Résumé en 10 secondes sur le métier de professeur des universités en marketing
- Mythe fréquent : on imagine souvent que le métier consiste surtout à donner des cours, avec beaucoup de liberté et peu de contraintes.
- Réalité concrète : le métier combine enseignement, recherche, administration, projets, relations avec des institutions et parfois avec des entreprises.
- Écart marquant : la liberté existe vraiment, mais elle demande beaucoup d’autonomie et peut conduire à accumuler trop de choses.
- Difficulté inattendue : les tâches administratives, le manque de moyens et l’absence de garantie de poste après le doctorat peuvent peser.
- Part invisible : accompagner des doctorants, gérer une formation, suivre des maîtres d’apprentissage ou construire des partenariats prend du temps.
Pourquoi le métier de professeur des universités en marketing est souvent idéalisé
Le métier de professeur des universités en marketing attire parce qu’il porte une image forte : transmettre, réfléchir, créer ses cours, faire de la recherche, rester en lien avec les jeunes et garder une forme de liberté. Vu de l’extérieur, on peut surtout voir l’amphi, les échanges avec les étudiants, les livres, les idées. On voit moins les dossiers, les plannings, les notes à remonter, les appels à projets, les contraintes de recrutement ou la lenteur du parcours.
Il y a aussi une projection très humaine. Beaucoup se disent qu’enseigner à l’université, c’est être utile, ouvrir des portes, donner confiance. Et c’est vrai, en partie. Mais ce métier ne se limite pas à ce beau moment où une connaissance passe d’une personne à une autre. Il demande de tenir ensemble plusieurs rôles, parfois dans la même journée.
Nathalie Veg-Sala, professeure des universités en marketing, pose très clairement le cadre : “Notre métier de professeur des universités est composé finalement de deux grands domaines : l’enseignement et la recherche. L’enseignement, généralement dans une spécialité, et puis la recherche sur des domaines, des thématiques avec des travaux individuels ou collectifs que nous menons dans des laboratoires de recherche avec des collègues au sein de notre université, mais également en collaboration avec d’autres universités.”
Mythe n°1 : Un professeur des universités en marketing passe surtout son temps à faire cours
Ce qu’on imagine
On pourrait croire que le cœur du métier serait presque uniquement dans la salle de cours : préparer un contenu, parler devant des étudiants, corriger quelques copies, puis recommencer. Dans cette image, le professeur des universités en marketing serait avant tout une personne qui transmet son expertise, souvent en amphithéâtre, parfois avec quelques exemples d’entreprise.
On pourrait aussi penser que le lien avec les entreprises serait automatique, surtout en marketing. Comme si enseigner cette matière impliquait forcément de faire du conseil en parallèle ou d’avoir un pied constant dans le privé.
La réalité sur le terrain
La réalité est beaucoup plus large. L’enseignement existe, bien sûr, et il reste central. Mais il n’occupe pas tout l’espace. Une semaine peut se découper en plusieurs blocs : environ un quart du temps en contact avec les étudiants, un quart sur les tâches administratives et l’organisation d’une formation, un quart sur la recherche, et un quart sur d’autres projets comme un ouvrage ou des partenariats avec des institutions.
La partie administrative est très concrète : gérer des plannings, suivre une formation, faire le lien avec des maîtres d’apprentissage, remonter des notes. Ce sont des tâches moins visibles, mais nécessaires pour faire fonctionner l’ensemble.
Le lien avec les entreprises existe, mais il dépend beaucoup des choix de la personne. Il peut passer par les étudiants, les maîtres d’apprentissage, les terrains de recherche, les études de cas ou certaines missions de conseil. Mais ce n’est pas forcément une obligation intégrée au poste.
Ce que ça change concrètement
Au quotidien, il faut aimer changer de rythme. Une journée peut passer d’un cours en amphi à un travail de recherche, puis à une réunion de formation ou à un échange avec un partenaire. Ce n’est pas un métier monotâche.
