Bilan de compétences à distance ou en visio : ce que disent les textes
Un bilan de compétences à distance est permis. Il obéit aux mêmes règles qu’un bilan sur place. Mon Compte Formation le dit sur sa page « Tout savoir sur le bilan de compétences » : un bilan « peut être réalisé partiellement ou totalement à distance ». Quant au Code du travail, il ne fixe aucun lieu. Ses articles L6313-4 et R6313-4 définissent l’objet du bilan, son plafond de 24 heures et ses trois phases. Ils ne parlent ni d’écran ni de salle.
Le Code range le bilan parmi quatre catégories d’« actions concourant au développement des compétences », selon l’article L6313-1. Les actions de formation en forment une autre, et la distinction compte ici. La formation, elle, « peut être réalisée en tout ou partie à distance », selon l’article L6313-2. L’article D6313-3-1 lui attache alors trois garanties : « une assistance technique et pédagogique appropriée », une information sur les activités à effectuer à distance et leur durée moyenne, des évaluations. Le bilan n’a pas d’article équivalent. Son format se détermine pendant la phase préliminaire prévue par l’article R6313-4, qui en définit les modalités avec vous. Un bilan n’est d’ailleurs pas une formation : Mon Compte Formation précise qu’« aucun diplôme ou certification professionnelle n’est délivré » quand il s’achève.
L’écran ne retire aucune protection. Le bilan suppose votre consentement. Toute information qui vous est demandée doit avoir « un lien direct et nécessaire » avec le bilan lui-même. Les résultats détaillés et le document de synthèse vous sont destinés : ils ne vont à personne d’autre sans votre accord, et la synthèse ne part chez votre conseiller en évolution professionnelle que si vous le demandez. Ceux qui conduisent le bilan sont tenus au secret professionnel. Tout cela figure à l’article L6313-4. Pour un bilan payé par le CPF, l’article D6323-6 applique les mêmes articles R6313-4 à R6313-7.
Le format est répandu. En 2025, 42 038 des 92 257 dossiers de bilan validés sur Mon Compte Formation portaient sur une offre entièrement à distance, annulations comprises. De mars à septembre 2026, c’était le cas de 21 171 dossiers sur 43 825. Ces chiffres viennent des données ouvertes de la Caisse des dépôts. Le détail par format, et ce que recouvre un bilan de compétences en ligne, sont présentés à part. Le mot « digital » désigne le même format. Faire évaluer vos compétences numériques est une autre démarche : elle peut passer par une certification comme CléA numérique, fiche RS5616 du répertoire spécifique, enregistrée jusqu’au 24 novembre 2026.
Si vous cherchez un bilan qui ouvre aussi sur des échanges avec des personnes qui exercent le métier visé, regardez le bilan avec des connexions de Chance.
Déroulé d’un bilan de compétences en visio, phase par phase
Un bilan de compétences en visio suit les trois phases que l’article R6313-4 du Code du travail confie à l’organisme : préliminaire, investigation et conclusions. Seuls les supports changent : des rendez-vous à l’écran, des documents partagés, parfois une plateforme d’exercices. Avant ces phases, Mon Compte Formation recommande « fortement » de passer un entretien préalable avec l’organisme. Après elles, un bilan payé par le CPF se clôt par votre déclaration sur la plateforme.

Avant l’achat : l’entretien préalable avec l’organisme
La Caisse des dépôts et la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) ont répondu par écrit aux questions posées par les organismes lors d’un webinaire de février 2023 ; leur page a été mise à jour le 1er juin 2026. L’entretien préalable y est décrit comme « un acte commercial d’avant-vente », qui sert à l’organisme à établir un devis personnalisé. Selon elles, « la très grande majorité » des centres de bilan l’offrent gratuitement, pour 45 minutes à une heure trente avec le conseiller pressenti. La personne « rencontre généralement un à trois centres » avant de choisir.
S’il se tient en visio, cet entretien est aussi votre premier essai de l’outil et de la personne. Les points à préparer avant ce premier échange sont réunis dans l’article pour préparer votre bilan de compétences.
Phase préliminaire : le format, le calendrier et les outils
La phase préliminaire analyse votre demande et vos besoins. Elle détermine « le format le plus adapté » à votre cas et définit « conjointement » les modalités du bilan, selon l’article R6313-4. D’après la Caisse des dépôts et la DGEFP, le document de suivi de cette phase doit mentionner « le nombre de sessions en face à face », leur durée et le calendrier prévu. Il précise encore la modalité retenue ensemble : présentiel, mixte ou distanciel.
