Par où commencer une transition de carrière après un départ ?
Après une rupture conventionnelle, un licenciement ou une démission, une transition professionnelle commence par le conseil en évolution professionnelle (CEP). Gratuit, ce service s’adresse à toute personne et à tout moment de sa vie professionnelle, selon l’article L6111-6 du Code du travail. Il est assuré par France Travail, l’Apec pour les cadres, Cap emploi pour les personnes handicapées, les missions locales pour les jeunes et des opérateurs régionaux. Le conseiller vous aide à formaliser le projet, puis à trouver la formation et son financement.
Après un départ, soulagement et inquiétude se mêlent souvent. Les dispositifs servent dans un ordre assez stable, et certains se jouent avant la fin du contrat (projet de transition professionnelle, abondement du compte personnel de formation par l’employeur) :
- faire le point avec un conseiller en évolution professionnelle, sans limite de durée ;
- définir le projet, s’il reste flou, par un bilan de compétences de 24 heures au plus ;
- financer la formation : compte personnel de formation (CPF), France Travail, Transitions Pro, ou le dispositif prévu en cas de licenciement économique ;
- se former en gardant un revenu, ou créer son activité.
Le guide de la reconversion professionnelle que nous publions chez Chance passe en revue les questions à se poser, les métiers porteurs et la façon de présenter une reconversion à un recruteur.
Changer de métier, d’environnement ou d’équilibre : quel cap viser ?
Une transition professionnelle ne passe pas forcément par un nouveau métier, même après un licenciement ou une rupture conventionnelle. Trois changements se distinguent. Changer de métier, c’est se reconvertir. Changer d’environnement, c’est garder son métier dans une autre entreprise, une autre équipe ou un autre secteur. Changer d’équilibre, c’est faire évoluer son poste ou mener un projet personnel en parallèle.

Chaque piste appelle ses outils :
- changer d’environnement : le métier reste le même, la priorité est la recherche d’emploi, et les méthodes pour retrouver un emploi rapidement s’appliquent ;
- changer de métier : partez de vos compétences transférables pour trouver les métiers passerelles, puis visez une formation certifiante ou une validation des acquis de l’expérience (VAE) si le métier demande une qualification ;
- changer d’équilibre : il se joue d’abord sans quitter son entreprise ; après un départ, la question se reporte sur le poste suivant (rythme, missions, temps partiel).
Le choix entre rebondir dans son métier ou se reconvertir se fait sur des critères concrets : ce que vous voulez garder, ce que le marché offre, votre temps et votre budget. Côté marché, l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail compte 2,275 millions de projets de recrutement en 2026. Ce sont des intentions d’embauche, dont 43,8 % sont jugées difficiles, contre 50,1 % en 2025. Selon la même source, en 2025, 74 % des recruteurs en tension ont accepté des candidats moins expérimentés. Et 63 % ont recruté des profils dont la formation différait de celle prévue.
Ces chiffres disent où les employeurs prévoient d’embaucher, pas ce qu’une reconversion rapporte. Une piste « qui paie bien » se vérifie métier par métier, auprès de personnes qui l’exercent. Pour la tester ainsi avant d’engager une formation, chez Chance, notre bilan avec des connexions prévoit la Connexion Feedback : un échange avec une personne du Collectif Chance qui exerce le métier visé. Ce Collectif réunit 20 000 Chanceux, autrement dit des personnes que nous accompagnons.
Coaching de transition professionnelle, bilan ou CEP : qui fait quoi ?
Le conseil en évolution professionnelle est gratuit et sans limite de durée. Le bilan de compétences, défini par l’article L6313-4 du Code du travail, analyse vos compétences, aptitudes et motivations pour définir un projet professionnel, en 24 heures au plus. Le CPF peut le payer. Un coaching de transition professionnelle, lui, ne figure pas dans la liste des actions que le CPF finance (article L6323-6). Vous le payez vous-même, sauf si l’employeur l’offre au départ.
Le bilan ne se fait qu’avec votre consentement, en trois phases : préliminaire, investigation, conclusions. Ses résultats vous sont remis à vous seul, et personne, employeur compris, ne peut les obtenir sans votre accord. Le moment et le financement d’un bilan après une rupture font l’objet d’un article à part sur le bilan de compétences après un licenciement.
