Est-il vrai que “Ce qui ne tue pas rend plus fort-e ?”

Aujourd'hui, parlons la fameuse citation de Nietzsche, qu'on nous sert à toutes les sauces pour nous culpabiliser de ne pas être toujours la meilleure version de nous-même. Il est temps que ce prêt-à-penser pseudo inspirant cesse de nous pourrir la vie.

Alors soyons clairs : non, ce qu'on a voulu faire dire à cette citation est faux.

Ce qui ne nous tue pas (une grosse épreuve de la vie, quelle qu’en soit la nature) est quand même capable de nous faire beaucoup de mal, et parfois ce mal met du temps avant de se dissiper. Dire ça à quelqu’un qui fait part d’une souffrance vécue est une manière à peine détournée de l’enjoindre à “aller de l’avant” tout de suite, sans même prendre le temps de l’entendre et de lui accorder le minimum syndical de sollicitude. Il serait temps d’arrêter ça.

La société ne valorise que la force, et voit très étrangement une faiblesse dans l’expression 
de la douleur et des craintes. Elle disqualifie bien volontiers ces émotions pourtant humaines et qui nous rendent capables d’intelligence, d’empathie et d’altruisme. La société, en somme, disqualifie ce 
qui nous permet de véritablement 
“faire société”.

On a le droit d’avoir mal

Nous ne sommes pas des robots. À toujours entendre qu’avoir mal rend plus fort-e, on n’ose même plus parler de sa douleur, on enterre ce qu’on sent, et in fine on ne résout rien. Surtout, ce qui fait du mal peut être durablement traumatisant et bloquant si ce n’est pas reconnu et si on ne passe pas par une étape essentielle : le temps.

Car le temps est l’allié de la résilience

Le temps, et la parole. 
Ce qui rend plus fort-e, c’est de parler, de se laisser le temps de sortir, peu à peu, d’une épreuve, d’en tirer les enseignements, souvent existentiels.

Le temps donne la possibilité, à son rythme, de s’écouter, et de créer le bon chemin pour retrouver la sève de la vie.

Ce qui rend plus fort-e, c’est d’accepter d’avoir peur, de reconnaître qu’on a (eu) mal.

On apprend aussi beaucoup de ce qui nous fait du bien

Certes, on apprend de ce qu’on a vécu de difficile, mais pourquoi valoriser autant ce qui était proche de nous tuer mais ne l’a pas fait ? On tire largement autant de leçons de ce qui fait du bien que de ce qui a fait du mal, car on apprend aussi à connaître qui l’on est quand on sait ce qui nous rend heureux-se, ce qui nous donne une place au monde, ce qui nous épanouit et nous libère. Donner une valeur singulière à nos expériences de la vie : n’est-ce pas là la clé de la véritable force ?

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