Résumé en 10 secondes : se former au métier de journaliste et media trainer
- Plusieurs parcours peuvent mener au journalisme, au media training et à la communication audiovisuelle.
- La reconversion professionnelle est possible, surtout quand elle s’appuie sur des compétences déjà là : écrire, analyser, parler, comprendre les autres.
- L’expérience terrain compte autant que la formation : stages, événements, interviews, prises de parole, essais et erreurs.
- Le diplôme peut ouvrir des portes, mais il ne suffit pas à prouver l’aisance, la rigueur ou la capacité à tenir un direct.
- Certaines étapes demandent un vrai engagement personnel : créer, produire, se préparer, accepter d’apprendre en faisant.
Les principales voies de formation pour devenir journaliste et media trainer
1. Des formations initiales possibles, sans parcours unique
Pour devenir journaliste et media trainer, il n’existe pas une seule route. Certains parcours passent par la communication, le marketing, l’audiovisuel ou le sport business. D’autres commencent loin des médias, puis avancent par étapes.
Mathieu Jabaud, journaliste & media trainer, le résume avec un parcours qui casse l’idée d’une voie toute tracée : « Moi, je suis sorti du collège sans le brevet. J’ai même été renvoyé. J’avais des gros problèmes de conduite, de comportement. Donc, c’était inenvisageable de poursuivre sur des études supérieures. Et donc, moi, je me suis redirigé vers une branche professionnelle. Dans ma première vie professionnelle, j’ai fait l’école hôtelière. Rien à voir, vous le voyez bien, avec le journalisme et le media training. »
Ce type de départ rappelle une chose simple : une formation n’est pas seulement un diplôme. C’est aussi un terrain où l’on découvre ce qui nous met en mouvement. Dans l’hôtellerie, par exemple, le service en salle développe le contact, l’écoute, l’art de présenter, de convaincre, de raconter. Autant de bases utiles pour parler en public, interviewer, animer ou accompagner une prise de parole.
Des étapes de formation peuvent ensuite construire un socle plus large :
- un BEP et un bac professionnel pour apprendre un métier concret ;
- un BTS de gestion hôtelière pour ouvrir vers le marketing, la communication, le droit et l’économie ;
- une licence et une maîtrise en management e-commerce pour renforcer une culture de gestion et de communication ;
- un MBA en management du sport pour se spécialiser dans le sport business, la communication, l’économie et le droit du sport.
Ces formations apportent un cadre. Elles donnent des repères, du vocabulaire, une méthode de travail. Elles peuvent aussi créer les premières occasions : un stage, une rencontre, un poste, une mission. Mais elles ne fabriquent pas seules le métier. Elles préparent. Le reste se construit au contact du réel.
2. La formation continue et la reconversion vers le journalisme ou le media training
La reconversion vers le journalisme, la communication audiovisuelle ou le media training peut se faire par reprise d’études, spécialisation progressive ou apprentissage sur le terrain. Elle demande souvent de remettre à plat ses habitudes : apprendre à écrire autrement, parler avec plus de précision, structurer ses idées, analyser un contexte, tenir un objectif.
Dans un parcours de reconversion, une formation peut jouer plusieurs rôles :
- redonner confiance après une première vie professionnelle ;
- faire le lien entre des compétences déjà acquises et un nouveau métier ;
- donner accès à un stage ou à une première mission ;
- permettre de se repositionner dans un secteur précis, comme le sport, la télévision ou la communication.
La reprise d’études à l’âge adulte ou après une première expérience implique aussi un investissement en temps. Il faut accepter d’apprendre progressivement. Pas tout d’un coup. Pas parfaitement dès le départ. On avance souvent par paliers : une formation, un stage, une mission, une responsabilité, puis une nouvelle bascule.
Cette logique convient bien aux métiers où l’on transmet, décrypte, anime ou accompagne. Le media training, par exemple, mobilise à la fois la compréhension des médias, la stratégie de communication, la prise de parole et la pédagogie. Ces compétences peuvent venir d’expériences différentes, à condition de les travailler sérieusement.
Le rôle réel du diplôme dans le parcours de journaliste et media trainer
Le diplôme peut ouvrir des portes. Il peut rassurer une école, un employeur, une fédération, une société de production ou un client. Un niveau bac+5 peut donner accès à des postes plus qualifiés. Une spécialisation peut rendre un profil plus lisible : sport, communication, audiovisuel, production, relations presse.