Un bilan de compétences payé par l’entreprise
L’employeur peut financer le bilan du salarié qui part, au titre du plan de développement des compétences, par une convention écrite avec le salarié et le prestataire. Vous avez dix jours pour la signer, et votre silence vaut refus. Si le bilan se déroule pendant le temps de travail, votre rémunération est maintenue, et l’employeur ne peut pas le réaliser lui-même. Le moment de le demander est la négociation du départ, tant que vous êtes salarié·e : l’autre voie, l’abondement du CPF par l’employeur, n’est prévue que pour un titulaire « salarié ». C’est l’intérêt de faire un bilan avant de négocier son départ.
Choisir un coach ou un cabinet de conseil en reconversion
Depuis le 1er janvier 2022, quand une formation ou un bilan est payé par le CPF, un opérateur de compétences, Transitions Pro, France Travail, la région, l’État ou l’Agefiph, le prestataire doit être certifié Qualiopi. La certification porte sur la qualité d’un processus ; les résultats des bénéficiaires n’en font pas partie. Elle se lit aussi par catégorie : un organisme peut être certifié pour la formation sans l’être pour les bilans. Demandez donc qui paie quoi, combien d’heures sont prévues et ce que vous recevez à la fin. Les questions à poser pour choisir un coach en reconversion complètent ces vérifications.
Rupture conventionnelle, licenciement : ce que le CPF finance encore
Les droits de votre compte personnel de formation (CPF) restent acquis quel que soit le motif du départ : licenciement, rupture conventionnelle ou démission, selon l’article L6323-3 du Code du travail. Vous pouvez les utiliser une fois inscrit·e à France Travail, mais le compte n’est plus alimenté pendant le chômage. Un salarié qui a travaillé au moins à mi-temps reçoit 500 € par an, dans la limite de 5 000 €. C’est 800 € par an, jusqu’à 8 000 €, sans diplôme de niveau CAP ou BEP, ou avec une reconnaissance de travailleur handicapé.
Pour une reconversion, la liste fermée de ce que le CPF peut payer (article L6323-6, version en vigueur depuis le 27 juin 2026) comprend :
- une formation qui mène à une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au répertoire spécifique, ou à un bloc de compétences ;
- une VAE ;
- un bilan de compétences, dans la limite de 1 600 € de droits depuis le 26 février 2026 ;
- la préparation des permis du groupe lourd, et du groupe léger pour un demandeur d’emploi ou avec un cofinancement.
Pour chaque achat demandé depuis le 2 avril 2026, le titulaire verse une participation forfaitaire de 150 €, comprise dans le prix. Sur un bilan à 1 750 €, si vos droits atteignent 1 600 €, le CPF paie 1 600 € et vous payez 150 € ; à 2 000 €, il vous reste 400 €. En droit, un demandeur d’emploi est exonéré de cette participation (article L6323-7). Depuis le 2 octobre 2026, Mon Compte Formation la lui fait pourtant payer sur un bilan de compétences : la plateforme anticipe le projet de loi de finances pour 2027, non adopté au 22 octobre 2026.
Si vous négociez une rupture conventionnelle, l’abondement de votre CPF par l’employeur se valide avant la fin du contrat, tant que vous êtes salarié·e. L’employeur ne peut pas vous imposer d’utiliser votre CPF, ni l’inscrire comme une obligation dans la convention : votre refus n’est pas une faute (article L6323-2). La démarche pour demander une rupture conventionnelle pour une reconversion est expliquée à part.
Plan de transition professionnelle, démission-reconversion : avant de partir
Le projet de transition professionnelle, dit parfois « plan de transition professionnelle », permet à un salarié de mobiliser son CPF pour une formation certifiante vers un autre métier, avec un congé spécifique (article L6323-17-1 du Code du travail). Il suppose un contrat en cours : en contrat à durée indéterminée (CDI), il se monte avant la rupture, pas après. Il faut 24 mois d’ancienneté salariée, dont 12 dans l’entreprise. Le handicap, une absence d’au moins six mois pour maladie ou une réembauche après un licenciement économique ou pour inaptitude en dispensent.
