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Chômage après un licenciement : délais, montant, démarches

October 24, 2026

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Après un licenciement, même pour faute grave, le chômage est dû si vous avez travaillé 130 jours ou 910 heures sur 24 mois (36 dès 55 ans). L’allocation suit 7 jours d’attente et d’éventuels différés, pour 18 mois au plus avant 55 ans.

L’essentiel à retenir
  • Le règlement d’assurance chômage du 15 novembre 2024 ouvre l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) après un licenciement : selon l’Unédic, quel qu’en soit le motif, la faute grave et la faute lourde comprises.
  • L’inscription à France Travail est possible dès le lendemain de la fin du contrat, sans attendre l’attestation de l’employeur, et doit intervenir dans les 12 mois pour ouvrir l’indemnisation.
  • La part des indemnités de rupture qui dépasse le minimum légal retarde l’allocation : elle est divisée par 111,8 pour une fin de contrat en 2026, dans la limite de 150 jours (75 en licenciement économique).
  • L’allocation journalière brute vaut 57 % du salaire journalier de référence, ou 40,4 % de ce salaire plus 13,18 € si c’est plus favorable, sans dépasser 300,21 € par jour en 2026.
  • La durée d’indemnisation égale les jours de la période retenue multipliés par 0,75, arrondis au jour supérieur : 6 à 18 mois avant 55 ans, jusqu’à 22,5 mois à 55 et 56 ans, 27 mois dès 57 ans.
  • En licenciement économique, le salarié d’une entreprise de moins de 1 000 salariés, ou en redressement ou liquidation judiciaire, peut adhérer au CSP, prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Avec un an d’ancienneté, il perçoit 75 % du salaire journalier de référence pendant 12 mois.

Licenciement et chômage : avez-vous droit à l’allocation ?

Oui. Le règlement d’assurance chômage annexé à la convention du 15 novembre 2024 ouvre l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) après un licenciement. L’Unédic précise que c’est quel qu’en soit le motif : personnel, disciplinaire, pour inaptitude ou économique. Les conditions valent pour tous : avoir assez travaillé, s’inscrire à France Travail, chercher un emploi, être apte au travail, résider sur le territoire couvert et ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein.

  • Ouvrent aussi droit à l’ARE : la fin d’un contrat à durée déterminée (CDD) ou d’une mission d’intérim, la rupture de la période d’essai par l’employeur, la rupture conventionnelle, individuelle ou collective, et la démission considérée comme légitime.
  • La démission pour un projet professionnel ouvre droit sous conditions : 1 300 jours travaillés dans les 60 mois précédant la fin du contrat, un conseil en évolution professionnelle et l’attestation de la commission Transitions Pro de votre région.

Faute grave, faute lourde : le chômage reste dû

Le motif disciplinaire ne change rien pour l’assurance chômage : l’Unédic range ce licenciement avec les autres, « quel que soit le motif ». La faute grave vous prive de l’indemnité de licenciement et du préavis. La faute lourde vous fait perdre en plus la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance, que la faute grave laisse intacte. Les cas particuliers sont repris dans l’article consacré au licenciement pour faute grave et au chômage.

Abandon de poste, démission : les départs sans allocation

Le salarié qui abandonne son poste et ne le reprend pas après une mise en demeure est présumé démissionnaire à l’expiration du délai fixé, d’au moins 15 jours (article L1237-1-1 du Code du travail). Sans motif légitime, comme des raisons médicales ou l’exercice du droit de retrait, il ne perçoit pas l’ARE. L’employeur peut aussi choisir de licencier pour faute, et l’allocation est alors due (Conseil d’État, 18 décembre 2024, n° 473640).

Après une démission non légitime, présumée ou non, vous pouvez demander un réexamen à l’instance paritaire régionale de France Travail au-delà de 121 jours de chômage non indemnisé. Elle se fonde sur vos efforts de recherche d’emploi, et un avis favorable ouvre l’allocation dès le 122e jour. Vos droits s’ouvrent aussi si vous retravaillez au moins 65 jours ou 455 heures dans un nouvel emploi qui prend fin de façon involontaire (article 4 e du règlement).

