Résumé en 10 secondes pour devenir professeur des universités en marketing
- Tester le métier avant de s’engager peut éviter de confondre l’idée du métier avec son quotidien réel.
- Se former est indispensable, mais l’apprentissage se construit aussi dans les cours, la recherche, les échanges et les projets.
- Le réseau compte dès le départ : directeur ou directrice de thèse, laboratoire, collègues, professionnels, étudiants.
- Les erreurs fréquentes viennent souvent d’une idéalisation du métier ou d’une sous-estimation du temps long.
- La posture compte autant que les compétences : curiosité, liberté, organisation, capacité à demander de l’aide.
Avant de se lancer comme professeur des universités en marketing : les bases à poser
Devenir professeur des universités en marketing, ce n’est pas seulement aimer transmettre. C’est entrer dans un métier qui combine deux grands piliers : l’enseignement et la recherche. À côté, il peut aussi y avoir de la gestion de formation, des projets avec des institutions, des liens avec des entreprises, des publications, des jurys, des suivis de doctorants.
Avant de vous engager, posez trois questions simples. Elles peuvent changer la suite.
- Qu’est-ce qui m’attire vraiment ? Le contact avec les étudiants ? La recherche ? La liberté d’organisation ? Le lien avec les entreprises ?
- Qu’est-ce que j’imagine du métier ? Les cours visibles ne sont qu’une partie du travail. L’administratif, les dossiers, les plannings et les notes existent aussi.
- Dans quel cadre ai-je envie d’exercer ? Université publique, école de commerce, vacations, poste d’enseignement, parcours d’enseignant-chercheur : les réalités ne sont pas identiques.
Le point de départ peut être très concret : assister à un cours, discuter avec une personne du métier, comprendre le parcours doctoral, regarder comment s’organise une semaine réelle. C’est souvent là que le petit battement de cœur apparaît. Ou, parfois, que l’on comprend que ce n’est pas le bon chemin. Dans les deux cas, c’est précieux.
Nathalie Veg-Sala, professeure des universités en marketing : « Je me suis inscrite finalement de façon un peu… sans avoir vraiment d’idée de ce que je voulais faire en éco-gestion. Et puis, j’ai commencé à suivre des cours. Et puis, à un moment donné, en deuxième année, j’ai assisté à un cours de marketing avec une prof que j’admirais parce que je trouvais que c’était formidable ce qu’elle faisait de pouvoir transmettre un certain nombre de connaissances à des jeunes, de le faire de façon très originale, parfois, de façon aussi très théorique, tout en s’appuyant sur du concret. Et puis, je me suis dit : c’est ça que j’ai envie de faire. »
À faire absolument au démarrage comme professeur des universités en marketing
1. Tester le métier en conditions réelles
Avant de viser directement un poste d’enseignant-chercheur, il existe des façons plus progressives d’approcher le métier. Les vacations, par exemple, permettent d’enseigner quelques cours et de découvrir l’université de l’intérieur. C’est une porte d’entrée utile pour sentir le rythme, la relation aux étudiants, la préparation des séances, les contraintes de planning.
Pour une personne en reconversion, ce test est particulièrement important. Le passage du monde de l’entreprise à l’enseignement supérieur peut être un vrai changement de cadre. Il ne s’agit pas seulement de “transmettre son expérience”. Il faut aussi apprendre les codes universitaires, comprendre la place de la recherche, accepter un temps long.
Tester, c’est aussi observer. Comment se construit un cours ? Comment réagit un amphithéâtre de plusieurs centaines de personnes ? Comment garde-t-on le lien avec les étudiants quand les téléphones, les ressources en ligne et les usages changent ? Le métier demande d’ajuster ses pratiques, pas de répéter un modèle figé.
2. Apprendre progressivement
Le parcours classique vers un poste d’enseignant-chercheur passe par un doctorat. Il faut un bac +5, puis un travail de thèse, souvent sur plusieurs années, avec une soutenance. Ensuite vient la qualification pour devenir maître de conférence, puis la recherche d’un poste. Plus tard, après des années de recherche et d’enseignement, il est possible de devenir professeur des universités.
Ce chemin demande de la patience. Il ne se résume pas à accumuler des diplômes. Pendant le doctorat, on apprend à formuler une question de recherche, à travailler avec un laboratoire, à présenter ses travaux, à écrire, à recevoir des retours, à reprendre, à améliorer. Des formations et modules peuvent accompagner cette montée en compétences.