En visio, demandez que ce document précise l’outil utilisé et la conduite à tenir si une séance est coupée. Il peut aussi dire comment les documents vous parviendront. Selon la même source, l’organisme doit pouvoir montrer que vous êtes volontaire, en particulier quand le bilan est prescrit et cofinancé par l’entreprise.
Phase d’investigation : entretiens et exercices à l’écran
La phase d’investigation vous sert à construire votre projet professionnel et à en vérifier la pertinence. Elle peut aussi faire émerger une ou plusieurs alternatives, selon le même article R6313-4. À distance, elle peut alterner des entretiens en visio et des exercices faits entre deux séances. Ce sont par exemple des questionnaires sur vos intérêts ou vos valeurs, des recherches sur des métiers, des prises de contact avec des personnes qui les exercent. Mon Compte Formation met en garde : il ne faut pas négliger « le travail personnel à réaliser en dehors des heures de prestations prévues ».
Si des tests en ligne sont prévus, demandez qui les interprète avec vous, et à quel moment. La Caisse des dépôts et la DGEFP notent que « les psychologues diplômés sont habilités à utiliser et à interpréter certains tests de personnalité ». Mon Compte Formation invite à vérifier « les habilitations du prestataire à réaliser des tests psychotechniques ». Un résultat reçu par courriel gagne à être commenté en séance.
Phase de conclusions : des entretiens personnalisés en visio
Pour la phase de conclusions, l’article R6313-4 prévoit des échanges « par la voie d’entretiens personnalisés ». Vous y faites vôtres les résultats, vous listez ce qui favorisera votre projet, puis vous en fixez les principales étapes, avec la possibilité d’un entretien de suivi. Le texte ne fixe aucun lieu pour ces entretiens. Comme Mon Compte Formation accepte un bilan mené « totalement à distance », ils peuvent se tenir en visio. Un entretien suppose toutefois quelqu’un pour le conduire.
Le document de synthèse vous est remis au terme des trois phases, selon Mon Compte Formation. L’article R6313-7 impose de détruire les documents élaborés pour le bilan « dès le terme de l’action » ; la Caisse des dépôts et la DGEFP en déduisent que le bilan doit avoir été remis « à la toute fin de l’accompagnement ». Dans la synthèse, elles attendent les circonstances du bilan, vos compétences au regard des évolutions envisagées et les éléments de votre projet, avec ses principales étapes.
Après la dernière séance : attester votre participation
Un bilan payé par le CPF se clôt aussi sur Mon Compte Formation. Vous avez 5 jours ouvrés après votre sortie de formation pour attester votre participation. Vous déclarez aussi si le bilan a été réalisé en entier ou en partie. C’est l’article 7.1 des conditions particulières des titulaires, dans leur version 16 d’octobre 2026. Sans déclaration de votre part, la Caisse des dépôts retient celle de l’organisme. Une séance manquée pour un cas de force majeure se justifie dans les mêmes 5 jours ouvrés, pièce à l’appui. En cas de désaccord avec la déclaration de l’organisme, la plateforme vous oriente vers son formulaire de réclamation.
Toute la démarche, du premier contact à la synthèse, est reprise pour faire un bilan de compétences, étape par étape.
Outils et conditions techniques d’un bilan à distance
Aucun texte n’impose d’outil pour un bilan à distance. Ni le Code du travail ni la page de Mon Compte Formation sur le bilan ne désignent un logiciel de visio ou n’exigent la caméra. La plateforme vous invite en revanche à vérifier, avant l’achat, « la capacité du prestataire à organiser un bilan 100% à distance », puis la vôtre : « connexion internet, équipements informatiques, disponibilité ». Pour une offre en distanciel, la Caisse des dépôts et la DGEFP évoquent la « mise en avant des outils, qualité du réseau Internet et moyens matériels qui seront à utiliser ».

Concrètement, voici ce qu’il faut savoir avant la première séance :
- L’outil de visio : son nom, s’il faut installer un logiciel ou créer un compte, et s’il fonctionne sur un téléphone ou une tablette.
- La plateforme d’exercices, s’il y en a une : les appareils sur lesquels elle s’ouvre, et ce que deviennent vos réponses à la fin du bilan.
- La solution de repli : un numéro à appeler si l’image ou le son lâchent, et ce que devient une séance interrompue.
