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Nathalie Veg-Sala, Professeure des Universités en Marketing

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Transcription complète

Charlène (Chance)

Bonjour à toutes et tous. En ce 21 juin, nous accueillons Nathalie, ici présente. Bonjour Nathalie.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Bonjour Charlène.

Charlène (Chance)

Merci à tous d'être présents. L'idée de ce live, c'est donc que Nathalie nous présente son métier de professeur des universités en marketing. Je vais commencer par faire une petite présentation de Chance, même si j'imagine que si vous êtes là, c'est que vous nous connaissez un petit peu, mais on ne sait jamais. Chance, on est une communauté d'entraide professionnelle. Notre but, c'est que chacun trouve sa place dans le monde professionnel et ainsi dans la société, puisque c'est très intimement lié. On est surtout connu par les méthodes et les outils qu'on a créés et qu'on anime pour que chacun s'y retrouve professionnellement parlant, dont notre bilan de compétences qui est notre principale offre. Il faut savoir qu'il y a une des étapes de notre bilan de compétences qui s'appelle l'exploration, l'exploration métier, où on propose aux personnes qui font ce bilan d'aller investiguer, d'aller explorer et se renseigner auprès de professionnels pour découvrir des métiers, des domaines pro qui pourraient les intéresser. Et pourquoi pas, déconstruire des croyances ou des fantasmes et voir si le métier pourrait coller ou pas à leurs aspirations. C'est ce qu'on essaye de proposer, nous, à travers ces live chances afin que vous puissiez un peu découvrir des métiers.

Charlène (Chance)

Je vais laisser la parole à Nathalie. Je vous invite tout au long de ce live à poser vos questions. Le but, c'est que ce soit interactif. Vous êtes dans un safe space, donc n'hésitez pas, on est là pour ça. Et puis, je laisse la parole à Nathalie.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Bonjour à toutes et à tous. Je suis ravie de pouvoir aujourd'hui présenter mon métier et puis répondre aux questions si bien évidemment, il y en a après cette petite présentation. Je suis Nathalie Wexala. Je suis professeur des universités à l'Université Paris-Nanterre. Cela fait maintenant plus d'une quinzaine d'années. J'enseigne le marketing et je fais à côté de cela de la recherche, puisque notre métier de professeur des universités et composé finalement de deux grands domaines: l'enseignement et la recherche. L'enseignement, généralement dans une spécialité, et puis la recherche sur des domaines, des thématiques avec des travaux individuels ou collectifs que nous menons dans des laboratoires de recherche avec des collègues au sein de notre université, mais également en collaboration avec d'autres universités. Je ne sais pas, peut-être, vous souhaitez dans un premier temps voir un petit peu le parcours.

Charlène (Chance)

Exactement, c'est ce que j'allais te demander, Nathalie, comment est-ce que tu en es arrivée là, dans les grandes lignes Raconte-nous.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Ça a démarré en tant qu'étudiante. J'ai commencé à faire des études, justement à l'université Paris-Nanterre. Il y a quand même pas mal de temps de cela où Je me suis inscrite finalement de façon un peu... Sans avoir vraiment d'idée de ce que je voulais faire en éco-gestion. Et puis, j'ai commencé à suivre des cours. Et puis, à un moment donné, en deuxième année, j'ai assisté à un cours de marketing avec une prof que j'admirais parce que je trouvais que c'était formidable ce qu'elle faisait de pouvoir transmettre un certain nombre de connaissances à des des jeunes, de le faire de façon très originale, parfois, de façon aussi très théorique, tout en s'appuyant sur du concret, puisque le monde des entreprises est au sein des universités, et que certains n'en aient pas forcément conscience. Et puis, je me suis dit: C'est ça que j'ai envie de faire. Du coup, je me suis intéressée un peu plus à comment on devenait enseignante à l'université. C'est là où on comprend un petit peu comment ça se passe tout ce parcours qui est assez long, effectivement, puisque pour arriver à enseigner à l'université sur un schéma classique, on est sur l'obligation de passer un doctorat.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Un doctorat, c'est un bac plus huit. D'abord, une licence. Après, aujourd'hui, ce qu'on appelle un master. À l'époque, c'était un DEA. Et puis, après, un doctorat en sciences de gestion avec la rédaction d'une thèse de doctorat au sein d'un laboratoire, une soutenance de thèse. Et puis après, on arrive à tout ce qui concerne la recherche d'un poste au sein d'une université en devenant d'abord maître de conférence. Et puis, après des années de recherche et d'enseignement, la possibilité de devenir professeur des universités. On peut un peu expliquer les différences, mais ce sera peut-être dans un deuxième temps. Mais c'est une progression, je dirais, juste au niveau de la carrière d'un enseignant-chercheur à l'université.