Cette diversité peut nourrir la motivation. Elle peut aussi fatiguer. Pour s’y retrouver, il faut savoir prioriser, dire non parfois, et accepter que le travail ne soit pas toujours visible immédiatement. Le petit battement de cœur peut venir du cours réussi, du merci d’un étudiant, d’un projet qui avance, ou d’une idée de recherche qui trouve enfin sa forme.
Mythe n°2 : La liberté rend le métier de professeur des universités en marketing facile
Ce qu’on imagine
On associe souvent l’université à une grande liberté. On imagine des horaires souples, une organisation personnelle, du temps pour lire, écrire, penser, créer. Cette image n’est pas fausse. Mais elle est incomplète.
On pourrait croire que cette liberté protège de la pression. Comme si le fait de choisir ses sujets, ses projets ou une partie de son organisation rendait le métier naturellement léger.
La réalité sur le terrain
La liberté est réelle. Elle touche les cours, les projets, la recherche, l’organisation du travail. Elle permet de créer des supports, d’écrire des livres, de proposer des partenariats, de monter des projets avec des institutions. Elle peut aussi aider à mieux ajuster sa vie professionnelle et personnelle.
Mais cette liberté demande une forte discipline. Sans cadre strict, on peut prendre beaucoup d’engagements. Trop, parfois. Les semaines deviennent très différentes les unes des autres. Le métier évolue sans cesse, ce qui le rend vivant, mais aussi exigeant.
“La première chose, c’est la liberté intellectuelle et la créativité qu’on peut associer à ce métier, puisqu’on peut faire plein de choses. On est libre d’énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations. [...] On a quand même une liberté aussi d’organisation parce qu’au-delà des heures que l’on doit faire en termes de cours, l’organisation que l’on fait pour la recherche, pour tous nos projets, on peut la faire comme on veut. [...] Cette liberté, elle est aussi parfois un peu traître parce qu’en fait, à force d’être libre, on accumule beaucoup de choses et parfois un peu trop.”
Ce que ça change concrètement
La liberté devient un vrai avantage quand elle est choisie avec lucidité. Elle permet de construire un métier à son image, de garder une curiosité active et de faire évoluer ses sujets. Mais elle oblige aussi à se connaître.
Pour certaines personnes, cette autonomie donne de l’énergie. Pour d’autres, elle peut devenir une charge mentale. Il faut avancer sans attendre qu’un cadre fixe dise toujours quoi faire, quand le faire et dans quel ordre.
Ce métier demande donc un rapport mature à l’autonomie. Il ne s’agit pas seulement d’être libre. Il s’agit de savoir quoi faire de cette liberté.
Mythe n°3 : Après un doctorat, le poste à l’université est assuré
Ce qu’on imagine
On pourrait croire que le parcours est linéaire : bac+5, doctorat, thèse, puis poste d’enseignant-chercheur à l’université. Cette idée rassure. Elle donne l’impression qu’un effort long débouche naturellement sur une place.
Pour une personne en reconversion, l’image peut être encore plus forte : reprendre des études, faire une thèse pendant plusieurs années, puis intégrer l’enseignement supérieur. Le projet semble clair. Mais le chemin comporte une part d’incertitude.
La réalité sur le terrain
Pour devenir enseignant-chercheur à l’université dans un parcours classique, le doctorat est nécessaire. Il s’agit d’un niveau bac+8, avec une thèse, une soutenance, un travail de recherche au sein d’un laboratoire. Après la thèse, il faut obtenir une qualification comme maître de conférence. Puis vient la recherche de poste.
Il n’y a pas de garantie automatique. Des postes existent chaque année, mais ils ne sont pas toujours assez nombreux. Les besoins sont réels, mais les moyens de l’université ne suivent pas toujours. Il faut donc postuler, souvent dans plusieurs universités, sur des postes liés à son domaine d’expertise.
Le doctorat peut aussi ouvrir d’autres portes. Les écoles de commerce recrutent des personnes titulaires d’un doctorat, avec des postes qui combinent souvent enseignement, recherche et tâches administratives. Les frontières entre universités et écoles de commerce se sont rapprochées, notamment parce que les écoles valorisent davantage la recherche.
