Résumé en 10 secondes des formations pour devenir professeur des universités en marketing
Pour devenir professeur des universités en marketing, le parcours le plus classique passe par un long chemin universitaire, avec un doctorat au cœur de la trajectoire. Mais ce n’est pas la seule porte d’entrée vers l’enseignement supérieur.
- Le parcours initial le plus fréquent suit une licence, un master, puis un doctorat en sciences de gestion.
- La reconversion professionnelle est possible, notamment après une carrière en entreprise, avec une reprise d’études et un projet de thèse.
- L’expérience terrain compte beaucoup : enseignement en vacation, recherche appliquée, liens avec les entreprises, accompagnement d’étudiants.
- Le diplôme ouvre des portes, mais ne garantit pas automatiquement un poste d’enseignant-chercheur.
- Ce parcours demande de l’autonomie, du temps, de la persévérance et une vraie envie de transmettre.
Les principales voies de formation pour devenir professeur des universités en marketing
1. Les formations initiales les plus fréquentes vers le métier de professeur des universités en marketing
Le chemin le plus classique commence à l’université. Il passe par une licence, puis un master, puis un doctorat. Dans le cas du marketing à l’université, le doctorat se fait généralement en sciences de gestion.
Nathalie Veg-Sala, professeure des universités en marketing, pose le cadre : « Pour arriver à enseigner à l’université sur un schéma classique, on est sur l’obligation de passer un doctorat. Un doctorat, c’est un bac plus huit. D’abord, une licence. Après, aujourd’hui, ce qu’on appelle un master. Et puis, après, un doctorat en sciences de gestion avec la rédaction d’une thèse de doctorat au sein d’un laboratoire, une soutenance de thèse. »
Ce parcours apporte trois choses fortes.
- Un cadre : le doctorat structure le travail de recherche. Il apprend à formuler une question, construire une méthode, analyser des terrains et défendre un résultat.
- Une légitimité : la thèse soutenue, puis la qualification comme maître de conférences, permettent d’entrer dans les procédures de recrutement de l’université.
- Des premières compétences : pendant le doctorat, il est possible de commencer à enseigner quelques cours, souvent comme vacataire, et de s’inscrire dans la vie d’un laboratoire de recherche.
Le parcours ne se limite donc pas à accumuler des diplômes. Il construit une posture : chercher, transmettre, relier la théorie au concret, tenir dans la durée. C’est souvent là que le petit battement de cœur professionnel commence à se faire entendre : quand apprendre et faire apprendre avancent ensemble.
2. La formation continue et la reconversion professionnelle vers l’enseignement supérieur en marketing
Une carrière en entreprise n’empêche pas de rejoindre l’enseignement supérieur. Au contraire, des profils expérimentés choisissent parfois de reprendre des études pour préparer un doctorat et s’orienter vers l’enseignement et la recherche.
« Aujourd’hui, on voit de plus en plus des personnes qui ont une carrière en entreprise et qui, à un moment donné, se disent : j’ai envie de rentrer dans l’enseignement supérieur. Et on a de plus en plus de professionnels qui se reconvertissent et qui décident à un moment donné de refaire des études et de faire un doctorat. »
Cette reprise d’études demande un vrai déplacement. Revenir dans un cadre universitaire après plusieurs années de vie professionnelle, ce n’est pas seulement changer d’agenda. C’est aussi reprendre des habitudes de lecture, d’écriture, de méthode, de recherche, d’échanges académiques.
Un master recherche n’est pas toujours obligatoire pour démarrer une thèse. Le prérequis central reste le bac +5. Un Master 2 professionnel peut donc permettre d’entrer en doctorat, à condition de trouver un directeur ou une directrice de thèse qui accepte d’accompagner le projet.
Le master recherche peut faciliter l’entrée dans le travail doctoral, car il prépare déjà aux méthodes de recherche. Mais des formations existent ensuite dans les écoles doctorales et les laboratoires. Elles permettent d’acquérir progressivement les compétences nécessaires pendant le doctorat.
Il existe aussi des façons de tester l’enseignement supérieur avant de s’engager pleinement. Les vacations permettent à des professionnels d’enseigner ponctuellement à l’université ou en école de commerce. Certains contrats universitaires existent également pour des professionnels enseignants, sans être des postes d’enseignants-chercheurs. Ces voies peuvent aider à découvrir le terrain avant de viser un changement plus profond.