Charlène (Chance)

Moi, j'ai une première question, du coup, je me lance. Je trouve que ton parcours est intéressant parce qu'en général, surtout pour des profs de marketing, en général, les profs de marketing travaillent aussi dans le privé à côté. Et du coup, ma première question, c'était: tu n'as jamais eu envie, toi, de doubler ton expérience de professeur en fac et en même temps d'avoir une expérience terrain dans le privé ? Tu t'es toujours dit que tu voulais faire prof en université.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Oui, ça, c'est effectivement mon parcours, mais il y en a d'autres. Mon parcours, effectivement, il est assez linéaire, ce qui est plus rare aujourd'hui. J'en parlerai juste après, mais le mien est assez linéaire. Pour autant, je n'avais pas envie de travailler en entreprise, clairement. Ce n'était pas ce qui me correspondait. Peut-être un peu trop indépendante et du mal à... Vraiment, c'est une question de caractère, je pense, et de volonté. Pour autant, des contacts avec les entreprises, on en a beaucoup. Aussi bien, par exemple, pour la thèse où on peut faire des missions de conseil. On a cette possibilité-là, des études de cas. On est très souvent en relation avec des entreprises parce que nos étudiants aussi sont avec des entreprises. Pour nos travaux de recherche également, nous sommes sur le terrain. Donc, c'est une façon d'être en lien avec les entreprises sans y être complètement intégrées. Moi, c'est ce qui me plaît. En fait, c'est d'avoir cette vision un peu externe. Tout tout en ayant un regard sur ce qui s'y passe. Alors, on ne voit pas tout à fait les mêmes choses, bien évidemment, que quand on est en interne, mais on en voit d'autres.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Et c'est ce qui est assez plaisant, en tout cas en ce qui me concerne. Alors, je le disais, effectivement, c'est un parcours assez linéaire puisqu'en fait, j'ai fait mes études et puis j'ai intégré le monde universitaire. Mais aujourd'hui, on voit de plus en plus, et je pense que ça peut concerner des personnes qui nous écoutent, des personnes qui ont une carrière en entreprise et qui, à un moment donné, se disent: J'ai envie de rentrer dans l'enseignement supérieur. Et on a de plus en plus de professionnels qui se reconvertissent et qui décident à un moment donné de refaire des études et de refaire un doctorat, de faire un doctorat. Et moi, par exemple, j'ai des doctorants, des doctorantes plutôt, qui sont avec une carrière professionnelle en amont et on en a de plus en plus. Ce n'est pas toujours évident.

Charlène (Chance)

Oui, j'imagine que ça doit faire bizarre de retourner sur les bancs de l'école quand on est habitué au rythme professionnel un peu classique en entreprise, etc. Mais c'est hyper encourageant parce que c'est vrai que justement, ça correspond bien à ce que nous, on propose chez Chance, cette possibilité de se dire: On peut se réinventer en restant sur des mêmes thématiques, mais en changeant de structure. Mais c'est vrai que je ne pensais pas, par contre, qu'on était obligé de repasser par le doctorat, pour le coup. Je pensais qu'il y avait peut-être des passerelles et qu'un certain nombre d'années pro pouvaient...

