Quête de sens ou quête d'impact : pourquoi je me lève le matin ?

Cet article est librement issu d’un live organisé par Chance et Ticket for Change, où intervenaient Rebecca Sfedj, coach professionnelle Chance, et Éric d'Engenières, de la direction générale de Ticket for Change.

Une étude publiée par Chance en septembre 2020 révélait que 63% des Français souffraient que leur travail manque de sens. Or le sens est une notion bien vaste : ce qui résonne pour une personne ne résonnera pas autant pour une autre. De plus, la société y voit alternativement un sacrifice (“si ça a du sens, ça ne peut pas être payé correctement”) ou un luxe (“seules les élites peuvent s’offrir le confort du sens”). Autant d’idées reçues à déminer (ce que Chance faisait encore récemment ici).

Comment, dans ce contexte, aller vers son sens à soi tout en contribuant au bien commun ?

Quelle différence entre la quête de sens et la quête d’impact ?

Globalement, il est communément admis que le sens me concerne tandis que l’impact concerne autrui, le monde, la société, l’écologie. En somme, le sens relève des valeurs qui sont personnelles à chacun(e), et l’impact change les choses pour les autres. Cette définition n’est évidemment pas fausse : chez Chance, nous ne cessons de marteler que ce qui “a du sens” ne peut pas être dogmatique - chacun voit ce qui résonne pour lui, et ce qui a du sens (une signification) pour une personne n’en a pas nécessairement pour une autre.

À ce titre, c’est en effet quelque chose de personnel, là où on serait tenté d’en faire un universel. Le simple fait qu’on dise “le sens” induit qu’il n’y en aurait qu’un seul, ce qui peut aisément être trompeur voire, quand on manque de confiance en soi, intimidant. Ce qui est universel dans le sens, c’est le besoin de sens. Quel que soit son passé, quel que soit son milieu social. C’est un principe fondateur chez Chance, et c’est ce qui nous réunit très fortement avec Ticket for Change.

Mais qu’est-ce que le sens ? 3 définitions qui éclairent un seul mot

Éric d'Engenières souligne que les différentes définitions du mot “sens” sont en soi un éclairage : le sens désigne à la fois la signification (la résonance sémantique), la direction (ce vers quoi on avance dans l’espace ou dans le temps), mais aussi la perception (comme dans les cinq sens) qui nous rend complets et nous définit comme êtres sensibles.

En résumé, rapporté au travail, le sens se définit sous ces trois angles :

  • Ce qui fait sens pour moi.
  • Ce qui me donne une direction.
  • Ce qui me permet d’être pleinement moi-même.

Trouver le juste équilibre entre ses besoins de sens et de contribution : ne pas tomber dans le sacrifice

Rebecca Sfedj, coach professionnelle chez Chance, résout l’équation entre quête d’impact et quête de sens en se référant à cette citation (souvent attribuée à Shakespeare voire à Picasso, mais en réalité sans doute bien plus récente que ça) :

“Le but de la vie est de découvrir vos talents. Le travail d’une vie est de les cultiver. Le sens de la vie est de les partager.”

Quel qu’en soit l’auteur, cette maxime pourrait résumer tout l’article que vous êtes en train de lire, l’enseignement à en retenir étant qu’on ne peut avoir d’impact positif sur les autres et/ou son environnement que si on prend soin de soi. Et découvrir ses talents, apprendre à les valoriser en fait largement partie. On sait apprécier ses talents et les faire vivre en leur donnant une direction (un sens, donc). Résumé en un proverbe vieux comme le monde : “Charité bien ordonnée commence par soi-même.” Il ne s’agit pas d’être dans l’égoïsme, mais dans l’équilibre, et c’est cette nuance qui est à retenir. Sabine, participante au live, confie (et confirme) : “Très empathique, j'ai pendant des années consacré mes actions aux autres, quitte à m'oublier. J'ai débuté un travail d'introspection et aujourd'hui je réfléchis à ma transition professionnelle. Je souhaite que mes actions (bénévoles ou au travail) aient du sens pour moi pour qu’elles aient un impact positif sur la société.

Comment faire le point sur ses propres talents ?

On a toujours tendance à croire que le talent est le génie, ce qui est donne l’impression qu’a priori, on n’en a pas. Cet amalgame est évidemment faux : tout le monde a des talents. Chez Ticket for Change, le talent est défini comme étant au croisement entre ce pour quoi on est bon et ce qu’on aime faire. Et souvent, on n’est pas le meilleur juge pour savoir ce pour quoi on est bon(ne), car on a tendance à minorer nos forces en les voyant comme des évidences. C’est là que l’entourage est intéressant : solliciter l’entourage pour obtenir des retours qualitatifs sur nos forces, nos qualités (sur quoi vous demanderaient-ils conseil ? Ont-ils un tête un événement où vous vous êtes vraiment démarqué(e), quelles sont vos qualités selon eux ?) peut éclairer et encourager profondément vers une direction en lien direct avec soi-même. C’est un point de départ important et constructif pour une introspection et une exploration réussies.