Chômage après un licenciement en CDI : combien de temps avoir travaillé ?

Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 mois précédant la fin du contrat, selon l’article 3 du règlement d’assurance chômage du 15 novembre 2024. Cette fin se situe au terme du préavis, et la période remonte à 36 mois si vous avez alors 55 ans ou plus. L’article compte les emplois « dans une ou plusieurs entreprises » : les jours travaillés chez un employeur précédent comptent, et une ancienneté courte dans votre contrat à durée indéterminée (CDI) ne ferme pas le droit.

  • Un préavis ni effectué ni payé : la période de référence s’arrête la veille du jour où il aurait pris effet.
  • Une première ouverture de droits : si vous n’avez bénéficié d’aucune ouverture de droits au cours des 20 dernières années, 5 mois suffisent, soit 108 jours ou 758 heures. La règle vaut pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2026, avec au moins 152 jours d’indemnisation.
  • Une fermeture définitive de l’établissement : les salariés licenciés pour ce motif et mis au chômage total sont dispensés de la durée minimale de travail.
  • À Mayotte, un régime propre exige 6 mois de travail sur 24 mois, soit 182 jours ou 955 heures. Il indemnise 12 mois avant 50 ans et 24 mois à partir de 50 ans.

S’inscrire à France Travail après un licenciement : quand et comment

Vous pouvez vous inscrire à France Travail dès le lendemain de la fin du contrat, sans attendre l’attestation de l’employeur, indique France Travail. L’inscription se fait en ligne sur francetravail.fr dans la grande majorité des cas, et les documents manquants sont demandés à la fin. Le règlement d’assurance chômage fixe une limite : pour toucher l’allocation au titre de ce contrat, vous devez vous inscrire dans les 12 mois qui suivent sa fin.

Un homme est assis sur une chaise pliante, un téléphone à la main, sur le balcon d'un immeuble d'habitation éclairé par un soleil bas.
  • Le délai de 12 mois s’allonge, sans limite, des arrêts maladie, accidents du travail et congés de maternité ou de paternité indemnisés. D’autres situations l’allongent aussi, certaines dans une limite de 2 ou 3 ans.
  • L’attestation employeur vous est remise à la fin du contrat. L’employeur la transmet aussi sans délai à France Travail, par voie électronique à partir de 11 salariés (article R1234-9 du Code du travail).
  • Les autres documents de fin de contrat sont tenus à votre disposition à la fin du préavis, même non exécuté : certificat de travail, reçu pour solde de tout compte, état de l’épargne salariale s’il existe un dispositif. Ils sont quérables : l’employeur n’a pas à vous les envoyer.

Si vous voulez profiter de ces premières semaines pour définir un nouveau projet et le tester auprès de personnes qui font le métier visé, chez Chance, nous vous proposons un bilan avec des connexions.

Combien de temps après un licenciement pour toucher le chômage ?

Le premier jour indemnisé arrive au plus tôt 7 jours après votre inscription à France Travail : c’est le délai d’attente, appliqué une fois par période de 12 mois, selon les articles 21 à 23 du règlement d’assurance chômage. Deux différés peuvent le précéder et s’additionnent. Le différé spécifique joue si vos indemnités de rupture dépassent le minimum légal (150 jours au plus, 75 en licenciement économique). Vient ensuite le différé congés payés, si vous avez reçu une indemnité compensatrice de congés payés (30 jours au plus).

Le langage courant appelle « carence » l’ensemble de ces délais. Le différé spécifique court dès le lendemain de la fin du contrat ; le différé congés payés divise l’indemnité compensatrice par votre salaire journalier de référence.

Indemnité de licenciement et carence : le différé spécifique

Le calcul de l’indemnité légale de licenciement fixe la frontière : le différé porte sur ce qui la dépasse. Il compte la part conventionnelle au-delà du légal, une indemnité transactionnelle, les sommes d’un plan de sauvegarde de l’emploi au-delà des minima, toute indemnité versée avant 8 mois d’ancienneté. Les sommes fixées par un juge et l’indemnité compensatrice de préavis n’y entrent pas. Une indemnité supra-légale négociée décale donc le début de votre allocation.

