Un plan d’État, pas un concours de start-up
Le Plan d’investissement dans les compétences, le PIC, est un programme public lancé en 2018 et déployé jusqu’en 2022 par le ministère du Travail. Sa dotation annoncée était de quinze milliards d’euros sur cinq ans, avec un objectif chiffré : former un million de jeunes peu qualifiés et un million de demandeurs d’emploi de longue durée.
Le volet régional a représenté à lui seul 7,36 milliards d’euros engagés entre 2018 et 2022. Ce n’est pas un dispositif d’aide à l’innovation, c’est une politique de l’emploi, et les organisations retenues le sont sur leur capacité à toucher des publics que les circuits habituels laissent de côté.
Comment on en devenait lauréat
Le PIC ne distribuait pas de subvention au fil de l’eau. Il procédait par appels à projets, dont le plus connu, « 100 % Inclusion, la fabrique de la remobilisation », a été lancé en plusieurs vagues à partir de 2018. Les candidats devaient décrire un parcours complet, de la remobilisation jusqu’à l’emploi, chiffrer les publics visés et accepter d’être évalués.
La sélection s’est faite sur dossier, avec des comités d’examen et un cahier des charges publié. Les lauréats des différentes vagues sont recensés côté administration, notamment sur les sites des directions régionales.
Ce que le plan a produit, sans enjoliver
Le bilan est contrasté et il vaut mieux le dire. La Cour des comptes a jugé en 2025 que le PIC n’avait pas tenu sa promesse de transformer structurellement le système de formation, en pointant la multiplication de programmes concurrents et des objectifs imprécis.
Dans le même temps, les entrées en formation ou en accompagnement sont passées de 801 000 en 2017 à 1,6 million en 2022. Un plan peut donc rater sa cible institutionnelle et avoir quand même déplacé des gens. C’est exactement ce qui rend le sujet intéressant.
Ce que ça dit de l’accès à la reconversion
Une reconversion coûte du temps et de l’argent, et cette double barrière ne frappe pas tout le monde de la même façon. Un cadre peut mobiliser son réseau, avancer les frais, prendre le risque. Quelqu’un qui gagne le SMIC dans un métier qui l’use n’a ni le réseau, ni la trésorerie, ni le droit à l’erreur.
Les financements publics existent précisément pour ça, et savoir qu’ils existent fait partie du travail d’orientation. Le compte personnel de formation, les dispositifs régionaux, les programmes ciblés comme le PIC : ce sont des leviers concrets, et personne ne vous les présentera spontanément.
Le reste des distinctions obtenues depuis 2015 est réuni dans le palmarès complet des distinctions de Chance.



















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