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Un professionnel peut décider à un moment donné de vouloir enseigner à l'université ou dans des écoles de commerce d'ailleurs. Dans ces cas-là, on n'est pas sur les mêmes postes. On est sur une sorte de vacation. Ça peut être des vacations qui peuvent être faites à l'université, ce qui permet aussi de découvrir le monde universitaire avant peut-être de se lancer aussi dans tout ce changement qui est un changement à 360, parce que c'est vraiment un autre univers, de découvrir le monde universitaire, donc avec des vacations. Il y a aussi certains contrats universitaires où on embauche des professionnels sur des postes qui ne sont pas des profs d'enseignant-chercheur, mais juste d'enseignant, mais qui sont généralement quand même moins prisés par les professionnels parce que C'est un petit peu un entre-deux, mais ça existe aussi. C'est ce qu'on appelle des postes de mast ou de past. Si des gens sont intéressés, je pourrais effectivement donner des informations là-dessus, mais ce n'est pas le plus, je dirais, intéressant, même financièrement, clairement. Parce que quand on passe aussi du milieu professionnel, parfois au milieu universitaire, il y a des petites différences de salaire, mais il y a d'autres avantages qui sont bien appréciables.

Charlène (Chance)

On a pas mal de questions qui arrivent, mais j'en ai une dernière pour rebondir sur ce que tu viens de dire. Quels sont les avantages dont tu parles en disant: Même si on peut perdre en salaire, on peut trouver d'autres avantages.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

La première chose, c'est la liberté intellectuelle et la créativité qu'on qu'on peut associer à ce métier, puisqu'on peut faire plein de choses. On est libre d'énormément de choses au-delà de nos cours. Déjà, nos cours sont des créations, donc on peut insister sur des choses. Il y a des choses qu'on doit bien évidemment transmettre de basiques, mais on a cette possibilité d'apporter ce que nous, on a envie d'apporter. Mais on peut faire d'autres choses. On peut créer des livres, on peut également proposer des projets, des partenariats avec des institutions. Il y a plein de choses qu'on peut faire. Il y a une liberté énorme qui est vraiment... Que j'adore et qui est hyper appréciable. On a quand même une liberté aussi d'organisation parce que Au-delà des heures que l'on doit faire en termes de cours, l'organisation que l'on fait pour la recherche, pour tous nos projets, on peut la faire comme on veut. On n'a pas de cadre strict et ça, c'est appréciable. Moi, j'en ai profité aussi en tant que maman. C'est-à-dire que je vais chercher mes enfants tous les jours à l'école. Après, je rebosse, mais je vais chercher mes enfants à l'école. C'est mon choix, mais je pourrais faire autrement.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Les avantages, un peu plus de vacances aussi, je dois le dire. Pas autant que dans l'enseignement au niveau primaire ou collège-lissé, mais on est quand même bien lotis. Après, tout n'est pas rose non plus. Là, je mets en avant pas mal de points. Cette liberté, elle est aussi parfois un peu traître parce qu'en fait, à force d'être libre, on accumule beaucoup de choses et parfois un peu trop. Et on ne s'en rend pas forcément compte. Mais je dirais quand même qu'il y a beaucoup d'avantages. Quand on aime ce métier, je pense que... Et puis le contact avec les jeunes, ça, c'est extraordinaire.

Charlène (Chance)

Pas trop bien. Merci Nathalie. Je te propose qu'on passe aux questions. Du coup, il y en a pas mal. On en a une première qui, justement, tu as fait une bonne transition par rapport aux jeunes. Aujourd'hui, n'est-il pas difficile de faire cours à des jeunes avec l'invasion des téléphones et nouvelles technologies ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Ça, c'est vraiment hyper important comme question et je trouve que c'est... Effectivement, ça a beaucoup changé, mais au contraire, on utilise ça. On utilise la façon dont les jeunes aujourd'hui se comportent pour nous aussi faire évoluer nos façons d'enseigner. Effectivement, on ne peut plus faire comme il y a une vingtaine d'années, quand j'ai commencé, ça n'avait rien à voir. Aujourd'hui, on utilise ça, par exemple, on fait des quiz en amphi. Moi, quand j'ai un amphi de 400 personnes, je les fais participer à des quiz. Et là, tout de suite, ils sont sur leur téléphone, autant les utiliser. Et je peux vous dire que j'ai quasi 100% de personnes qui répondent aux quiz. Donc, on essaye de rendre plus interactif. Aujourd'hui aussi, les jeunes ont accès à beaucoup de ressources en ligne. Il faut qu'on leur apporte quelque chose d'autre. C'est là aussi où la créativité dans le métier, elle est importante pour évoluer et faire évoluer. Et puis, je dirais que les jeunes aujourd'hui, ils sont très reconnaissants aussi de ce qu'on peut leur apporter. Donc, quand on essaye de faire aussi de notre mieux pour eux, eux sont aussi très reconnaissants et nous le montre.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Vraiment.