Saisi par écrit 120 jours à l’avance pour une formation qui interrompt le travail six mois d’affilée ou plus (60 jours sinon), l’employeur répond sous 30 jours ; sans réponse, le congé est accordé. Il peut le reporter jusqu’à neuf mois s’il juge l’absence préjudiciable à l’entreprise, mais pas le refuser si les conditions sont remplies. Transitions Pro examine ensuite le projet, sa formation, son financement et ses débouchés : le rôle de Transitions Pro et le dossier du projet de transition sont détaillés à part.
Pendant la formation, vous touchez 100 % de votre salaire moyen s’il ne dépasse pas deux fois le salaire minimum de croissance (SMIC). Au-delà, c’est 90 % la première année, puis 60 %, jamais moins de deux SMIC. Depuis le 1er janvier 2026, trois mois avant la fin de la formation, l’employeur est tenu de vous notifier votre droit à retrouver votre poste ou un emploi équivalent. Faute de réponse de votre part sous un mois, vous êtes réputé·e l’accepter.
Démissionner pour se reconvertir sans perdre le chômage
Un salarié en CDI qui démissionne pour une reconversion avec formation, ou pour créer ou reprendre une entreprise, peut toucher l’allocation chômage à trois conditions. Il lui faut 1 300 jours travaillés au moins sur les 60 mois précédant la fin de son contrat. Sa demande de CEP doit précéder la démission et viser un opérateur qui n’est ni France Travail ni une mission locale (article L5422-1-1). Enfin, Transitions Pro atteste le caractère réel et sérieux du projet.
Une démission donnée avant la demande de CEP rend la demande d’attestation irrecevable. Après l’attestation, vous démissionnez, puis vous avez six mois à compter de l’attestation pour vous inscrire à France Travail. Celui-ci contrôle, dans les six mois suivant l’ouverture des droits, que le projet avance. Sans motif légitime, c’est la radiation et la suppression de l’allocation pendant quatre mois.
Mobilité volontaire sécurisée, période de reconversion : tester un employeur
La mobilité volontaire sécurisée et la période de reconversion permettent d’essayer un autre employeur avant de rompre son contrat. La première, prévue par l’article L1222-12 du Code du travail, existe dans les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés. Elle demande 24 mois d’ancienneté et l’accord de l’employeur. La seconde, applicable depuis le 1er février 2026, est ouverte à tout salarié, sans condition d’âge, de diplôme ni d’ancienneté. Elle vise une certification, des blocs de compétences ou le socle CléA.

Pendant la mobilité, le contrat est suspendu. Un avenant fixe son objet, sa durée, ses dates, le délai pour dire par écrit si vous ne revenez pas, et les cas de retour anticipé. Au retour, vous retrouvez de plein droit votre emploi ou un emploi similaire. Si vous choisissez de ne pas revenir, la loi qualifie la rupture de démission, sans autre préavis que celui de l’avenant, et le chômage suit les règles de la démission. Après deux refus successifs de l’employeur, vous avez droit au congé de transition professionnelle sans condition d’ancienneté.
Le Code ne fixe aucun modèle pour la demande. Une lettre courte suffit à ouvrir la discussion :
Madame, Monsieur,
Salarié·e de [nom de l’entreprise] depuis le [date d’embauche], au poste de [intitulé du poste], je vous demande une période de mobilité volontaire sécurisée, prévue à l’article L1222-12 du Code du travail. Elle me permettrait d’exercer une activité au sein de [entreprise ou secteur visé], à compter du [date] et pour [durée]. Je souhaite en préparer l’avenant avec vous lors d’un entretien.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
[Prénom Nom], le [date]
La période de reconversion externe suspend elle aussi le contrat, le temps d’un CDI ou d’un contrat à durée déterminée (CDD) d’au moins six mois signé avec une entreprise d’accueil. Rester dans l’entreprise d’accueil rompt le contrat d’origine selon les modalités de la rupture conventionnelle, indemnités légales au minimum ; revenir vous rend votre poste ou un emploi équivalent. La formation compte de 150 à 450 heures sur douze mois, et jusqu’à 2 100 heures par accord. Ce dispositif remplace la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et Transitions collectives : une Pro-A ne se conclut plus depuis le 1er janvier 2026.