Un master recherche n’est pas toujours obligatoire. Un master professionnel peut aussi ouvrir la voie, à condition d’avoir un bac +5 et de trouver un directeur ou une directrice de thèse qui accepte d’accompagner le projet. Mais si la recherche est nouvelle pour vous, prévoyez un effort supplémentaire. Ce n’est pas un défaut. C’est simplement une étape à intégrer.
3. S’entourer et créer du lien
Dans ce métier, l’autonomie est grande. Mais elle ne veut pas dire solitude. Au contraire, le lien est central : avec les étudiants, les collègues, les laboratoires, les professionnels, les institutions, les entreprises, les maîtres d’apprentissage, les doctorants.
Le premier lien décisif, pour un doctorat, est souvent celui avec le directeur ou la directrice de thèse. Cette personne guide le travail, aide à cadrer la recherche, accompagne les choix. Trouver cette personne demande de clarifier son sujet, de contacter des chercheurs, de comprendre leurs thématiques, puis d’oser présenter son projet.
Créer du lien, c’est aussi rester proche du terrain. En marketing, les entreprises peuvent entrer dans le travail par des cas, des missions de conseil, des partenariats, des terrains de recherche, des étudiants en apprentissage. Rien n’oblige à avoir une activité de conseil intense, mais garder un contact avec le monde professionnel aide à enseigner au plus près de ce que les étudiants rencontreront.
À éviter autant que possible quand on vise le métier de professeur des universités en marketing
1. Se lancer sans connaître la réalité du métier
Le risque le plus courant est d’idéaliser. On voit le cours, la liberté, le contact avec les jeunes, les vacances plus nombreuses que dans d’autres métiers. Tout cela existe. Mais il y a aussi des contraintes, parfois des manques de moyens, des démarches administratives, des responsabilités de formation, des dossiers à suivre.
« Je pense qu’on idéalise beaucoup, comme chaque fois qu’on veut faire quelque chose. J’adore mon métier, il y a quand même des contraintes, il y a des manques de moyens parfois. Donc, il y a une petite différence parce qu’on ne se rend pas compte de tout ce que ça comprend. Les parties administratives sont parfois lourdes, et ça, on le sait, mais pour autant nécessaires aussi. »
La bonne question n’est donc pas : “Est-ce que ce métier est parfait ?” Aucun métier ne l’est. La bonne question est : “Est-ce que ses contraintes sont acceptables pour moi, au regard de ce qu’il m’apporte ?”
2. Brûler les étapes
Le temps long fait partie du métier. Doctorat, qualification, candidature, poste, évolution de carrière : chaque étape a son rôle. Vouloir aller trop vite peut créer de la frustration, surtout si l’on vient d’un environnement professionnel où les résultats sont plus immédiats.
Il n’y a pas non plus de garantie automatique après la thèse. Une fois le doctorat soutenu, il faut obtenir la qualification, puis candidater sur des postes. Les postes existent, mais ils ne sont pas toujours aussi nombreux que les besoins. Les écoles de commerce peuvent élargir les possibilités, avec des postes mêlant aussi enseignement, recherche et administration.
Avancer étape par étape protège l’énergie. Cela permet de vérifier son envie à chaque palier, sans transformer le projet en tunnel.
3. Rester isolé
Rester seul avec son projet peut coûter cher : on répète les mêmes erreurs, on perd du recul, on se décourage plus vite. C’est vrai pendant une reconversion. C’est vrai aussi pendant un doctorat, où le travail peut être exigeant et parfois solitaire.
Pour éviter cela, contactez des personnes déjà en poste, échangez avec des doctorants, demandez comment se passent les vacations, observez les différences entre université et école de commerce. Une conversation de trente minutes peut parfois ouvrir plus de portes qu’une semaine de recherches en solitaire.
Les erreurs fréquentes au démarrage comme professeur des universités en marketing
- Réduire le métier aux cours. L’enseignement est central, mais il cohabite avec la recherche, l’administration, les projets, les relations avec différents acteurs.
- Confondre liberté et absence de cadre. La liberté d’organisation est réelle, mais elle demande une forte discipline personnelle.
- Sous-estimer l’administratif. Gestion des notes, plannings, formations, liens avec les maîtres d’apprentissage : ces tâches prennent du temps.
- Penser que le lien entreprise est automatique. Il dépend souvent de la volonté de chaque enseignant-chercheur et de ses projets.