Charlène (Chance)

Trop bien. Super. On passe à la prochaine question. Est-ce que tu te vois faire ça, la même chose sur toute ta carrière professionnelle ou Où est-ce que tu te vois peut-être faire autre chose en parallèle de ton métier de prof ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

J'en discutais très récemment. Actuellement, je crois que j'ai un métier où je n'ai pas envie de changer. En tout cas, ça fait 20 ans que je le fais. Je ne me vois pas pour l'instant. Je ne dis pas que je ne le ferai pas, mais pour l'instant, j'ai encore tellement de choses que je me vois faire au sein de ce métier parce qu'il y a cette liberté. Là, je suis sur la finalisation d'un ouvrage. J'ai d'autres projets avec l'Institut National des savoir-faire français qui est tout nouveau. Donc, je mets en place un nouveau truc tout en conservant les enseignements, etc. Donc, tout en conservant les enseignants Donc, en fait, pour l'instant, je ne me vois pas changer parce qu'en fait, il évolue par lui-même, ce métier. Et ce n'est pas du tout redondant. Les semaines sont très différentes les unes des autres. Donc non, pour l'instant, je ne me vois pas changer. Je ne dis pas que je ne le ferai pas. Peut-être prendre des responsabilités au sein d'une université, c'est possible aussi. En étant enseignant-chercheur, à un moment donné, on peut prendre des fonctions de direction aussi au sein de l'université. Pourquoi pas ? Je gère une formation aussi.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Donc ça, c'est au sein de l'offre universitaire de mon université. Je dirige une licence professionnelle, donc je suis en contact avec aussi des maîtres d'apprentissage, plein de choses. Donc, pour l'instant, non, mais pourquoi pas ?

Charlène (Chance)

En effet, ton quotidien a l'air ultra-riche. J'entends beaucoup de tâches différentes. Ça a l'air passionnant. Alors, une question sur un sujet qu'on Je l'ai déjà abordé précédemment, mais ça fait du bien d'en reparler. Sur la totalité de ton activité, quelle est la part de temps où tu es en contact avec les entreprises ? Est-ce que la démarche de consulting est intégrée au poste ou c'est plus une volonté du professeur qui va aller chercher ça ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

C'est plus une volonté. Dans les enseignants-chercheurs, on a différents profils. On a des universitaires purs et durs. On a ceux qui font un ceux qui font un peu plus en lien avec les entreprises. C'est là où la liberté aussi est intéressante. Moi, c'est vrai que j'ai toujours souhaité avoir ce lien avec les entreprises, mais rien d'obligatoire. Après, à nous aussi, en tant qu'enseignant, d'être, je dirais, au plus proche du monde dans lequel nos étudiants vont s'intégrer. Donc, ça me paraît, pour moi en tout cas, logique de s'insérer. Après, les missions de conseil Elles peuvent être très parcimoniques, elles peuvent être plus intenses. J'ai des collègues, effectivement, qui ont une activité de conseil qui est plus importante. Moi, personnellement, ça me prend relativement peu de temps par rapport au reste. Disons que si je découpe ma semaine en pourcentage, j'aurais 25% en contact avec les étudiants. J'ai 25% de parties plutôt administratives de l'organisation de ma formation, du lien avec les maîtres d'apprentissage, qui est aussi du coup une partie avec les entreprises, gestion des plannings, c'est vrai que c'est des choses qu'il faut faire. Les notes, enfin, remonter les notes, les trucs basiques.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Et puis après, je dirais qu'il y a 25% de parties recherches. Où là, je travaille avec des collègues sur des thématiques approfondies, des terrains, des analyses de documents documents, etc. Et puis 25% pour la mise en place d'autres projets. Donc, ça peut être un bouc érin, ça peut être des partenariats avec des institutions. C'est à peu près ça, la façon dont pourrait se découper si on schématise de façon assez large.