- Votre installation : une pièce où personne ne vous entend, un casque, et un essai de connexion quelques jours avant.
- L’accessibilité : si un outil numérique vous pose problème, par exemple en raison d’un handicap, signalez-le dès l’entretien préalable.
La confidentialité se joue aussi chez vous. Les documents produits pour le bilan sont détruits à son terme, selon l’article R6313-7. Cette obligation de destruction ne vaut pas, pendant trois ans, pour deux types de documents. Le premier est la synthèse envoyée à votre demande à un conseiller en évolution professionnelle. Le second regroupe les documents que vous acceptez par écrit de laisser à l’organisme pour un suivi. Demandez où sont stockées vos réponses en ligne, et si des séances sont enregistrées.
Si vous suivez le bilan sur votre temps personnel, préférez votre propre ordinateur et votre adresse personnelle aux outils de votre employeur. C’est vous qui choisissez ce qu’il saura de votre démarche.
Bilan en distanciel : ce qu’il faut vérifier avant d’acheter
Avant d’acheter un bilan de compétences en distanciel, vérifiez quatre points. Le premier est la certification Qualiopi de l’organisme pour les bilans. Viennent ensuite la modalité annoncée par l’offre, le nombre d’heures passées en entretien avec quelqu’un et le profil de celle qui vous suivra. France Travail conseille de comparer plusieurs offres sur « la durée totale du bilan, les modalités (présentiel, distanciel ou mixte) et le contenu de chaque phase ». Il prévient : « Un bilan sérieux ne se résume pas à des questionnaires en ligne. »
La certification pour les bilans. Un organisme ne peut être payé par le CPF ou par un financeur public ou mutualisé que s’il est certifié : c’est la règle de l’article L6316-1 du Code du travail. Sont visés notamment Transitions Pro, les opérateurs de compétences (OPCO), France Travail, l’État et les régions. Certains établissements d’enseignement supérieur sont réputés remplir cette obligation (article L6316-4). La certification Qualiopi se lit par catégorie : il faut celle des bilans de compétences, pas seulement celle des formations. Au 28 octobre 2026, 4 251 organismes la détenaient, d’après la liste publique des organismes de formation que le ministère du Travail publie sur data.gouv.fr. C’est là que se vérifie d’abord un organisme fiable, pour un bilan à distance comme pour une reconversion.
La modalité de l’offre. Les données de Mon Compte Formation classent chaque offre dans l’une de trois modalités : à distance, mixte ou en présentiel. Une offre mixte prévoit une partie sur place. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, faites préciser où et combien de fois.
Le temps passé avec une personne. Demandez combien d’heures d’entretien individuel, en visio ou au téléphone, le parcours comprend. Demandez aussi combien de travail en autonomie il attend de vous. Le Code ne fixe aucune durée par phase : chaque organisme propose sa répartition, que la phase préliminaire ajuste avec vous.
La personne qui vous suivra. La réglementation n’impose pas de diplôme aux conseillers en bilan. La Caisse des dépôts et la DGEFP jugent toutefois indispensables des « compétences en psychologie du travail, en orientation professionnelle, ou encore en connaissance RH ». Mon Compte Formation conseille aussi de regarder leur « connaissance de votre secteur professionnel ». À distance, rien ne vous lie aux conseillers de votre ville : choisissez sur ces critères. Un coaching de vie, même en visio, reste hors du champ : le Code du travail ne le range pas parmi les actions concourant au développement des compétences, et le CPF ne le paie pas.
Acheter un bilan à distance hors de Mon Compte Formation
Acheté sur Mon Compte Formation, un bilan suit les conditions de la plateforme. Vous avez 14 jours ouvrés après la confirmation de votre commande pour vous rétracter. Ce droit s’éteint à la date de début du bilan, selon l’article 6.1 des conditions particulières des titulaires. Payé de votre poche, directement à l’organisme, et conclu sans que vous l’ayez rencontré, le contrat relève d’autres textes. Ils ne se combinent pas simplement :
- Le Code du travail vise la personne qui « entreprend une formation, à titre individuel et à ses frais ». Un contrat est alors conclu avant l’inscription définitive et tout paiement, selon l’article L6353-3. L’article L6353-5 lui laisse ensuite dix jours, à compter de la signature du contrat, pour se rétracter, par lettre recommandée avec avis de réception. Les deux articles visent une formation ; le texte ne dit pas s’ils s’appliquent à un bilan.