Comment connaître sa vocation pour insuffler du sens à sa vie ?

Et comment alors connaître sa vocation, ce qui pourra résonner comme ayant du sens pour soi et de l’impact au dehors ? Cette fois, c’est une citation attribuée à Aristote (mais qui n’est pas de lui - ce qui ne lui enlève rien de sa justesse) qui offre une réponse sur un plateau doré :

“Là où vos talents et les besoins du monde se rencontrent, là se trouve votre vocation.”

En découvrant mieux notre rôle, on peut contribuer à un monde plus juste, plus heureux et plus respectueux. Et tout ça apporte du sens.

Alors, comment aller vers ce qui a du sens pour soi ?

Il est indispensable de ne pas écouter les conseils des autres sur le sens, car (on le dit et on le répètera jusqu’à ce que ce soit gravé en lettres d’or sur le mur de toutes les maisons) le sens est avant tout personnel. Il est nécessaire de partir de soi, de ses talents, de ce qu’on peut apporter, ses valeurs, ses aspirations, (ce que propose Chance en point de départ pour choisir la voie professionnelle qui rendra heureux). C’est ce processus qui, au passage, atténue voire efface tout ce qui nous retient en arrière (peurs, croyances limitantes) et qui empêche d’aller vers son sens à soi, et donc vers un sens favorable au monde.

Un autre point de réflexion est de savoir où on veut placer ce sens. On peut aussi décider d’apporter davantage de sens dans sa vie personnelle, et/ou dans une activité annexe à son travail et non rémunérée. Bref, on peut trouver de diverses manières cet équilibre indispensable où le sens a une présence épanouissante dans sa vie.

Enfin, pour aller vers le sens, il faut tenir compte du reste : ce sont les fameux 4 piliers qui constituent un travail

Les “fameux” 4 piliers ?

Si cette notion ne vous est pas familière, lisez tout de suite cet article, qui explique pourquoi il est erroné de ne penser le travail qu’à travers le métier qu’on exerce. Les 4 piliers (sens, métier, environnement de travail, impératifs de vie) sont la grille de référence dans la méthode Chance pour analyser si un travail est en adéquation avec soi-même.

Quelque chose qui a du sens, comme tout, doit vivre, or on vit dans un environnement. Tenir compte de l’environnement au sein duquel on évolue, de la taille de son entreprise, de sa nature, de sa culture, est ainsi essentiel. De même, s’assurer que nos impératifs fondamentaux soient respectés (que ces derniers soient financiers, géographiques, familiaux ou autres) est indispensable, sans quoi le sens s’effrite sous le poids du sacrifice. En tenant compte de tout cela, tout métier peut prendre son sens - libre à chacun de garder celui qu’il a pour lui donner une direction en ligne avec soi-même, ou à en changer et opérer une reconversion radicale. Penser sa vie selon ces 4 piliers est la garantie d’un équilibre réussi, en cohésion avec ses aspirations mais aussi avec la réalité de son présent. À ce titre, c’est mouvant : on peut se réorienter plusieurs fois sans renier son passé, mais pour être plus en adéquation avec ses aspirations présentes.

Quelle échelle donner au sens qu’on veut insuffler à sa vie ?

La question est, encore et toujours, celle de l’équilibre. Sauver le monde mais laisser tomber ses enfants, c’est un impact positif à haute échelle mais aussi un impact irréparable à petite échelle. Diriger une grande ONG mais harceler ses employés, même chose. On peut choisir un impact à échelle basse, mais à conséquence forte.

Changer le monde à son échelle est essentiel, sachant que c’est à soi de définir son échelle et que l’échelle change toujours selon ses moments de vie et son rythme.

Pour identifier des causes à haute échelle, les objectifs de l’ONU peuvent être d’une grande aide, mais on peut simplement aussi définir une direction large à son désir de contribution, son rythme.

La stratégie des petits pas est alors intéressante : on n’est pas forcé de faire un grand écart tout de suite, d’être radical dans sa contribution. Le sens comme l’impact doivent germer, peu à peu. Prenez le temps de faire chaque petit pas chaque jour pour avancer vers ce qui a du sens pour vous. Le changement n’en sera que plus durable, ancré en vous et apte à être converti en contribution au monde.

Vous pouvez retrouver le replay du live Chance x Ticket for Change ici :
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