- Imaginer un seul modèle de carrière. Université, école de commerce, vacations, postes d’enseignement, recherche : plusieurs chemins existent.
Les leviers qui facilitent un bon départ dans le métier de professeur des universités en marketing
Un bon départ ne repose pas sur une personnalité parfaite. Il repose plutôt sur quelques appuis simples, que l’on peut développer avec le temps.
- La curiosité. Elle aide à questionner les pratiques, à suivre les évolutions des étudiants, à relier théorie et terrain.
- La capacité à demander de l’aide. Un directeur de thèse, un collègue, un laboratoire ou un professionnel peut faire gagner du temps et de la clarté.
- L’adaptation. Les façons d’enseigner changent. Les usages numériques des étudiants peuvent devenir des supports pédagogiques, comme les quiz en amphithéâtre.
- La persévérance. Le doctorat, les publications, les candidatures et les projets demandent de tenir dans la durée.
- L’envie de transmettre. Elle donne du sens aux efforts, surtout quand les étudiants montrent qu’un cours, un mot ou un encouragement a compté.
Le moteur le plus solide reste souvent le sentiment d’utilité. Aider des étudiants à se projeter, à croire en leurs possibilités, à monter en confiance : c’est une part très concrète du métier. Et quand elle résonne, elle donne de l’élan.
Ce qui change avec l’expérience comme professeur des universités en marketing
Avec l’expérience, la lecture des situations s’affine. On comprend mieux ce qui capte l’attention d’un groupe. On sait plus vite quand un cours doit être ajusté. On accepte davantage de ne pas tout contrôler. On gagne aussi en recul sur les contraintes.
Le métier évolue de lui-même. Une semaine peut être très différente de la suivante : cours, recherche, direction de formation, échanges avec des entreprises, écriture d’un ouvrage, partenariat avec une institution. Cette variété peut nourrir la motivation, à condition de savoir poser des limites.
« La première chose, c’est la liberté intellectuelle et la créativité qu’on peut associer à ce métier, puisqu’on peut faire plein de choses. On est libre d’énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations. Mais on peut faire d’autres choses. On peut créer des livres, on peut également proposer des projets, des partenariats avec des institutions. Il y a plein de choses qu’on peut faire. »
Cette liberté est précieuse. Elle peut aussi devenir piégeuse si l’on accumule trop. L’expérience aide justement à choisir : quels projets accepter, quel rythme tenir, quelle place donner à la recherche, aux étudiants, à la vie personnelle.
À qui ces conseils sur le métier de professeur des universités en marketing sont particulièrement utiles
- Aux personnes en reconversion qui viennent de l’entreprise et envisagent l’enseignement supérieur.
- Aux profils en début de carrière qui hésitent entre entreprise, recherche, université ou école de commerce.
- Aux titulaires d’un bac +5 qui se demandent si un doctorat est possible après un master professionnel.
- Aux personnes qui veulent changer de cadre sans abandonner leur domaine d’expertise.
- À celles et ceux qui cherchent plus de sens dans un métier mêlant transmission, réflexion et liberté.
Se lancer avec lucidité dans le métier de professeur des universités en marketing
Pour avancer sans vous enfermer trop vite, choisissez un premier pas simple. Pas un engagement lourd. Un geste concret.
- Identifiez une façon de tester. Renseignez-vous sur les vacations, les interventions ponctuelles ou les échanges avec des enseignants-chercheurs.
- Contactez une personne du secteur. Posez trois questions : à quoi ressemble votre semaine, qu’est-ce qui vous nourrit, qu’est-ce qui vous pèse ?
- Listez vos hypothèses. Par exemple : “j’aime transmettre”, “je veux faire de la recherche”, “j’ai besoin de liberté”, “je suis prêt à repartir en doctorat”.
- Vérifiez une hypothèse à la fois. Un rendez-vous, une lecture, une immersion, une discussion avec un doctorant peuvent suffire pour avancer.
Le bon départ n’est pas celui où tout est sûr. C’est celui où vous commencez à voir plus clair. Avec les contraintes, les joies, les étapes, les portes possibles. Si, au milieu de tout cela, vous sentez que quelque chose s’aligne, écoutez ce signal. Il peut devenir une vraie boussole.
Se lancer, ce n’est pas tout savoir. C’est accepter d’apprendre en avançant, avec lucidité et curiosité.
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