Résumé en 10 secondes
- Mission : enseigner le marketing, mener des recherches, transmettre des connaissances et accompagner des étudiant·es vers le monde professionnel.
- Contexte : le métier se partage entre cours, recherche, gestion de formation, projets et relations avec des entreprises ou institutions.
- Point fort : une grande liberté intellectuelle, créative et d’organisation.
- Vigilance : le parcours est long, sans garantie automatique de poste à l’université après le doctorat.
- Première étape : clarifier son envie d’enseigner et de faire de la recherche, puis identifier un sujet et un directeur ou une directrice de thèse.
CIPA → Contribution, Activités quotidiennes, Vie personnelle.
Mission & ce qu'on fait concrètement
Le métier de professeur des universités en marketing repose sur deux grands piliers : enseigner et faire de la recherche. Ces deux dimensions se nourrissent l’une l’autre. Le marketing est transmis en cours, mais il est aussi exploré dans des travaux de recherche menés seul·e ou avec des collègues, au sein d’un laboratoire et parfois avec d’autres universités.
Nathalie Veg-Sala, professeure des universités en marketing, résume ce cœur de métier avec une clarté précieuse : « Notre métier de professeur des universités est composé finalement de deux grands domaines : l’enseignement et la recherche. L’enseignement, généralement dans une spécialité, et puis la recherche sur des domaines, des thématiques avec des travaux individuels ou collectifs que nous menons dans des laboratoires de recherche avec des collègues au sein de notre université, mais également en collaboration avec d’autres universités. »
Missions principales
- Concevoir des cours de marketing, avec des bases théoriques et des exemples concrets.
- Animer des cours en amphithéâtre, parfois devant de grands groupes.
- Faire participer les étudiant·es, par exemple avec des quiz sur téléphone.
- Mener des travaux de recherche : terrains, analyses de documents, articles, conférences.
- Encadrer des doctorant·es dans leur travail de thèse.
- Gérer une formation, des plannings, des notes, des relations avec des maîtres d’apprentissage.
- Créer des projets : ouvrage, partenariats avec des institutions, liens avec des entreprises.
Une journée type ? Plutôt une semaine plurielle
Le quotidien n’est pas répétitif. Une semaine peut se découper, de manière schématique, en quatre blocs assez équilibrés : environ 25 % de contact avec les étudiant·es, 25 % de tâches administratives et de gestion de formation, 25 % de recherche, et 25 % de projets complémentaires.
Concrètement, cela peut vouloir dire : préparer un cours, répondre à des étudiant·es, corriger ou remonter des notes, organiser un planning, échanger avec des maîtres d’apprentissage, analyser des données de recherche, travailler avec des collègues, finaliser un ouvrage ou monter un partenariat avec une institution.
CIPA → Activités quotidiennes : enseigner, chercher, gérer, créer. Contribution : aider des étudiant·es à avancer et à croire en leurs possibilités.
Compétences & qualités clés
Compétences techniques
- Maîtriser le marketing et ses fondements théoriques.
- Construire un cours clair, structuré et vivant.
- Mener une recherche : définir une thématique, travailler un terrain, analyser des documents, produire des résultats.
- Rédiger une thèse, des articles, des ouvrages ou des supports pédagogiques.
- Encadrer un travail doctoral sur plusieurs années.
- Gérer une formation : organisation, notes, plannings, lien avec les partenaires.
Qualités humaines
- Goût de la transmission : rendre accessibles des connaissances parfois théoriques.
- Créativité pédagogique : inventer des façons de faire participer les étudiant·es.
- Autonomie : organiser son travail sans cadre quotidien strict.
- Curiosité : rester proche des évolutions du monde professionnel.
- Patience et engagement : accompagner des parcours longs, notamment en doctorat.
- Envie de faire grandir : pousser les étudiant·es vers le haut.
Outils et technologies
- Téléphone des étudiant·es : utilisé en cours pour répondre à des quiz, notamment en amphithéâtre.
- Ressources en ligne : les étudiant·es y ont largement accès, ce qui pousse à apporter autre chose qu’un simple contenu disponible ailleurs.
