Résumé en 10 secondes — professeur des universités en marketing
- Compétence humaine centrale : créer une relation de confiance avec les étudiants, et les aider à se projeter plus haut.
- Difficulté souvent sous-estimée : la part administrative, les moyens parfois limités et la nécessité de structurer soi-même son temps.
- Apprentissage avec l’expérience : adapter ses cours aux usages des jeunes, notamment au téléphone et aux ressources en ligne.
- Déclic possible : comprendre que le métier permet de rester proche des entreprises sans forcément y travailler en interne.
- Point de vigilance : la liberté est précieuse, mais elle peut conduire à accumuler trop de projets.
Ce que les formations ne disent pas toujours — professeur des universités en marketing
Quand on imagine le métier de professeur des universités en marketing, on pense souvent d’abord aux cours. Un amphithéâtre, des étudiants, une matière à transmettre, des exemples d’entreprises, des concepts à rendre vivants. Cette image existe. Elle compte même beaucoup.
Mais le métier ne s’arrête pas à l’enseignement. Il se construit autour de deux grands piliers : enseigner et faire de la recherche. À cela s’ajoutent la gestion de formations, les liens avec des entreprises, les projets collectifs, les publications, les partenariats, l’accompagnement de doctorants, et une part administrative réelle.
Le premier écart entre l’idée du métier et sa réalité tient souvent à cette diversité. Les semaines ne se ressemblent pas toujours. Une journée peut passer d’un cours en amphithéâtre à une réunion de formation, puis à un travail de recherche avec des collègues, avant de repartir sur un projet de livre ou un partenariat institutionnel.
Nathalie Veg-Sala, professeure des universités en marketing, résume bien ce cœur du métier : “La première chose, c’est la liberté intellectuelle et la créativité qu’on peut associer à ce métier, puisqu’on peut faire plein de choses. On est libre d’énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations, donc on peut insister sur des choses. Il y a des choses qu’on doit bien évidemment transmettre de basiques, mais on a cette possibilité d’apporter ce que nous, on a envie d’apporter.”
Les compétences humaines réellement décisives — professeur des universités en marketing
1. La pédagogie vivante du professeur des universités en marketing
Situation concrète : faire cours à des groupes nombreux, parfois jusqu’à plusieurs centaines d’étudiants, dans un contexte où les téléphones et les ressources en ligne sont partout.
Sur le terrain, la compétence ne consiste pas seulement à “savoir” le marketing. Elle consiste à faire passer ce savoir. Il faut choisir les bons exemples, rythmer un cours, créer des points d’attention, relier la théorie à des situations d’entreprise, et donner envie de participer.
Cette pédagogie demande aussi de regarder les usages réels des étudiants. Les téléphones peuvent être vus comme un obstacle. Ils peuvent aussi devenir un support. Des quiz en amphithéâtre permettent de remettre tout le monde dans l’action, de vérifier la compréhension, et de créer un moment collectif.
“Aujourd’hui, on utilise ça, par exemple, on fait des quiz en amphi. Moi, quand j’ai un amphi de 400 personnes, je les fais participer à des quiz. Et là, tout de suite, ils sont sur leur téléphone, autant les utiliser. Et je peux vous dire que j’ai quasi 100% de personnes qui répondent aux quiz. Donc, on essaye de rendre plus interactif.”
La pédagogie devient alors une compétence d’adaptation. Elle invite à ne pas lutter contre tous les changements, mais à chercher comment s’en servir pour mieux transmettre. C’est là que le petit battement de cœur du métier peut se sentir : quand une salle se rallume, quand une notion devient claire, quand les étudiants répondent présents.
2. L’autonomie organisée du professeur des universités en marketing
Situation concrète : construire ses cours, mener des recherches, gérer une formation, répondre aux exigences administratives, avancer sur des projets, tout en gardant une liberté d’organisation importante.
