Histoire de Chance - Coralie Dada, fondatrice de Cibou le livre

Coralie est passée de la gestion des lignes de soudure à la transmission de ses valeurs d’écologie et de soin de la planète et du vivant. À 33 ans, après avoir fait Chance, elle a écrit, dessiné, pensé la pédagogie, monté la chaîne de production du 1er livre d’une collection dont le héros est Cibou. Elle s’occupe de toute la communication, du démarchage des points de vente et des écoles où elle souhaite faire passer son message, et met son énergie complète au service de son magnifique projet. Une reconversion totale que Chance soutient très fort.

Bonjour Coralie, tu as fait Chance et tu t’es lancée dans la création de la collection de livres Cibou. Tu décris ce 1er livre, actuellement en précommande sur Ulule, comme “le livre jeunesse qui accompagne les enfants dans la découverte de notre monde”. Peux-tu expliquer comment tu en es venue là et ce que tu faisais avant ?

J’ai commencé Chance alors que j’étais encore responsable d’une chaîne de production en mécano-soudure, chez un gros acteur du secteur. J’avais une équipe d’une quarantaine de soudeurs, chaudronniers, contrôleurs, etc.

Ce poste correspondait exactement à ce que je cherchais (pouvoir construire des choses durables dans le temps et qui améliorent le quotidien). Sauf que la politique d’entreprise ne me convenait pas : le management que j’avais mis en place avec mon équipe était fondé sur la confiance, la politesse et une éthique relationnelle, ce qui fonctionnait très bien au sein de mon équipe, mais ça a déplu à ma hiérarchie.

“Chance m'a permis de voir l’avenir plutôt que de me concentrer sur ce que j’étais en train de “perdre”.”

J’ai commencé Chance à ce moment compliqué, et j’ai demandé une rupture conventionnelle : Chance m’a aussi aidée dans la conduite de cette demande, et m’a permis de voir l’avenir plutôt que de me concentrer sur ce que j’étais en train de “perdre”.

Chez Chance on propose aux personnes qui font le parcours d’analyser leur travail comme la somme de 4 piliers : le métier, la finalité, les impératifs non négociables et l’environnement. Qu’est-ce qui, dans cette analyse, t’a permis d’ouvrir cette voie ?

Je voulais mettre entre parenthèses l’industrie et la soudure pour prendre un temps plus long de recul sur les questions humaines et de management. Je reste assez heurtée par la manière dont ça s’est fait, et je veux garder cette option mais vraiment plus tard, après avoir fait quelque chose qui soit davantage en ligne avec mes valeurs qu’avec mes études.

“Identifier mes moteurs profonds pour réfléchir au métier et à la finalité n’a pas été compliqué : j’aime le vivant, la nature, les animaux, la transmission et les valeurs de durabilité. Je voulais donc construire un projet autour de ça.”

Dans Chance, pour commencer, les tests et l’autocoaching m’ont aidée à me connaître, à comprendre mon fonctionnement. Et pendant les séances de coaching, j’ai été marquée de constater que ma coach (Isabelle Vincent), m’aiguillait selon le langage corporel que j’adoptais. Elle lançait des pistes en ligne avec ce que je pouvais lui dire, et voir mon langage corporel se fermer ou au contraire s’animait nous guidait - je ne savais pas que le corps pouvait être une telle boussole !

Identifier mes moteurs profonds pour réfléchir au métier et à la finalité n’a pas été compliqué : j’aime le vivant, la nature, les animaux, la transmission et les valeurs de durabilité. Je voulais donc construire un projet autour de ça. Et puis je me suis aperçue que les enfants avaient une forte influence sur la société de demain, mais aussi sur leur famille, et je me suis dit que la meilleure façon de communiquer ces valeurs écologiques était de passer par eux. J’avais donc mon projet, autour de la lecture, activité intemporelle, fondée sur la transmission.

J’ai fait une formation de création d’entreprise après Chance car je voulais avoir un socle de connaissances administratives et stratégiques pour construire mon projet.

Peux-tu me parler du livre, son contenu, et des raisons qui t’ont conduite à l’écrire et le concevoir ?

Cibou, c’est mon chat. Je suis passionnée d’animaux, et j’ai voulu en faire le personnage principal de mon livre. Comme je souhaitais que le livre ait une valeur pédagogique concrète, j’ai passé énormément de temps, avant de passer à l’écriture et à la mise en forme, à étudier les pédagogies les plus variées - en France, dans les pays scandinaves, en Allemagne, chez Montessori.

