Résumé
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L'essentiel à retenir

À l’occasion de la Journée de la Tolérance, Chance publie les résultats d’un sondage sur la valeur que s’accordent les actif-ves français. Si l’Organisation des Nations Unies a instauré cette Journée internationale de la Tolérance en 1996 pour encourager la compréhension mutuelle entre les cultures et les peuples (un impératif au cœur de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’Homme), elle définit la tolérance comme “le fait de reconnaître l’autre et de l’apprécier à sa juste valeur”. Et pour paraphraser un célèbre adage, commencer par se reconnaître soi-même doit, d’une manière ou d’une autre, amener à reconnaître autrui. Or du côté des femmes, il semble qu’il y ait encore du travail pour parvenir à leur propre valorisation salariale.

Un cliché déconstruit : non, les femmes ne s'autocensurent pas plus que les hommes quand il s'agit de candidatures à des postes

Il est toujours plaisant de faire mentir les mythologies les plus tenaces (et de s’apercevoir qu’on avait soi-même eu tort de les croire) : contrairement à ce qu’on pense, les femmes ne se censurent ni plus, ni moins que les hommes lorsqu’il s’agit de postuler à un emploi. Face à une annonce alléchante (“de rêve”), même si certaines expertises demandées n’étaient pas maîtrisées, trois quarts (76%) des hommes ET des femmes ont répondu qu’ils et elles postuleraient quand-même. Et trois quarts des sondés (hommes et femmes sans écart dans les réponses) ont également avoué avoir “déjà renoncé à postuler pour une offre parce qu’(ils/elles ne remplissaient) pas tous les attendus”. Le constat va ainsi dans les deux sens et pour les deux genres, démontrant tantôt une autocensure, tantôt un certain panache !

Marie Donzel, autrice et experte en innovation sociale, explique la ténacité de ces imageries par le fait qu’en réalité, les hommes parlent moins de leurs mécanismes d’autocensure (ce qui nourrit ainsi un récit sur une autocensure genrée du côté des femmes), et nomme même ce phénomène de légendes statistiques urbaines par le terme “anecdata” (“une ‘story’ qui se fait passer pour une ‘study’”, selon les termes de Marie Donzel). En somme, les anecdatas sont ces fausses données (à commencer par l’idée selon laquelle les femmes attendraient d’avoir 150% des compétences pour se sentir légitimes, là où les hommes se contenteraient de 60%) dont le monde se repaît pour avancer des idées prétendument progressistes, et qui finalement créent tranquillement leur petit plafond de verre mental.

Que ce soit lors de la négociation de salaire en entretien d’embauche ou de la revalorisation salariale en entretien annuel, 1 femme sur 2 (contre 1/3 des hommes) se focalise sur ses faiblesses (comme ses impératifs familiaux, ses points d’amélioration) et reste passive dans la négociation.

Les femmes regardent davantage que les hommes leurs faiblesses, et le font peser à leur détriment dans la négociation salariale

Les femmes ne s’autocensurent donc pas davantage que leurs collègues masculins mais il n’empêche que plus elles entendront dans toutes bouches qu’elles souffrent d’un problème de confiance en elles, plus elles se convaincront que c’est, en effet, un trait identifiant qui les différencie des hommes.

Parce que dès qu’il s’agit de questions qui touchent à la fiche de paie, l’écart dans les chiffres est alors bien réel et nettement plus prononcé entre les femmes et les hommes.

Que ce soit lors de la négociation de salaire en entretien d’embauche ou de la revalorisation salariale en entretien annuel, une femme sur deux (contre un tiers des hommes) se focalise sur ses faiblesses (comme ses impératifs familiaux, ses points d’amélioration) et reste passive dans la négociation : il y a de grandes chances pour qu’elle en ressorte avec le minimum proposé. À l’inverse, l’étude révèle que 70% des hommes font valoir leurs forces et leurs compétences dans l'expectative de sortir de l’entretien en ayant obtenu une enveloppe haute.

72% des femmes “ne pensent pas demander” ou “préfèrent renoncer à” une augmentation si leur entreprise a pâti du contexte de crise économique (VS 46% des hommes).

Un écart encore plus fort en contexte de crise

L’écart se creuse d’autant plus dans des temps économiques incertains, comme ceux que nous traversons actuellement avec la pandémie de Covid19. 72% des femmes “ne pensent pas demander” ou “préfèrent renoncer à” une augmentation si leur entreprise a pâti du contexte de crise économique. Un chiffre qui contraste avec les 54% des hommes qui, eux, déclarent qu’ils n’hésiteraient pas à demander une revalorisation salariale malgré le contexte.

Quelles solutions pour se montrer plus “tolérant-e” avec soi-même et savoir se valoriser ?

Comment dès lors contrer le réflexe sacrificiel consistant à renoncer à une augmentation là où les camarades hommes n’y pensent même pas ?

Juliette Sannicolo, responsable des coachs chez Chance, suggère aux femmes d’aller à la source :

La meilleure astuce pour relever le défi d’une négociation réussie en tant que femme, c’est de se faire coacher par des hommes de son entourage. On prend alors conscience qu'on n'a pas du tout la même relation à l'argent et que notre sentiment de culpabilité à demander plus n'est pas du tout aussi prononcé chez les hommes. La différence est si frappante qu’elle est, dans le même temps, très déculpabilisante quand on est une femme.”Parmi ses conseils, elle indique également qu’il est nécessaire de “toujours préparer ses négociations avec la liste de ses propres réussites - tout ce qu'on apporte à sa structure et à son équipe - sans jamais se comparer aux autres : seuls soi et le travail accompli comptent”.

Marie Brassier, directrice des programmes du bilan de compétences Chance, indique enfin qu’une réflexion un peu poussée sur le syndrome de l’imposteur semble indispensable avant de parler d’argent au travail :

Même en 2020, il demeure socialement ancré d’associer la femme à la vie domestique et non à la protagoniste qui rapporte les sous. L’éducation genrée, demandant aux petites filles d’être sages et silencieuses, associées aux restes du patriarcat, nourrissent un syndrome de l’imposteur qui amènent à se dévaluer d’un point de vue salarial.

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