Claire Bretton, CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire

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Carole (Chance)

Bonjour à tous. Merci beaucoup Claire d'être parmi nous aujourd'hui et de dédier une demi-heure de votre temps pour raconter un peu les coulisses de votre métier et parler de ce choix d'être entrepreneur dans l'économie circulaire. Pardon déjà pour ces deux minutes de retard à ceux qui sont présents et qui attendaient. On enchaîne 50 live sur 50 métiers en cinq jours. C'est vraiment un enchaînement. On se passe le micro très rapidement. J'imagine que certaines personnes qui nous écoutent ont fait plusieurs sessions cette semaine. On a encore jusqu'à demain avec pas mal de métiers qui sont présentés. Claire, elle est CEO et entrepreneur. Elle a créé Underdog, que je vous invite à aller voir. Je vais pitcher moi, Claire, à ma façon. C'est vraiment un endroit qui permet de faire de l'économie circulaire et donc d'acheter un électroménager recyclé, c'est ça ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Oui, reconditionné.

Carole (Chance)

Reconditionné. C'est très intéressant. Ça n'existait pas avant, c'est ça ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Oui, on est une petite entreprise. On a créé ça il y a un an.

Carole (Chance)

D'accord, génial. N'hésitez pas, si vous vous connaissez, si c'est votre premier live en coulisse, pour ceux qui participent, l'objet, c'est que vous posez toutes vos questions. Moi, je fais juste quelques premières questions au début et ensuite, on écoute toutes vos questions pour voir si vous avez des questions concrètes qui peuvent vous éclairer dans vos choix et vos hésitations sur le sujet. D'abord, ce qui est intéressant, c'est de voir votre parcours. Déjà, est-ce que vous avez été entrepreneur avant de choisir d'être entrepreneur dans l'économie circulaire ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Oui. En fait, j'ai commencé ma carrière en faisant quatre ans de conseil en stratégie. Ensuite, je suis partie en 2016 pour créer une première entreprise qui s'appelait daco. Io. On faisait de l'intelligence artificielle. C'était le tout début de l'intelligence artificielle. On l'a revendu en 2018 à Veepee, qui est ex-vente privée. J'ai passé quatre ans chez Veepee, deux ans à gommer le pricing pour le groupe, puis deux années à monter tout leur business secondement. C'est là où j'ai découvert l'économie circulaire, sur la partie textile, ça s'appelle Recycle. Je suis partie il y a un an pour monter Underdog, qui est de gros électroménagers reconditionnés, toujours dans l'économie circulaire, mais avec des plus gros produits, des produits plus lourds.

Carole (Chance)

Vous avez une fibre d'entrepreneur, qu'est-ce qui a fait le déclic pour devenir entrepreneur et pas rester dans des boîtes de conseil ou des grosses boîtes ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

J'ai toujours aimé créer des choses à ma manière. C'est vraiment l'envie de définir son propre projet, de l'emmener là où on veut, de défendre ce qu'on veut défendre. Ça a toujours quelque chose que que j'ai adoré, donc je me suis lancée.

Carole (Chance)

Mais spécifiquement sur l'économie circulaire, c'est un choix de privilège ou c'est un choix de- C'est un choix qui est arrivé pendant le confinement.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Pendant le confinement, je me suis confinée avec ma famille. Avec mon mari, on s'est dit que nos métiers ne servaient pas à grand-chose. On faisait du business, mais on n'aidait pas forcément les autres. On a monté, dans les premiers jours du confinement, une association qui s'appelait Sauvons Nos Commerce. C'était une plateforme sur laquelle les clients pouvaient acheter des bons d'achat auprès de petits commerçants pour les aider à survivre pendant cette période-là. Moi, c'est là où j'ai vraiment découvert ce que c'était monter une structure dans l'impact. Et j'ai adoré. J'ai un peu vu la lumière. Je me suis dit: C'est beaucoup plus fun beaucoup plus énergisant que monter un business classique. Et donc, je me suis dit: OK, la prochaine étape après Veepee, la prochaine boite que je veux monter, je veux qu'elle soit dans l'impact. Et pourquoi l'économie circulaire ? Parce que C'est quelque chose que je comprenais et que j'appréhendais. Ça a un impact ultra-positif, tout en restant du business. C'est quelque chose que je sais faire, des opérations, vendre des objets. Et donc, ça faisait un bon lien entre toute mon expertise business et l'impact.