Licenciement économique et reconversion : CSP ou congé de reclassement
En cas de licenciement économique, l’employeur doit proposer un dispositif d’accompagnement. Dans une entreprise ou un groupe d’au moins 1 000 salariés, c’est le congé de reclassement, qui peut durer jusqu’à 24 mois en cas de formation de reconversion (article L1233-71 du Code du travail). En dessous, ainsi qu’en redressement ou en liquidation judiciaire quelle que soit la taille, l’employeur propose à chaque salarié concerné le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) de l’article L1233-66. C’est un parcours de retour à l’emploi, au besoin par une reconversion ou une création d’entreprise.
Le CSP s’ouvre sur un prébilan (évaluation des compétences, orientation), puis alterne accompagnement, formation et périodes de travail. Après l’adhésion, vous pouvez mobiliser votre CPF ; pendant le CSP, vous avez le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Prolongée jusqu’au 31 décembre 2026, sa convention n’a pas de suite publiée au 22 octobre 2026 ; à défaut d’accord agréé, les modalités du CSP sont déterminées par décret en Conseil d’État (article L1233-68).
Le congé de reclassement réunit des actions de formation et une cellule d’accompagnement. L’employeur en fixe la durée entre 4 et 12 mois, jusqu’à 24 mois pour une reconversion. Il commence si nécessaire par un bilan de compétences, et l’employeur finance l’ensemble.
Se reconvertir au chômage : AREF, AIF et conditions de France Travail
Un demandeur d’emploi indemnisé qui suit une formation de plus de 40 heures devient stagiaire de la formation professionnelle. Selon service-public.gouv.fr, il continue de percevoir le même montant, sous le nom d’allocation retour à l’emploi formation (AREF). Jusqu’à 40 heures, il reste demandeur d’emploi et garde son allocation. Le plancher de l’AREF reste de 22,99 € par jour : l’Unédic n’a pas revalorisé les allocations au 1er juillet 2026.

Quand l’allocation s’arrête ou manque, d’autres relais existent :
- la rémunération de fin de formation (RFF) prend le relais si vos droits s’épuisent avant la fin d’une formation qualifiante, validée et prescrite jusqu’au 31 décembre 2026, vers un métier qui peine à recruter : 775,65 € par mois au plus ;
- dans certaines conditions, le complément de fin de formation (CFF) prolonge l’indemnisation pour finir une formation ;
- sans droit à l’allocation, la rémunération des formations de France Travail (RFFT) peut être versée chaque mois pendant une formation validée et financée par France Travail. Elle exclut le bilan de compétences, le permis de conduire et l’accompagnement à la création d’entreprise ou à la VAE. À temps plein, elle est de 775,65 € par mois à partir de 26 ans. Ces montants, relevés par France Travail au 1er juin 2026, sont revalorisés chaque 1er avril.
Pour le coût de la formation, l’aide individuelle à la formation (AIF) de France Travail prend en charge les frais pédagogiques, en totalité ou pour le reste à charge. Elle s’adresse au demandeur d’emploi inscrit et à la personne en CSP, après validation du projet par le conseiller. Quand le solde du CPF est insuffisant, l’AIF se demande en ligne sur Mon Compte Formation, et France Travail annonce une réponse sous 10 jours. Demandez aussi s’il existe une place gratuite : la région et France Travail achètent des places de formation par marché public. La préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI), enfin, finance la formation nécessaire avant une embauche sur une offre déposée à France Travail.
Une rupture conventionnelle individuelle dont le contrat prend fin depuis le 1er septembre 2026 ouvre au plus 15 mois d’indemnisation avant 55 ans, et 20,5 mois à partir de 55 ans (hors outre-mer). Après un licenciement, les durées de droit commun s’appliquent, détaillées dans l’article sur le chômage après un licenciement. Un reliquat de droits reste mobilisable trois ans, plus la durée du droit, et ce délai s’allonge des périodes de formation. Les façons de combiner ces revenus sont détaillées dans « Se reconvertir sans perte de salaire ».