La part retenue est divisée par 111,8 pour une fin de contrat ou une procédure de licenciement engagée depuis le 1er janvier 2026, selon la circulaire Unédic n° 2026-01 du 2 janvier 2026. Le nombre de jours est la partie entière du quotient, sans arrondi au jour supérieur. L’Unédic prend l’exemple de 12 000 € : 107,33, soit 107 jours. Avec 20 000 €, le quotient de 178,89 donne 178 jours, ramenés au plafond de 150 jours. Le diviseur change chaque 1er janvier, et une somme reçue après la fin du contrat se déclare à France Travail.

Un exemple de calendrier, jour par jour

Prenons un exemple : au bout de la procédure de licenciement et du préavis, votre contrat prend fin le 30 septembre 2026, et votre salaire journalier de référence est de 80 €. Vous recevez 1 200 € d’indemnité compensatrice de congés payés et 4 000 € au-delà de l’indemnité légale. Vous vous inscrivez le 1er octobre.

  • différé spécifique : 4 000 / 111,8 = 35,78, soit 35 jours, du 1er octobre au 4 novembre ;
  • différé congés payés : 1 200 / 80 = 15 jours, du 5 au 19 novembre ;
  • délai d’attente : 7 jours, du 20 au 26 novembre ;
  • premier jour indemnisé : le 27 novembre 2026, après 57 jours sans allocation.

Si vous ne vous inscrivez que le 1er décembre, le délai d’attente court du 1er au 7 décembre : premier jour indemnisé le 8 décembre, 11 jours plus tard. L’allocation n’est en effet jamais versée pour une période antérieure à l’inscription. En licenciement économique, adhérer au contrat de sécurisation professionnelle supprime ces délais.

Comment se calcule le montant du chômage après un licenciement ?

Selon les articles 14 à 17 du règlement d’assurance chômage, l’allocation journalière brute est la plus favorable de deux formules : 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) plus 13,18 €, ou 57 % de ce salaire. En 2026, elle ne dépasse jamais 75 % du SJR et, dans cette limite, ne descend pas sous 32,13 € par jour. Le SJR divise vos salaires bruts de la période de référence, primes comprises, par les jours calendaires écoulés entre le premier jour d’emploi de la période et la fin du dernier contrat.

Une femme en tablier blanc coupe un morceau de fromage à pâte dure derrière un comptoir, pendant qu'une personne de dos attend avec un sac en tissu.
  • Hors du SJR : les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle ou transactionnelles, et les indemnités compensatrices de congés payés, de préavis ou de non-concurrence.
  • Le diviseur est limité à 730 jours avant 55 ans et à 1 095 jours ensuite (circulaire Unédic n° 2026-06). Les jours non travaillés qu’il retient ne dépassent pas 70 % des jours travaillés. Une maladie ou une activité partielle pendant le contrat ne fait pas baisser le SJR : le salaire de ces périodes est reconstitué.
  • Le plafond du salaire de référence est de 16 020 € bruts par mois en 2026, soit quatre fois le plafond de la Sécurité sociale. L’allocation maximale est de 300,21 € bruts par jour en 2026.
  • Le temps partiel réduit au prorata la partie fixe de 13,18 € et le minimum de 32,13 €.
  • Aucune revalorisation au 1er juillet 2026 : les montants restent ceux du 1er juillet 2025.

Le barème indicatif de l’Unédic, à temps plein, situe chaque formule. L’allocation vaut 75 % du SJR sous 1 303,05 € bruts par mois, le minimum de 32,13 € jusqu’à 1 426,72 €, 40,4 % plus 13,18 € jusqu’à 2 415,01 €, puis 57 % du SJR.

Sur l’allocation brute, une retenue de 3 % du SJR finance la retraite complémentaire, sans pouvoir la ramener sous 32,13 €. La contribution sociale généralisée (CSG), à 6,2 %, et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), à 0,5 %, portent sur 98,25 % de l’allocation. Elles ne sont pas prélevées sous 61 € par jour en 2026, ni si votre revenu fiscal de référence est sous un plafond. L’allocation se paie chaque mois, à terme échu, sur 30 allocations journalières, quel que soit le nombre de jours du mois.