Mais le diplôme ne garantit pas la maîtrise du métier. Il ne garantit pas l’aisance face à une caméra, la justesse d’une interview, la solidité d’une analyse ou la capacité à accompagner une personnalité avant une prise de parole. Ces dimensions se vérifient dans l’action.
Le métier demande surtout du contenu. Savoir parler ne suffit pas. Il faut avoir préparé, compris, vérifié, hiérarchisé. Une personne timide mais très solide sur son sujet peut être plus convaincante qu’une personne très à l’aise mais peu préparée.
Dans un cadre salarié, le diplôme peut aider à entrer dans une structure. Dans une activité indépendante, il peut rassurer, mais les preuves concrètes comptent vite : références, contenus produits, qualité des interventions, capacité à tenir une mission. Dans l’entrepreneuriat, la formation devient un point d’appui, pas une garantie. Il faut ensuite créer, vendre, livrer, apprendre, ajuster.
L’expérience terrain comme levier central pour journaliste et media trainer
Le terrain forme vite. Parfois plus vite que prévu. Stages, événements, relations presse, animation, plateaux, interviews, conférences, cours, accompagnements individuels : chaque situation oblige à affiner sa manière de penser et de parler.
Plusieurs expériences structurent particulièrement l’apprentissage :
- les stages, qui permettent d’entrer dans un secteur et d’observer les codes ;
- la pratique encadrée, où l’on apprend au contact de personnes plus expérimentées ;
- les événements, qui obligent à gérer un timing, un public, des imprévus ;
- les essais et erreurs, indispensables pour progresser ;
- la montée en responsabilité, quand une mission ponctuelle devient un vrai rôle.
Dans les métiers de parole, le terrain apprend aussi la gestion du stress. Présenter devant des enfants sur des tatamis, animer devant 600 professionnels, intervenir en direct devant des centaines de milliers de personnes : ce ne sont pas les mêmes exercices. Pourtant, le socle reste proche. Comprendre ce qu’il faut dire. Savoir à qui l’on parle. Tenir son objectif.
« Si votre rêve, c’est faire de l’interview, faites de l’interview. Quand vous allez vous retrouver face à des recruteurs dans des chaînes de télé, dans des médias, ils vont avoir 200 CV identiques avec des gens qui ont le même niveau d’études. La différence, c’est : qu’est-ce que vous avez fait de plus ? »
Créer un blog, produire des interviews, écrire, publier, tester un format, monter une chaîne, préparer des entretiens : ces gestes rendent un projet visible. Ils donnent aussi de la matière pour progresser. On apprend en voyant ce qui fonctionne, ce qui tombe à plat, ce qui engage vraiment les personnes en face.
Passerelles et évolutions possibles vers le métier de journaliste et media trainer
La formation peut rendre plusieurs transitions possibles. Elle peut faire passer d’un secteur à un autre, d’un rôle d’exécution à un rôle de conception, d’un poste salarié à une activité indépendante.
Un parcours peut par exemple évoluer ainsi :
- apprendre un premier métier de service ou de gestion ;
- se spécialiser en communication, marketing ou management ;
- entrer dans un secteur par un stage ;
- prendre des responsabilités en relations presse, événementiel ou communication ;
- rejoindre l’audiovisuel ou une société de production ;
- créer une activité de conseil, de formation ou de media training ;
- développer des contenus, des interviews ou des formats éditoriaux.
La formation sert alors d’outil de transition. Elle aide à changer de cap, à élargir son terrain de jeu, à rendre son profil crédible. Mais elle n’est pas la finalité. Le vrai mouvement arrive quand une compétence trouve son usage : écrire pour informer, analyser pour éclairer, parler pour transmettre, accompagner pour aider quelqu’un à atteindre son objectif.
Les passerelles existent aussi à l’intérieur de l’audiovisuel. On peut entrer par la production, le casting, l’assistanat, la communication, puis évoluer. Les idées, la fiabilité, la préparation et le comportement comptent beaucoup. Une personne qui travaille bien, écoute, propose et tient ses engagements peut être repérée.
Ce que les formations de journaliste et media trainer ne montrent pas toujours
Les parcours de formation ne montrent pas toujours la réalité complète du métier. Sur le papier, le journalisme, la télévision ou le media training peuvent faire rêver. Sur le terrain, il y a aussi de la pression, du rythme, de la préparation et parfois des sujets difficiles.
Un direct quotidien demande de produire vite et bien. Une chronique demande de tenir une analyse claire. Un journal de faits divers peut exposer à des histoires lourdes, à des familles endeuillées, à une charge émotionnelle forte. Une cérémonie devant plusieurs centaines de personnes demande une préparation précise. Une formation de media training demande d’être pleinement présent à la personne accompagnée.