- Le Code de la consommation accorde quatorze jours pour se rétracter d’un contrat conclu à distance, à compter de sa conclusion pour une prestation de services. Il s’agit d’un contrat conclu dans un système organisé de vente à distance, sans présence physique simultanée des deux parties jusqu’à sa conclusion (articles L221-1 et L221-18). La formation ne figure pas parmi les contrats que l’article L221-2 exclut. Si vous demandez expressément que le bilan commence avant la fin de ce délai, puis vous rétractez, vous devez un montant proportionné au service déjà fourni (article L221-25). Ces quatorze jours ne valent toutefois que pour le consommateur : la Cour de cassation a jugé, le 9 mars 2022 (n° 21-10.487), qu’une demandeuse d’emploi qui avait signé un contrat de formation à finalité professionnelle n’était pas une consommatrice.
Au 28 octobre 2026, aucune décision trouvée dans Judilibre, la base de la Cour de cassation, ne dit comment ces deux délais s’articulent pour un bilan, ni si la personne qui paie son bilan de sa poche l’achète en consommateur. Demandez que le contrat indique le délai que l’organisme applique, et lisez-le avant de payer.
Bilan à distance et CPF : 1 600 € de droits, 150 € de participation
Le CPF paie un bilan de compétences à distance comme un bilan sur place. Les droits mobilisables pour un bilan sont plafonnés à 1 600 € depuis le 26 février 2026 (article D6323-1 A du Code du travail). La participation forfaitaire, elle, vaut 150 € pour toute demande faite depuis le 2 avril 2026 (article R6323). Mon Compte Formation la compte dans votre reste à payer, sans l’ajouter au dépassement du plafond.
Avec des droits suffisants, une offre à distance affichée 1 900 € se répartit ainsi : 1 600 € pour le CPF, 300 € pour vous, participation comprise. À 1 200 €, le CPF règle 1 050 € et il vous reste 150 €. Un organisme n’a pas le droit de vous proposer de rembourser ces 150 €, rappelle Mon Compte Formation.
Pour les bilans payés par le CPF, la page de Mon Compte Formation destinée aux organismes, actualisée le 19 octobre 2026, fixe une durée de « 13h minimum et de 24h maximum ». L’organisme n’y facture que les « heures d’accompagnement effectivement réalisées auprès du stagiaire ». Le Code du travail se contente d’un plafond de 24 heures, à l’article L6313-4. L’article D6323-6 réserve le financement du CPF aux heures d’accompagnement d’un prestataire déclaré. Les exercices faits seul entre deux visios n’en font pas partie : selon Mon Compte Formation, « les travaux personnels effectués en autonomie ne sont pas pris en charge ».
Le CPF ne finance pas non plus votre bilan si un autre vous a été payé au cours des cinq années précédant votre demande. La règle, posée par l’article D6323-6, vise les financeurs publics ou mutualisés. Ce sont les OPCO, Transitions Pro, l’État, les régions, la Caisse des dépôts, France Travail, l’Agefiph et les fonds d’assurance formation de non-salariés. Le texte ne vise pas un bilan que votre employeur a payé lui-même, sans OPCO ; la page de Mon Compte Formation parle pourtant d’un bilan financé « par un organisme public ou privé », sans liste fermée. Dans ce cas, interrogez Mon Compte Formation avant l’achat.
L’accord de l’employeur dépend du moment des séances. Pour un bilan suivi entièrement hors de votre temps de travail, il ne faut pas d’accord, et Mon Compte Formation ajoute que vous n’avez même pas à le prévenir. Dès qu’une séance tombe pendant vos heures de travail, demandez une autorisation d’absence : au moins 60 jours calendaires avant le début du bilan, 120 pour une action de six mois ou plus. À réception, l’employeur a 30 jours calendaires pour répondre ; son silence vaut accord (article D6323-4). Des séances en soirée ou le week-end évitent la question : demandez à l’organisme s’il en propose.
L’article L6323-7 vous dispense de la participation quand votre employeur abonde votre CPF pour ce bilan ; l’article R6323 permet aussi à l’employeur ou à l’OPCO de la payer pour vous. Le même article L6323-7 en exonère les demandeurs d’emploi. Depuis le 2 octobre 2026, Mon Compte Formation la leur réclame pourtant pour un bilan, au « montant de PFO de base, même en tant que demandeur d’emploi ». La plateforme applique ainsi par avance le projet de loi de finances pour 2027, qui n’était pas voté au 28 octobre 2026 (première lecture à l’Assemblée nationale).