Cette liberté est l’un des grands attraits du métier. Elle permet de travailler à son rythme, de choisir certaines priorités, d’ouvrir des projets, de collaborer avec des collègues, de prendre des initiatives. Elle permet aussi, selon les choix de chacun, d’organiser différemment sa vie personnelle et professionnelle.
Mais cette autonomie demande une vraie solidité. Quand le cadre est moins strict, il faut savoir poser ses propres limites. Préparer un cours peut prendre beaucoup de temps. La recherche avance sur un temps long. Les tâches administratives reviennent régulièrement. Les projets attirent, mais ils s’empilent vite.
L’autonomie utile n’est donc pas une liberté floue. C’est une compétence très concrète : planifier, prioriser, dire oui avec discernement, garder de l’énergie pour les étudiants, et accepter que tout ne puisse pas avancer en même temps.
3. Le lien humain du professeur des universités en marketing
Situation concrète : accompagner des étudiants aux parcours variés, diriger ou codiriger des doctorants, travailler avec des collègues, échanger avec des maîtres d’apprentissage et des institutions.
Le métier repose sur des relations. Il ne se joue pas seulement dans la parole donnée en cours, mais aussi dans ce que cette parole ouvre. Encourager, expliquer, recadrer, relancer, guider une recherche, soutenir une progression : tout cela demande une présence humaine.
L’accompagnement de doctorants, par exemple, prend du temps. Il ressemble parfois à une forme de coaching académique : aider à cadrer un sujet, traverser les moments de doute, structurer une thèse, garder le cap jusqu’à la soutenance.
Avec les étudiants, la relation peut devenir un moteur profond du métier. “Moi, c’est vraiment ça qui me plaît le plus, c’est les petits mercis à certains moments des étudiants qui ne sont pas des étudiants, forcément, qui viennent de conditions en plus faciles à l’université de Nanterre, dans la formation dans laquelle je suis. Et vraiment, ça, c’est pour moi le plus important, vraiment. Et d’essayer de faire en sorte de les pousser vers le haut, de leur dire que c’est possible, qu’ils peuvent faire plein de choses.”
Cette compétence humaine n’est pas décorative. Elle donne du sens à l’exigence. Elle transforme un cours, une direction de mémoire ou une formation en expérience qui peut compter dans une trajectoire.
Ce qui s’apprend uniquement avec l’expérience — professeur des universités en marketing
- Faire évoluer ses cours : passer d’un enseignement descendant à des formats plus interactifs, notamment avec des quiz ou des situations concrètes.
- Gérer une grande liberté : organiser son temps sans cadre quotidien strict, tout en respectant les cours, la recherche et les responsabilités de formation.
- Composer avec les contraintes : intégrer les tâches administratives, les moyens parfois limités et les obligations universitaires.
- Travailler avec plusieurs mondes : étudiants, collègues, laboratoires de recherche, entreprises, maîtres d’apprentissage, institutions.
- Accompagner dans la durée : suivre des doctorants, relire, guider, soutenir, sans faire à leur place.
- Construire son propre équilibre : profiter de la flexibilité du métier sans se laisser absorber par tous les projets possibles.
Les erreurs fréquentes quand on débute — professeur des universités en marketing
- Sous-estimer la part administrative : gestion de formation, plannings, notes, coordination, suivi des apprentissages. Ces tâches sont moins visibles, mais bien présentes.
- Penser que transmettre suffit : connaître son sujet ne garantit pas que les étudiants l’accrochent. Il faut rendre le contenu vivant et utile.
- Croire que la liberté règle tout : l’autonomie est un avantage fort, mais elle demande une discipline personnelle solide.
- Imaginer une séparation totale avec les entreprises : en marketing, les liens avec le terrain existent, par les étudiants, les recherches, les missions ou les partenariats.
- Ne pas anticiper le temps long : doctorat, qualification, recherche de poste, publications, projets de recherche. La trajectoire se construit par étapes.
Comment ces compétences se développent réellement — professeur des universités en marketing
Par la confrontation au terrain. Enseigner à de vrais groupes, répondre aux questions, ajuster son rythme, constater ce qui fonctionne ou non : c’est là que la pédagogie se muscle.
