Résumé en 10 secondes sur les évolutions de carrière de professeur des universités en marketing
- Plusieurs trajectoires existent : expertise, responsabilités, changement de cadre ou projets parallèles.
- L’évolution ne passe pas forcément par une montée hiérarchique classique.
- L’expérience, la recherche et le réseau académique ouvrent progressivement des portes.
- Changer de cadre, par exemple entre université publique et école de commerce, modifie le rythme et les contraintes.
- Les choix d’évolution se jouent souvent dans un équilibre personnel : liberté, revenus, charge, sens, transmission.
Les grandes directions d’évolution possibles pour un professeur des universités en marketing
1. Monter en expertise dans l’enseignement et la recherche en marketing
Dans ce métier, l’expertise se construit dans la durée. Elle commence souvent par un doctorat, puis se renforce avec les années d’enseignement, les travaux de recherche, les publications, les collaborations et l’accompagnement de doctorant·es.
Le cœur du métier repose sur deux piliers : enseigner une spécialité, ici le marketing, et produire de la recherche sur des thématiques précises. Cette recherche peut être menée seul·e ou avec des collègues, au sein d’un laboratoire, parfois en lien avec d’autres universités.
Nathalie Veg-Sala, Professeure des Universités en Marketing, résume très concrètement cette double identité : « Notre métier de professeur des universités est composé finalement de deux grands domaines : l’enseignement et la recherche. L’enseignement, généralement dans une spécialité, et puis la recherche sur des domaines, des thématiques avec des travaux individuels ou collectifs que nous menons dans des laboratoires de recherche avec des collègues au sein de notre université, mais également en collaboration avec d’autres universités. »
Monter en expertise, ce n’est donc pas seulement “en savoir plus”. C’est apprendre à structurer une pensée, produire des connaissances, créer des cours, transmettre autrement, écrire, présenter ses travaux, guider des recherches. C’est aussi accepter un temps long : licence, master, doctorat, soutenance de thèse, puis qualification et recherche de poste.
Cette progression peut mener du statut de maître de conférences à celui de professeur des universités. Elle s’appuie sur les années d’enseignement et de recherche. Elle apporte une reconnaissance progressive, notamment par le travail doctoral, les publications, les projets et les responsabilités scientifiques.
2. Prendre plus de responsabilités dans l’université
Prendre des responsabilités est une option, pas une norme. Dans ce métier, on peut choisir de rester très centré sur l’enseignement et la recherche. On peut aussi, au fil du temps, piloter une formation, coordonner des équipes pédagogiques, gérer des plannings, suivre les notes, organiser le lien avec des maîtres d’apprentissage ou prendre des fonctions de direction.
Ces responsabilités changent le quotidien. Elles ajoutent une dimension administrative et relationnelle. Elles demandent de décider, d’arbitrer, de répondre à des contraintes concrètes. Elles peuvent aussi donner plus d’impact sur la façon dont une formation vit, accueille les étudiant·es et se connecte au monde professionnel.
Dans une semaine type, le temps peut se répartir entre les étudiant·es, l’administration d’une formation, la recherche et les projets. Ce découpage montre que l’évolution ne se limite pas à “faire plus de cours” ou “publier davantage”. Elle peut aussi passer par la coordination, l’organisation et la création de passerelles.
Cette montée en responsabilité a son revers : la charge mentale peut augmenter. Les tâches administratives peuvent devenir lourdes. Elles restent nécessaires pour faire fonctionner le cadre universitaire, mais elles demandent de l’énergie et une vraie capacité d’organisation.
3. Changer de cadre d’exercice dans l’enseignement supérieur
Un professeur des universités en marketing peut aussi évoluer en changeant de cadre. Le public et le privé n’offrent pas exactement le même quotidien. L’université publique apporte une grande liberté d’organisation et de recherche. Les écoles de commerce peuvent proposer des postes proches, avec enseignement, recherche et responsabilités administratives, mais parfois davantage de contraintes de présence.
Les écoles de commerce valorisent de plus en plus la recherche. Elles ont besoin d’enseignant·es-chercheur·ses, de laboratoires et de publications pour leurs accréditations. La frontière ancienne entre “université-recherche” et “école de commerce-entreprise” devient donc moins nette.
Le changement peut aussi venir d’un parcours professionnel antérieur. Une personne ayant travaillé en entreprise peut enseigner via des vacations, découvrir l’univers universitaire, puis envisager un doctorat. Il existe aussi certains contrats d’enseignement à l’université pour des professionnel·les, sans être sur un poste d’enseignant-chercheur. Ces statuts existent, mais ils peuvent être moins attractifs financièrement.
Enfin, le conseil peut entrer dans le parcours. Il n’est pas obligatoire. Certain·es choisissent d’avoir un lien fort avec les entreprises, d’autres restent davantage dans un profil universitaire. La mission de conseil peut être ponctuelle ou plus présente, selon les envies et les opportunités.
Évoluer sans changer de métier de professeur des universités en marketing
Une évolution n’a pas toujours besoin d’une rupture. Dans ce métier, il est possible de rester professeur des universités tout en changeant fortement son périmètre.
