Résumé en 10 secondes pour le métier de professeur des universités en marketing
- Le cadre le plus structuré reste le poste d’enseignant-chercheur à l’université ou en école de commerce.
- L’indépendance existe surtout par les vacations, les missions de conseil ou certains projets menés en parallèle.
- La création pure d’entreprise n’apparaît pas comme la voie centrale, mais certains volets du métier demandent un vrai esprit de pilotage.
- Chaque modèle change le niveau de sécurité, de liberté, de charge mentale et de risque.
- Le bon choix dépend de vos priorités : stabilité, autonomie, lien aux étudiants, recherche, projets ou équilibre de vie.
Comprendre les trois grands modèles d’exercice du professeur des universités en marketing
1. Le salariat pour le professeur des universités en marketing
Pour ce métier, le salariat correspond d’abord à un poste dans une université, avec une progression possible de maître de conférences à professeur des universités. Le parcours classique passe par un doctorat, donc un niveau bac+8, avec une thèse, une soutenance, puis une qualification pour postuler à des postes.
Ce cadre repose sur deux grands piliers : l’enseignement et la recherche. Les cours se construisent dans une spécialité, ici le marketing. La recherche se mène dans un laboratoire, avec des collègues, parfois dans son université, parfois avec d’autres établissements.
Le salariat peut aussi exister en école de commerce. Les postes y combinent souvent enseignement, recherche et tâches administratives. Les salaires peuvent être plus élevés selon les écoles, mais le cadre peut être moins flexible que dans le public.
Ce modèle apporte un environnement structuré. Il donne accès à un collectif, à des étudiants, à des laboratoires, à des formations, à des projets institutionnels. Il demande aussi d’accepter les règles de recrutement, les dossiers, les postes parfois rares et les tâches administratives.
2. L’indépendance pour le professeur des universités en marketing
Dans ce métier, l’indépendance ne prend pas toujours la forme d’une activité exercée seule à temps plein. Elle apparaît plutôt par touches : vacations, missions de conseil, interventions ponctuelles, lien avec les entreprises, projets menés selon ses envies et son expertise.
Un professionnel peut par exemple enseigner à l’université ou en école de commerce sous forme de vacations. C’est une manière concrète de découvrir l’enseignement supérieur avant d’envisager un changement plus profond, comme un doctorat.
Les missions de conseil existent aussi. Elles ne sont pas obligatoires. Certaines personnes les développent beaucoup, d’autres très peu. Tout dépend du profil, du rapport au terrain, du besoin de lien avec les entreprises et du temps disponible.
« Dans les enseignants-chercheurs, on a différents profils. On a des universitaires purs et durs. On a ceux qui font un peu plus en lien avec les entreprises. C’est là où la liberté aussi est intéressante. Moi, c’est vrai que j’ai toujours souhaité avoir ce lien avec les entreprises, mais rien d’obligatoire. »
3. L’entrepreneuriat pour le professeur des universités en marketing
Pour un professeur des universités en marketing, l’entrepreneuriat n’apparaît pas comme la voie la plus directe du métier. En revanche, certains volets s’en rapprochent : créer un ouvrage, monter un partenariat avec une institution, piloter une formation, construire un projet nouveau, coordonner des interlocuteurs, faire avancer une idée dans la durée.
Cette dimension demande une posture plus stratégique. Il ne s’agit plus seulement d’enseigner ou de produire de la recherche. Il faut aussi décider, organiser, convaincre, tenir un calendrier, gérer des échanges avec des acteurs variés.
Le cœur reste le métier d’enseignant-chercheur, mais avec une énergie de construction. On ne crée pas forcément une entreprise. On crée des formats, des passerelles, des projets, des espaces d’apprentissage. C’est souvent là que le petit battement de cœur professionnel se fait sentir : quand une idée devient utile à d’autres.
Ce que chaque modèle change concrètement au quotidien pour le professeur des universités en marketing
Dans un poste universitaire, la semaine peut être très variée. Une répartition possible ressemble à ceci : une part importante avec les étudiants, une autre consacrée à l’administration et à la gestion d’une formation, une part dédiée à la recherche, puis du temps pour des projets, des partenariats ou un ouvrage.
Le quotidien ne se limite donc pas à “faire cours”. Il faut préparer, animer, corriger, suivre des étudiants, gérer des plannings, remonter des notes, échanger avec des maîtres d’apprentissage, travailler des terrains de recherche, analyser des documents, écrire, coordonner.
Avec des vacations ou du conseil, le rythme dépend davantage des missions acceptées. Le temps se concentre sur des interventions ciblées. Cela peut donner de l’air et une grande liberté, mais aussi demander de clarifier sa disponibilité, son périmètre et son niveau d’engagement.