La dégressivité : si vous aviez moins de 55 ans à la fin du contrat, une allocation supérieure à 92,57 € par jour en 2026 baisse de 30 % à partir du 183e jour, sans descendre sous 92,57 €. Ce seuil correspond à un SJR de 162,40 €. Certaines formations de plus de 40 heures suspendent ce compte à rebours. À partir de 55 ans, il n’y a pas de dégressivité.

Exemple 1 : 2 000 € bruts par mois, 18 mois de travail

Prenons une salariée de 34 ans, licenciée de son CDI, qui a travaillé du 1er avril 2025 au 30 septembre 2026 pour 2 000 € bruts par mois, sans prime. Ses salaires font 36 000 € sur 548 jours : son SJR est de 65,69 €. La formule à 40,4 % plus 13,18 € donne 39,72 €, celle à 57 % donne 37,44 € : la première l’emporte, sous le plafond de 75 % (49,27 €). Elle touche 1 191,60 € bruts par mois, et 1 132,50 € après la retenue retraite de 1,97 € par jour (ni CSG ni CRDS sous 61 €). Sa durée : 548 × 0,75 = 411 jours.

Exemple 2 : un cadre à 6 000 € bruts par mois

Prenons un cadre de 45 ans payé 6 000 € bruts par mois du 1er octobre 2024 au 30 septembre 2026. Son SJR est de 144 000 € divisés par 730 jours, soit 197,26 €. La formule à 57 % donne 112,44 € par jour, contre 92,87 € pour l’autre : 3 373,20 € bruts par mois, avant CSG et CRDS. À partir du 183e jour, la dégressivité la ramènerait à 78,71 € : le plancher la maintient à 92,57 €, soit 2 777,10 € par mois. Sa durée : 730 × 0,75 = 547,5, arrondi au jour supérieur, soit 548 jours, le maximum avant 55 ans.

Exemple 3 : 58 ans, 3 500 € bruts par mois, 36 mois de travail

Prenons enfin une salariée de 58 ans payée 3 500 € bruts par mois du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2026. À 55 ans et plus, la période de référence couvre 36 mois : 126 000 € divisés par 1 095 jours, le maximum retenu à son âge, soit un SJR de 115,07 €. La formule à 57 % donne 65,59 € par jour, soit 1 967,70 € bruts par mois, sans dégressivité. Sa durée, 1 095 × 0,75 = 821,25, arrondie à 822 jours, atteint le maximum de 27 mois prévu à partir de 57 ans.

Combien de temps dure l’indemnisation après un licenciement ?

Selon l’article 9 du règlement d’assurance chômage du 15 novembre 2024, la durée d’indemnisation égale les jours calendaires de la période de référence, du premier jour d’emploi à la fin du dernier contrat, multipliés par 0,75. Le résultat est arrondi au jour supérieur, sans descendre sous 182 jours. Selon votre âge à la fin du contrat, elle ne peut dépasser 548 jours (18 mois) avant 55 ans, 685 jours (22,5 mois) à 55 et 56 ans, et 822 jours (27 mois) à partir de 57 ans.

  • Le coefficient de 0,75 s’applique aux fins de contrat depuis le 1er février 2023. Un complément de fin de droits rendrait la durée retirée si le taux de chômage atteignait 9 % ou gagnait 0,8 point en un trimestre. Au 22 octobre 2026, il n’est pas activé : l’Insee mesure 8,3 % au 2e trimestre 2026, Mayotte comprise, en hausse de 0,2 point.
  • Outre-mer : le coefficient ne s’applique pas si vous résidez, à l’ouverture des droits, dans un département d’outre-mer, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon.
  • Les jours non payés sont reportés : un arrêt maladie ou une reprise d’emploi pendant l’indemnisation repousse d’autant la fin de vos droits.
  • Un droit reste mobilisable pendant 3 ans, plus sa durée d’indemnisation, à compter de son ouverture. Au-delà, le reliquat est perdu.

Le chômage après une rupture conventionnelle a, lui, un plafond propre pour une fin de contrat fixée depuis le 1er septembre 2026 : 15 mois (456 jours) avant 55 ans, 20,5 mois (624 jours) ensuite.

