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Financer sa reconversion avec son CPF : ce qu'il paie et ce qu'il ne paie pas

August 17, 2023

De dos, une femme en tenue de travail neuve, un sac à outils sur l’épaule, s’arrête à l’entrée d’un vaste atelier où se dressent des murs de briques et des charpentes.
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Pour une reconversion professionnelle, le CPF paie une formation certifiante, une VAE ou un bilan de compétences, dans la limite de vos droits, 150 € restant en principe à votre charge ; il ne paie ni coaching, ni salaire, ni transport.

L’essentiel à retenir
  • Le CPF ne finance que les actions de la liste de l’article L6323-6 du Code du travail : certifications enregistrées et blocs de compétences, VAE, bilan de compétences et certains permis de conduire.
  • Un salarié qui travaille au moins à mi-temps reçoit 500 € par an sur son compte, jusqu’à 5 000 € ; sans diplôme ni titre de niveau 3, 800 € par an, jusqu’à 8 000 €.
  • Depuis le 26 février 2026, le CPF paie au plus 1 600 € pour un bilan de compétences et 1 500 € pour une certification du répertoire spécifique.
  • Depuis le 2 avril 2026, chaque achat laisse une participation de 150 € au titulaire, sauf exonération (abondement de l’employeur, points de pénibilité, abondement après un accident du travail, demandeurs d’emploi) ; pour un bilan, Mon Compte Formation la fait payer aux demandeurs d’emploi depuis le 2 octobre 2026.
  • Quand la formation coûte plus que les droits, l’employeur, un OPCO, France Travail ou la région peuvent abonder le compte à la demande du titulaire ; Transitions Pro finance, lui, le projet de transition professionnelle.
  • Pour les formations validées depuis le 2 octobre 2026, Mon Compte Formation annonce un complément de participation pouvant atteindre 200 € en 2027, prévu par un projet de loi de finances non adopté au 26 octobre 2026.

Reconversion professionnelle et CPF : ce que le compte finance

Pour une reconversion professionnelle, le compte personnel de formation (CPF) ne paie que les actions d’une liste fermée. L’article L6323-6 du Code du travail, dans sa version du 27 juin 2026, les énumère : une formation qui mène à une certification enregistrée, une validation des acquis de l’expérience (VAE), un bilan de compétences et certains permis de conduire. Une formation absente de cette liste ne se paie pas avec le CPF, même si elle sert votre projet.

Sous un ciel de pluie, une femme au volant d’un camion blanc entre des plots orange ; dehors, un moniteur en gilet jaune lève la main pour la guider.

Pour un changement de métier, chaque action a son usage :

  • une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : diplôme ou titre professionnel du métier visé, c’est la voie d’une formation diplômante ;
  • un bloc de compétences : une partie de cette certification, validée par une attestation, pour avancer par étapes quand vos droits ne suffisent pas ;
  • une certification du répertoire spécifique, comme un CACES, une habilitation électrique ou le TOEIC, cités par service-public.gouv.fr : le CPF y consacre 1 500 € au plus depuis le 26 février 2026, sauf pour le certificat CléA ;
  • une VAE, quand votre expérience correspond déjà à une certification du nouveau métier ;
  • un bilan de compétences, pour choisir le métier avant de payer la formation, avec 1 600 € de droits au plus depuis la même date ;
  • le permis de conduire : les permis du groupe lourd, pour le transport routier ou collectif. Depuis la loi de finances du 19 février 2026, le permis B n’est financé que pour un demandeur d’emploi ou si un tiers, comme l’employeur, en paie une part : 100 € au moins, avec 900 € de droits au plus (décret du 24 février 2026).

Que finance le CPF auprès du centre de formation ?

Le CPF paie directement l’organisme : Mon Compte Formation suit le dossier « de l’inscription du titulaire du compte aux formations jusqu’au paiement des prestataires », selon l’article L6323-8. Il couvre les frais pédagogiques et les frais de validation des compétences, donc la formation et la certification (article L6323-20). L’organisme doit dire si le coût de l’examen est compris dans son prix.