“Je voulais porter le regard des enfants vers la nature dans son état “naturel” : vers la contemplation du vivant par le jeu, l’observation, la compréhension de ce qui doit être respecté pour que la nature puisse faire son œuvre.”

Il était important pour moi de comprendre comment ces méthodes captaient l’attention des enfants pour ouvrir leur esprit et non en les bloquant dans une vision des choses, notamment grâce à la pratique et au concret. Ce premier livre est sur la construction d’un potager : c’est très concret !

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Mais on ne voit le potager qu’à la fin car avant, je voulais porter le regard des enfants vers la nature dans son état “naturel” : vers la contemplation du vivant par le jeu, l’observation, la compréhension de ce qui doit être respecté pour que la nature puisse faire son œuvre.

Une fois que ce travail de recherche a été fait, j’ai lié les personnages, leur caractère et les messages et la pédagogie que je veux faire passer. J’ai mis plusieurs mois à obtenir un texte suffisamment ramassé, drôle, bienveillant, pédagogue, puis j’ai fait les illustrations.

J’ai toujours aimé dessiner, et là j’ai mis mon imagination et mon esprit créatif au service de mon livre, de l’âme et l’émotion qui devait en sortir.
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Le rapport à l’éthique lié à au livre Cibou découvre les secrets du potager est omniprésent : la chaîne de production semble très à l’image de ce que tu souhaites transmettre aux nouvelles générations.

La condition unique était que tout en fasse en ligne avec mes valeurs, et par conséquent, que la fabrication du livre soit propre. On a tout ce qu’il faut en France : des imprimeurs, des ateliers de personnes en insertion ou en handicap qui savent conditionner des produits, j’ai considéré qu’il n’y avait aucune raison de faire faire ça au bout du monde. Travailler sur cette chaîne a été passionnant car j’ai dû acquérir tout le vocabulaire de l’édition et de l’imprimerie, notamment avec ma petite imprimeuse (labellisée Imprim’Vert, donc parfaitement écolo) qui m’a tout expliqué, m’a montré les papiers, la chaîne de fabrication, les coûts, etc. On a passé 8 ou 9 mois à finaliser tout ça. Et en parallèle j’ai trouvé une jeune femme merveilleuse, Lucie, qui fait des cartes à planter et qui a fabriqué la carte jointe au livre.

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Quels sont tes projets, après ce livre ?

Déjà, je fais un crowdfunding sur Ulule en ce moment ! La première étape est de parvenir à stabiliser les ventes : j’ai beaucoup aimé que le parcours Chance aborde la question de la viabilité économique du projet professionnel, ça m’a permis d’identifier clairement mes besoins réels au quotidien. À partir de cette somme, je sais exactement combien je dois vendre de livres. Donc pour l’atteindre, j’organise tout : les ventes directes, le démarchage de chaînes de grande distribution culturelle, l’organisation de dédicaces, etc. Et ça fonctionne : on est vendus dans les Biocoop de ma région (Saône-et-Loire, Bourgogne), des Espaces culture, des magasins de jouets, certains Carrefour. Je commence aussi à démarcher des écoles pour faire des interventions pédagogiques. Chaque fois, c’est école par école, mais je le fais et ça avance.

Il y a d’autres thèmes que je veux aborder avec Cibou : le handicap, le rapport aux personnes âgées, le fait-maison, une écologie domestique du quotidien. Ensuite je voudrais développer des produits dérivés (sacs en coton, couverts réutilisables pour le pique-nique, cartes postales) de bonne qualité, écologiques, visant à consommer moins, mais mieux.

Mon conseil : rêvez. Un rêve peut se réaliser quand il ressemble à vos valeurs. Au pire, si ça ne marche pas, que se passera-t-il ?

As-tu un mot à dire aux personnes qui nous lisent et se posent des questions sur leur travail ?

J’ai toujours été “prudente” dans mon rapport à l’argent et au travail. Avec Cibou, ça a toujours été une évidence : je crois absolument en ce projet, je sais qu’il a tout pour être utile, qu’il sert une bonne cause et je vais tout faire pour le faire vivre.

Mon conseil : rêvez. Un rêve peut se réaliser quand il ressemble à vos valeurs. Au pire, si ça ne marche pas, que se passera-t-il ?

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