Charlène (Chance)

Merci. Hyper clair. Très clair. Question suivante: y a-t-il un écart entre ta perception du métier quand tu étais en études et aujourd'hui ? Oui, c'est ça. Est-ce qu'il y a un écart entre ta perception de l'époque et vos- Par rapport à ce que j'avais imaginé et par rapport à ce que je vis aujourd'hui.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Oui, parce que je pense qu'on idéalise beaucoup, comme chaque fois qu'on veut faire quelque chose, il y a quand même ce que je disais, c'est-à-dire j'adore mon métier, il y a quand même des contraintes, il y a des manques de moyens parfois. Donc, il y a une petite différence parce qu'on ne se rend pas compte de tout ce que ça comprend. Les parties administratives sont parfois lourdes, et ça, on le sait, mais pour autant nécessaires aussi, pour ne pas faire n'importe quoi dans le monde universitaire, c'est important. C'est des petites contraintes, mais sincèrement, de ce que je voyais, en tout cas sur la partie enseignement de ma prof quand j'assistais au cours et de ce que moi, je vis en tant qu'enseignante, j'ai cette même sensation. C'est un vrai plaisir.

Charlène (Chance)

Très bien. Merci. Question de Cécile: est-ce qu'il est nécessaire de faire un master de recherche avant de faire un doctorat ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Non, pas toujours. Il faut un bac+5, ça, c'est sûr. J'ai une doctorante, actuellement, qui n'a pas fait de master recherche, mais qui, effectivement, a un bac+5 et qui, après avoir travaillé en entreprise et maintenant en étant directrice de programme dans une école de commerce, a décidé de faire une thèse. Et donc, elle a pu démarrer sa thèse sans faire de master recherche. C'est possible. Alors, ça demande parfois un peu plus d'investissement parce que le master recherche permet quand même d'apprendre un certain nombre d'éléments liés au processus d'un travail de recherche pour la thèse. Mais généralement, que ça soit les laboratoires, les écoles doctorales au sein des universités, proposent des formations aussi, des cours qui permettent, lors du doctorat, d'acquérir acquérir ses compétences au fur et à mesure.

Charlène (Chance)

D'accord, parce que là, dans le cas de Cécile, elle nous disait qu'elle avait un Master 2 Pro.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Il n'y a pas de souci. L'idée, c'est après, effectivement, de faire... Ils sont obligatoires aujourd'hui, ça a beaucoup évolué. C'est-à-dire que moi, je n'avais besoin que de faire une thèse pour valider mon doctorat. Je ne dis que, ça, c'est long quand même. Aujourd'hui, en plus de la thèse, il faut valider les ECTS, Il y a 30 ECTS, c'est les crédits à l'université. Il y en a 30 crédits à avoir qui s'acquièrent de différentes façons en suivant des modules, justement, des cours. Mais aussi, par exemple, lorsque vous présentez une recherche dans un congrès, une conférence, lorsque vous écrivez un article, ou aussi il y a des crédits qui peuvent être donnés lorsque vous avez eu une expérience professionnelle. C'est une sorte de façon de récompenser aussi ce travail parce que ça sert énormément aussi. Donc, c'est de cette façon-là.

Charlène (Chance)

On a Cécile qui nous demande quels sont les critères de sélection pour intégrer un doctorat.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Ce ne sont pas des critères de sélection puisque, entre guillemets, à partir du moment où vous avez un bac +5, tout le monde peut faire un doctorat. Pour faire un doctorat, il faut trouver un directeur de thèse. Un directeur de thèse qui accepte de vous suivre dans votre projet et qui sera votre guide pendant ces années de travail sur votre thèse. Et à partir du moment où vous avez un directeur de thèse qui appartient à qui entient une université, un laboratoire de recherche qui accepte de travailler avec vous, dans ces cas-là, vous vous inscrivez à l'université en doctorat avec ce directeur et vous suivez le processus de création de votre thèse avec lui comme guide et en suivant quelques cours pour vous aider dans la réalisation de ce travail.