Le prix peut aussi dépendre du financeur. Au centre Cnam Paris, pour 2026-2027, une unité d’enseignement de 6 crédits ECTS, soit 50 heures, coûte 207 € en financement individuel. Financée par un tiers, employeur ou CPF, elle coûte 1 035 € (grilles du centre lues le 26 octobre 2026). Avec le CPF, vous paieriez 150 € et consommeriez 885 € de droits. En payant 207 € vous-même, vous gardez ces droits pour une formation plus chère. Comparez donc les deux prix avant de valider.

Une reconversion dans le numérique avec le CPF

Les règles sont les mêmes : le CPF paie une formation au numérique si elle mène à une certification enregistrée et figure sur Mon Compte Formation. Le coût, lui, dépasse vite les droits d’un compte. L’Afpa affiche ainsi sa formation au titre professionnel de développeur web et web mobile à 11 512 € net de taxe pour 1 155 heures (prix indicatif, fiche lue le 26 octobre 2026). Le numérique fait en revanche partie des secteurs que le projet de loi de finances pour 2027 veut épargner de la hausse de la participation, présentée plus bas. Les certifications du domaine sont passées en revue dans l’article sur les formations en bureautique et en informatique.

Et si le métier visé reste à choisir, le bilan passe avant la formation : c’est l’objet du bilan avec des connexions de Chance, présenté plus bas.

Ce que le CPF ne paie pas pour une reconversion

Le CPF ne paie rien qui sorte de la liste de l’article L6323-6 du Code du travail : ni coaching, ni outplacement, ni formation sans certification enregistrée. Il ne paie pas non plus ce qui entoure la formation. Service-public.gouv.fr précise que « les frais de mobilité et annexes (exemples : transport et repas) sont exclus ». Et le compte ne verse aucun revenu pendant que vous vous formez : accompagnement, frais de vie et salaire se financent autrement.

Le Code ferme aussi d’autres portes :

  • une certification déjà obtenue : depuis le 27 juin 2026, le CPF ne la finance plus, sauf en langue ;
  • un « bilan de reconversion » qui ne serait pas un bilan de compétences : l’expression n’existe dans aucun code en vigueur.

Peut-on se faire financer du conseil par le CPF ?

Non, sauf sous la forme d’un bilan de compétences : un coaching ou des séances de conseil ne figurent pas dans la liste légale. Le conseil en évolution professionnelle (CEP) n’a d’ailleurs pas besoin du CPF. Selon l’article L6111-6 du Code du travail, « le conseil est gratuit » et ouvert à toute personne, tout au long de sa vie professionnelle. France Travail, l’Apec, les missions locales et des opérateurs régionaux financés par France compétences l’assurent. Avant l’achat d’un bilan, Mon Compte Formation vous rappelle que vous pouvez consulter un tel conseiller.

Se reconvertir à son compte : ce que le CPF finance encore

Pour créer ou reprendre une entreprise, le CPF ne paie que des formations qui aboutissent à une certification : l’accompagnement des créateurs a quitté la liste de l’article L6323-6 le 16 février 2025. Service-public.gouv.fr l’écrit pour « les formations à l’acquisition de compétences pour créer ou reprendre une entreprise ». Un accompagnement de créateur sans certification se finance donc hors CPF. Pour un projet d’indépendant, retenez ce qui reste finançable pour créer : une formation certifiante, en gestion ou dans le métier visé.

Le salaire pendant la formation

Le CPF paie la formation, pas votre temps. Si vous vous formez pendant le temps de travail, avec l’autorisation de l’employeur, ces heures « constituent un temps de travail effectif ». L’employeur maintient alors votre rémunération, selon l’article L6323-18. Hors temps de travail, le soir ou sur vos RTT, cette règle ne joue pas : le temps passé en formation n’est pas payé. Pour une formation longue suivie en gardant un salaire, la voie prévue est le projet de transition professionnelle, présenté plus bas.

Combien le CPF peut-il payer ? Droits, plafonds et participation

Un salarié qui travaille au moins à mi-temps reçoit 500 € par an sur son CPF, dans la limite de 5 000 €, selon l’article R6323-1 du Code du travail. En dessous du mi-temps, le crédit est proportionnel au temps travaillé. Le salarié sans diplôme ni titre classé au niveau 3 reçoit 800 € par an, jusqu’à 8 000 €, s’il le déclare sur Mon Compte Formation. Sur chaque dossier, une participation de 150 € reste en principe à votre charge depuis le 2 avril 2026.