Ce que ça change concrètement
Avant de se lancer, il faut regarder le doctorat comme un engagement fort, pas comme un ticket garanti. Il faut trouver un directeur ou une directrice de thèse, construire un projet solide, accepter plusieurs années d’effort, puis entrer dans une phase de candidature.
Un master recherche n’est pas toujours obligatoire. Un bac+5 peut suffire pour démarrer, y compris après une expérience en entreprise. Mais sans master recherche, il peut être nécessaire de s’investir davantage pour acquérir les méthodes de recherche. Des formations peuvent être suivies pendant le doctorat, notamment via les écoles doctorales.
Il existe aussi des façons de découvrir l’enseignement supérieur avant de tout transformer. Les vacations permettent à des professionnels d’enseigner ponctuellement à l’université ou en école de commerce. C’est une manière concrète de tester le terrain, sans se raconter trop vite une histoire idéale.
Ce que personne ne dit avant de commencer dans le métier de professeur des universités en marketing
- La recherche prend du temps. Elle se mène seul ou avec des collègues, sur des thématiques précises, avec des terrains, des analyses de documents, des articles ou des présentations en conférence.
- L’administratif existe vraiment. Gérer une formation, suivre les plannings, les notes ou les liens avec les maîtres d’apprentissage fait partie du métier.
- La pédagogie doit évoluer. Les téléphones et les ressources en ligne changent la manière d’enseigner. En amphithéâtre, des quiz sur téléphone peuvent rendre les étudiants actifs, même à plusieurs centaines.
- Le contact avec les étudiants demande de l’attention. Il ne suffit pas de transmettre un cours. Il faut chercher ce qui les aide vraiment à avancer.
- Le lien avec l’entreprise n’est pas uniforme. Certaines personnes font beaucoup de conseil. D’autres très peu. Le lien peut passer par les étudiants, la recherche ou les projets.
- Accompagner une thèse est un vrai travail. Suivre des doctorants demande du temps. Le rôle ressemble parfois à du coaching, avec un cadre académique fort.
- Le nombre de doctorants est limité. Une limite réglementaire existe, autour de cinq doctorants, justement parce que l’accompagnement demande un vrai engagement.
- Le salaire peut être moins attractif que dans certains postes privés. En contrepartie, le métier offre d’autres avantages : liberté intellectuelle, organisation, créativité, vacances plus nombreuses que dans beaucoup d’autres métiers.
- Tout n’est pas idéal. Il peut y avoir des manques de moyens, des contraintes lourdes, et des collègues avec qui l’entente n’est pas toujours parfaite.
Le vrai déclic dans le métier de professeur des universités en marketing : quand la réalité devient acceptable
Le déclic peut naître très tôt, parfois pendant les études. Un cours de marketing peut montrer autre chose qu’une matière : une façon de transmettre, de relier la théorie au concret, de faire entrer le monde des entreprises à l’université, sans forcément travailler soi-même en entreprise.
À ce moment-là, le métier cesse d’être un fantasme pour devenir un choix. On ne voit plus seulement la figure du professeur. On voit le geste : préparer, expliquer, relier, faire participer, accompagner, chercher, recommencer.
La réalité devient enthousiasmante quand elle correspond à une manière d’être au travail. Pour certaines personnes, ne pas être intégrées à l’entreprise mais rester en lien avec elle offre une place juste : assez proche pour comprendre le terrain, assez extérieure pour garder un regard différent.
Ce déclic ne supprime pas les contraintes. Il les rend lisibles. On accepte mieux les dossiers, les incertitudes et les efforts quand ils servent quelque chose de profond : aider des étudiants à se projeter, produire de la connaissance, construire des ponts entre l’université et le monde professionnel.