Si vous êtes inscrit·e à France Travail, l’aide individuelle à la formation (AIF) peut prendre en charge votre reste à payer, hors participation forfaitaire ; France Travail écrit qu’elle « peut financer tout ou partie du bilan ». Pour un bilan, la demande se fait depuis Mon Compte Formation, même sans aucun droit sur votre compte, et la réponse est annoncée sous 10 jours.
Avantages et limites d’un bilan de compétences en visio
L’avantage d’un bilan de compétences en visio est de ne plus dépendre des organismes proches de chez vous. Dans les données de la Caisse des dépôts, les 42 038 dossiers de 2025 portant sur une offre à distance n’ont aucun lieu de formation renseigné. Sa limite tient à l’écran. Pour la Caisse des dépôts et la DGEFP, le présentiel donne un conseiller proche de chez vous, qui peut « mieux percevoir les expressions non verbales ».

- Du côté des avantages. Aucun trajet n’est à prévoir avant et après chaque séance. Vous choisissez un conseiller pour sa connaissance de votre secteur plutôt que pour son adresse. Et le bilan se poursuit si vous déménagez ou partez en déplacement en cours de route.
- Du côté des limites. Une partie du non-verbal se perd à l’écran. Une connexion fragile peut couper une séance au mauvais moment. Il vous faut un lieu où parler librement, ce qui n’est pas toujours simple chez soi. Et le travail entre deux séances repose davantage sur votre propre organisation.
Entre les deux, le format mixte cherche, selon les mêmes réponses, à « profiter des avantages des deux formules ». Si vous hésitez encore entre l’écran et le rendez-vous sur place, les situations où un bilan de compétences en présentiel se justifie sont présentées à part.
Un bilan à distance se suit aussi de loin. Si vous vivez hors de France, les questions de droits CPF et d’organisme sont traitées dans l’article pour faire un bilan à distance depuis l’étranger. Si vous vivez en France mais à plusieurs heures de décalage avec Paris, l’horaire des séances se règle avec l’organisme avant de signer : le bilan à distance avec un décalage horaire a sa page.
Le bilan avec des connexions de Chance : coach, Æcho et Collectif
Chez Chance, notre bilan de compétences se déroule sur trois mois, en 14 sessions : 7 avec votre coach, 7 autres sur Æcho, notre plateforme d’accompagnement en ligne. Un suivi vient ensuite, d’un à trois mois après la fin du parcours : deux sessions avec le coach, deux sur Æcho. Le bilan coûte 1 750 € TTC ; si vous utilisez votre CPF, il en prend 1 600 € à sa charge et 150 € restent à la vôtre, participation forfaitaire comprise.

Le parcours suit le Trèfle de Chance™, notre méthode en quatre étapes inspirée par Robert Dilts : Clarifier, Explorer, Valider, Concrétiser. Nos 210 coachs partenaires, certifiés en coaching (ICF et RNCP), comptent au moins dix ans d’expérience professionnelle.
Notre bilan est un bilan avec des connexions. Parmi les personnes que nous accompagnons, et que nous appelons les Chanceux, 20 000 forment le Collectif Chance. La Connexion Feedback vous met en relation avec l’une d’elles qui exerce le métier visé, pour tester votre projet auprès d’elle ; un parcours de bilan compte en moyenne 6 connexions. Nous accompagnons les transitions professionnelles depuis 2015 ; d’après notre analyse du parcours de plus de 50 000 personnes, 75 % des personnes accompagnées ont déjà mis en œuvre leur projet au bout de 6 mois. Les étapes d’un bilan, quel que soit son format, sont reprises dans notre guide du bilan de compétences.
Questions fréquentes
Un bilan de compétences peut-il se faire par téléphone ?
Aucun texte ne l’interdit. Le Code du travail demande des entretiens personnalisés pour les conclusions, sans dire par quel moyen. La plateforme de la Caisse des dépôts, elle, admet qu’un bilan se tienne entièrement à distance. Le téléphone peut donc servir pour tout ou partie des séances. Faites-le inscrire dans le document de la phase préliminaire, qui fixe avec vous les modalités du bilan. Demandez aussi comment se feront la restitution des tests et la remise de la synthèse.
Peut-on faire une séance de bilan pendant une journée de télétravail ?