Regardez aussi :

  • le calendrier des droits : ceux d’une année travaillée sont crédités entre le 30 janvier et le 15 juin de l’année suivante, selon service-public.gouv.fr ;
  • les plafonds par action : 1 600 € pour un bilan, 1 500 € pour une certification du répertoire spécifique, 900 € pour un permis du groupe léger, même si votre compte contient davantage (article D6323-1 A) ;
  • la participation forfaitaire : 150 € depuis le 2 avril 2026, contre 103,20 € du 1er janvier au 1er avril 2026, revalorisée chaque 1er janvier.

Votre employeur ou votre opérateur de compétences (OPCO) peut prendre cette participation en charge, jamais l’organisme de formation. Elle n’est pas due quand votre employeur abonde votre compte. Elle ne l’est pas non plus si vous utilisez des points de votre compte professionnel de prévention ou l’abondement des victimes d’accident du travail. La loi en exonère aussi les demandeurs d’emploi (article L6323-7), mais Mon Compte Formation la leur fait payer dans plusieurs cas depuis le 2 octobre 2026 (voir plus bas). Les autres cas sont détaillés dans l’article sur la participation forfaitaire et ses exonérations.

Quand vos droits ne suffisent pas, vous mobilisez au plus le prix moins 150 € : la participation fait partie de ce que vous payez. L’exemple de service-public.gouv.fr : pour une formation à 1 000 € et 950 € de droits, vous mobilisez 850 € et payez 150 €. Les quatre autres lignes du tableau sont des exemples calculés par l’article selon la même règle, sans abondement ni exonération.

Exemples calculés : ce que paie le CPF, ce que vous payez
CasPrixDroits sur le comptePayé par le CPFPayé par vous
Formation de l’exemple officiel1 000 €950 €850 €150 €
Bilan de compétences à 1 750 €1 750 €1 600 € ou plus1 600 €150 €
Bilan de compétences à 2 000 €2 000 €1 600 € ou plus1 600 €400 €
CAP complet à distance du CNED (exemple calculé)2 600 €2 450 € ou plus2 450 €150 €
Formation Afpa de 910 heures au titre de comptable assistant, compte au plafond (exemple calculé)8 085 €5 000 €5 000 €3 085 €

Source : service-public.gouv.fr, fiche F10705 (ligne 1) ; Code du travail, article D6323-1 A. Prix : CNED au catalogue de Mon Compte Formation (données ouvertes, 23 octobre 2026), Afpa (26 octobre 2026). Lignes 2 à 5 : calculs de l’article.

Le reste se paie en ligne à la validation, par une carte bancaire strictement personnelle. Les conditions de Mon Compte Formation d’octobre 2026 permettent de l’étaler en quatre mensualités au plus, sur trois mois au plus. Il faut pour cela que la formation commence au moins 37 jours après la validation.

Peut-on financer une reconversion complète avec le CPF ?

Oui, si vos droits couvrent le prix moins les 150 € de participation. Le compte d’un salarié reçoit 500 € par an jusqu’à 5 000 € (800 € et 8 000 € sans diplôme ni titre de niveau 3 ni certification reconnue par sa branche, sur déclaration à Mon Compte Formation). Un CAP complet du CNED, à 2 600 € dans le catalogue de Mon Compte Formation au 23 octobre 2026, demande donc 2 450 € de droits. Les fiches de l’Afpa lues le 26 octobre 2026 affichent 4 557 € pour la formation d’assistant de vie aux familles (679 heures), 12 397 € pour celle d’électricien d’équipement du bâtiment (980 heures).

Vue de dessus, avant l’aube : deux mains glissent un sac à outils dans le coffre d’une voiture, à côté de chaussures de sécurité neuves et d’un classeur fermé.

Ces montants sont des prix affichés par les organismes, et aucun barème national ne les fixe. Le second dépasse même le plafond de 8 000 € : une reconversion complète repose alors sur un plan de financement à plusieurs. Pour réduire l’écart :

  • découpez le parcours en blocs de compétences, financés au fil de vos droits ;
  • passez par la VAE si votre expérience couvre déjà une partie de la certification ;
  • réunissez les compléments avant de valider le dossier, car un abondement n’est attribué qu’à sa validation.

Le CPF, un tremplin pour se reconvertir ?