- Créer de nouveaux cours ou faire évoluer ses méthodes d’enseignement.
- Travailler avec un public différent, par exemple en licence professionnelle.
- Accompagner des doctorant·es et devenir directeur ou directrice de thèse.
- Développer des partenariats avec des institutions.
- Écrire un ouvrage ou lancer un projet de recherche.
- Renforcer le lien avec les entreprises, sans quitter l’université.
Cette capacité à faire bouger le contenu du métier est l’un de ses grands attraits. Les semaines peuvent être très différentes les unes des autres. Un cours en amphithéâtre, une séance de travail sur un article, un échange avec un maître d’apprentissage, une réunion de formation, un projet avec une institution : le métier garde la même base, mais il change de relief.
Cette variété peut nourrir le fameux petit battement de cœur professionnel : celui que l’on sent quand on avance dans un environnement qui vous ressemble. Pas parce que tout est facile. Mais parce que l’on reconnaît ce que l’on veut continuer à construire.
Évoluer en changeant partiellement de rôle comme professeur des universités en marketing
Le rôle peut glisser progressivement vers plus d’accompagnement, de conseil ou de transmission. Ce glissement ne demande pas forcément de quitter son poste. Il peut s’intégrer au fil des années.
L’accompagnement de doctorant·es en est un exemple fort. Le rôle de directeur ou directrice de thèse ne consiste pas seulement à valider un travail scientifique. Il demande de guider, relire, questionner, soutenir, aider à structurer une recherche sur plusieurs années. Il y a une part de coaching, avec une limite réglementaire qui permet de préserver la qualité du suivi.
La transmission peut aussi prendre d’autres formes : écrire un livre, créer des cours, intervenir auprès d’étudiant·es en alternance, faire le lien avec des maîtres d’apprentissage, accompagner une formation dans son développement.
Le conseil, lui, crée un pont avec l’entreprise. Il permet de rester proche du terrain, tout en gardant une position extérieure. Cette place d’observation peut être précieuse : on ne voit pas les mêmes choses qu’en interne, mais on peut en voir d’autres.
Les leviers qui facilitent l’évolution de carrière en marketing universitaire
Il n’existe pas de modèle unique. Les leviers dépendent du parcours, du moment de vie, de l’appétence pour la recherche, du besoin d’autonomie et des occasions rencontrées.
- La formation complémentaire. Le doctorat reste central pour accéder à un poste d’enseignant-chercheur. Un master recherche n’est pas toujours obligatoire, mais un bac+5 est nécessaire pour démarrer une thèse.
- Le directeur ou la directrice de thèse. Trouver une personne qui accepte de suivre le projet est une étape clé. C’est ce lien qui permet de s’inscrire en doctorat et d’avancer avec un cadre.
- Les cours et crédits pendant le doctorat. Des formations, conférences, articles ou expériences professionnelles peuvent contribuer à acquérir les crédits nécessaires.
- Le réseau académique. Les laboratoires, collègues, universités et collaborations ouvrent des espaces de recherche et d’opportunités.
- La capacité d’adaptation. Les méthodes d’enseignement évoluent, notamment avec les outils numériques et les usages des étudiant·es.
- Les premières expériences d’enseignement. Les vacations permettent de tester l’enseignement supérieur avant d’en faire un projet plus engageant.
Cette adaptation se voit jusque dans l’amphithéâtre. Les téléphones et les ressources en ligne changent la relation au cours. Plutôt que de lutter contre ces usages, on peut les intégrer : quiz, interactions, participation en direct. Le métier demande de rester vivant, attentif, créatif.
Ce que ces évolutions impliquent concrètement pour un professeur des universités en marketing
Chaque évolution a des effets très concrets. Elle change parfois le rythme, parfois les revenus, parfois la charge mentale, parfois le rapport au collectif.
- Le rythme de travail. L’organisation peut être souple, mais cette liberté demande de savoir poser ses limites. On peut aller chercher ses enfants à l’école, puis retravailler ensuite. On peut aussi accumuler trop de projets sans s’en rendre compte.
- Le niveau de responsabilité. Diriger une formation, suivre des doctorant·es ou prendre des fonctions de direction ajoute des décisions et des arbitrages.
- Le rapport au risque. Après un doctorat, il n’y a pas de garantie automatique d’obtenir un poste de maître de conférences. Il faut être qualifié, puis candidater sur des postes ouverts.
- Le cadre collectif. Le travail se fait avec des collègues, des étudiant·es, des laboratoires, des institutions et parfois des entreprises. Mais certaines activités, comme écrire ou analyser des données, restent plus solitaires.
- Les revenus. Passer du monde professionnel à l’université peut impliquer une différence de salaire. Les écoles de commerce peuvent proposer des rémunérations plus élevées, selon les établissements.
La liberté est l’un des grands marqueurs du métier. Mais elle n’est pas magique. Elle oblige à choisir, prioriser, renoncer parfois. C’est une liberté active, pas une absence de cadre.
Les points de vigilance dans les choix d’évolution de professeur des universités en marketing
Le métier peut être très nourrissant, mais il comporte aussi des zones de vigilance.