Carole (Chance)

Pour ceux qui veulent aborder une carrière d'entrepreneur, déjà, regardons la partie entrepreneur, parce que c'est une dimension encore différente de l'économie circulaire et l'impact. Pour ceux qui qui envisage de devenir entrepreneur, qu'est-ce que vous conseillez ? Nous, ce qu'on voudrait, c'est vraiment voir les dessous dans le sens où toute l'énergie dont vous parlez, le fait que vous faites un sujet qui vous passionne et tout le côté un peu plus négatif, entre guillemets, difficulté et challenge. C'est intéressant de voir ça sur le plan de l'entrepreneuriat au global et ensuite de rentrer sur les clés du circulaire.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Moi, ce que je conseille à ceux qui veulent devenir entrepreneur, c'est déjà d'oser se lancer. C'est un peu la théorie des petits pas et du test. C'est-à-dire que oui, il y a plein de gens qui rêvent d'être le leader de ce marché-là ou d'être les meilleurs, mais il faut y aller petit à petit et tester les concepts qu'on peut développer. Je pense qu'il faut se lancer le plus rapidement possible pour tester le plus de choses possible. C'est ce qui marche et c'est en testant des petits bouts de l'expérience qu'on veut construire qu'on arrivera vers celle qui marche. Vraiment, c'est de se lancer. Et donc là, l'entreprise que je suis en train de monter, Underdog, on a levé pas mal de fonds, mais la première, je l'ai faite sans aucun fonds, sans aucune aide financière. C'est pas forcément L'accès au fonds n'est pas forcément un bloqueur quand on veut devenir entrepreneur. Ça dépend du projet, mais voilà.

Carole (Chance)

Et donc, quel côté plus challenging, quels sont les sujets qui méritent de réfléchir avant de se lancer ? Qu'est-ce qui... Ça va être plus difficile dans leur vie d'entrepreneur ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Je pense que la première chose, c'est de voir si ça pourrait marcher sur le papier, si le business model qu'on définit, est-ce que je pourrais un jour gagner de l'argent avec ? Est-ce qu'il y a des clients qui pourraient être intéressés par ce genre de produits ? Ça, c'est deux questions qui sont ultra importantes. Et une autre dimension qui est aussi importante, c'est les gens qui vous entourent. Est-ce que vous avez besoin d'associés ou est-ce que vous avez des gens autour de vous qui peuvent vous aiguiller ? Monter une entreprise vraiment tout seul, c'est très compliqué. Et je pense que c'est vraiment hyper important d'être bien entouré, soit par des associés, soit par quatre, cinq personnes qui sont là pour vous challenger tout le temps et pour vous aider à avancer dans la bonne direction.

Carole (Chance)

Parce que quand Chance, on estime que trouver du sens et aliment avec quatre piliers, le métier, la finalité, les impératifs et l'environnement, la finalité étant Quelle est l'utilité ? À quoi je sers ? Quand on est entrepreneur, il y a quand même une question qui peut se poser sur la partie impérative. Impérative, c'est les horaires, c'est la rémunération, c'est ce qui est non négociable. Ça, un entrepreneur, on a l'impression que l'entrepreneuriat, ça peut aussi pousser des limites en termes de flexibilité d'horaire et de savoir les aspects positifs et négatifs. Est-ce que vous avez ressenti ça ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Oui, c'est totalement possible. Honnêtement, pour l'instant, peut-être que j'ai eu une part de chance, mais j'ai réussi à le faire dans les contraintes que j'avais. Là, aujourd'hui, la boîte que je monte, je suis mère de deux enfants, donc je ne la monte pas du tout de la même manière que la boîte que j'avais montée en 2016 où je n'avais pas de famille. Maintenant, c'est des règles du jeu qu'il faut mettre en place. Peut-être que j'irai plus vite si je travaillais 10 heures de plus par semaine et que je ne voyais pas ma famille, mais il faut savoir ce qui est important à de respecter ou non. Évidemment, c'est un peu plus complexe que quand on est salarié, mais il y a quand même des moments où on peut respecter certaines règles qu'on s'est données et c'est totalement faisable.