Après 55 ans : des droits plus longs, jusqu’à la retraite

Le chômage en fin de carrière a une règle de plus : l’allocation peut être maintenue au-delà de la durée maximale, jusqu’à la retraite à taux plein. Depuis le 1er septembre 2026, ce maintien commence à l’âge légal de départ de votre génération. Cet âge va de 62 ans et 9 mois pour les personnes nées du 1er janvier 1963 au 31 mars 1965 à 64 ans à partir de la génération 1969.

Il faut être indemnisé depuis au moins un an et justifier de 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage et de 100 trimestres de retraite de base. Il faut aussi un an d’emploi continu, ou deux ans discontinus, dans les 5 ans avant la fin du contrat. L’allocation cesse au plus tard à 67 ans. La dispense de recherche d’emploi a pris fin en 2012 : à tout âge, un allocataire recherche un emploi.

Licenciement économique : le CSP à la place de l’allocation chômage

Dans une entreprise de moins de 1 000 salariés (seuil compté aussi au niveau du groupe), l’employeur qui envisage un licenciement économique doit vous proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), selon l’article L1233-66 du Code du travail. C’est aussi le cas en redressement ou en liquidation judiciaire, quelle que soit la taille de l’entreprise (article L1233-75). Si vous adhérez avec au moins un an d’ancienneté, vous percevez pendant 12 mois l’allocation de sécurisation professionnelle : 75 % du salaire journalier de référence, au moins l’ARE, sans délai d’attente ni différé.

  • Le délai de réflexion est de 21 jours calendaires, fixé par la convention CSP.
  • Moins d’un an d’ancienneté : vous touchez une allocation du même montant que l’ARE.
  • Après le CSP, sans emploi, vous passez à l’ARE, dont la durée est diminuée de celle du CSP (article R5422-1 du Code du travail). Exemple de la circulaire Unédic n° 2026-06 : un droit de 822 jours, moins 365 jours de CSP, laisse 457 jours d’ARE.
  • Sans proposition de l’employeur, France Travail vous propose le CSP, et l’employeur verse à l’assurance chômage une contribution de deux mois de salaire brut, trois si vous adhérez.
  • Sans adhésion, vous percevez l’ARE dans les conditions ordinaires, avec un différé spécifique limité à 75 jours.
  • À partir de 1 000 salariés, hors redressement ou liquidation judiciaire, l’employeur doit proposer un congé de reclassement de 12 mois au plus, 24 en cas de formation de reconversion, dont il finance les actions (article L1233-71).

Le CSP est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Au 22 octobre 2026, aucune suite n’est publiée ; à défaut d’accord agréé, ses modalités sont déterminées par décret en Conseil d’État (article L1233-68).

Retrouver un emploi pendant le chômage : le cumul avec le salaire

Un emploi salarié repris pendant l’indemnisation ne supprime pas l’allocation : celle du mois baisse de 70 % du salaire brut, selon les articles 30 et 31 du règlement d’assurance chômage. Le nombre de jours indemnisés est égal à l’allocation mensuelle moins 70 % du salaire brut, divisé par l’allocation journalière. Le total du salaire et de l’allocation ne peut pas dépasser votre ancien salaire mensuel de référence.

Un homme accroupi range des cartons de boîtes de conserve sur un rayonnage bas, dans une longue allée vide de supermarché éclairée la nuit.

Exemple de l’Unédic : pour 57 € d’allocation journalière (1 710 € sur le mois) et un salaire repris de 2 100 € bruts, 1 710 € moins 1 470 € (70 % du salaire), divisés par 57 €, donnent 4 jours indemnisés. Vous recevez 228 €, et les 26 jours non versés prolongent vos droits. Ce calcul ignore la dégressivité, et l’activité se déclare à l’actualisation, fiches de paie à l’appui.