À qui la réalité du métier de professeur des universités en marketing correspond ou non
Les profils qui peuvent s’y retrouver
- Les personnes qui aiment transmettre. Le contact avec les étudiants est un moteur puissant, surtout quand il s’agit de les encourager et de les pousser vers le haut.
- Les personnes autonomes. Le métier laisse de la place pour organiser son travail, mais cette liberté suppose de savoir avancer sans cadre trop serré.
- Les personnes curieuses. Recherche, cours, projets, partenariats : le quotidien demande d’apprendre, de créer et d’adapter ses pratiques.
- Les personnes qui aiment relier théorie et concret. En marketing, les entreprises, les études de cas, les apprentissages et les terrains de recherche nourrissent les enseignements.
- Les personnes prêtes à s’engager dans un temps long. Le doctorat, la qualification, les candidatures et la construction d’une carrière demandent de la patience.
Les profils pour qui le mythe risque de s’effondrer vite
- Les personnes qui cherchent une garantie rapide. Le doctorat ne garantit pas automatiquement un poste d’enseignant-chercheur à l’université.
- Les personnes qui veulent uniquement enseigner. Dans un poste d’enseignant-chercheur, la recherche fait partie du cœur du métier.
- Les personnes qui ont besoin d’un cadre très fixe. Les semaines varient beaucoup, et les projets peuvent se superposer.
- Les personnes qui refusent les tâches administratives. Elles sont moins visibles, mais bien présentes.
- Les personnes qui veulent rester pleinement dans l’entreprise. Le lien avec les entreprises existe, mais il n’a pas la même nature qu’un poste interne.
Ce que le terrain apprend avec le recul dans le métier de professeur des universités en marketing
Le rapport au temps : construire dans la durée
Ce métier apprend que tout ne se mesure pas à court terme. Une thèse se construit sur plusieurs années. Un article demande du temps. Une formation se pilote dans la continuité. La progression des étudiants se voit parfois après coup, dans un message, un merci, une trajectoire qui s’ouvre.
Le rapport à l’effort : tenir plusieurs fils à la fois
Enseigner, chercher, administrer, créer, accompagner : le métier demande de passer d’un registre à l’autre. L’effort n’est pas seulement intellectuel. Il est aussi organisationnel et relationnel. Il faut garder le cap, même quand les moyens manquent ou que les tâches invisibles prennent de la place.
Le rapport au plaisir : retrouver le sens dans la relation
Le plaisir du métier ne vient pas seulement de la liberté ou des projets. Il vient aussi de la relation avec les étudiants, de la possibilité de leur faire sentir que quelque chose est possible.
“J’adore tout ce que je fais en dehors des cours, mais j’adore ce que je fais avec les étudiants et la relation qui est établie avec les étudiants. Moi, c’est vraiment ça qui me plaît le plus, c’est les petits mercis à certains moments des étudiants [...] Et d’essayer de faire en sorte de les pousser vers le haut, de leur dire que c’est possible, qu’ils peuvent faire plein de choses. Et ça, c’est vraiment, je trouve, ce qui me plaît le plus, ce qui me rend le plus fier.”
Choisir lucidement le métier de professeur des universités en marketing
Pour confronter le mythe à la réalité, le premier geste peut être simple : rencontrer une personne qui exerce ce métier et poser des questions très concrètes. À quoi ressemble une semaine ? Quelle place prend la recherche ? Quelles tâches pèsent le plus ? Comment se vit l’autonomie ? Comment démarre-t-on une thèse ?
Si vous venez du monde professionnel, une vacation peut aussi aider à tester l’enseignement supérieur à petite échelle. Elle permet de sentir le rythme, la relation avec les étudiants, la préparation des cours, et le cadre universitaire, avant d’envisager un doctorat ou une bifurcation plus profonde.
Ce n’est pas une question de rêve, mais d’ajustement. La réalité n’est pas un problème quand elle est choisie. Et parfois, c’est justement en regardant le métier de près que le petit battement de cœur devient plus net : celui d’une place où l’on apprend, où l’on transmet, et où l’on aide d’autres personnes à avancer.
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