

Si on est à l’aise avec les trois, cela veut dire qu’on a une relation harmonieuse avec l’argent. Mais si ça n’est pas le cas et que j’ai envie d’agir, disons sur le 3e flux, je peux me demander : “Quelle est la première petite action que je peux mettre en place dès demain pour économiser ?”

Est-ce que le syndrome de l’imposteur a un impact direct sur notre rapport à l’argent ?

Du fait des croyances socio-culturelles, on assimile bien trop souvent le fait de vouloir être épanoui(e) au travail avec celui de gagner moins. Ne serait-ce que parce qu’on associe régulièrement le travail avec la souffrance, l’effort, le fait de trimer (anecdote assez connue : le mot “travail” vient du latin tripalium qui veut dire torture — pour la bonne ambiance et briller en société).

Histoire

Le cas du sophrologue heureux qui dévaluait son prix

Jennifer nous partage une expérience : “Dans le cadre d’un changement de projet professionnel, je suivais un talent qui est devenu sophrologue. Son moteur principal était “prendre soin des autres”. Il était très épanoui et reconnu pour sa compétence par ses clients et ses pairs. Mais il proposait des prix plus bas que le marché et même que son seuil. Il disait qu’il augmenterait plus tard, quand il aurait plus d’expérience, un diplôme complémentaire, ou davantage de clients… mais en attendant il continuait avec un prix qui ne lui convenait pas. Il se sous-estimait. On peut parler de sentiment d’imposture : il était à sa juste place professionnelle, mais en inadéquation avec ses impératifs financiers. Or c’est essentiel pour continuer à exercer le métier qu’on aime. Si l'on n’a pas les ressources financières, on ne tient pas.

Comment, pour éviter de tomber dans le piège du sophrologue, renoncer à mon besoin de sécurité financière pour vivre de ma passion ?

Déjà, devez-vous renoncer ? Pourquoi ne pourriez-vous pas gagner de l’argent ailleurs, et de quoi avez-vous besoin ?

1. Détailler, nommer, décortiquer son besoin

  • Quelles en sont les couches profondes, à la loupe ?
  • Qu’est-ce qu’il y a dans mon besoin de sécurité ?

En mettant les mots sur ses besoins, et sur ce dont on a peur, on l’objective et on peut le convertir en action, et lui fixer des caps :

  • Définir le salaire plancher, le premier niveau
  • Définir les implications (est-ce que je suis prêt(e) à renoncer à ça, oui ou non) ?

2. Hiérarchiser ses impératifs par des arbitrages

Cette première étape permet de hiérarchiser ses impératifs : “Je ne suis pas prêt(e) à aller au dessous de tel salaire mais je peux accepter de faire 1h de transport matin et soir par exemple.”

Il s’agit de faire des arbitrages mais veiller à ce qu’ils soient bien les vôtres : “Il faut porter son prix avec fierté. C’est mon chemin. Je ne propose pas qu’un prix mais toute la valeur derrière liée à mon être aujourd’hui.”

“Si on reporte cette histoire dans le salariat, on peut se pencher sur le problème d’oser demander un salaire en cherchant un travail. Ou alors de demander une augmentation. Souvent les gens n’osent pas et ça peut créer des appréhensions et ne pas permettre de réconcilier son projet et ses impératifs.”

Comment affirmer très clairement sa valeur ajoutée ?

La méthode de Jennifer : noter nos accomplissements.

  • Qu’est-ce que j’ai apporté à ma boîte en 2 mois ?
  • Combien de chiffre d’affaire ? Quelles évolutions du produit ? À quelle cadence ?
  • Quelles compétences interpersonnelles et sociales me sont propres ? L’initiative, la créativité, l’adaptabilité, le leadership ?
  • Combien de mes idées ont-elles été déployées ?

En finir avec notre difficulté à recevoir

La relation à l’argent, surtout dans le cadre d’un nouveau projet professionnel vient réveiller les sujets de la confiance et de l’estime de soi. C’est notamment pour cela que c’est un sujet complexe dont on a du mal à parler. Je conseille donc de continuer à cultiver un regard positif sur soi et sa valeur intérieure.”

On a du mal à recevoir les choses. Que ce soit de nous-mêmes (la célébration de nos réalisations) ou de la part des autres.

“La prochaine fois que vous recevez chez vous pour dîner, et que quelqu’un arrive avec un bouquet de fleur ou une bouteille de vin, réprimez le culturel/habituel/conditionné “il ne fallait pas”, mais essayez un simple “merci”. C’est un premier pas pour accepter de recevoir.”

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