Le rôle réel du diplôme dans le métier de professeur des universités en marketing
Dans ce métier, le diplôme joue un rôle très fort. Le doctorat est une étape structurante. Sans lui, le chemin classique vers un poste d’enseignant-chercheur à l’université n’est pas ouvert.
Après la soutenance de thèse, une autre étape intervient : la qualification comme maître de conférences. Elle valide que le dossier atteint le niveau attendu pour candidater sur des postes universitaires. Ce n’est donc pas seulement le diplôme qui compte, mais tout le dossier : la thèse, les premières expériences d’enseignement, les travaux de recherche, les communications, parfois les articles.
Le diplôme rassure aussi sur la capacité à mener un travail long, exigeant et autonome. Il montre qu’une personne sait construire une recherche, tenir une problématique, dialoguer avec un laboratoire, aller au bout d’un projet de plusieurs années.
Mais il ne garantit pas tout.
« Malheureusement, il n’y a pas de garantie puisqu’une fois que vous soutenez votre thèse, il faut obtenir la qualification en tant que maître de conférences. Et puis après, c’est une recherche de postes. Donc, au sein des universités, il y a des postes qui sont proposés. C’est là où, effectivement, aujourd’hui, malheureusement, il y en a tous les ans, mais ils ne sont pas aussi nombreux qu’il le faudrait. »
Le diplôme ne garantit donc pas automatiquement un poste à l’université. Il ne remplace pas non plus l’aisance devant les étudiants, la créativité pédagogique, ni la capacité à gérer les réalités du quotidien universitaire.
Les écoles de commerce élargissent les débouchés après un doctorat. Elles recrutent aussi des enseignants-chercheurs, avec une partie enseignement, une partie recherche et une partie administrative. Les salaires peuvent être plus élevés selon les écoles, mais le cadre peut être moins flexible que dans le public.
L’expérience terrain comme levier central pour devenir professeur des universités en marketing
L’expérience terrain ne signifie pas forcément travailler à temps plein dans une entreprise. Dans ce métier, le terrain peut prendre plusieurs formes.
- Enseigner quelques cours pendant le doctorat, pour apprendre à construire une séance, tenir un groupe, répondre aux questions.
- Travailler au sein d’un laboratoire, avec des collègues, sur des terrains de recherche et des analyses de documents.
- Être en lien avec des entreprises par des études de cas, des missions de conseil ou l’accompagnement d’étudiants en alternance.
- Diriger ou participer à une formation, avec des plannings, des notes, des maîtres d’apprentissage et des contraintes administratives.
Ce métier demande de faire, pas seulement de savoir. Faire cours à 400 personnes en amphithéâtre, par exemple, n’a rien d’abstrait. Il faut capter l’attention, ajuster les supports, rendre les étudiants actifs. Les téléphones et les ressources en ligne obligent aussi à faire évoluer les façons d’enseigner. Les quiz en amphi, les échanges plus interactifs et les exemples concrets deviennent des outils utiles.
La légitimité professionnelle se construit donc dans un double mouvement : approfondir une expertise et apprendre à la transmettre. L’un sans l’autre reste fragile. La recherche nourrit les cours. Les étudiants obligent à clarifier la recherche. Le terrain remet du vivant dans les concepts.
Passerelles et évolutions possibles grâce à la formation en marketing universitaire
Le doctorat peut ouvrir plusieurs trajectoires dans l’enseignement supérieur.
- Devenir maître de conférences à l’université, après qualification et recrutement.
- Évoluer ensuite vers un poste de professeur des universités, après des années d’enseignement et de recherche.
- Enseigner et chercher dans une école de commerce, avec un cadre privé et des attentes parfois proches de celles de l’université.
- Passer d’une école de commerce à l’université, ou inversement, selon les opportunités et les envies professionnelles.
- Prendre des responsabilités de direction de formation ou de direction au sein d’une université.
La formation n’est donc pas une finalité posée une fois pour toutes. Elle sert de point d’appui. Elle permet de changer de rôle, d’ouvrir un nouveau cadre, de rejoindre une équipe de recherche, de construire des projets avec des institutions ou des entreprises.
Dans ce métier, l’évolution peut aussi se faire sans changer de profession. Les semaines ne se ressemblent pas toujours. Un·e enseignant·e-chercheur·euse peut enseigner, publier, écrire un ouvrage, monter un partenariat, diriger une formation, accompagner des doctorants. Cette diversité rend le métier vivant, mais elle demande aussi de savoir choisir ses engagements.