Carole (Chance)

Super encourageant pour tous ceux qui qui envisage l'entrepreneuriat. Sur la partie économie circulaire, déjà, on a une première question sur ce sujet: est-ce qu'il faut faire une formation ? Est-ce que vous recommandez une formation, une certification pour travailler dans le domaine de l'économie circulaire ? Non.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Honnêtement, je n'en ai fait une. J'ai fait un exécutif programme à Cambridge sur l'économie circulaire. On peut se dire qu'il y a rarement mieux, mais ça ne nous apprend pas, honnêtement, grand chose. L'économie circulaire, c'est quelque chose qui est très concret et très réel. C'est un retour en arrière pour le bien. Non, il n'y a pas de formation là-dessus et il n'y en a pas besoin, honnêtement, pour faire Vous êtes en mute ? Oui.

Carole (Chance)

Pardon, j'ai un problème d'ordinateur. On n'a pas besoin, pour ceux qui posent la question executive training, je ne sais pas comment ça s'appelle, executive les programmes de l'économie circulaire de Cambridge. Il y a peut-être des formations gratuites, si on veut juste acculturer sur le sujet.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Oui, il y a des formations gratuites qui existent à droite, à gauche. Après, pour moi, l'économie circulaire, c'est du bon sens. Et Les modèles sont quand même assez similaires. Il y a trois enjeux dans l'économie circulaire. La première, c'est de récupérer des produits défectueux et être capable de les récupérer, donc identifier où ils sont et les acheminer. La deuxième, c'est d'être capable de les reconditionner ou de les réemployer. Et la troisième, c'est d'être capable de les remettre sur le marché. La plupart du temps, c'est de les vendre à quelqu'un d'autre. C'est des modèles qui sont quand même assez similaires. Tous les marchés Ils n'ont pas les mêmes façons de faire, mais c'est toujours ces trois mêmes challenges. Et aujourd'hui, il n'y a pas de formation, à ma connaissance, très terrain pour apprendre ce genre de choses et le mettre en place.

Carole (Chance)

Vous conseillez à tous ceux qui vous envisagent de travailler dans l'économie circulaire, de lire et de voir des formations gratuites et de se renseigner sur le sujet globalement.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Je dirais en priorité d'aller parler à des gens qui font déjà ça. Absolument. D'avoir des modèles. Aujourd'hui, on a quand même une chance assez énorme, c'est que la France est le pays le plus en avance sur l'économie circulaire. Il y a plein de modèles dans plein de marchés différents. Moi, quand je montais Recycle, sur la partie textile chez Veepee, j'ai parlé à tous ceux qui font du reconditionné dans le gros électroménager, dans les vélos, dans le verre consigné, dans plein de choses. En fait, c'est en parlant à ces gens et en décortiquant leur modèle qu'on voit quels sont déjà les marchés qui aujourd'hui sont en retard sur l'économie circulaire et où il y a un potentiel à lancer quelque chose et ensuite, où on va se dire: OK, si je me lance sur du gros électroménager, je peux prendre cette idée-là, cette idée-là, mais celle-là, elle ne va pas fonctionner parce que c'est du smartphone et c'est des objets légers. Je peux reprendre cette idée-là parce que ça peut fonctionner avec du gros électroménager et c'est vraiment en décortiquant les modèles et en voyant ce qui se passe qu'on peut avoir une certaine connaissance de ce qui va marcher ou non.