  • Un nouvel emploi qui ne convient pas : le quitter avant 88 jours ou 610 heures travaillés depuis l’ouverture de vos droits, en rompant par exemple la période d’essai, n’arrête pas le versement (article 26 du règlement). Au-delà, un départ volontaire l’arrête, sauf exceptions comme la démission légitime. Sans inscription après le licenciement, quitter l’emploi repris dans ses 65 premiers jours travaillés est aussi une démission légitime.
  • Le rechargement : à l’épuisement de vos droits, 130 jours ou 910 heures retravaillés depuis leur ouverture donnent un nouveau droit. Il se calcule sur les emplois des 24 derniers mois, 36 à partir de 55 ans. Seules comptent les activités déclarées.

Pour la recherche elle-même, voyez comment retrouver un emploi rapidement.

Demandeur d’emploi : les obligations qui conditionnent l’allocation

Pour garder l’allocation, vous actualisez votre situation chaque mois et déclarez tout changement : reprise d’activité, formation, arrêt maladie, congé de maternité. Selon le calendrier 2026 de France Travail, l’actualisation ouvre le 28 du mois et ferme le 15 du mois suivant. Sans elle, votre inscription prend fin et l’ARE s’arrête. Dans les 30 jours qui suivent l’inscription (fiche F14926 de service-public.fr), vous signez aussi un contrat d’engagement avec l’organisme référent vers lequel vous avez été orienté (article L5411-6 du Code du travail).

  • Le plan d’action du contrat correspond à au moins 15 heures d’activité par semaine, durée qui peut être réduite selon votre situation. Les éléments de l’offre raisonnable d’emploi sont fixés dans les 6 mois.
  • Les refus : refuser sans motif légitime deux offres raisonnables d’emploi peut entraîner la radiation et la suppression de l’allocation. Refuser d’élaborer ou d’actualiser le contrat d’engagement aussi. Les voies de recours figurent dans le contrat.
  • Les absences de plus de 7 jours se déclarent avant de partir. L’allocation continue tant qu’elles ne dépassent pas 35 jours par année civile.
  • L’arrêt maladie se signale sous 48 heures à l’Assurance maladie, sous 72 heures à France Travail ; les indemnités journalières prennent alors le relais de l’ARE.

Mutuelle, retraite, CPF : les droits qui suivent le licenciement

La complémentaire santé et la prévoyance de l’entreprise vous restent acquises gratuitement pendant l’indemnisation, sauf faute lourde, selon l’article L911-8 du Code de la sécurité sociale. La limite est la durée du dernier contrat, et 12 mois au plus. Le chômage indemnisé valide aussi un trimestre de retraite de base tous les 50 jours, 4 par an au plus, et donne des points Agirc-Arrco. Enfin, les droits de votre compte personnel de formation (CPF) demeurent acquis après la perte d’emploi (article L6323-3 du Code du travail).

  • La portabilité cesse dès que vous n’êtes plus indemnisé. Vous justifiez auprès de l’assureur de votre prise en charge, avec l’attestation de votre espace France Travail.
  • Les trimestres comptent dès les différés et le délai d’attente. Les points Agirc-Arrco, eux, ne courent pas pendant ces délais.
  • Le CPF reste utilisable pendant le chômage, par exemple pour un bilan de compétences (voir le fonctionnement du compte personnel de formation).

Préparer la suite pendant le chômage : bilan, conseil, réseau

Pendant le chômage, indemnisé ou non, vous pouvez demander un bilan de compétences à votre conseiller France Travail (l’ancien Pôle emploi), indique la fiche F3088 de service-public.fr, vérifiée le 26 février 2026. Vous pouvez aussi utiliser votre CPF, dans la limite de 1 600 € de droits, si aucun bilan financé par des fonds publics n’a eu lieu dans les 5 dernières années. Le conseil en évolution professionnelle, gratuit, est assuré par France Travail, l’Apec pour les cadres, les missions locales et Cap emploi.

Un homme en veste verte marche de dos sur un large chemin forestier entre de hauts hêtres, dans la brume d'automne.

Pour un bilan payé par le CPF, l’article L6323-7 exonère en droit les demandeurs d’emploi de la participation de 150 €. Mon Compte Formation la leur fait pourtant payer depuis le 2 octobre 2026, y compris pour un bilan. La plateforme applique par anticipation le projet de loi de finances pour 2027, que le Parlement n’avait pas voté au 22 octobre 2026.