Avec une logique de projet, proche de l’entrepreneuriat, le quotidien devient plus mouvant. Il faut avancer sans cadre entièrement tracé. Cela peut être très stimulant, mais la liberté peut aussi pousser à accumuler trop de choses.
Le rapport au collectif change également. À l’université, le métier se vit avec des étudiants, des collègues, un laboratoire, une formation. En mission ponctuelle, le collectif peut être plus intermittent. Dans un projet à piloter, il faut souvent créer soi-même les liens nécessaires pour avancer.
Sécurité, liberté, risque : les arbitrages clés du professeur des universités en marketing
Le premier arbitrage touche à la sécurité. Un poste dans l’enseignement supérieur donne un cadre plus lisible qu’une activité faite uniquement de missions. Mais il demande un long parcours d’accès, sans garantie automatique à la sortie du doctorat.
Le deuxième arbitrage touche à la liberté. Le métier universitaire peut offrir une vraie autonomie intellectuelle et d’organisation. Cette liberté est précieuse, mais elle demande de savoir se poser des limites.
Nathalie Veg-Sala, professeure des universités en marketing : « La première chose, c’est la liberté intellectuelle et la créativité qu’on peut associer à ce métier, puisqu’on peut faire plein de choses. On est libre d’énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations, donc on peut insister sur des choses. Il y a des choses qu’on doit bien évidemment transmettre de basiques, mais on a cette possibilité d’apporter ce que nous, on a envie d’apporter. »
Le troisième arbitrage touche au risque. En école de commerce, les opportunités existent aussi, avec des postes proches de ceux de l’université. En revanche, le cadre peut être plus contraint. Avec les vacations ou le conseil, la liberté augmente, mais la stabilité peut diminuer.
Le choix n’est donc pas seulement financier. Il touche à votre manière de travailler, de créer, de transmettre, de décider. Il touche aussi à votre besoin de cadre, de reconnaissance, de temps long et de respiration.
Peut-on changer de modèle au cours de sa carrière comme professeur des universités en marketing ?
Oui, plusieurs passages existent. Certaines personnes commencent en entreprise, puis rejoignent l’enseignement supérieur plus tard. Elles peuvent d’abord faire des vacations pour tester le contact avec les étudiants, puis envisager un doctorat si elles souhaitent devenir enseignantes-chercheuses ou enseignants-chercheurs.
Le doctorat peut se faire après un master professionnel. Un master recherche n’est pas toujours obligatoire, à condition d’avoir un bac+5 et de trouver une direction de thèse prête à accompagner le projet. Le doctorat demande ensuite de suivre des formations, de produire une thèse, parfois de présenter des travaux en conférence ou d’écrire des articles.
Après la thèse, il n’y a pas de garantie de poste à l’université. Il faut obtenir la qualification de maître de conférences, puis candidater. Les postes existent, mais ils ne sont pas toujours assez nombreux. Les écoles de commerce élargissent alors les possibilités, car elles recrutent aussi des profils avec doctorat pour enseigner, chercher et participer à la vie de l’établissement.
Le mouvement peut aussi se faire entre université et école de commerce, dans un sens ou dans l’autre. Ce n’est donc pas une route unique. C’est plutôt un chemin avec des étapes, des essais, des dossiers, des rencontres et parfois des portes qui s’ouvrent au bon moment.
Ce que ces modèles demandent humainement au professeur des universités en marketing
Autonomie. Le métier demande de savoir organiser son temps. Préparer un cours, conduire une recherche, suivre des étudiants, gérer une formation et avancer sur un projet ne se placent pas tout seuls dans l’agenda.
Capacité à décider. Il faut choisir ses sujets, ses terrains, ses priorités, ses collaborations. Même dans un cadre institutionnel, une grande partie du travail repose sur des décisions personnelles.
Goût de la transmission. Le contact avec les étudiants occupe une place centrale. Il faut adapter ses façons d’enseigner, rendre les cours plus interactifs, utiliser les outils que les étudiants ont déjà en main, comme les téléphones pour des quiz en amphithéâtre.
Gestion de l’incertitude. Le parcours doctoral, la recherche de poste, les projets, les collaborations et les publications demandent de tenir sans tout maîtriser à l’avance.
Énergie relationnelle. Le métier relie des mondes différents : étudiants, collègues, laboratoires, universités, écoles, entreprises, institutions, maîtres d’apprentissage. Il faut aimer faire circuler les idées.
Points de vigilance selon le modèle choisi pour le professeur des universités en marketing
Salariat universitaire ou en école
- Le parcours d’accès est long, notamment avec le doctorat.
