Résumé en 10 secondes
Ce que ce métier exige vraiment
- La qualité dominante : la rigueur du contenu. L’éloquence aide, mais elle ne remplace jamais le fond.
- Le trait clé : l’initiative. Créer, tester, proposer, même sans réseau au départ.
- Ce qui fait tenir : le goût de transmettre, de comprendre les gens et de valoriser un message utile.
- Le point de vigilance : l’exposition, le direct, la pression quotidienne et le risque de viser la lumière plutôt que le contenu.
- Le premier pas : produire quelque chose de concret cette semaine : interview, article, page sociale, candidature spontanée, échange avec un professionnel.
Pourquoi les qualités humaines sont centrales dans le métier de journaliste et média trainer
Dans le métier de journaliste et média trainer, les qualités humaines ne sont pas un supplément agréable. Elles structurent le travail. Il faut comprendre vite, écouter vraiment, poser les bons mots, garder son cap sous pression et rendre un message clair pour un public précis.
Ce métier repose sur une ligne simple : prendre une information, l’analyser, puis la transmettre avec justesse. Cela peut se passer face à une caméra, dans une salle avec des dirigeants, devant des étudiants, sur scène ou en entretien individuel. Le décor change. L’exigence reste la même : savoir pourquoi on parle, à qui l’on parle, et ce que l’on veut faire passer.
Mathieu Jabaud, journaliste et media trainer, résume une exigence qui remet les choses à leur juste place : « L’éloquence seule, ça ne peut pas suffire. Ce qu’il faut d’abord en communication, en journalisme, c’est avoir du fond et du contenu. Ça, c’est, à mon sens, 90 % du métier. Après, les 10 % restants, c’est l’éloquence, effectivement, c’est la capacité à retranscrire un propos. »
Ce qui fait la différence, ce n’est donc pas seulement de parler facilement. C’est de préparer, d’observer, d’ajuster, de créer du lien. C’est aussi de savoir dire non quand un sujet ne fait plus battre le cœur au bon endroit. Le métier demande de l’énergie, oui. Mais surtout une énergie orientée : vers le contenu, vers les autres, vers un objectif clair.
Les qualités indispensables pour exercer le métier de journaliste et média trainer
1. La rigueur du contenu — la plus déterminante
La rigueur est la base du métier de journaliste et média trainer. Sans elle, la prise de parole devient fragile. Une chronique, une interview, une cérémonie ou une séance de media training ne tiennent pas sur le charme. Elles tiennent sur une préparation solide.
Cette rigueur se voit dans des situations très concrètes : décrypter une émission de télévision en direct, construire chaque jour un journal de faits divers, préparer une prise de parole devant 600 personnes, accompagner un dirigeant ou un athlète avant une intervention publique. À chaque fois, il faut comprendre le sujet avant de le rendre accessible.
La rigueur passe par des gestes simples : lire, vérifier, structurer, écrire, choisir les mots, anticiper les questions. Elle permet de rester stable même quand le contexte bouge. Le direct, par exemple, ne pardonne pas l’improvisation vide. On peut avoir le trac, perdre un peu de naturel, être moins souriant qu’à l’habitude. Mais si le fond est là, le message tient.
Quand cette qualité manque, le risque est clair : se reposer sur l’aisance, penser que l’on peut “passer” grâce à sa présence. Cela peut fonctionner sur des sujets légers. Pas longtemps. Pas partout. Et surtout pas quand le sujet est sensible, exposé ou technique.
2. L’endurance active — celle qui permet de durer
L’endurance active, ce n’est pas seulement tenir longtemps. C’est continuer à avancer, à apprendre, à proposer, même quand le rythme devient dense. Le métier de journaliste et média trainer peut enchaîner les prises de parole, les formats, les publics et les contraintes.
Faire 150 chroniques, puis plusieurs centaines d’émissions en direct, c’est apprendre dans le mouvement. C’est gérer le stress, l’écriture, le timing, les images à demander, les angles à choisir. C’est aussi accepter de ne pas tout maîtriser au départ, tout en travaillant assez pour être prêt au moment où la lumière s’allume.
Cette endurance n’est pas passive. Elle demande de créer sans attendre que toutes les conditions soient parfaites. Produire une interview, lancer un format, tester une chaîne, faire un blog, animer une page, candidater spontanément : ces actions construisent une crédibilité. Elles montrent une envie réelle, pas seulement déclarée.