Carole (Chance)

Vous parlez de rencontres, de parler à des pairs, de parler à des gens qui exercent dans l'économie circulaire comme un moyen que vous avez, vous, adopté. On a une question sur les associations ou les endroits. Là, vous avez rencontré des gens dans quel biais ? Quand vous étiez en train de réfléchir à cycle ou à underdog, qui vous a mis en relation ? Comment vous avez fait concrètement pour être mise en relation avec des gens qui vous ont écrivés là-dessus ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Concrètement, je les ai contactés sur LinkedIn et je leur ai demandé s'ils avaient 30 minutes. Directement. En fait, c'est aussi un petit monde où on n'est pas nombreux à créer des business d'économie circulaire. Et surtout, les gens sont quand même assez disponibles et ouverts à en parler. Donc ça reste mon conseil. Et je voyais la question sur l'économie circulaire et les associations. Et comment se faire sa place dans les associations. C'est une excellente question et c'est un de nos enjeux. En fait, nous, si je prends le cadre du gros électroménager, il y a à peu près 3% du marché qui est reconditionné. Et aujourd'hui, ils sont principalement reconditionnés par des associations d'insertion, ce qui est très bien. On a une grande chance d'avoir ce tissu-là en France. Et donc nous, quand on s'est lancé, on est tout de suite allé les voir et on leur a dit: Notre but, ce n'est pas de vous concurrencer. Et le but, c'est de faire grandir ce 3% à 10, 15, 20%. Et donc, je pense qu'il y a une place à se faire sur la partie collecte et gisement en augmentant le le gisement. On n'est pas là pour avoir une garde de gisement, on est là pour augmenter le nombre de produits défectueux qui, avant, étaient mis à la benne pour qu'ils soient réemployés. Il y a une place à prendre. Elle n'est pas si facile et elle se joue de toute façon au niveau des gisements.

Carole (Chance)

Dans les questions sur le réseau, je pense que l'idée de refaire des rencontres est clé. Ce que vous dites, c'est aller directement demander sur LinkedIn, mais vous n'avez pas eu d'endroits ou pas de conférences ou d'endroits où vous avez retrouvé tous les acteurs de l'économie circulaire. Change now.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Je le fais. Honnêtement, de manière générale, je ne suis pas une grande fan de ces grands événements. Je trouve qu'on peut rencontrer beaucoup de monde, mais on n'a pas de discussion très profonde sur les modèles, sur vraiment les enjeux. Je trouve ça très bien que ça existe, mais ce n'est pas mon mode de fonctionnement. D'accord.

Carole (Chance)

Super. Pour tout le monde, vous écrivez sur LinkedIn, vous trouvez, identifiez des profils inspirants et vous leur écrivez sur LinkedIn.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Il y a de plus en plus de podcasts sur l'économie circulaire où il y a pas mal d'acteurs qui ont pris la parole pour expliquer leur modèle, comment ils fonctionnent, quelles sont leurs challenges. Il y a quand même un peu plus de matière qu'il y a un ou deux ans.

Carole (Chance)

Super. Ensuite, on a cette question sur les secteurs les plus souvent abordés. Quels sont les secteurs qui ont le plus de domaines qui sont plus actifs, on va dire ? Food, fashion, etc. Sur quels domaines se lancer ? En gros, C'est une question très concrète.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Pour moi, l'économie circulaire, elle est arrivée en deux vagues. Il y a eu la première vague... Il y a eu une micro vague des voitures il y a plusieurs dizaines d'années, mais la grosse vague qu'on a vue avec notamment Back Market et Vinted, ça a été sur des produits, attention, je mets des guillemets parce que ce n'était pas si facile que ça, mais faciles parce qu'ils étaient légers et qu'ils peuvent voyager. Back Market a une bonne partie de son sourcing aux États-Unis, Vinted, ça traverse toute l'Europe. On était sur cette première vague qui a été massive, qui a commencé à changer les modes de consommation et les modes de réflexion, donc super. La deuxième vague qui arrive, c'est sur des produits qui sont plus difficiles, plus lourds et qui va se jouer de manière un peu plus locale. Donc c'est le cas du gros électroménager, c'est le cas des meubles, c'est le cas des gros équipements de sport. Et donc nous, c'est la deuxième vague qu'on voit arriver. Il y a du potentiel. Est-ce qu'il faut se lancer ? Ça, c'est plutôt vous qui avez la réponse. Enfin, chacun a la réponse de son côté. Il y a des challenges qui sont différents par rapport à la première vague.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