La VAE : faire certifier son expérience après un départ
La validation des acquis de l’expérience (VAE) est un dispositif public. Selon l’article L6411-1 du Code du travail, le service public de la VAE oriente et accompagne toute personne qui la demande et justifie d’une activité en rapport direct avec la certification visée. Depuis le 23 décembre 2022, aucune durée minimale d’expérience n’est exigée : l’ancien seuil d’un an du Code de l’éducation est abrogé. La VAE vise une certification enregistrée au RNCP ou un bloc de compétences, et le CPF peut la financer.
Le parcours comprend un accompagnement et, si besoin, des formations ou des mises en situation en milieu professionnel. Pour qui a exercé un métier sans en avoir le titre, la VAE mène à une certification sans passer forcément par toute la formation. Encore salarié·e, vous pouvez demander un congé de VAE de 48 heures au plus par session d’évaluation, au moins 30 jours avant.
Créer son entreprise après un départ : ARCE, ACRE ou cumul
Un demandeur d’emploi indemnisé qui veut créer ou reprendre une entreprise après un départ peut demander l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE), selon le règlement d’assurance chômage du 15 novembre 2024. C’est un capital égal à 60 % des allocations restant dues au début de l’activité, à condition d’avoir obtenu l’ACRE, présentée plus bas. La moitié est versée au démarrage. Le solde arrive six mois plus tard si l’activité continue et que vous n’occupez pas un CDI à temps plein.

Depuis le 1er septembre 2026, cette dernière condition est levée pour les Scop. Plutôt que l’ARCE, vous pouvez cumuler chaque mois une partie de l’allocation avec les revenus de l’activité. 70 % de ces revenus sont déduits, et le cumul s’arrête quand 60 % du reliquat a été versé. Les deux formules ne se combinent pas. Choisir l’ARCE ou le maintien de l’allocation dépend surtout de votre besoin de trésorerie au démarrage.
L’ACRE, l’exonération de cotisations du créateur, se demande à l’Urssaf au plus tard 60 jours après le début de l’activité, une fois tous les trois ans au plus. Depuis le 1er janvier 2026, elle exonère pendant douze mois de 25 % de certaines cotisations quand le revenu ne dépasse pas 36 045 € en 2026, puis de façon dégressive jusqu’à 48 060 €. Avec l’ACRE, un micro-entrepreneur qui crée depuis le 1er juillet 2026 cotise douze mois à 75 % des taux normaux, contre 50 % auparavant.
Depuis le 16 février 2025, le CPF ne paie plus l’accompagnement et le conseil des créateurs ou repreneurs : une formation à la création n’est finançable que si elle mène à une certification. La page de France Travail sur l’AIF la présente encore comme finançable sans cette condition : c’est l’ancienne règle. Le CEP, lui, couvre bien la création ou la reprise d’activité.
Reconversion des seniors, des cadres et des agents publics
Après 50 ans, le CPF reste mobilisable jusqu’à ce que vous remplissiez les conditions d’une retraite à taux plein ou partiez en retraite anticipée, selon l’article L6323-3 du Code du travail. Un cadre peut faire son conseil en évolution professionnelle auprès de l’Apec. Un agent public a un CPF crédité en heures. Une personne reconnue travailleur handicapé peut s’adresser à Cap emploi, solliciter un abondement de l’Agefiph et monter un projet de transition professionnelle sans condition d’ancienneté.
Se reconvertir à 50 ans ou plus
Après une rupture conventionnelle, à partir de 55 ans, vous pouvez demander à France Travail de prolonger l’indemnisation, après examen de vos démarches ou de votre projet. Les questions propres à cette période, pour qui veut se reconvertir à 50 ans, sont traitées à part. Pour se former après 50 ans, les financements restent ceux de tout salarié.
Cadre supérieur ou bac+5
Pour un cadre en projet de transition professionnelle, la baisse à 60 % après la première année, pour un salaire au-dessus de deux SMIC, pèse sur une formation longue. Le plafond du CPF ne dépend pas du salaire, et le compte ne paie pas une certification déjà obtenue, sauf en langues. Après un poste de direction, d’autres voies existent : reprendre une entreprise, devenir consultant ou administrateur.