Oui, avec l’accord de votre employeur. Le télétravail est un travail effectué hors des locaux de l’employeur, selon l’article L1222-9 du Code du travail. Une séance placée pendant vos heures de télétravail tombe donc sur votre temps de travail. Pour un bilan payé par le CPF, il vous faut alors l’accord de l’employeur, et la demande d’absence doit lui être adressée 60 jours calendaires au moins avant que le bilan commence (article D6323-4). Pour garder votre démarche pour vous, placez les séances en dehors de vos horaires, même les jours où vous travaillez chez vous.
Un bilan à distance coûte-t-il moins cher qu’un bilan sur place ?
Pas nettement, et l’écart a changé de sens en 2026. Les données ouvertes de la Caisse des dépôts donnent le montant engagé moyen d’un bilan acheté avec le CPF. En 2025, il atteignait 2 109 € à distance, 2 060 € en mixte et 1 989 € en présentiel. De mars à septembre 2026, une fois le plafond de 1 600 € en place, il était de 1 655 €, 1 748 € et 1 705 €. Ce montant correspond au coût pédagogique engagé par dossier, annulations comprises.
Peut-on se former à distance pour conduire des bilans de compétences ?
Oui. Aucun diplôme n’est imposé aux conseillers, et des certifications préparent à ce métier. Au catalogue de Mon Compte Formation du 23 octobre 2026, 38 formations menaient à l’une des 12 certifications du répertoire spécifique consacrées à la pratique du bilan. Parmi elles, 18 proposaient au moins une session à distance, selon les données ouvertes de la Caisse des dépôts. Si c’est votre propre bilan que vous cherchez à suivre à distance, tout ce qui précède s’applique.
Le document de synthèse peut-il vous être envoyé par courriel ?
Oui, rien ne l’interdit : aucun article du Code ne fixe la forme de sa remise. Si votre employeur finance le bilan dans son plan de développement des compétences, vous signez avec lui et l’organisme une convention écrite. L’article R6313-8 veut qu’elle fixe la façon dont les résultats et la synthèse vous seront remis. Selon l’article L6313-4, la synthèse ne peut être communiquée à personne d’autre sans votre accord. Demandez donc qu’elle arrive sur une adresse ou un espace auquel vous seul avez accès, plutôt que sur une messagerie professionnelle.
Un bilan à distance peut-il se faire en groupe ?
En partie seulement. La plateforme accepte des « moments collectifs », si l’organisme tient compte de la singularité de chaque participant. Le Code du travail ne règle plus les séances collectives depuis l’abrogation de l’ancien article R6322-36, le 1er janvier 2019. Il impose en revanche des entretiens personnalisés pour la phase de conclusions, à l’article R6313-4. Un bilan entièrement collectif, en visio comme en salle, ne respecterait pas cette exigence.
Sources
- Assemblée nationale : dossier du projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210)
- Caisse des dépôts : données ouvertes « Moncompteformation, les formations engagées » ; données ouvertes « Moncompteformation, l’offre de formation » (export du 23 octobre 2026)
- Code de la consommation : article L221-1 ; article L221-2 ; article L221-18 ; article L221-25
- Code du travail : articles D6313-3-1, D6323-1 A, D6323-4, D6323-6, L1222-9, L6313-1, L6313-2, L6313-4, L6316-1, L6316-4, L6323-7, L6353-3, L6353-5, R6313-4, R6313-7, R6313-8, R6322-36, R6323
- Cour de cassation : première chambre civile, 9 mars 2022, n° 21-10.487
- France compétences : fiche RS5616 (CléA numérique)
- France Travail : Bilan de compétences : et si c’était le bon moment pour faire le point ? ; L’aide individuelle à la formation (AIF)
- Ministère du Travail : liste publique des organismes de formation (data.gouv.fr)
- Mon Compte Formation : conditions particulières des titulaires, version 16 (octobre 2026) ; espace des organismes, « Quelles sont les formations éligibles au Compte personnel de formation ? » (mise à jour le 19 octobre 2026) ; Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026 ; Réponses aux questions du webinaire sur le bilan de compétences (Caisse des dépôts et DGEFP, mise à jour le 1er juin 2026) ; Tout savoir sur le bilan de compétences ; Une participation financière : pourquoi et comment ?
- Textes officiels : Journal officiel, décret n° 2026-234 du 30 mars 2026










.png)
