Les chiffres publics donnent un ordre de grandeur, sans isoler la reconversion. Selon une étude de la Dares de février 2023, citée par le Sénat, 35 % des personnes qui cherchaient un emploi au moment d’une formation CPF étaient en emploi 8 à 9 mois après. Et 26 % des salariés formés avaient connu une évolution professionnelle. Le rapport du Sénat qui les reprend juge pourtant l’impact du CPF sur les trajectoires professionnelles « incertain ». En juin 2024, France compétences note que le bilan acheté avec le CPF « a plutôt un objectif de reconversion ». Sur la démission pour reconversion, l’Unédic a publié en janvier 2026 que plus de 6 bénéficiaires sur 10 passés par une formation avaient débuté un CDI ou un CDD d’au moins six mois, 24 mois après l’ouverture de leurs droits.

Compléter le CPF : les autres financements d’une reconversion professionnelle

Quand une formation coûte plus que vos droits, l’article L6323-4 du Code du travail permet d’ajouter des droits à votre compte, à votre demande : ce sont les abondements. Ils peuvent venir de vous-même, de votre employeur, d’un OPCO, de l’État, de la région ou de France Travail. L’Agefiph, un fonds d’assurance formation de non-salariés, une chambre de métiers ou l’assurance chômage peuvent aussi abonder. Chaque financeur fixe ses critères, et Mon Compte Formation vous propose pendant l’achat ceux auxquels vous avez droit.

Les démarches sont détaillées dans l’article pour abonder son CPF, financeur par financeur. Pour une reconversion, votre situation de départ décide des pistes.

Vous êtes salarié : employeur, OPCO, Transitions Pro

Votre employeur peut abonder votre compte, un OPCO aussi, à votre demande et selon ses priorités. Pour une formation longue sur le temps de travail, il existe le projet de transition professionnelle (PTP). Il mobilise votre CPF, puis Transitions Pro, la commission paritaire de votre région, prend la formation en charge. Votre employeur continue de vous payer selon un barème, sous réserve d’assiduité, et Transitions Pro le rembourse.

  • Conditions : 24 mois d’ancienneté de salarié, consécutifs ou non, dont 12 dans l’entreprise. Une voie propre existe pour les CDD, ainsi que des dispenses, par exemple après une absence d’au moins six mois pour accident ou maladie dans les 24 mois précédents.
  • Calendrier : demande écrite à l’employeur 120 jours avant une formation qui interrompt le travail au moins six mois, 60 jours sinon. L’employeur répond sous 30 jours, son silence vaut accord, et il peut reporter le congé jusqu’à neuf mois.
  • Décision : Transitions Pro apprécie la pertinence du projet. L’aide d’un conseiller en évolution professionnelle y est facultative.

Le rôle de Transitions Pro et ses autres dispositifs sont détaillés à part. Si vous préférez quitter votre CDI, la démission pour reconversion ouvre droit au chômage à trois conditions. Il faut 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois qui précèdent la fin du contrat, un conseil en évolution professionnelle demandé avant de démissionner, et un projet reconnu réel et sérieux par Transitions Pro. Votre CPF vous suit : ses droits « demeurent acquis » en cas de changement de situation ou de perte d’emploi (article L6323-3).

Vous êtes demandeur d’emploi : France Travail et la région

Inscrit à France Travail, vous mobilisez d’abord votre CPF, puis demandez à France Travail de financer ce qui manque, depuis Mon Compte Formation. La demande se fait dans les 4 jours ouvrés qui suivent la proposition de l’organisme, pour une session qui commence plus de 15 jours ouvrés après. France Travail répond en 10 jours ouvrés au plus, et son silence vaut prise en charge. Son accord engage tous les droits inscrits sur votre compte.

L’aide individuelle à la formation (AIF) sert, elle, aux formations non éligibles au CPF et absentes des catalogues de France Travail et de la région. Le conseil régional peut aussi compléter. Pendant un contrat de sécurisation professionnelle (CSP), le CPF reste mobilisable.