- Non précisé. À clarifier : outils précis de recherche, plateformes pédagogiques, logiciels d’analyse utilisés.
CIPA → Activités quotidiennes : compétences d’enseignement, de recherche et d’organisation. Interactions : collaboration avec étudiant·es, collègues, entreprises, institutions.
Conditions de travail
Cadre, rythme et organisation
Le métier s’exerce à l’université, au sein d’une spécialité d’enseignement et d’un laboratoire de recherche. Il comprend aussi des collaborations avec d’autres universités, des contacts avec des entreprises et parfois des institutions.
Le cadre offre une forte liberté d’organisation. Les heures de cours existent, mais la recherche, les projets et les tâches de fond peuvent être organisés avec souplesse. Cette liberté peut aider à articuler vie professionnelle et vie familiale, par exemple en allant chercher ses enfants à l’école avant de reprendre le travail ensuite.
Rémunération et statut
- Université publique : poste d’enseignant-chercheur, d’abord comme maître de conférences, puis possibilité de devenir professeur des universités.
- Vacations : possibilité pour des professionnel·les d’enseigner ponctuellement à l’université ou en école de commerce.
- Contrats d’enseignement : certains postes existent pour des professionnel·les, sans être des postes d’enseignant-chercheur. Les postes de MAST ou PAST sont cités.
- Écoles de commerce : postes possibles après un doctorat, avec enseignement, recherche et tâches administratives.
Les écarts de salaire existent entre milieu professionnel privé et université. Le passage vers l’université peut impliquer une baisse de rémunération. Les écoles de commerce proposent généralement des salaires un peu plus élevés que l’université, même si l’écart semble moins fort qu’avant.
Contraintes et obligations
- Doctorat : parcours classique à bac +8 pour devenir enseignant-chercheur à l’université.
- Qualification maître de conférences : validation nécessaire après la thèse pour candidater à des postes de maître de conférences.
- Postes limités : les besoins existent, mais les postes ouverts ne sont pas toujours nombreux.
- Non précisé. À clarifier : fourchettes de rémunération exactes, volume horaire annuel d’enseignement, règles détaillées selon discipline et établissement.
CIPA → Interactions : université, laboratoire, collègues, entreprises, étudiant·es. Vie personnelle : liberté d’organisation, revenus à examiner, statut à sécuriser.
Avantages — Pourquoi ce métier peut faire aimer le lundi
- Liberté intellectuelle : choisir des angles, construire ses cours, développer des projets.
- Créativité : créer des livres, des partenariats, des dispositifs pédagogiques.
- Organisation souple : structurer ses temps de recherche et de projet avec autonomie.
- Contact avec les jeunes : un moteur fort, souvent décrit comme extraordinaire.
- Métier évolutif : les semaines changent, les projets se renouvellent.
- Vacances : un avantage réel, même s’il n’est pas identique à celui de l’enseignement primaire ou secondaire.
« La première chose, c’est la liberté intellectuelle et la créativité qu’on peut associer à ce métier, puisqu’on peut faire plein de choses. On est libre d’énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations. […] On peut créer des livres, on peut également proposer des projets, des partenariats avec des institutions. Il y a plein de choses qu’on peut faire. »
La petite histoire tient en quelques battements. Une étudiante arrive en éco-gestion sans idée très arrêtée. Un cours de marketing change la perspective : transmettre, relier théorie et concret, ouvrir une porte vers le monde professionnel. Le déclic devient une direction. Des années plus tard, ce même élan se retrouve dans les mercis des étudiant·es, dans leur progression, dans cette sensation d’être à sa place.
CIPA → Contribution : aider des étudiant·es à grandir. Activités : enseigner, chercher, créer. Interactions : travailler avec jeunes, collègues, entreprises, institutions.
Inconvénients & points de vigilance
- Parcours long : licence, master, doctorat, thèse, soutenance, qualification, candidatures. Piste : tester l’enseignement par des vacations avant de s’engager pleinement.
- Aucune garantie de poste : le doctorat ne donne pas automatiquement accès à un poste à l’université. Piste : élargir les candidatures à plusieurs universités et aux écoles de commerce.