Charlène (Chance)

Merci Nathalie. Autre question de Daphné. Ces personnes qui se reconvertissent et qui ont, par exemple, un master, elles repartent donc pour trois ans d'études, mais sans être sûrs à la fin des trois ans et du doctorat d'être pris à l'université comme enseignant-chercheur. L'université n'a pas forcément besoin d'enseignant derrière. En gros, c'est est-ce qu'il y a une garantie, finalement, après avoir fait ces trois ans et ce doctorat, de travailler comme enseignant à l'université ou pas ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Malheureusement, il n'y a pas de garantie puisqu'une fois que vous soutenez votre thèse, il faut obtenir la qualification en tant que maître de conférence. C'est une sorte de validation que votre travail de doctorat a suffisamment un bon niveau. Durant le doctorat, généralement, on commence à enseigner quelques cours en tant que vacataire, par exemple. C'est ce dossier qui fait qu'on valide en tant que maître de conférence. Et puis après, c'est une recherche de postes. Donc, au sein des universités, il y a des postes qui sont proposés. C'est là où, effectivement, aujourd'hui, malheureusement, il y en a tous les ans, mais ils ne sont pas aussi nombreux qu'il le faudrait parce qu'on a des besoins réels, mais l'université n'a pas forcément toujours les moyens. Donc, effectivement, il manque quelques postes et quelques propositions de postes chaque année. Mais après, si vous postulez sur différentes universités pour les postes qui sont en lien avec votre domaine d'expertise, et puis vous avez ce processus qui est sur la base de votre dossier d'entretien. Vous avez bien évidemment cette possibilité à l'université. Il faut savoir que beaucoup de personnes aussi qui ont un doctorat enseignent dans des écoles de commerce, avec des contrats qui sont Vous n'êtes pas dans l'enseignement et dans l'enseignement public, mais privé, mais avec, je dirais, quasiment les mêmes postes, c'est-à-dire avec une partie enseignement, une partie recherche, une partie aussi administrative.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Les salaires sont généralement un peu plus élevés. La différence était beaucoup plus importante il y a quelques années. Aujourd'hui, ça dépend des écoles, bien évidemment, mais la différence est beaucoup moins importante. Il y a plus de contraintes, un petit peu plus de contraintes de présence et de moins de flexibilité dans le privé que dans le public. Mais globalement, c'est possible. On Et puis, quelqu'un qui travaille dans une école de commerce à un moment donné peut se dire: Je souhaite maintenant réintégrer l'université, donc je vais postuler sur telle ou telle offre. Ou inversement, une personne qui a l'université peut se dire à un moment donné: Non, maintenant, je souhaite aller en école de commerce, par exemple. Donc, le fait qu'il y ait des écoles de commerce élargissent aussi les possibilités de recrutement après un doctorat.

Charlène (Chance)

Mais c'est une question que je voulais te poser, justement: est-ce qu'il n'y a pas plus d'opportunités de recherche pure et dure à l'université qu'en école de commerce, dans le sens où, moi, de ma conception, l'école de commerce, c'était beaucoup plus des profs qui étaient professionnels à côté, en entreprise, etc, mais qui étaient plus forcément dans une démarche de recherche continuelle, d'écrire des livres, etc. Alors que j'ai l'impression, ou en tout cas, c'est peut-être un cliché qu'on a, que l'université est plus un terrain propice, du fait qu'il y ait des laboratoires, etc, à la recherche continuelle continué là ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

C'était le cas, effectivement. Ça ne l'est plus. Pourquoi ? Parce que déjà, les écoles de commerce doivent avoir des accréditations pour délivrer, notamment, des masters. Et pour avoir ces accréditations, ils sont obligés, effectivement, d'avoir des enseignants-chercheurs. Ils sont obligés d'avoir aussi des laboratoires de recherche et ils valorisent énormément aussi et de plus en plus la recherche. Donc, effectivement, cette différence qu'il y avait entre les universités et les écoles de commerce tend à disparaître et ça va dans les deux sens. C'est-à-dire qu'effectivement, il y avait cette distinction plus recherche, université, et plus entreprise, école de commerce. En fait, les écoles de commerce ont, elles, augmenté leur part, effectivement, de recherche et nous, les universités, on a augmenté notre part de lien avec les entreprises.