Accident du travail, pénibilité, handicap, indépendants : des droits en plus

  • Accident du travail ou maladie professionnelle : avec un taux d’incapacité permanente d’au moins 10 %, un abondement de 7 500 € pour une reconversion. La formation se demande dans les deux ans qui suivent la notification du taux.
  • Compte professionnel de prévention (C2P) : dans le dispositif Prévention Usure-Reconversion de Transitions Pro, un point vaut 500 € pour une formation vers un emploi non exposé.
  • Handicap : l’Agefiph peut compléter le CPF, et la loi majore les droits des bénéficiaires de l’obligation d’emploi, dont les titulaires d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Le compte d’un salarié du privé reçoit 300 € de plus par an (article D6323-3-3), soit 800 € par an à mi-temps ou plus, jusqu’à 8 000 €. Si vous avez informé votre employeur de votre situation, ses déclarations suffisent ; sinon, déclarez-la vous-même sur Mon Compte Formation, de façon confidentielle.
  • Indépendants : le FIF PL, fonds des professions libérales, exclut « les bilans de compétences et les reconversions professionnelles ». Le FAFCEA, fonds des artisans, ne finance un bilan ou une formation diplômante qu’après un refus du CPF. Le CPF reste donc la première source.
  • Contractuels de la fonction publique : en fin de contrat, vos heures de CPF se convertissent en euros, à 15 € l’heure, pour une formation dans le régime du Code du travail.

Commencer par un bilan de compétences financé par le CPF

Le bilan de compétences sert à définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation, selon l’article L6313-4 du Code du travail. C’est l’action du CPF qui se place avant la formation. Depuis le 26 février 2026, le CPF le finance à hauteur de 1 600 € de droits au plus. Sans abondement, vous payez la somme la plus élevée entre la participation de 150 € et la part du prix au-delà de 1 600 €. Sa durée ne peut pas dépasser 24 heures.

Demandeur d’emploi, vous êtes exonéré de la participation par l’article L6323-7. Depuis le 2 octobre 2026, Mon Compte Formation la fait pourtant payer pour un bilan, « même en tant que demandeur d’emploi » : sur la plateforme, votre reste à payer est alors celui d’un salarié.

Les résultats détaillés et le document de synthèse vous sont remis, et personne d’autre ne les reçoit sans votre accord, employeur compris. Vérifiez aussi le délai de cinq ans : le CPF ne paie pas un bilan si vous en avez eu un dans les cinq ans qui précèdent votre demande, payé par un financeur public ou paritaire. Sont visés l’OPCO, Transitions Pro, l’État, la région, la Caisse des dépôts (donc un bilan déjà payé par le CPF), France Travail, l’Agefiph et les fonds d’assurance formation. Un bilan payé par l’employeur sur son propre budget, sans OPCO, ne compte pas. Le parcours complet est décrit dans l’article sur le bilan de compétences avec le CPF.

Le bilan de Chance avec le CPF

Si vous voulez tester votre futur métier auprès de ceux qui l’exercent avant de payer une formation, le bilan peut s’y prêter. Chez Chance, notre bilan de compétences coûte 1 750 € TTC, dont 1 600 € réglés par le CPF et 150 € par vous. Sa Connexion Feedback vous fait rencontrer une personne qui exerce le métier envisagé, issue du Collectif Chance : 20 000 des personnes que nous accompagnons, les Chanceux, le composent. Le parcours tient en 14 sessions sur trois mois, la moitié avec votre coach, l’autre sur Æcho, notre plateforme en ligne, puis quatre sessions de suivi.

Pour une reconversion, ce qui compte est la suite. Nous accompagnons les transitions professionnelles depuis 2015, et notre analyse du parcours de plus de 50 000 personnes le montre : 75 % des Chanceux ont déjà mis en place le projet qu’ils avaient défini, 6 mois après.

Utiliser son CPF pour une reconversion : les étapes

Le CPF s’utilise sur Mon Compte Formation, le site et l’application que la Caisse des dépôts gère pour l’État. Vous y consultez vos droits, choisissez une formation, vous y inscrivez et payez votre part en ligne. Pour vous inscrire, service-public.gouv.fr indique qu’il faut un compte FranceConnect+, obtenu avec l’identité numérique La Poste, même si vous avez déjà FranceConnect. Une solution de connexion existe si vous ne pouvez pas l’obtenir. Le compte ne se mobilise qu’avec votre accord exprès.