Le conseil en évolution professionnelle vous accompagne dans la formalisation et la mise en œuvre d’un projet d’évolution professionnelle, selon l’article L6111-6 du Code du travail. C’est une porte d’entrée si vous envisagez de vous reconvertir après ce départ. Les démarches d’un bilan de compétences avec France Travail passent, elles, par votre conseiller.

Pour mettre ces mois d’indemnisation au service d’un projet, chez Chance, notre bilan de compétences « avec des connexions » sert à cela. Il compte 14 sessions sur 3 mois, dont 7 sur Æcho, notre plateforme en ligne, et 7 avec un·e coach. Notre méthode, le Trèfle de Chance™, inspirée par Robert Dilts, avance en quatre étapes : Clarifier, Explorer, Valider, Concrétiser.

Le bilan s’appuie sur les Connexions Chance. La Connexion Feedback vous fait échanger avec une personne qui exerce le métier visé. La Connexion Dernier kilomètre part d’une offre d’emploi pour identifier qui peut vous faire la passe décisive. Comptez en moyenne 6 connexions par parcours. Après le bilan, vous gardez votre place dans le Collectif Chance, où 20 000 Chanceux (le nom que nous donnons aux personnes que nous accompagnons) s’échangent des coups de pouce.

Questions fréquentes

Licenciement pendant un arrêt maladie : quand s’inscrire à France Travail ?

À la fin de l’arrêt. Tant que vous n’êtes pas apte, France Travail ne peut pas vous indemniser. Le délai de 12 mois pour s’inscrire est prolongé de la durée de l’arrêt. Pendant celui-ci, des indemnités journalières restent possibles si vous avez cessé votre activité salariée depuis moins de 12 mois et remplissez les conditions de l’Assurance maladie.

La période d’essai rompue par l’employeur ouvre-t-elle le chômage ?

Oui, si la condition de durée de travail est remplie. La rupture de la période d’essai à l’initiative de l’employeur figure parmi les fins de contrat qui ouvrent droit à l’ARE. Les 130 jours ou 910 heures se comptent sur les 24 mois qui précèdent la fin du contrat, emplois précédents compris.

Contester son licenciement aux prud’hommes change-t-il le chômage ?

Non. Inscrivez-vous sans attendre le jugement : une procédure aux prud’hommes ne prolonge pas les 12 mois dont vous disposez pour vous inscrire. Quand le juge retient un licenciement sans cause réelle et sérieuse, ou nul dans les cas prévus par la loi, il ordonne que l’employeur rembourse à France Travail jusqu’à 6 mois d’allocations (article L1235-4 du Code du travail). Pour agir contre la rupture, vous avez 12 mois à compter de sa notification.

Un outplacement payé par l’ancien employeur réduit-il l’allocation ?

Non, tant que l’employeur paie directement le prestataire. Suivre un outplacement ne change ni l’inscription à France Travail ni le droit à l’allocation : ce n’est ni un emploi ni un revenu. En revanche, une somme qui vous est versée pour payer vous-même l’accompagnement allonge le différé spécifique. Signalez l’outplacement à votre conseiller : le contrat d’engagement tient compte des accompagnements suivis ailleurs.

Peut-on se faire licencier pour toucher le chômage ?

Tout licenciement ouvre le chômage si vous remplissez les conditions, mais le provoquer coûte cher. Une faute grave fait perdre l’indemnité de licenciement et le préavis. L’abandon de poste peut conduire à la présomption de démission, sans allocation. La rupture conventionnelle homologuée ouvre aussi l’ARE, dans la limite de 15 mois avant 55 ans pour une fin de contrat depuis le 1er septembre 2026.

Les règles du chômage changent-elles au 1er janvier 2027 ?

Non, en l’état des textes publiés au 22 octobre 2026 : aucune nouvelle règle d’assurance chômage applicable au 1er janvier 2027 n’est parue, et la convention du 15 novembre 2024 court jusqu’au 31 décembre 2028. Restent à publier le plafond de la sécurité sociale 2027, dont dépendent le plafond du salaire de référence et le diviseur 2027 du différé spécifique, ainsi que la suite du CSP.

Sources

Historique des mises à jour

October 24, 2026

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