« Si votre rêve, c’est faire de l’interview, faites de l’interview. Quand vous allez vous retrouver face à des recruteurs dans des chaînes de télé, dans des médias, ils vont avoir 200 CV identiques avec des gens qui ont le même niveau d’études. La différence, c’est : qu’est-ce que vous avez fait de plus ? »
Cette qualité permet aussi de ne pas subir. Dans un métier où les portes ne s’ouvrent pas toujours d’elles-mêmes, il faut parfois frapper, relancer, oser une candidature spontanée, accepter un premier rôle plus discret, puis faire ses preuves.
3. La capacité d’apprendre en situation — celle qui permet d’évoluer
Apprendre en situation est une qualité essentielle pour évoluer dans le métier de journaliste et média trainer. Aucun parcours ne prépare à 100 % à ce qui va se passer sur un plateau, dans une salle, face à une personnalité ou avec un dirigeant sous pression.
Le chemin peut passer par des univers très différents : l’hôtellerie, le service, la communication sportive, les relations presse, l’événementiel, la télévision, la formation, puis l’accompagnement à la prise de parole. À première vue, ces étapes semblent éloignées. En réalité, elles construisent un même fil : comprendre une situation, valoriser un contenu, transmettre un message.
Le service en salle apprend le contact humain, l’attention, la façon de raconter un menu et de convaincre. L’événementiel sportif apprend le rythme, la coordination, la gestion de publics nombreux. La communication apprend la stratégie et le réseau. La télévision apprend la précision, la réactivité et l’exposition. La formation apprend la pédagogie.
Ce métier convient aux personnes capables de faire des ponts entre leurs expériences. Même un parcours qui semble “à côté” peut devenir une force, si l’on sait en extraire des compétences utiles et des qualités humaines solides.
4. L’intelligence de la situation — celle qui permet de toucher juste
L’intelligence de la situation est une qualité discrète, mais décisive. Elle consiste à lire rapidement un contexte : qui est en face, quelle est la sensibilité du public, quel mot peut ouvrir, quel mot peut fermer, quel ton peut créer de la confiance.
Un journaliste, un média trainer ou un communicant ne parle jamais dans le vide. Il parle à des personnes réelles, avec leur histoire, leurs attentes, leurs résistances, leur niveau d’attention. Pour atteindre un objectif, il faut ajuster sa manière de dire sans trahir le fond.
Cette qualité se nourrit d’observation. Regarder les comportements, écouter les réactions, repérer les signes faibles, sentir la dynamique d’un groupe. Ce n’est pas manipuler. C’est comprendre l’humain pour mieux transmettre.
Dans le media training, cette intelligence devient centrale. Accompagner quelqu’un, ce n’est pas lui apprendre à réciter un discours. C’est l’aider à porter un message avec clarté, dans un contexte donné, face à un public donné.
Qualités souvent sous-estimées dans le métier de journaliste et média trainer
Certaines qualités paraissent petites depuis l’extérieur. Sur le terrain, elles ouvrent beaucoup de portes.
- La politesse : dire bonjour, remercier, écouter, respecter les personnes. Ces gestes simples construisent une réputation.
- L’écoute : elle permet de comprendre avant de répondre, de relancer au bon moment, de ne pas plaquer son idée sur une situation.
- La préparation physique et mentale : arriver prêt, comme un sportif avant une échéance. Le direct, la scène ou un accompagnement important demandent de l’énergie.
- La curiosité humaine : aimer observer les gens, leurs réactions, leurs façons de se positionner. C’est une matière précieuse pour mieux communiquer.
- La modestie face au fond : accepter qu’un bon contenu vaut mieux qu’une belle posture vide.
Ces qualités sont parfois moins visibles que l’aisance orale. Pourtant, elles rassurent les équipes, les producteurs, les responsables, les clients et les publics. Elles donnent envie de faire confiance. Et dans ce métier, la confiance pèse lourd.
Qualités ≠ compétences : ce que la personne a dû apprendre à développer
Une qualité peut exister en soi, mais elle se travaille. L’aisance relationnelle, par exemple, peut commencer dans le contact avec les clients d’un restaurant, puis se renforcer dans l’animation d’événements, la relation avec des sponsors, la prise de parole en public ou le direct télévisé.
La plume aussi se développe. Savoir écrire une chronique, un discours d’introduction, une analyse ou une trame d’interview demande de la pratique. Il faut produire, relire, corriger, recommencer. Le style vient en travaillant le fond.
Le stress, lui, ne disparaît pas forcément. Il se gère. Une première intervention à l’antenne peut rendre plus fermé, moins naturel. Avec l’expérience, les repères arrivent : préparer ses fiches, organiser son propos, savoir où l’on va, s’appuyer sur ce que l’on maîtrise.