- La surcharge. La liberté d’organisation peut pousser à accepter beaucoup de projets : cours, recherche, direction de formation, ouvrages, partenariats, accompagnement doctoral.
- La perte de repères. Pour une personne venant de l’entreprise, retourner vers un doctorat peut représenter un vrai changement de rythme et de culture.
- L’incertitude après le doctorat. Le poste universitaire n’est pas garanti. Les besoins existent, mais les postes ouverts ne sont pas toujours assez nombreux.
- Les contraintes administratives. Elles font partie du fonctionnement universitaire et peuvent peser dans le quotidien.
- Les arbitrages financiers. Certains statuts intermédiaires ou contrats d’enseignement peuvent être moins intéressants sur le plan salarial.
« La première chose, c’est la liberté intellectuelle et la créativité qu’on peut associer à ce métier, puisqu’on peut faire plein de choses. On est libre d’énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations. [...] On a quand même une liberté aussi d’organisation parce qu’au-delà des heures que l’on doit faire en termes de cours, l’organisation que l’on fait pour la recherche, pour tous nos projets, on peut la faire comme on veut. [...] Après, tout n’est pas rose non plus. Cette liberté, elle est aussi parfois un peu traître parce qu’en fait, à force d’être libre, on accumule beaucoup de choses et parfois un peu trop. »
Ce point est essentiel pour se projeter. L’autonomie peut donner de l’air. Elle peut aussi demander une grande discipline personnelle. Avant de choisir une évolution, il est utile de regarder ce que l’on veut vraiment : plus de liberté, plus de sécurité, plus d’impact, plus de variété, plus de transmission.
À quel moment envisager une évolution dans une carrière de professeur des universités en marketing
Une évolution peut commencer par une envie très simple : approfondir un sujet, transmettre autrement, rejoindre l’enseignement supérieur après une carrière en entreprise, créer un nouveau projet, ou retrouver un meilleur équilibre de vie.
Certains signaux méritent d’être écoutés.
- Vous avez envie de creuser un sujet jusqu’au bout et de produire de la connaissance.
- Vous aimez transmettre, mais vous voulez aussi garder un lien avec la recherche.
- Vous souhaitez rester proche des entreprises sans y travailler à temps plein.
- Vous avez besoin d’une organisation plus autonome.
- Vous cherchez un métier où les projets peuvent se renouveler de l’intérieur.
- Vous voulez accompagner des étudiant·es ou des doctorant·es dans leur progression.
Ces signaux ne sont pas des obligations. Ils sont des pistes. Ils invitent à regarder ce qui donne de l’énergie, ce qui en prend trop, et ce que vous avez envie de faire grandir dans votre vie professionnelle.
Options possibles selon son profil dans le métier de professeur des universités en marketing
Pour les profils attirés par la stabilité
L’université publique peut offrir un cadre stable, avec un statut, une spécialité, un laboratoire et une progression académique. Cette stabilité n’empêche pas la variété : cours, recherche, projets, administration, accompagnement.
Pour les profils en quête d’autonomie
La liberté d’organisation et la liberté intellectuelle peuvent être très précieuses. Elles permettent de créer ses cours, choisir des axes de recherche, lancer des projets, organiser ses temps de travail. En échange, il faut apprendre à cadrer son énergie.
Pour les profils orientés transmission ou impact
Le contact avec les étudiant·es peut devenir le centre de gravité du métier. Faire cours, encourager, pousser vers le haut, aider à croire que c’est possible : cette dimension peut donner beaucoup de sens au quotidien.
« Ce qui me plaît le plus, c’est les petits mercis à certains moments des étudiants [...] Et vraiment, ça, c’est pour moi le plus important. D’essayer de faire en sorte de les pousser vers le haut, de leur dire que c’est possible, qu’ils peuvent faire plein de choses. Et ça, c’est vraiment ce qui me plaît le plus, ce qui me rend le plus fier. »
Pour les profils préférant la diversité à la hiérarchie
Ce métier peut évoluer par projets plutôt que par échelons visibles. Écrire, chercher, enseigner, coordonner, accompagner, créer un partenariat : autant de façons d’élargir son rôle sans forcément viser une fonction de direction.
Choisir sa ligne de crête dans le métier de professeur des universités en marketing
Pour avancer, commencez simple. Prenez une feuille. Tracez trois colonnes : ce que vous voulez garder, ce que vous voulez quitter, ce que vous voulez tester. Notez des éléments concrets : enseigner, chercher, écrire, encadrer, conseiller, organiser, travailler avec des entreprises, accompagner des jeunes, garder de la liberté.
Ensuite, choisissez un premier pas. Rencontrez une personne qui enseigne dans le supérieur. Testez une vacation si votre parcours le permet. Cartographiez vos compétences actuelles. Identifiez le sujet que vous auriez envie d’approfondir pendant plusieurs années. Regardez aussi vos contraintes de vie : revenus, temps, énergie, besoin de cadre.
Une carrière ne suit pas une ligne droite. Elle s’enrichit souvent par ajustements successifs, au rythme de ce qui fait sens à chaque étape.
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