Se reconvertir dans les ressources humaines
Une reconversion vers les ressources humaines suit les mêmes voies : une formation certifiante enregistrée au RNCP, finançable par le CPF, ou une VAE si vous avez déjà exercé des missions RH. Pour qui vise le métier de conseiller·e en évolution professionnelle : le CEP, au sens du Code, est délivré par des opérateurs désignés, que leur cahier des charges de 2019 engage à former leurs conseillers. Autre voie : devenir consultant RH indépendant après un départ, avec son statut et ses premiers clients.
Agent public
Le CPF d’un agent public est crédité de 25 heures par an au plus, dans la limite de 150 heures. Un fonctionnaire de catégorie C sans CAP ni BEP reçoit 50 heures par an, jusqu’à 400 heures. Son usage demande l’accord de l’administration, et un refus doit être motivé. Les droits suivent l’agent chez un nouvel employeur, public ou privé ; les euros acquis dans le privé se convertissent en heures, à raison d’une heure pour 15 €.
Pour partir, la rupture conventionnelle des fonctionnaires est pérennisée depuis le 21 février 2026 (article L552-1 du Code général de la fonction publique). Son barème d’indemnité a changé le 8 août 2026, avec un plafond divisé par deux.
Faire le point avec Chance : un bilan avec des connexions
Ce projet, vous pouvez le construire avec l’appui de personnes du métier : chez Chance, nous proposons pour cela un bilan de compétences « avec des connexions ». Sur 3 mois, il réunit 14 sessions : 7 sur Æcho, notre plateforme d’accompagnement en ligne, et 7 avec votre coach. Il suit les quatre étapes du Trèfle de Chance™ (Clarifier, Explorer, Valider, Concrétiser), une méthode inspirée par Robert Dilts.
Outre la Connexion Feedback, la Connexion Dernier kilomètre part d’une offre d’emploi : avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA), nous identifions la bonne personne pour vous faire la passe décisive. Un parcours compte en moyenne 6 connexions. Nos 210 coachs partenaires ont au moins 10 ans d’expérience professionnelle et une certification de coaching ICF et RNCP, et le Collectif Chance vous reste ouvert après le bilan.
Depuis 2015, nous avons accompagné plus de 50 000 personnes, et l’analyse de leurs parcours montre que 75 % d’entre elles ont déjà mis en œuvre leur projet au bout de 6 mois. Notre bilan coûte 1 750 € TTC ; si vous utilisez votre CPF, ce qui reste votre choix, il en paie 1 600 € et vous réglez les 150 € de participation vus plus haut. Nous sommes certifiés Qualiopi au titre des bilans de compétences.
Questions fréquentes
Peut-on encore utiliser ses heures de DIF après un licenciement ?
Non, plus en tant que tel : le CPF a remplacé le droit individuel à la formation (DIF). Les heures acquises ne sont restées utilisables que si elles ont été inscrites sur le CPF avant le 30 juin 2021, date fixée par l’ordonnance du 21 août 2019 modifiée par une loi du 14 novembre 2020. Elles ont été converties en euros, à raison de 15 € l’heure. En 2026, les droits d’un salarié licencié sont donc ceux de son CPF.
Peut-on refaire un bilan de compétences avec son CPF quand on en a déjà fait un ?
Pas dans les cinq ans, si le premier a été financé par un opérateur de compétences, Transitions Pro, l’État, une région, le CPF, un fonds d’assurance formation, l’Agefiph ou France Travail (article D6323-6 du Code du travail). Un bilan que l’employeur paie sur ses fonds propres n’y figure pas.
En CDD, peut-on faire un projet de transition professionnelle après la fin du contrat ?
Oui, si la demande part à temps. Le salarié en CDD dépose son dossier à Transitions Pro pendant son contrat (article R6323-11-1 du Code du travail). La commission peut alors financer une formation qui commence au plus tard six mois après le terme du contrat (article R6323-14-1). Il a le statut de stagiaire et garde la protection sociale de son CDD, assurance chômage comprise. Il lui faut 24 mois d’activité salariée sur cinq ans, dont 4 mois en CDD dans les 12 derniers mois.