- Les postes ne sont pas garantis après la thèse.
- Les tâches administratives peuvent prendre une place importante.
- Les moyens ne sont pas toujours à la hauteur des besoins.
- En école privée, la flexibilité peut être plus limitée selon les établissements.
Vacations, conseil et interventions ponctuelles
- Le volume d’activité peut varier selon les opportunités.
- Le cadre peut être moins protecteur qu’un poste complet.
- Certains contrats d’enseignement existent, mais ne sont pas toujours les plus attractifs financièrement.
- Il faut clarifier ce que l’on veut vraiment : tester, compléter, transmettre, ou basculer vers un autre métier.
Logique de projet et pilotage
- La liberté peut conduire à empiler trop de sujets.
- Les responsabilités se multiplient vite : coordination, calendrier, échanges, suivi.
- Le projet peut déborder sur le temps personnel si les limites ne sont pas posées.
- La motivation doit tenir dans la durée, pas seulement au moment du lancement.
Quel modèle semble le plus adapté selon ses priorités pour devenir professeur des universités en marketing ?
Si votre priorité est la stabilité, le poste dans une université ou une école offre le cadre le plus structuré. Il faut toutefois accepter un accès sélectif, un temps long et des étapes formelles.
Si votre priorité est l’autonomie, le cadre universitaire public peut être très attractif. Il laisse de la place pour organiser son travail, créer ses cours, choisir des axes de recherche et développer des projets.
Si votre priorité est le lien au terrain, les missions de conseil, les partenariats, les formations en alternance et les écoles de commerce peuvent renforcer le contact avec les entreprises.
Si votre priorité est la création, les ouvrages, projets institutionnels, nouvelles formations ou collaborations peuvent nourrir ce besoin. Ce n’est pas forcément créer une entreprise, mais c’est créer quelque chose qui n’existait pas encore.
Si votre priorité est l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle, l’autonomie d’organisation peut aider. Elle permet par exemple d’aménager certains moments de la journée. Mais elle demande aussi de reprendre le travail plus tard, de savoir s’arrêter et de ne pas confondre liberté avec disponibilité permanente.
À quel moment envisager un changement de statut pour le professeur des universités en marketing ?
Un changement de statut peut devenir pertinent quand le cadre actuel ne nourrit plus assez. Cela peut arriver après plusieurs années en entreprise, avec l’envie de transmettre, de prendre du recul, d’enseigner autrement, de faire de la recherche ou de rejoindre l’enseignement supérieur.
Le besoin de liberté peut aussi jouer. Certaines personnes ne se sentent pas faites pour une entreprise classique, mais veulent garder un lien fort avec les organisations. Le métier universitaire permet alors d’être au contact du terrain sans être totalement intégré à une entreprise.
Des contraintes personnelles peuvent également déplacer les priorités. L’autonomie d’organisation peut compter davantage à certains moments de vie. Elle ne supprime pas la charge de travail, mais elle peut permettre de mieux choisir quand et comment l’accomplir.
Le bon moment peut aussi être celui où une question de recherche devient trop présente pour rester secondaire. Quand on a envie de creuser, d’écrire, de comprendre, de transmettre, le doctorat peut devenir une étape cohérente. Pas légère. Pas automatique. Mais alignée.
Tenir l’équilibre entre liberté, transmission et durée dans le métier de professeur des universités en marketing
Avant de choisir un modèle, commencez simple. Listez vos critères non négociables : stabilité, niveau de revenu, autonomie, temps de recherche, contact avec les étudiants, lien aux entreprises, équilibre personnel. Puis comparez une semaine type dans chaque cadre.
Demandez-vous aussi ce que vous êtes prêt à porter. Un doctorat demande du temps. Un poste demande des candidatures. Les vacations demandent de composer avec un cadre partiel. Les projets demandent de l’énergie et de la régularité.
Un bon premier pas consiste à échanger avec une personne qui exerce sous un autre statut. Une conversation suffit parfois à déconstruire une image trop lisse du métier et à sentir ce qui vous attire vraiment.
« Moi, c’est vraiment ça qui me plaît le plus, c’est les petits mercis à certains moments des étudiants qui ne sont pas des étudiants, forcément, qui viennent de conditions en plus faciles à l’université de Nanterre, dans la formation dans laquelle je suis. Et vraiment, ça, c’est pour moi le plus important, vraiment. Et d’essayer de faire en sorte de les pousser vers le haut, de leur dire que c’est possible, qu’ils peuvent faire plein de choses. »
Le bon modèle n’est pas celui qui rassure le plus sur le papier, mais celui qui permet de durer sans se renier.
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