« Je préfère quelqu’un qui est timide, mais qui a une maîtrise à 100 % de ce qu’il va me raconter, que quelqu’un qui se croit éloquent et qui ne va pas préparer son discours. »
Cette distinction est précieuse pour toute personne qui se demande si elle est “faite” pour le métier. Être timide n’empêche pas d’avancer. Ne pas avoir de réseau au départ n’empêche pas d’entrer dans un média ou une société de production. En revanche, ne pas travailler, ne pas créer, ne pas préparer limite très vite la progression.
Le métier demande aussi une forme de lucidité personnelle. Travailler sur des faits divers lourds, recevoir des personnes touchées par des drames, porter chaque jour des sujets difficiles peut ne pas convenir à tout le monde. Savoir reconnaître ce qui ne nourrit plus son envie est une force. Cela permet de se recentrer sur des formats plus alignés : formation, interview, transmission, accompagnement.
À qui le métier de journaliste et média trainer convient vraiment
Ce métier est fait pour vous si :
- Vous aimez comprendre avant de parler. Vous cherchez le fond, la structure, l’angle juste.
- Vous avez envie de créer. Vous êtes prêt·e à lancer un format, écrire, interviewer, publier, même à petite échelle.
- Vous observez les gens avec intérêt. Les comportements, les réactions et les dynamiques de groupe vous apprennent quelque chose.
- Vous acceptez l’exposition. Direct, scène, entretien, formation : vous pouvez être regardé·e, évalué·e, attendu·e.
- Vous aimez transmettre. Vous sentez ce petit battement de cœur quand un message devient clair pour quelqu’un d’autre.
Il est plus difficile si :
- Votre objectif principal est seulement de briller. L’antenne ou la visibilité ne suffisent pas à construire une trajectoire solide.
- Vous n’aimez pas préparer. Le métier demande du travail en amont, parfois invisible.
- Vous attendez que le réseau fasse tout. Les opportunités existent, mais elles se saisissent avec des preuves concrètes.
- Vous supportez mal l’incertitude. Les formats changent, les sujets arrivent vite, les postes peuvent se construire par étapes.
- Vous ne voulez pas ajuster votre discours. Chaque public demande une attention particulière.
Ce qu’il vaut mieux savoir dès le départ dans le métier de journaliste et média trainer
Le premier apprentissage est simple : ne pas attendre d’être “autorisé” à commencer. Si vous voulez interviewer, interviewez. Si vous voulez écrire, écrivez. Si vous voulez comprendre les médias, observez les émissions, analysez les formats, contactez des personnes, proposez vos services.
Le réseau peut se construire après l’action. Une candidature spontanée peut ouvrir une porte. Un stage peut devenir un premier poste. Une mission discrète dans une société de production peut permettre d’évoluer vers la création, la production ou l’antenne. Rien ne garantit un chemin direct, mais l’action rend le chemin possible.
Le deuxième apprentissage : ne pas confondre métier et fantasme du métier. Faire de la télévision, être à l’antenne, animer une émission : ce ne sont pas des objectifs suffisants. La vraie question est : quel contenu apportez-vous ? Quelle analyse ? Quelle utilité ? Quelle qualité de présence ?
Le troisième apprentissage : choisir les sujets qui vous tiennent. On peut réussir techniquement dans un format et sentir que quelque chose ne sonne pas juste. Le métier demande assez d’énergie pour que le sens compte. Quand le contenu rejoint une envie profonde de transmettre, d’aider à comprendre ou de faire émerger un parcours, l’engagement devient plus durable.
Oser entrer, puis tenir sa promesse de fond
Cette semaine, choisissez un premier pas simple. Pas un grand plan parfait. Un geste concret.
- Listez deux qualités que vous avez déjà. Par exemple : écoute, curiosité, endurance, sens du contact, goût de l’écriture, capacité à observer.
- Choisissez une qualité à renforcer. Rigueur du contenu, gestion du stress, prise de parole, création régulière, intelligence de la situation.
- Retrouvez une situation vécue où vous l’avez mobilisée. Une présentation, un entretien, un conflit apaisé, une animation, un article, une discussion difficile.
- Confrontez-la au réel. Proposez un échange avec un professionnel, demandez une journée d’observation, réalisez une interview courte, écrivez une analyse, envoyez une candidature spontanée.
Le métier de journaliste et média trainer ne demande pas d’avoir tout coché dès le départ. Il demande d’avancer avec honnêteté, de travailler son fond, de rencontrer le réel et de rester attentif aux personnes. Porte après porte, votre place peut se préciser. Et parfois, c’est là que le cœur professionnel recommence à battre au bon rythme.
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