La charge de travail est réelle. La responsabilité aussi. Il faut préparer ses contenus, choisir ses mots, comprendre son audience, anticiper les réactions. Et parfois, il faut reconnaître qu’un cadre ne convient pas. Ne pas prendre plaisir dans une thématique, même prestigieuse, peut devenir un signal important.
La formation ne montre pas toujours non plus la solitude de certains choix : quitter un poste, créer une société, investir dans son propre matériel, refuser une saison supplémentaire, se repositionner. Ces décisions font partie du chemin. Elles demandent de l’énergie, mais aussi de l’honnêteté avec soi-même.
Points de vigilance avant une formation de journaliste et media trainer
Avant de s’engager, mieux vaut regarder le parcours en face. Pas pour se décourager. Pour choisir avec lucidité.
- La durée réelle. Le chemin peut prendre plusieurs années, avec des étapes successives : diplôme, stage, premier poste, spécialisation, nouvelles missions.
- La part de terrain. Une formation sans pratique risque de rester trop théorique. Cherchez ce qui permet d’écrire, d’interviewer, d’animer, de présenter, de recevoir des retours.
- Le niveau d’engagement. Produire des contenus en plus des études ou du travail demande du temps et de la régularité.
- Les conditions d’exercice. Direct, événements, prise de parole, accompagnement de dirigeants, personnalités ou athlètes : chaque cadre a ses exigences.
- Le coût indirect. Certains projets personnels peuvent demander du matériel, du temps de production ou une équipe. Il faut l’anticiper.
- Le rapport au réseau. Le réseau aide, mais il peut se construire. Une candidature spontanée, un stage, une mission bien menée ou un contenu solide peuvent créer une première porte.
Un autre point compte beaucoup : le comportement. Dire bonjour, écouter, remercier, être fiable, rester curieux. Cela semble simple. Dans les métiers de médias et de communication, ces détails laissent une trace. Ils donnent envie de travailler avec vous.
À qui les parcours de journaliste et media trainer peuvent convenir
Ces parcours peuvent convenir aux personnes qui aiment apprendre en faisant. Aux profils autonomes, curieux, capables de créer même sans consigne parfaite. Aux personnes en transition qui sentent un petit battement de cœur quand elles écrivent, analysent, posent une question juste ou aident quelqu’un à clarifier son message.
Ils peuvent aussi convenir à celles et ceux qui aiment les gens. Observer une salle. Comprendre une réaction. Adapter un mot. Sentir quand il faut relancer, calmer, reformuler, couper ou approfondir. Dans ces métiers, la technique compte, mais l’intelligence de la situation compte tout autant.
Le parcours peut être plus exigeant pour les personnes qui cherchent surtout à être visibles. Faire de l’antenne, passer à la télévision ou prendre la lumière ne suffit pas comme objectif professionnel. Le contenu doit passer avant l’exposition.
« Faire de la télé, faire de l’antenne, ça ne peut pas être un objectif. Votre ambition, c’est quel contenu j’apporte. Vous voyez ce que je veux dire ? Et déjà, les gens qui vont être en face de vous, ils vont le voir, ça. »
Le parcours peut aussi demander un effort particulier aux personnes qui n’aiment pas l’incertitude. Il faut parfois dire oui avant de tout maîtriser, puis travailler fort pour être prêt. Il faut accepter de se former sur place, de recevoir des retours, de corriger, de recommencer.
Choisir le terrain sans lâcher le sens dans le métier de journaliste et media trainer
Le premier pas peut rester simple. Identifiez une formation solide dans le domaine qui vous attire : communication, journalisme, audiovisuel, prise de parole, sport business si c’est votre univers. Puis vérifiez ce qu’elle vous fait vraiment pratiquer. Écriture. Interview. Analyse. Oral. Mise en situation. Retours concrets.
Ensuite, testez. Écrivez un article. Préparez trois questions et interviewez une personne de votre entourage professionnel. Proposez d’animer un échange. Observez une conférence. Demandez à un·e professionnel·le récemment formé·e ce que la formation lui a apporté, et ce qu’elle n’a pas suffi à lui apprendre.
Clarifiez aussi votre rapport au diplôme et au terrain. Avez-vous besoin d’un cadre pour reprendre confiance ? D’une spécialisation pour ouvrir une porte ? D’un stage pour entrer dans le secteur ? D’un projet personnel pour montrer ce que vous savez faire ?
Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.
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