Ce que les parcours de formation en marketing universitaire ne montrent pas toujours
Vu de l’extérieur, le métier peut faire rêver : liberté intellectuelle, créativité, contact avec les jeunes, organisation plus souple. Ces aspects existent vraiment. Mais ils cohabitent avec des réalités moins visibles.
- La charge administrative : gérer une formation, les plannings, les notes, les liens avec les maîtres d’apprentissage, les dossiers.
- Le manque de moyens : les besoins existent, mais les postes et les ressources ne suivent pas toujours.
- La liberté exigeante : l’autonomie permet de créer beaucoup de choses, mais elle peut aussi conduire à en accumuler trop.
- L’incertitude après le doctorat : soutenir une thèse ne suffit pas à obtenir un poste à l’université.
- Le décalage financier possible : une transition depuis le privé vers l’université peut impliquer une différence de salaire.
Ces éléments ne doivent pas décourager. Ils permettent surtout de regarder le parcours avec lucidité. L’envie de transmettre ne supprime pas les contraintes. Mais elle peut aider à les traverser avec plus de sens.
À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation de professeur des universités en marketing
Avant de vous lancer, prenez le temps de clarifier quelques points très concrets.
- La durée réelle du parcours : le chemin classique va jusqu’au doctorat, soit bac +8. Il faut ensuite prévoir la qualification et la recherche de poste.
- Le directeur ou la directrice de thèse : c’est une étape clé. Sans encadrement accepté, pas d’inscription en doctorat.
- Votre rapport à la recherche : aimer enseigner ne suffit pas pour devenir enseignant-chercheur. Il faut aussi vouloir produire un travail de recherche long et rigoureux.
- Votre équilibre personnel : la liberté d’organisation existe, mais elle suppose de savoir poser des limites.
- L’impact financier : selon votre parcours précédent, l’entrée dans l’université peut modifier votre niveau de revenu.
- Les conditions d’exercice : université publique, école de commerce, vacation, contrat d’enseignement ou poste d’enseignant-chercheur ne recouvrent pas les mêmes réalités.
Un bon réflexe consiste à rencontrer des personnes qui ont récemment suivi ce parcours. Demandez-leur comment elles ont trouvé leur sujet, leur encadrement, leurs premières heures d’enseignement. Les réponses donnent souvent une vision plus précise que les intitulés de diplômes.
À qui les parcours de formation de professeur des universités en marketing peuvent convenir
Ces parcours peuvent convenir à des personnes qui aiment apprendre en profondeur, transmettre clairement et avancer avec une grande autonomie. Ils peuvent aussi parler à des profils en transition, qui souhaitent rester proches d’un domaine comme le marketing tout en changeant de cadre professionnel.
Ils peuvent être particulièrement stimulants pour les personnes qui aiment relier les mondes : l’université et l’entreprise, la théorie et le concret, la recherche et la salle de cours, les étudiants et les organisations.
Le parcours peut être plus exigeant pour celles et ceux qui ont besoin d’un cadre très défini, de résultats rapides ou d’une sécurité d’emploi immédiate après la formation. Il peut aussi demander un ajustement aux personnes qui viennent d’un rythme d’entreprise et reprennent des études longues.
La bonne question n’est pas seulement : “Ai-je le diplôme requis ?” Elle est aussi : “Ai-je envie de chercher, d’écrire, d’enseigner, d’accompagner, et de construire ma place dans un environnement où tout n’est pas tracé ?”
Choisir consciemment la porte à ouvrir vers le métier de professeur des universités en marketing
Le premier pas peut rester simple : identifiez une formation doctorale en sciences de gestion, puis cherchez les laboratoires et les équipes qui travaillent sur vos sujets d’intérêt. Ensuite, rencontrez un·e enseignant·e-chercheur·euse ou une personne en doctorat. Posez des questions concrètes : rythme, encadrement, premières vacations, débouchés, équilibre de vie.
Si vous venez du monde professionnel, vous pouvez aussi tester l’enseignement par une vacation. Cela permet de sentir le terrain avant d’engager plusieurs années de formation. Parfois, une salle de cours, un échange avec des étudiants ou une question bien posée suffit à confirmer une intuition.
Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.
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