Au bout d’une allée de rayonnages chargés de cartons, une femme en polaire verte parle à un homme en pull gris qui l’écoute, un scanner à la main.
  1. Clarifier le projet avec un conseiller en évolution professionnelle, gratuit, ou par un bilan si le métier reste à choisir.
  2. Vous connecter : créer votre identité numérique, vous identifier sur Mon Compte Formation et vérifier vos droits.
  3. Choisir la formation : sur la fiche, vérifiez la certification visée, la date et le lieu, les prérequis, le format et les frais annexes.
  4. Prévenir l’employeur, seulement si la formation empiète sur votre temps de travail, et assez tôt.
  5. Demander l’inscription : l’organisme vous envoie une proposition de commande, au moins 11 jours ouvrés avant le début de la formation. Vous pouvez envoyer 5 demandes au plus pour une même formation.
  6. Financer et valider : les abondements auxquels vous avez droit vous sont proposés à ce moment. Vous réglez votre part, puis disposez de 14 jours ouvrés pour vous rétracter.

Après ce délai, une annulation à 7 jours ouvrés ou plus du début reste sans frais. En deçà, la plateforme débite votre compte du prix entier de la formation.

Faut-il prévenir son employeur ?

Non, si la formation a lieu hors temps de travail. Vous mobilisez votre CPF à votre initiative, selon l’article L6323-2, et le Code ne demande une autorisation d’absence que pour une formation suivie pendant le temps de travail. Dans ce cas, la demande part au moins 60 jours calendaires avant une formation de moins de six mois, 120 jours avant une formation de six mois ou plus. L’employeur répond sous 30 jours, et son silence vaut acceptation (article D6323-4). Refuser de mobiliser votre CPF n’est jamais une faute.

Démarchage : un appel qui vous propose d’utiliser votre CPF est interdit

Toute prospection commerciale des titulaires du CPF par téléphone, message, courriel ou réseau social est interdite. Elle l’est qu’elle vise vos identifiants, vos droits ou la vente d’une formation, sauf pour une formation déjà en cours. Une rétribution en échange d’une inscription l’est aussi. L’amende peut atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, selon l’article L6323-8-1. Ne communiquez jamais vos codes : vos droits ne se cèdent pas.

Quand ne peut-on pas mobiliser son CPF ?

Votre CPF ne se mobilise pas hors de la liste légale ni au-delà des plafonds, et le Code du travail ajoute des blocages. Depuis le 27 juin 2026, l’article L6323-6 vise le titulaire qui ne se présente pas, sans motif légitime, aux épreuves d’examen prévues. Il ne peut pas utiliser son compte pour payer l’organisme, et la Caisse des dépôts lui demande de rembourser les sommes déjà utilisées.

Aux refus déjà vus (certification déjà obtenue, second bilan dans les cinq ans, permis B sans cofinancement hors demandeur d’emploi, droits de l’année pas encore crédités) s’ajoutent les cas suivants :

  • la retraite : le compte cesse d’être alimenté et ses droits ne se mobilisent plus quand vous remplissez l’une des conditions de l’article L5421-4, selon l’article L6323-3. Ce sont l’âge légal avec la durée d’assurance du taux plein, l’âge du taux plein automatique ou certaines retraites anticipées.
  • des manquements répétés : annulations ou absences répétées sans force majeure, certification non passée, sortie de formation non déclarée. Après une procédure contradictoire, la Caisse des dépôts peut suspendre votre accès d’une semaine à un an, selon les conditions de Mon Compte Formation.

Règles du CPF en 2026 et 2027 : ce qui change pour une reconversion

Les règles de 2026 décrites plus haut sont en vigueur : permis B réservé depuis le 21 février, plafonds par action depuis le 26 février, participation de 150 € depuis le 2 avril. Une certification déjà obtenue n’est plus financée depuis le 27 juin. Pour 2027, l’article 89 du projet de loi de finances, présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, prévoit de majorer la participation selon votre situation et la formation choisie. Au 26 octobre 2026, ce texte n’est pas adopté : il est en première lecture à l’Assemblée nationale.

Au crépuscule, sur le toit d’un grand hangar agricole, un homme montre à une femme casquée comment fixer un panneau solaire sur son rail.