- Charge administrative : gestion des plannings, notes, formation, relations avec partenaires. Piste : accepter que cette part soutienne aussi le bon fonctionnement universitaire.
- Liberté parfois piégeuse : l’autonomie peut conduire à accumuler trop de projets. Piste : surveiller sa charge et choisir ses engagements.
- Moyens parfois limités : des contraintes existent dans le monde universitaire. Piste : Non précisé. À clarifier selon établissement et laboratoire.
- Revenus : possible baisse par rapport à certains postes en entreprise. Piste : comparer les avantages globaux : liberté, rythme, sens, vacances, cadre.
CIPA → Vie personnelle : rythme, revenus, équilibre. Interactions : dépendance aux postes ouverts, aux moyens, au cadre universitaire.
Comment y accéder
- Se renseigner et clarifier. Comprendre la double réalité du métier : enseigner et chercher. Tester, si possible, l’enseignement supérieur via des vacations.
- Se former et valider. Obtenir un bac +5. Un master recherche n’est pas toujours obligatoire : un Master 2 professionnel peut permettre de démarrer une thèse, avec un investissement supplémentaire sur les méthodes de recherche.
- Constituer des preuves. Construire un projet de thèse, identifier une thématique, commencer à enseigner en vacation si possible, présenter des recherches en congrès, écrire des articles.
- Respecter les obligations. Trouver un directeur ou une directrice de thèse rattaché·e à une université et un laboratoire. S’inscrire en doctorat. Réaliser la thèse. Valider les crédits demandés pendant le doctorat, notamment via modules, conférences, articles ou expériences reconnues.
- Candidater. Après la soutenance, obtenir la qualification maître de conférences, puis répondre aux postes ouverts dans les universités en lien avec son domaine d’expertise.
- Réseauter et rencontrer. Travailler avec des laboratoires, des collègues, des entreprises, des institutions, des écoles de commerce. Ces liens peuvent ouvrir des portes et mieux faire comprendre le métier.
CIPA → À clarifier : quelle contribution souhaitez-vous avoir auprès des étudiant·es ? Quel niveau de liberté et d’incertitude pouvez-vous accepter ? Quelles activités vous donnent de l’énergie : enseigner, chercher, gérer, créer ?
Astuces
- Utiliser les usages des étudiant·es plutôt que les subir : en amphithéâtre, les téléphones peuvent devenir un outil de quiz et de participation.
- Rester proche du monde professionnel : les entreprises peuvent nourrir les cours, les recherches et les formations.
- Tester avant de bifurquer : les vacations permettent de découvrir l’université avant un changement plus engageant.
- Ne pas réduire le métier au cours : la recherche, les projets, les partenariats et l’encadrement font partie du cœur du métier.
- Regarder aussi les écoles de commerce : elles recrutent des docteur·es et développent fortement la recherche.
CIPA → Activités : pédagogie interactive, recherche, projets. Interactions : étudiant·es, entreprises, universités, écoles.
Retours d'expérience
Le parcours peut commencer sans vocation parfaitement formulée. Une inscription en éco-gestion, un cours marquant, puis une envie nette : enseigner le marketing à l’université. Le chemin devient alors plus lisible, mais pas plus court : licence, master, doctorat en sciences de gestion, rédaction et soutenance de thèse, premier poste comme maître de conférences, puis évolution possible vers professeur des universités après des années d’enseignement et de recherche.
Un autre chemin existe aussi : avoir d’abord une carrière en entreprise, puis revenir vers l’enseignement supérieur. Des professionnel·les reprennent alors des études ou démarrent un doctorat après un bac +5. Ce retour sur les bancs de l’université demande de l’énergie, mais il ouvre une passerelle réelle pour celles et ceux qui veulent transmettre autrement leur expertise.
« Moi, c’est vraiment ça qui me plaît le plus, c’est les petits mercis à certains moments des étudiants […] Et vraiment, ça, c’est pour moi le plus important. Et d’essayer de faire en sorte de les pousser vers le haut, de leur dire que c’est possible, qu’ils peuvent faire plein de choses. »
CIPA → Contribution : faire grandir, encourager, ouvrir le champ des possibles. Vie personnelle : choisir un métier où liberté et engagement se répondent.