On est sur du sourcing, du reconditionnement, de la vente qui est locale parce qu'on a des gros coûts de transport. On est sur des produits qui sont un peu plus lourds. On est sur de plus en plus qui ne sont pas des modèles de marketplace, mais des modèles industriels. Nous, on a un entrepôt qui fait plus de 1 000 mètres carrés avec des vrais techniciens professionnels qui réparent les machines. Donc, on est sur quelque chose d'un peu plus concret. On n'est pas sur des modèles de marketplace. C'est les secteurs qui, à mon avis, vont être en croissance. Après, c'est des challenges qui sont différents des marketplaces qu'on a vus émerger ces trois, quatre dernières années.

Carole (Chance)

Là, Thierry nous pose une question justement sur Underdog, spécifiquement sur les actions RSE. Pour vous partager les actions RSE d' Underdog spécifiques.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Nous, par définition, on a un impact C'est un point positif puisque notre business est RSE par définition. Je voyais notamment les sujets de l'insertion. Pour être totalement honnête, on est 100% transparents avec nos partenaires là-dessus et notamment avec les éco-organismes qui régulent ce marché-là. On On n'est pas ESS et on ne sera pas ESS, même si ça nous aiderait à avoir du stock de produits défectuels. Moi, je considère que faire de l'insertion, honnêtement, c'est un énorme métier, c'est une énorme expertise. Ce qu'ils font, c'est assez incroyable. Et pour être totalement transparente avec vous, je ne m'en sens pas les épaules aujourd'hui. Et j'ai déjà sur mes épaules de prouver que reconditionner du gros électroménager en France, c'est possible. Une fois que j'aurais prouvé que c'est possible et que c'est rentable et que ça peut peut-être que je me pencherai là-dessus. Mais je suis très admirative de tout ce que fait Envie et Emmaüs sur ce sujet.

Carole (Chance)

Merci de votre transparence et honnêteté sur le sujet. J'espère que ça répond à la question. N'hésitez pas à compléter si vous avez d'autres commentaires ou d'autres questions. La question de: est-ce que ça marche ? Si je résume la question qui a été posée là. Vous vous êtes venu de lancer, vous commencez à avoir un business qui est structuré. Comment on peut dire la des tas d'underlogs aujourd'hui. Est-ce que ça démarre bien ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Ça démarre hyper bien. On a lancé le site web en fin février. On est déjà au-dessus de nos objectifs de vente. Il y a une vraie demande de la part des consommateurs d'acheter du reconditionné. Je vais enlever toute illusion. La plupart des gens viennent vers du reconditionné parce que c'est moins cher que le neuf. Pourquoi ? Avec les tensions sur le pouvoir d'achat. Certains viennent pour l'aspect écologique, mais ce n'est clairement pas la majorité. On a fait une première levée de fonds. On a un premier levier de fonds, on a un entrepôt qui fait 1 000 mètres carrés à Nantes et on espère le doubler, voire le tripler d'ici l'année prochaine. On recrute beaucoup de techniciens et c'est un de nos gros challenges, puisque c'est un des gros challenges de l'économie circulaire en général. Les filières techniques ont été délaissées, grosso modo. C'est quelques dizaines, dernières dizaines d'années. Du coup, on a beaucoup de mal à recruter des techniciens et on espère rendre la filière assez sexy pour que des techniciens et des techniciennes se lancent dans l'aventure. Mais c'est clairement un enjeu de toute la filière économie circulaire, trouver des gens qui y allaient pas.