Changer de métier à 52 ou 53 ans : le CDI senior est-il ouvert ?
Non. Le contrat de valorisation de l’expérience, dit « CDI senior », a été créé à titre expérimental par la loi du 24 octobre 2025. Il est réservé aux demandeurs d’emploi de 60 ans et plus, ou de 57 ans et plus quand un accord de branche étendu l’autorise. À 52 ou 53 ans, les outils sont ceux de tout salarié : CEP, bilan, CPF, projet de transition professionnelle ou formation pendant le chômage.
Peut-on consulter un conseiller en évolution professionnelle sans prévenir son employeur ?
Oui. Un salarié peut consulter un conseiller en évolution professionnelle de sa propre initiative, sans l’accord de son employeur, en principe hors du temps de travail. Le conseiller est tenu à la discrétion envers l’employeur. Pendant un préavis ou avant de signer une rupture, le CEP peut donc éclairer vos options sans que l’entreprise en soit informée.
Sources
- Assemblée nationale : projet de loi de finances pour 2027
- Code de l’éducation : article L335-5
- Code du travail : articles D6323-1 A, D6323-3-3, D6323-6, D6323-9, D6323-18-4, L1222-12, L1222-13, L1222-15, L1233-65, L1233-66, L1233-67, L1233-68, L1233-71, L1233-75, L5422-1-1, L6111-6, L6313-4, L6313-5, L6316-1, L6323-2, L6323-3, L6323-4, L6323-6, L6323-7, L6323-11, L6323-11-1, L6323-17-1, L6323-17-3, L6323-17-6, L6324-1, L6324-3, L6324-4, L6326-1, L6411-1, L6422-2), R1233-31, R6313-4, R6313-5, R6313-8, R6323-10, R6323-11-1, R6323-14-1, R6323-16
- Code général de la fonction publique : article L552-1
- France Travail : Bulletin officiel n° 33 du 2 juin 2026, délibérations n° 2026-27 (RFFT) et n° 2026-28 (RFF) ; enquête Besoins en main-d’œuvre 2026, 21 avril 2026 ; l’aide individuelle à la formation (AIF) ; Les Données À Connaître, allocations et aides (mise à jour au 1er juin 2026) ; page candidat « Besoins en main-d’œuvre »
- Ministère du Travail : la période de reconversion ; Qualiopi, marque de certification qualité des prestataires de formation
- Mon Compte Formation : « Évolution des règles d’utilisation du CPF à compter du 2 octobre 2026 » (2 octobre 2026)
- Service-public.gouv.fr : actualité A17364 (participation forfaitaire au CPF) ; fiche F89 (démission pour reconversion) ; fiche F10705 (CPF du salarié) ; fiche F12382 (formation du demandeur d’emploi) ; fiche F32457 (conseil en évolution professionnelle)
- Textes officiels : Arrêté du 29 mars 2019, cahier des charges du conseil en évolution professionnelle ; Décret n° 2018-1153 du 14 décembre 2018 (conversion des heures en euros) ; Décret n° 2019-1392 du 17 décembre 2019 (CPF des agents publics) ; Décret n° 2026-69 du 6 février 2026 (Acre des micro-entrepreneurs) ; Décret n° 2026-746 du 6 août 2026 (indemnité de rupture conventionnelle des agents publics) ; Loi n° 2020-1379 du 14 novembre 2020, article 13 ; Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, article 4 (contrat de valorisation de l’expérience) ; Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 173
- Unédic : « Assurance chômage : ce qui change le 1er septembre 2026 » ; avenant n° 2 du 10 avril 2026 à la convention d’assurance chômage ; communiqué du 30 juin 2026, « Allocations d’assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet 2026 » ; fiche « Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) » ; fiche « Cumul ARE-rémunération » ; fiche « Démission pour poursuivre un projet professionnel » ; « Le CSP prolongé jusqu’à fin 2026 » ; règlement général annexé à la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024
- Urssaf : « L’Acre »










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