Évolutions & passerelles
- Maître de conférences vers professeur des universités : progression possible après des années de recherche et d’enseignement.
- Responsabilités universitaires : direction de formation, fonctions de direction au sein de l’université.
- Encadrement doctoral : suivre des doctorant·es, avec une limite réglementaire citée autour de cinq doctorant·es.
- Écoles de commerce : possibilité d’y enseigner et d’y faire de la recherche après un doctorat.
- Passerelles public-privé : une personne en école de commerce peut postuler ensuite à l’université, et inversement.
- Projets externes : ouvrages, partenariats avec des institutions, missions de conseil selon l’envie.
Quand le métier évolue, les équilibres changent. Plus de responsabilités peut vouloir dire plus d’impact, mais aussi plus d’administration. Plus de conseil ou de partenariat peut renforcer le lien avec les entreprises. Plus d’encadrement doctoral demande davantage de temps d’accompagnement, presque comme un travail de coaching.
CIPA → Contribution : impact élargi. Interactions : plus de parties prenantes. Vie personnelle : charge à surveiller. Activités : moins ou plus de recherche selon les choix.
FAQ
Faut-il absolument un master recherche pour faire un doctorat ?
Non. Un bac +5 est nécessaire, mais un master recherche n’est pas toujours obligatoire. Avec un Master 2 professionnel, il est possible de démarrer une thèse si un directeur ou une directrice accepte d’accompagner le projet. Il faudra cependant acquérir les méthodes de recherche, notamment via les formations doctorales.
Le doctorat garantit-il un poste à l’université ?
Non. Après la thèse, il faut obtenir la qualification de maître de conférences, puis candidater sur les postes ouverts. Les postes existent, mais ils sont limités. Les écoles de commerce peuvent élargir les options.
Peut-on enseigner à l’université sans devenir enseignant-chercheur ?
Oui. Des vacations sont possibles. Il existe aussi certains contrats d’enseignement pour des professionnel·les, comme les postes de MAST ou PAST. Ces formats ne correspondent pas au même statut qu’un poste d’enseignant-chercheur.
Le lien avec les entreprises est-il obligatoire ?
Non. Il dépend beaucoup du profil et des choix de la personne. Le lien avec les entreprises peut passer par les étudiant·es, les maîtres d’apprentissage, des terrains de recherche, des études de cas ou des missions de conseil.
Les téléphones rendent-ils les cours plus difficiles ?
Ils changent la manière d’enseigner. Plutôt que de les voir seulement comme une difficulté, il est possible de les utiliser pour créer de l’interaction, par exemple avec des quiz en amphithéâtre.
Ressources citées
- Université Paris-Nanterre : établissement universitaire cité pour l’enseignement et la recherche en marketing.
- Université de la Sorbonne : citée dans le cadre d’une codirection de thèse.
- Laboratoires de recherche : structures où se mènent les travaux individuels et collectifs.
- Écoles doctorales : structures proposant des formations pendant le doctorat.
- Écoles de commerce : débouchés possibles après un doctorat, avec enseignement, recherche et administration.
- Institut National des savoir-faire français : institution citée dans le cadre de projets.
Choisir la liberté, sans perdre le lien
Pour avancer vers ce métier, un premier pas simple consiste à rencontrer une personne qui enseigne dans le supérieur. Posez-lui trois questions concrètes : comment se répartit sa semaine, ce qui lui donne de l’énergie, et ce qui pèse le plus dans son quotidien. Vous saurez vite si le petit battement de cœur est là.
Ensuite, testez une piste. Une vacation, une discussion avec une école doctorale, un échange avec un laboratoire, ou la formulation d’un premier sujet de thèse peuvent transformer une idée floue en chemin possible.
CIPA → Contribution : demandez-vous qui vous voulez aider à grandir. Vie personnelle : vérifiez le rythme et les revenus. Activités : testez votre appétit pour enseigner, chercher, organiser et créer.
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