Le projet s’appliquerait aux demandes faites depuis le 1er octobre 2026, et Mon Compte Formation en tire déjà les conséquences pour les demandes validées depuis le 2 octobre 2026. En confirmant votre achat, vous vous engagez à régler, le cas échéant, en 2027, « un complément pouvant atteindre 200 € ». Son montant exact n’est pas encore fixé : il sera calculé une fois publiés la loi de finances pour 2027 et ses textes d’application. Selon la plateforme :

  • la majoration épargne les secteurs prioritaires : défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique, médico-social, avec une liste de certifications fixée par arrêté en 2027 ;
  • elle épargne aussi la plupart des formations cofinancées à hauteur de 150 € au moins par un employeur, une région, un OPCO ou France Travail ;
  • la VAE n’est pas concernée ; pour un bilan, la participation de base reste due ;
  • les demandeurs d’emploi échappent à la majoration, mais paient la participation de base hors secteur prioritaire ou cofinancement, et toujours pour un bilan, alors que l’article L6323-7 les en exonère.

Pour une reconversion, l’article 89 déposé épargne de la majoration le projet de transition professionnelle et la formation cofinancée par un tiers à hauteur de la participation au moins. Il épargne aussi la certification d’un métier en tension ou d’un secteur prioritaire. Pour situer ces règles dans un changement de métier, le guide de la reconversion professionnelle reprend les étapes, du projet à la formation.

Questions fréquentes

Peut-on financer ses études avec le CPF ?

Oui, si la formation mène à une certification enregistrée et figure sur Mon Compte Formation. Il faut aussi mobiliser le compte dans une situation que prévoit l’article L6323-2 : salarié, même à temps partiel, demandeur d’emploi ou indépendant. Vos droits s’acquièrent en travaillant : service-public.gouv.fr cite 100 € par an pour un emploi à un cinquième de temps. Un compte s’ouvre dès 16 ans pour une personne qui travaille, dès 15 ans pour un apprenti.

Un proche peut-il payer le reste à charge à ma place ?

Mon Compte Formation ne le prévoit pas. Le reste se paie en ligne par une carte bancaire strictement personnelle, et les cartes professionnelles ou commerciales sont interdites. Hors plateforme, seuls votre employeur ou votre OPCO peuvent prendre en charge la participation. Offrir un bilan de compétences reste possible hors CPF, par un achat direct auprès de l’organisme, avec le consentement de la personne.

Puis-je utiliser mon CPF pendant un congé parental ?

Oui, hors temps de travail. Le congé parental d’éducation compte en entier pour l’alimentation du CPF, et un projet de reconversion passe par le compte. Pendant ce congé, vous avez aussi droit à un bilan de compétences à votre initiative, sans rémunération mais couvert contre les accidents du travail.

Puis-je utiliser mon CPF depuis l’étranger ?

Oui, pour une formation à distance proposée sur Mon Compte Formation, ou en revenant vous former en France. Le CPF ne finance pas les formations d’organismes étrangers. Une personne domiciliée à l’étranger s’inscrit en contactant le support de la plateforme. Un salarié sous contrat de droit français qui travaille à l’étranger a bien un compte.

Je suis fonctionnaire : comment financer un bilan avant une reconversion ?

Par un congé pour bilan de compétences, demandé à votre administration. Accordé dans la limite des crédits, ce congé ne peut dépasser 24 heures de temps de service, sans perte de rémunération. Vos heures de CPF peuvent compléter la préparation ou la réalisation du bilan, avec l’accord écrit de l’employeur. Un nouveau bilan est possible au bout de cinq ans. Pour un agent de catégorie C sans diplôme du niveau requis, un agent handicapé ou un agent exposé à l’usure professionnelle, ces durées passent à 72 heures et trois ans.

Sources

Historique des mises à jour

27 octobre 2026 : Ajouts : majoration du CPF des travailleurs handicapés (RQTH), complément de 2027 pas encore fixé

27 octobre 2026 : Correction : conditions de la majoration de 800 € du CPF (certification de branche, déclaration)

26 octobre 2026 : Article refait : ce que le CPF paie ou non, plafonds de 2026, participation de 150 €, compléments et règles de 2027

August 17, 2023

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Déjà plus de 50 000 personnes accompagnées par Chance

4,7/5
Une note de 4,7/5 sur Google selon les talents formés avec la méthode Chance
75 %
des Chanceux ont déjà mis en place le projet qu’ils avaient défini, 6 mois après
95 %
de satisfaction sur le choix du coach, avec possibilité d’en changer sur demande
210
coachs partenaires certifiés RNCP et ICF, avec au moins 10 ans d’expérience professionnelle