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Vos émotions inconfortables sont des balises, pas des obstacles

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Sommaire

Résumé
L’essentiel à retenir

La peur du changement, le doute, la frustration ne sont pas des obstacles à écarter avant d’avancer. Ce sont les indicateurs les plus fiables de ce qui compte pour vous.

Encaisser n’est pas une compétence

La psychologue Susan David, autrice de travaux sur ce qu’elle nomme l’agilité émotionnelle, avance une idée qui déplace le discours habituel. La compétence décisive aujourd’hui ne serait plus la résilience, entendue comme la capacité à encaisser, mais la clarté émotionnelle : la capacité à utiliser ses émotions inconfortables comme des informations.

La nuance est de taille. Encaisser suppose que l’émotion soit un problème à absorber. La clarté émotionnelle suppose qu’elle soit un signal à lire. Peur du changement, doute, frustration, colère : ce ne sont pas des parasites, ce sont des balises qui indiquent ce à quoi vous tenez.

Une émotion pointe toujours vers une valeur

Le raisonnement est le suivant. On ne s’agace pas de ce qui nous est indifférent. Une contrariété au travail signale presque toujours qu’une chose importante pour vous est mise à mal.

  • La frustration devant une décision imposée pointe souvent un besoin d’autonomie.
  • L’ennui pointe rarement la paresse, plus souvent un besoin de complexité ou d’apprentissage.
  • L’irritation devant un travail bâclé par d’autres pointe une exigence de qualité, qui est une valeur de travail.
  • La peur, avant une action, indique presque toujours que quelque chose compte assez pour qu’un échec fasse mal.

Lue comme cela, la question « qu’est-ce qui me met en colère dans mon travail » devient un raccourci très efficace vers la question, beaucoup plus difficile, de savoir ce qui compte pour vous.

Ni gérer, ni subir : écouter

La pratique tient en trois temps, et elle demande un peu d’entraînement.

D’abord nommer précisément. Non pas « je vais mal » mais « je suis en colère », « j’ai honte », « j’ai peur de ne pas être à la hauteur ». La précision du mot fait déjà une bonne partie du travail, parce qu’une émotion nommée cesse d’être une masse indistincte.

Ensuite chercher ce qu’elle protège. Quelle chose importante pour moi est en jeu dans cette situation ?

Enfin décider en connaissance de cause. C’est le point clé : identifier ce que dit une émotion ne veut pas dire lui obéir. On peut avoir très peur d’un entretien et le passer quand même, parce que la valeur qui est derrière la peur mérite qu’on y aille.

Le moment où ça compte le plus

Dans un projet de reconversion, il existe un moment précis où cette compétence devient déterminante : celui du passage à l’action. Tant qu’on réfléchit, les émotions restent gérables. Dès qu’il faut appeler quelqu’un, s’inscrire, annoncer une décision, elles surgissent d’un coup, et beaucoup de projets s’arrêtent là.

La plupart du temps, ce n’est pas le projet qui était mauvais. C’est que la peur a été interprétée comme un signal d’arrêt, alors qu’elle indiquait exactement l’inverse : que le sujet était important.

Notre article sur la peur de changer de travail aborde ce passage, et celui sur la peur du jugement traite de sa version la plus fréquente.

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