Charlène (Chance)

D'accord, très clair. Merci Nathalie. On va finir sur deux questions. Je vois que le temps file. Combien de doctorants es-tu en mesure de suivre en même temps ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Alors, Il y a des limites réglementaires qui sont, je crois, de cinq doctorants. Il faut comprendre effectivement que c'est bien d'avoir cette limite parce que ça prend du temps, effectivement, d'accompagner des doctorants dans ce travail de recherche. Moi, actuellement, j'ai quatre doctorants, dont une doctorante que je codirige avec une autre enseignante qui est à l'Université de la Sorbonne. C'est vrai que ça prend beaucoup de temps pour accompagner, c'est un peu du coaching aussi, le rôle de directeur de thèse. Il n'y a pas de... Voilà, maximum cinq. Moi, je suis à quatre et je ne compte pas... Pour l'instant, avant que... J'ai une doctorante qui va bientôt soutenir sa thèse. Donc, ça tourne, en fait. Dans ce sens.

Charlène (Chance)

Super. Dernière question et je pense qu'il sera un très beau mot de la fin. Quelles sont les réalisations dont tu es le plus fier dans ta carrière ?

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Pour le coup, j'adore tout ce que je fais en dehors des cours, mais j'adore ce que je fais avec les étudiants et la relation qui est établie avec les étudiants. Moi, c'est vraiment ça qui me plaît le plus, c'est les petits mercis à certains moments des étudiants qui ne sont pas des étudiants, forcément, qui viennent de conditions en plus faciles à l'université de Nanterre, dans la formation dans laquelle je suis. Et vraiment, ça, c'est pour moi le plus important, vraiment. Et d'essayer de faire en sorte de les pousser vers le haut, de leur dire que c'est possible, qu'ils peuvent faire plein de choses. Et ça, c'est vraiment, je trouve, ce qui me plaît le plus, ce qui me rend le plus fier, finalement, dans ce que je fais depuis toutes ces années.

Charlène (Chance)

On parle beaucoup de la notion de sens chez Chance, puisque finalement, nous, ce qu'on veut avec notre parcours, c'est que les gens retrouvent du sens dans leur vie professionnelle. Je pense que Nathalie, tu as trouvé ton sens, là.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Ça me paraît... Mais 1 000 fois, vraiment.

Charlène (Chance)

Ça donne envie, en tout cas.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Et je pense que quand la plupart de mes collègues avec qui je... On partage, pour la plupart, tout ça.

Charlène (Chance)

Oui, donc tu es dans un environnement de travail, en plus, qui te tire vers l'autre, j'ai l'impression.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Oui, tous les collègues ne sont pas fantastiques. Ça, on est d'accord. Mais là, je dirais que dans tous les cas, on a tous cette volonté de vouloir bien faire. Et quand on s'engage, effectivement, au niveau de l'université, je pense qu'effectivement, il y a ça. Parce que sinon, je pense qu'on ne le ferait pas. Ça nous anime beaucoup.

Charlène (Chance)

Merci beaucoup Nathalie pour ton témoignage. C'était super intéressant. C'est passé trop vite. On a déjà un peu déclaré. C'est clair. Merci à tous pour vos questions. C'était une conversation ultra intéressante. Je vous invite à rejoindre la communauté d'entraide Chance, si vous ne l'avez pas encore fait. Si vous voulez rentrer en contact avec d'autres d'autres personnes comme Nathalie qui sont prêtes à vous présenter leur métier, à prendre un café avec vous ou juste vous mettre en relation avec quelqu'un. Rejoignez notre initiative trois minutes pour les autres. Ça prend littéralement trois minutes, c'est gratuit. Vous pouvez demander de l'aide, mais vous pouvez aussi en apporter si vous le souhaitez. L'idée, c'est que chacun se tire un peu vers le haut en partageant ses expériences professionnelles et ses contacts et ça peut très vite ouvrir des portes. Merci à tous. Ce live sera disponible en replay. Vous recevrez un petit mail pour vous prévenir et vous pourrez aussi le retrouver à partir de la semaine prochaine sur notre chaîne YouTube. Merci encore Nathalie.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Avec grand plaisir.

Charlène (Chance)

Bonne fin de semaine et puis à bientôt.

Nathalie Veg-Sala (Professeure des Universités en Marketing)

Merci. Au revoir. Au revoir.

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