Par les rencontres clés. Un professeur admiré, un directeur de thèse, des collègues de laboratoire, des partenaires d’entreprise ou d’institution peuvent ouvrir des façons nouvelles de travailler. Le métier se construit rarement seul.
Par la recherche. Rédiger une thèse, mener des travaux individuels ou collectifs, analyser des documents, aller sur le terrain, présenter des résultats : cette pratique développe la rigueur, la patience et la capacité à approfondir.
Par les responsabilités progressives. Gérer une licence professionnelle, suivre des apprentis, échanger avec des maîtres d’apprentissage ou participer à des projets institutionnels oblige à sortir du seul face-à-face pédagogique.
Par les essais et les ajustements. Un cours se crée, puis se transforme. Un projet se précise. Une collaboration se cale. Une façon de travailler devient plus juste avec le temps. L’expérience apprend à avancer sans tout verrouiller.
Ce que le terrain apprend sur le plan humain — professeur des universités en marketing
La posture : le métier demande de tenir ensemble exigence et encouragement. Il ne s’agit pas seulement d’évaluer, mais aussi de faire grandir. Dire “c’est possible” peut compter autant qu’un contenu bien construit.
Le rapport au temps : tout ne produit pas un résultat immédiat. Une recherche prend du temps. Une thèse prend du temps. Une progression étudiante prend du temps. Le métier apprend à semer, suivre, relancer, puis laisser mûrir.
Les limites personnelles : quand les possibilités sont nombreuses, il faut apprendre à choisir. Livres, cours, recherches, partenariats, responsabilités : l’envie peut être grande de tout faire. La durabilité du métier passe aussi par la capacité à préserver son énergie.
À qui ce métier convient vraiment — professeur des universités en marketing
Ce métier convient particulièrement aux personnes qui aiment transmettre, chercher et créer. Il peut faire vibrer celles et ceux qui ont besoin d’autonomie, qui aiment varier les formats, construire des cours, mener des projets et garder un lien avec le monde professionnel sans être forcément intégrés à une entreprise.
Il peut aussi convenir à des personnes venues d’un parcours professionnel, à condition d’accepter le passage par un doctorat pour viser les postes d’enseignant-chercheur à l’université. Un bac+5 permet d’envisager ce chemin, même sans master recherche, si un directeur de thèse accepte d’accompagner le projet.
Le métier peut être plus difficile pour les personnes qui recherchent un cadre très balisé, des résultats rapides ou une séparation nette entre les tâches. Ici, il faut passer d’un rôle à l’autre : enseigner, chercher, organiser, collaborer, répondre à des contraintes, puis retourner auprès des étudiants.
Il peut aussi demander un ajustement financier pour certaines reconversions, notamment depuis le secteur privé. D’autres avantages existent, comme la liberté intellectuelle, la créativité, la flexibilité d’organisation et le contact avec les jeunes. Mais il vaut mieux regarder l’ensemble, sans idéaliser.
Choisir la juste place entre liberté et engagement — professeur des universités en marketing
Un premier pas simple consiste à tester une situation réelle d’enseignement. Donner quelques heures en vacation, échanger avec des enseignants-chercheurs, observer une formation, rencontrer des doctorants : ces expériences permettent de confronter l’envie à la réalité.
Vous pouvez aussi faire un point très concret : quelle compétence avez-vous envie de travailler en premier ? La pédagogie ? L’organisation autonome ? Le lien avec les étudiants ? La recherche ? Choisir un axe rend le projet moins flou, et plus vivant.
Le métier de professeur des universités en marketing demande de tenir une ligne de crête : rester libre, sans se disperser ; être exigeant, sans perdre le lien ; chercher, tout en transmettant. Quand cet équilibre résonne, il peut devenir un vrai lieu d’élan. Une place où l’on sent, discrètement mais sûrement, que quelque chose bat au bon endroit.
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