Carole (Chance)

Quelle est la formation pour la technicien/technicienne ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Il y a pas le monde de formations, c'est des lycées professionnels ou des écoles de formation. Quand je dis pas mal, il y en a quelques-unes par région, mais c'est tout le temps des formations assez techniques qui sont accompagnées soit de stages, soit de l'apprentissage.

Carole (Chance)

D'accord. Après, on a des questions assez spécifiques au-delà du business model sur lequel on peut revenir. On a des questions spécifiques dont je vais m'assurer qu'on couvre les questions de tout le monde. Nicolas a posé une question sur les pièces de rechange reconditionnées. Où les sourcez-vous et quel fabriquant utilisez-vous pour des pièces neuves ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

On a deux market place de pièces détachées neuves et d'occasions qu'on utilise. Et surtout, nous, toutes les machines qu'on n'arrive pas à réparer, on les démantèle et on a notre propre stock de pièces détachées d'occasion. Aujourd'hui, on a six mois d'exploitation derrière nous, mais il y a 50% des machines qui nécessitent une pièce détachée où on va utiliser une pièce détachée qui vient de notre stock. Et 50% où on en achète via nos partenaires. Honnêtement, ce n'est pas un sujet d'accessibilité. Les pièces détachées sont accessibles, elles sont présentes. Par contre, elles sont très chères.

Carole (Chance)

Donc, les sujets d'aujourd'hui, c'est plutôt la main d'œuvre et les ressources pour travailler que des pièces ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

C'est plutôt les gisements de produits défectueux et la main d'œuvre.

Carole (Chance)

D'accord. Au-delà du business model, question d'Alexandre: Adressez-vous le changement d'état d'esprit des clients pour qu'ils aient l'impression que le reconditionné sera meilleur ? J'ajoute à cette question, la question de On est dans une phase où les gens viennent vers vous plutôt pour des questions d'économie, des questions financières, et moins sur les questions de responsabilités écologiques. Est-ce que vous vous envisagez d'adresser cette question de conscience écologique plutôt que bénéfices pris ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

C'est une bonne question. Nous, aujourd'hui, effectivement, changer le mode de consommation des Français, c'est un de nos enjeux. À court terme, si les gens viennent pour prix ou pour une conscience écologique, peu importe, au final, ils achètent du reconditionné. Nous, l'idée, c'est aussi qu'on mette un espèce de pied à l'étrier et que la personne qui achète ce produit-là, même si elle est venue sur le prix, elle se dise: Il est d'une qualité équivalente à du neuf. C'est pour ça, notamment, qu'on a deux ans de garantie sur nos produits. C'est qu'on considère qu'ils sont aussi qualitatifs que la neuf. Il y a ça et de l'autre côté, vous en parliez un peu, c'est tout le plan de communication qu'on met autour et toute la communication qu'on fait autour de la réassurance et de la confiance en disant: Le reconditionné, ce n'est pas moins bien que le neuf. C'est équivalent. On investit en marketing là-dessus, on fait des campagnes là-dessus, mais encore une fois, honnêtement, les campagnes sur le prix marchent mieux que les campagnes sur la qualité et la confiance. Mais c'est quelque chose qu'on a besoin de toujours répéter dans ce qu'on appelle le panel de conversion, au moment où les que les personnes achètent, de les réassurer sur le fait que c'est de la bonne qualité.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Super.

Carole (Chance)

Et sur l'inspiration, on a parlé des réseaux qui vous ont inspiré, des gens que vous avez rencontrés. Mais en termes d'inspiration, on nous pose la question de la France par rapport aux Pays-Bas. Est-ce que la France est un modèle dans l'économie circulaire ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

La France est clairement un modèle d'économie circulaire. Les Pays-Bas et les Nordiques, on pourrait penser qu'ils sont en avance. Honnêtement, non. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être qu'aussi, on a un passé industriel qui est un peu plus fort que les autres pays. L'économie circulaire, il y a quand même une grosse dimension low-tech industrielle. Franchement, Moi, j'ai souvent la question de mes investisseurs au moment de la levée de fonds en disant: Trouve-nous un modèle qui a marché ailleurs. Ça nous rassurait. Je leur ai dit: Ça n'existe pas, mais comme à peu près la plupart des modèles d'économie circulaire n'existent pas dans d'autres pays, donc tant mieux si on en avance, c'est à nous de le diffuser en Europe et dans le monde.

Carole (Chance)

Vous avez réussi facilement à lever des fonds, non ? Est-ce que c'était adopté assez facilement ou c'était plus compliqué ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Facilement, c'est un grand mot. Ça nous a pris trois mois et j'ai rencontré plusieurs dizaines, voire centaines de personnes. C'est un sujet qui est de plus en plus dans l'agenda des fonds. Après, ça reste compliqué parce qu'on est sur de l'impact, on est sur une dimension industrielle, donc il faut des CapEx, du cash immobilisé. On est surtout dans un contexte d'investissement très tendu en ce moment.

Carole (Chance)

Je disais facilement parce que pour moi, c'est un sujet tellement d'actualité et que vous êtes pionnier sur un sujet d'électroménager qui tombe sous le sens. Moi, j'avais l'impression, peut-être naïvement, que c'était plus facile que pour d'autres. Après, on a une question technique. On sent l'entrepreneur ici, Nicolas, Sarah qui pose une question sur la durée du MVP. Peut-être qu'il faut vous expliquer ce qu'est un MVP avant de répondre à la question. Combien de temps a duré votre MVP avant de convaincre les clients ?

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Mvp, c'est minimum viable product et c'est la première version que vous faites de votre produit qui est fonctionnelle, mais qui n'est pas au top pour prouver que vous avez de la traction et qui peut marcher. À cette question, nous, c'était notre tour de seed, notre premier tour de financement, et je ne m'avais rien à part Do The Slides et deux cofondatrices, ce qui est déjà pas mal. Donc, je n'avais pas de MDP pour lever des fonds.

Carole (Chance)

Voilà, Nicolas, si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas. Écoutez, les bravos sont de rigueur. Tiens, il y a une question sur le nom d'entreprise, Underdog.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Underdog, c'est un synonyme d'outsider en anglais. C'est le petit qui arrive et qu'on espère voir gagné.

Carole (Chance)

On espère aussi pour vous parce que c'est Moi, je trouve que c'est une très bonne idée et très inspirante de voir qu'on peut reconditionner des choses comme des électroménagers et pas uniquement des téléphones. On arrive vers la fin de la conversation. Merci beaucoup, Claire, de votre transparence et d'avoir partagé autant d'éléments avec nous, à la fois concrets sur l'entrepreneuriat et sur l'économie circulaire et aussi sur votre équilibre. On va vous parler des limites que vous avez à poser dans votre vie d'entrepreneur. Je pense que c'est intéressant pour tout le monde. Personnellement, je suis totalement contre la question de dire: Est-ce que pour une femme, c'est plus lourd à être entrepreneur ? Je ne vois pas pourquoi on pose la question à une femme, on ne pose pas la question à un homme, c'est pourquoi c'est plus dur pour une femme que pour un homme ? On peut se trouver justement des challenges, notamment à l'aide à fond. Ça pose parfois problème dans les business doutés par les femmes. Il y a plein de conférences sur le sujet, d'articles sur le sujet. Mais la manière dont vous parlez de votre vie d'entrepreneur est vraiment très inspirante. Et merci beaucoup et bravo pour Underdog.

Carole (Chance)

Et merci à tous d'être venus écouter Claire. Et n'hésitez pas à rester pour d'autres live cet après-midi. Merci Claire.

Claire Bretton (CEO & Entrepreneure de l'Economie Circulaire)

Bonne journée à tous. Au revoir. Au revoir.

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